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Blog de Claude-Marie Vadrot
Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.
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lundi 20 juillet 2009

Le bio, nouvelle escroquerie écolo des grandes surfaces

Lundi 20 juillet

A la poursuite désespérée d’une clientèle qui s’effiloche lentement à la fois pour des raisons économiques et des raisons de prise de conscience, les grandes surfaces ont décidé de réparer leur image délabrée avec le bio. Depuis quelques jours, les services de communication de la grande distribution s’active auprès des médias pour qu’ils annoncent cette « bonne nouvelle ». Mais...
D’abord les agriculteurs « bio », comme les autres, font état des pressions exercées sur eux pour qu’ils bradent leurs produits.
Ensuite une rapide inspection dans les dites grandes surfaces fait apparaître qu’à côté de quelques rares fruits et légumes d’origine « France » vendus avec 25 à 35 % de marge sont peu nombreux. Dans les rayons les consommateurs trouvent surtout des produits qui ont parcouru des milliers de kilomètres.
Ainsi, dans les magasins Carrefour ces consommateurs trouvent surtout des poires « bio » du Chili à 2, 50 euros le kilo. A côte d’autres fruits comme des pommes, des poires et des prunes chiliennes ou d’Afrique du Sud. Du raisin de mêmes origines et des kiwis importés de Nouvelle Zélande et du Chili. Dans certains magasins, les fruits venus de très loin représentent plus de la moitié (hors fruits exotiques) de ce qui est proposé aux clients.
A quoi rime ce bio ayant parcouru en moyenne 16 000 kilomètres et c es autres fruits ayant induits des gaz à effet de serre sur les mêmes distances.
Mêmes constations sur les produits élaborés qui font de la figuration « intelligente » dans certains rayons.
Quand ces grandes surfaces, avec le célèbre Michel-Edouard Leclerc qui donne des leçons à tout le monde, cesseront-ils de nous prendre pour des cons ?

vendredi 10 juillet 2009

Les Gros-culs vont prendre du poids sur les routes françaises et polluer encore plus

VENDREDI 10 JUILLET

Dés l’année prochaine, des camions de 25 mètres (25, 25 exactement) de long pourront emprunter les routes et les autoroutes françaises. Il s’agit de l’une des concessions faite aux Suédois lors du récent voyage à Stockholm du président Nicolas Sarkozy. L’initiative est également appuyée par les Finlandais qui, comme les Suédois, admettent déjà la présence de ces super-transporteurs routiers et aussi par les Danois. Avec la bénédiction de l’Allemagne qui construit déjà ces monstres routiers et veut l’imposer aux autres pays.
Ces camions qui seront donc 30 % plus longs que les engins déjà autorisés, pourront transporter jusqu’à 50 tonnes de fret. Ceci malgré l’opposition, très molle à vrai dire, du Commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani nommé récemment à cette fonction par José-Manuel Barroso à la demande de Silvio Berlusconi.
De discrets essais sont en cours dans la Région Auvergne et ces monstres bénéficient déjà de dérogations dans les zones portuaires où des sont autorisés à porter des charges de 45 tonnes pour transférer des containers. Officiellement, il s’agit de « diminuer le nombre des camions » mais le lobby du transport routier à l’oeuvre sur ce sujet depuis plusieurs années, vise à mettre le rail hors-jeu, la Commission encourageant, sous couvert de concurrence ouverte, la fermeture des lignes de chemin de fer dans toute l’Union Européenne ; à commencer par celles des anciens pays de l’Est. Là où les chauffeurs coûtent beaucoup moins cher comme l’ont découvert depuis longtemps, les entreprises de transports française, anglaise, italienne et allemande.
Le résultat de cette nouvelle déréglementation pourrait, c’est l’objectif recherché, entraîner au cours des premières années, une diminution de 20 % du trafic-rail au profit de la route : la France des routes et des autoroutes sera encore plus sillonnée de camions, au risque évident de contribuer à la pollution et au réchauffement climatique, ces egins ne roulant pas à l’eau claire et les premières études montrant qu’à la tonne, il consomme encore plus de gazole. Le ferroutage, qui reste une promesse sans cesse renouvelée parce que non tenue, ne pourra pas prendre ces monstres en charge. Une conséquence parfaitement contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement comme le font remarquer les responsables de France-Nature-Environnement qui ajoutent que les parcours de ces camions seront allongés en attendant que de nombreux aménagements routiers, comme les ronds-points, devront être modifiés. Ce qui entraînera des coûts supplémentaires pour les collectivités territoriales. Sans compter, évidemment, un dégagement plus important de gaz à effet de serre. Et les accidents.
Il suffit enfin de lire chaque jour les dépêches de l’Agence France Presse ou d’écouter les informations de circulation pour s’apercevoir que les camions sont déjà de plus en plus impliqués dans les accidents quotidiens de la route. Mais ce n’est pas grave puisque l’on sait que les accidents de la route contribuent à faire croître le PIB.

mardi 30 juin 2009

La fraise espagnole d'Andaousie se rebiffe et des écologistes subissent des pressions

Mardi 30 juin

Le film sur le parcours de la fraise andalouse hors saison et gorgée de pesticides diffusé sur France 5 au mois de mai, fait des victimes collatérales. Sous la pression du gouvernement espagnol qui a informé la chaîne de son intention de porter plainte, les rares habitants de la région de Huelva qui ont accepté de témoigner devant la caméra sont menacés, par courriers et téléphone. C’est notamment le cas de Juan-Francisco, le militant de l’association « Ecologistas en accion » qui a eu le courage de nous montrer les lieux où les bidons de produits phytosanitaires dangereux et, pour certains, interdits, sont abandonnés avec les monceaux de plastique des serres et des cultures. Au risque de polluer encore plus les rivières et les nappes phréatiques déjà atteintes par l’infiltration des « nettoyeurs de sol » comme la chloropicrine, produit qui entrait dans la composition des gaz de combat (guerre de 14 et Irak contre les Kurdes). C’est Juan-Francisco, avec un autre militant, qui nous a guidé vers les captages d’eau illégaux qui assèchent la seule rivière menant au parc national de Doñana ainsi que sur les champs de fraises installés illégalement sur ce qui reste de la forêt régionale.
Pour son malheur, Juan-Francisco habite et travaille depuis 27 ans dans un garage de Bonarès, au beau milieu des 5000 hectares de cultures de la fraise industrielle brevetée en Californie. Depuis la diffusion du film, il reçoit soit des menaces par téléphone, soit des menaces physiques ; et son patron subit des pressions pour le licencier car ses principaux clients sont des agriculteurs de la fraise. Ces menaces émanant des agro-industriels de la fraise avaient déjà amenés le WWF-Espagne à refuser de nous aider à la suite de l’enquête qui avait été menée par le WWF-France et relayée il y a deux ans par Politis : ils avaient été priés de ne plus intervenir au sujet de la fraise par le ministère de l’agriculture espagnol.
Les menaces actuelles émanent de deux groupes de pression. D’abord les agro-agriculteurs de la fraise hors sol qui voient déjà diminuer les ventes à l’exportation de leur fruits et s’inquiètent pour une fraise qu’ils ont commencé à produire au Maroc pour profiter d’une main d’oeuvre encore moins chère que celle qu’ils exploitent à 5, 30 euros de l’heure; et ensuite les obtenteurs californiens qui, leur fraise industrielle étant brevetée, touchent une redevance pour chaque plant de fraisier utilisé. Un rente extraordinaire qu’ils espéraient imposer prochainement dans le sud de la France où des agriculteurs de la fraise franchissent déjà les Pyrénées pour acheter en Espagne les produits de traitement qui sont interdits en France. Pour la garriguette hors saison, par exemple...
Le ministère de l’Agriculture espagnol et les « agriculteurs » andalous voient plus loin : ils estiment que la contestation de leurs pratiques risquent de bientôt mettre en accusation les tomates, les poivrons, les aubergines, les asperges et la plupart des légumes et fruits hors saison produits hors sol et avec recours massifs aux pesticides qui sont exportés en France à travers la plate-forme commerciale privée de Saint Charles à Perpignan. C’est là que transitent chaque année plus de 400 000 camions chargés de denrées qui ne font l’objet que de contrôle sanitaire de routine dont les résultats ne sont communiqués...qu’aux producteurs ; le représentant sur place du ministère de l’Agriculture n’a pas le droit de les consulter. De toutes façons, les fraises et le reste ne séjournant que quelques heures sur le marché privé de Perpignan, quand les analyses sont connues, les cargaisons sont déjà reparties vers les grandes surfaces qui constituent les principaux clients de ces fruits et légumes suspects et dévoreurs de CO2.
La pression des centrales d’achat des grandes surfaces sur les prix, leur besoin de maintenir le maximum d’opacité sur leurs marges sont telles qu’il est à craindre que de plus en plus de maraîchers industriels français se convertissent rapidement aux méthodes et produits hors saison et cultivés hors sol avec un apport grandissant de produits chimiques. C’est d’ailleurs dans ce secteur que la « consommation » de pesticides, en dépit des promesses du Grenelle de l’Environnement, a enregistré depuis deux ans la plus grande augmentation de ces dernières années.
La leçon de cette affaire est claire : au delà de la responsabilité des agriculteurs et des industriels de la chimie, il y a la demande de plus en plus contraignante des grandes surfaces pour des produits hors saison et moins cher. Avec la bénédiction du gouvernement français prêt à laisser les consommateurs prendre tous les risques pour « afficher » de soi-disant baisse de prix...Elles ont contribué à l'"invention" de cette fraise, si l'on peut appeler "fraise" cette chose croquante, polluée et sans goût. Ce qui peut s'appliquer à une partie des fruits et légumes en provenance d'Andalousie.
Au consommateur, aussi, de se détourner de ce genre de produits dont il a été vendu 80 000 tonnes en France en 2008. Une partie finissant leur parcours de 2000 kilomètres dans de "délicieuses" confitures...

lundi 22 juin 2009

Le braconnier de l'Elysée recherche désespérément un écolo-traître

lundi 22 juin

Depuis quelques jours, la chasse au traître écolo est ouverte. Les rabatteurs plus ou moins bien camouflés s’affairent dans le maquis naturaliste sous la direction du président de la République pour trouver l’oiseau rare qui pourrait améliorer la biodiversité naturelle de l’UMP plus riche en chantres d’OGM, de nucléaire et d’autoroute qu’en écolos compétents. Cet oiseau rare doit réunir de nombreuses qualités contradictoires : être un fan de Claude Allègre (l’homme qui défendit l’amiante dans les années 70), être membre de la secte des hyper-consommateurs, partisan du libéralisme, fanatique de la FNSEA et de la Politique Agricole Commune, fin connaisseur de la nature de l’homo politicus, être borgne au point de confondre un réacteur nucléaire avec une éolienne, êtres en bons termes avec José Bové et Daniel Cohn-Bendit et Manuel Barosso, se reconnaître compagnon d’apéro(s) de Jean-Louis Borloo, téléspectateur assidu de Yann Arthus-Bertrand, dévoreur de bio et admirateur de Michel-Edouard Leclerc, le philosophe de la grande distribution, propriétaire d’un 4 x 4 pour transporter sa bicyclette dans Paris, admirateur discret de Cruella, plus connue sous les nom d’Alliot-Marie, et de Christian Estrosi, l’homme qui n’aime pas les loups, commensal de Ladislas Poniatowski, l’ami des chasseurs, et enfin n’arborer de passe-montagne (bleu) et de foulards que dans les randonnées nature. Tout en étant (prudent) adepte de la décroissance et partisan déclaré de la protection de la nature du sarkozisme. Ce qui n’exclue pas, évidemment, comme pour France-Inter, avoir de bonnes relations avec Carla, la bonne fée des détrousseurs de la gauche, ou tout au moins d’une certaine gauche.
Mais, depuis le début du mois de juin, depuis la modification de l’écosystème politique, l’écolo-traitre se fait aussi rare que la loutre, le gypaète barbu, l’ours des Pyrénées et le célèbre dahu des Alpes. Ce qui lui donne évidemment une grande valeur, même provisoire. Pour autant que nous le sachions, car la battue est discrète, un certain nombre d’appâts et de collets ont été disposés autour des individus suivants.
Yann Arthus-Bertrand lui-même parce qu’il a photographié pendant dix ans le Paris-Dakar et qu’il navigue depuis des années au plus prés de l’esprit bling-bling. Un coup magnifique et chatoyant: vert à l’extérieur et bleu à l’intérieur.
Allain Bougrain-Dubourg qui tutoie Borloo tout en s’engueulant régulièrement avec lui. Pour le président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, c’est la méthode du piège a glue qui a été mise en place. Mais l’animal est réputé farouche et fin renard.
Corinne Lepage dont les excellentes analyses écologiques ne l’éloignent jamais de son cabinet d’avocate spécialisée où son compagnon Christian Huglo, décoré de la Légion d’Honneur depuis le début de l’année, pourrait récupérer tous les procès entraînés par la poursuite d’une politique de pollution et de destruction du territoire. Après tout, Corinne Lepage fut ministre d’Alain Juppé il n’y a pas si longtemps et dans le domaine politique, la récidive n’est jamais punie par la loi.
Jean-Luc Benhamias et Yann Wehrling, chantres déçus de l’espèce en voie de disparition qu’est le Bayrou commun, comme la précédente, qui ont en commun d’avoir l’habitude de retourner leurs vestes au mauvais moment. Pour l’un ou pour l’autre, cela peut être devenu une seconde nature ; et les caméléons sont, de l’avis même de l’UICN, une espèce à protéger.
Un responsable (non-identifié) de France-Nature-Environnement l’association qui, à la fois, rêve d’une reconnaissance et de grosses subventions officielles et vient de se faire remonter les bretelles par le Crédit Coopératif qui trouve que cette « fédération » tourne vraiment au n’importe quoi.
Un ancien de Greenpeace qui a déjà pratiquement tout essayé...
Nicolas Hulot qui ne comprend pas grand chose à la politique mais qui a au moins admis depuis quelques mois qu’il est plus utile et plus compétent comme lanceur d’alertes que comme porte coton ; et qui a donc poliment mais fermement refusé. D’autant plus que le job est largement plus précaire encore qu’à TF1.
Jean-Luc Mélenchon qui... (Non, je plaisante, même le président de la République sait qu’il n’a jamais rien compris à l’écologie)
Et enfin Nathalie Kosciusko-Morizet qui n’a pas encore fini de digérer la couleuvre avalée lors du dernier remaniement ministériel. Mais dans ce cas, parce que les deux se détestent, il faudrait dégager Borloo dans un autre ministère : l’agriculture où il pourrait contribuer à résorber les excédents de la filière vinicole en difficulté.

lundi 15 juin 2009

Il faut créer d'urgence des centaines de milliers de jardins potagers

lundi 15 juin

Il y aurait mieux à faire, pour les élus socialistes, que de se quereller pour savoir qui aura la chance ( ?) d’essayer d’être le calife à la place du calife. Ils devraient prêter plus attention, c’est à dire avec autre chose que des mots creux, à la demande exprimée il y a une semaine dans les urnes et à celle qui a été que négativement signifiée par l’abstention : une autre France, un autre Monde. Une partie importante de la population française aspire à l’écologie au quotidien que leur refusent les élus locaux, généraux et régionaux trop souvent prisonniers de schémas qui datent d’avant la création du Parti socialiste. Ils devraient enfin comprendre que ces Français là ne supportent plus de les regarder inaugurer des tronçons d’autoroutes, des déviations à quatre voies, des voies piétonnes ouvertes aux voitures, des ronds-points, des usines baladeuses et des fausses pistes cyclables balayées par le flot automobile. Des Français, collectivement et même si cela est paradoxal, aspirent à l’autonomie. Celles qu’ils organisent ou veulent vivre et organiser. Sans ces élus qui vivent sur Mars ou sur la Lune.
Ces Français là ne veulent pas le bonheur pour demain mais le plaisir, le bien-être et l’écologie pour aujourd’hui. Plutôt que de construire des incinérateurs à tout va au point de faire de la France le champion d’Europe de la destruction (parfois dangereuse) des déchets, ils devraient consacrer une part importante des subventions qu’ils distribuent à une geste simple et bien moins coûteux : leur offrir des jardins potagers. En municipalisant ou en préemptant des terrains à cet effet. Des jardins dont des Français ont tellement besoin que les listes d’attentes des associations qui les distribuent s’allongent démesurément et que les AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne se multiplient. Au point que les paysans proches des villes peinent à faire face à la demande : car les avantages de la PAC ne sont pas pour eux mais pour les agro-industriels du maïs, de la betterave ou du blé. Autour des maisons individuelles les plus bourgeoises, le gazon est de plus en plus souvent défoncé pour faire de la place aux légumes. Pour ceux là, le jardinage devient un plaisir autant qu’un défi à une consommation élevée à la hauteur d’une solution de crise ou de civilisation à laquelle ils ne croient plus vraiment.
Et puis il y a tous les nouveaux pauvres, les exclus, les licenciés, les chômeurs partiels, les chômeurs techniques, ceux qui sont lassés de ruser avec les minimum sociaux, ceux qui rêvent de pouvoir améliorer leurs ordinaires avec des légumes et quelques fruits tout en faisant la nique aux grandes surfaces qui grugent à la fois les agriculteurs et les consommateurs. Pour ces millions de gens, comme pendant les guerres (celle qu’ils vivent est économique), se pose la question de la survie et de l’autonomie face à un système qui les broient. Ceux là aussi, à leur façon, disent non au type de consommation qui leur est imposée. Les bourgeois (bohème) font semblant d’être à la recherche d’une nouvelle éthique alors qu’ils réagissent pareillement à cette crise qui dure.
Il y a urgence à répondre à cette demande : en installant ces jardins autour de toutes les villes comme une ceinture de protection contre l’urbanisation galopante. Pas pour un illusoire et trouble « retour à la terre » qui n’est plus de saison, mais pour satisfaire un besoin d’autonomie. Et aussi pour survivre car, pour les plus pauvres et aussi pour les classes moyennes (au moins) l’économie de subsistance, l’autoproduction devient une nécessité. Combien des nouveaux jardiniers, comme les plus anciens dans la pratique, ne pourraient plus boucler leurs fins de mois sans l’apport de ces jardins ? Combien de ces jardiniers que je rencontre ne pourraient plus offrir des fraises, des framboises ou des haricots verts frais à leurs enfants sans les cultiver ?
Il y a urgence à installer sur le territoire français des dizaines, voire des centaines de milliers de nouveaux jardins potagers. Ce sera plus efficace que le Revenu de Solidarité Active qui ne vise guère à autre chose qu’à habituer les salariés à être encore plus mal et de plus en plus épisodiquement payés.
Il y a urgence à offrir à tous ceux qui le souhaitent, cette autonomie relative. Pour sauver les uns et désintoxiquer les autres. C’est aussi une façon de renvoyer notre nain de jardin à ses promesses stériles.
Affirmation faite après avoir cueilli les fraises, les framboises, les groseilles et les cerises du jardin que j’entretiens depuis quelques dizaines d’années. En vivant au moins un peu à l’écart des pesticides et fongicides contenus dans la plus grande part des « beaux » fruits et légumes qui s’entassent dans les grandes surfaces.

mardi 9 juin 2009

Un nouveau slogan pour le président Sarkozy

mardi 9 juin


"IL FAUT BATTRE LE VERT PENDANT QU'IL EST CHAUD"

lundi 8 juin 2009

L'obstination des journalistes spécialisés dans l'écologie et l'environnement enfin récompensée





Lundi 8 juin

Les journalistes pour la Nature et l'écologie, fêtent cette semaine leur quarantième anniversaire. C'est le moment pour eux de rendre hommage aux pionniers qui, méprisant à la fois les pressions et les sarcasmes ont défendu dés les années 70, la révélation d'informations qui sont aujourd'hui banales. Dans des journaux militants qui ont fini par "contaminer" ce qu'il est convenu de nommer "la grande presse"...
Il y a des jours où l'on peut être heureux de voir ses efforts récompensés par les électeurs.
Avec une autre certitude: Claude Allégre ne sera pas ministre...

Toutes images ci-dessus datent de 1972

dimanche 7 juin 2009

Une belle soirée pour les Verts

Dimanche 7 juin

Les premiers résultats de ce soir permettent de constater que l'écologie progresse dans les têtes encore plus que dans les urnes. Voila qui fait plaisir, voilà qui permet d'espérer et de penser qu'un autre monde est vraiment possible. D'autant plus que la même tendance est semble-t-il perceptible dans de nombreux pays.
Il est plus que jamais nécessaire de réflêchir à un nouveau mode de développement, à la préservation de la biodiversité, aux recours aux énergies renouvelables, à l'abandon progressif du nucléaire, à la fin de l'exploitation du Sud, à une autre politique agricole. Tout cela en privilègiant les aspects sociaux dans la résolution de la crise économique sans subventionner l'industrie automobile et les banquiers.

samedi 6 juin 2009

Elections...piège à loups: la ministre de l'écologie pêche les dernières voix

Samdi 6 juin

Les campagnes électorales ne sont jamais favorables à la faune sauvage, les ministres de l’écologie profitent toujours de ces périodes politiques tendues pour faire plaisir aux chasseurs, à Chasse Pêche Nature et Tradition et aux organisations agricoles nationales ou locales rattachés à la FNSEA. Une voix est une voix, surtout quand elle traîne tout prés de sa tendance politique, les fédérations de chasseurs et les syndicats agricoles dominant ne faisant guère mystère de leur proximité avec la droite, mais sont souvent tentés par l’extrême de la droite. Et comment faire plaisir à ces gens qui ne mesurent trop souvent la biodiversité qu’à l’aune des quantités de gibier à tuer ou de la concurrence de quelques oiseaux ? Tout simplement en annonçant l’élimination de quelques prédateurs offerts à la vindicte publique ; ou en annonçant des prolongations d’ouverture de chasse et des dérogations sur les espèces interdites aux tirs des chasseurs. Un grand classique électoral, même si pour cela il faut se mettre en contradiction avec les textes européens.
Les élections européennes n’échappent donc pas à cette règle qui fait de la protection de la nature une variable d’ajustement politique de la protection de la nature : le ministère de l’Ecologie vient de publier discrètement (sauf en direction des électeurs potentiels à satisfaire qui ont été soigneusement informés par courriers) un arrêté daté du 27 mai retirant « le loup de la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d’extinction en France ». Le ministère de l’écologie, au cas où chasseurs et éleveurs n’auraient pas compris tout de suite, leur explique la décision dans son commentaire: « cet arrêté permet une plus grande autonomie au plan local pour la défense des troupeaux domestiques ». Autrement dit, avec une vague bénédiction du Préfet d’un département et sans que les associations de protection de la nature soient consultées, il sera possible d’abattre un loup s’en prenant à un troupeau. C’est ce que le ministère de l’Ecologie et le ministère de l’agriculture appellent « des prélèvements exceptionnels de loup ».
Pour justifier cette position, le ministère de l’écologie, après avoir assuré pendant des années que les populations de loups étaient peu fournies en France (ils sont arrivés d’Italie par le Mercantour en 1992) vient de découvrir qu’il existe « 26 zones de présence sédentarisée du loup constituant une population d’au moins 180 individus répartis en 19 meutes ». Pour justifier sa décision démagogique le ministère de l’écologie crie donc au loup. Une vieille tactique qui remontre au Moyen-âge. Résultat hélas prévisible : chasseurs et agriculteurs vont désormais se sentir autorisés à tirer sur le loup à tout bout de champ. Comme cela se produit déjà de plus en plus souvent sans que les autorités s’émeuvent vraiment alors que tuer une espèce protégée reste (pour combien de temps ?) un délit.
Pour la prochaine campagne électorale, la victime est déjà désignée : le vautour fauve que des informations mensongères accusent (depuis trois ans) de « s’attaquer aux animaux vivants » dans les Pyrénées.
Extraordinaire exception française que cette chasse aux dernières espèces sauvages à laquelle se livre une part, heureusement minoritaire mais malheureusement efficace, des chasseurs français que les membres de la majorité soutiennent depuis des années. Ils ont fait du loup, de l’ours et du lynx des « objets politiques » qu’ils utilisent un peu contre la gauche (pas toujours bien nette sur ce thème) et surtout contre les écologistes. Dans le seul espoir de récupérer les voix des fachos- ruralistes de « Chasse pêche nature et tradition ». Plus celles du vicomte de Villiers.

jeudi 28 mai 2009

Le vautour nouvel ennemi public de ceux qui craignent le "sauvage" comme facteur de désordre

Plus les années passent, plus le "sauvage" fait peur à une France frileuse et qui, surtout, se cherche des ennemis "politiquement corrects", des adversaires avec lesquels on peut dépenser de vieilles haines, ses angoisses, la trouille des autres; Le vautour devient une nouvelle hantise, après bien d'autres, parce que le sauvage est devenu l'envers de notre société de consensus mou d'où rien ne doit dépasser, où tout doit être "en ordre".

Les journaux locaux et nationaux commentent à l’envi une nouvelle exception française : les vautours « attaquent » le bétail dans les Pyrénées. L’ours, le loup et le lynx ne suffisant plus aux chasseurs, à la FNSEA et à quelques bergers pour affoler les foules, la vindicte et les fantasmes populaires nous offrent maintenant un nouveau tueur : le vautour fauve. Victime et acteur de choix, puisque, c’est bien connu, ces rapaces prolifèrent par la faute des « protecteurs de la nature qui organisent l’espace rural depuis leurs villes qu’ils ne quittent que pour emmerder les agriculteurs».
Sauf que, le vautour fauve, comme tous les charognards, les gypaètes barbus qui ne s’intéressent qu’aux os ou les percnoptères (vautour blanc) migrants saisonniers de l’Afrique ne s’en prennent qu’aux animaux morts. Ceux, par exemple, que les éleveurs ou les bergers laissent des jours et des jours sans surveillance et sans soins dans la montagne et le piémont pyrénéens. Ce que l’on peut comprendre car ce métier n’est pas de tout repos et que la rentabilité d’une telle agriculture de montagne est tout à fait aléatoire. Elle n’existerait d’ailleurs pas ou plus si elle n’était pas, même imparfaitement, subventionnée par la PAC et donc l’Europe. Et nul ne dénonce les dégâts occasionnés aux troupeaux par les chiens errants.
Sauf que, toutes les enquêtes menées depuis plusieurs années par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la LPO, prouvent que les vautours ne s’en sont pris jusqu’à présent, qu’à des vaches, des juments ou des brebis mortes ou mourantes après des naissances difficiles et mortelles. Parce qu’elles se déroulent trop souvent sans surveillance, sans l’aide d’un vétérinaire ou d’un éleveur. Chez les animaux comme chez les humains, on compte un certain nombre d’accouchements difficiles qui tournent mal sans aide extérieure.
La fable des vautours « qui attaquent les animaux vivants » date de 2005. Au hasard des ragots et des rumeurs colportés par les organisations de chasseurs et les adversaires de l’ours brun, pas fâchés de s’en prendre à une espèce protégée par la loi. Les vallées pyrénéennes, à commencer par celles des Pyrénées Atlantiques bruissent de récits fantaisistes repris sans aucune vérification par des confrères. Ils ressemblent à ceux que l’on racontait dans les Cévennes il y a des lustres, jusqu’à ce qu’un chasseur abatte le dernier vautour fauve de la haute vallée du Tarn en 1941. Et aux histoires d’aigles enlevant les enfants dans leurs berceaux sous les yeux horrifiés des familles.
Curieusement, alors que les vautours ont été réintroduits dans la région au début des années 80 par deux naturalistes, les frères Terrasse, aucune histoire de rapaces tueurs n’est jamais contée dans cette région alors qu’y volent désormais, réussite spectaculaire, plus de 250 couples. Mais il est vrai que les bergers des Cévennes coopèrent à ce succès et qu’il n’y a pas d’ours dans la région...
Les vautours ont ou auraient faim : possible, mais les réglementations sanitaires stupides et inutiles interdisent aux éleveurs de leur laisser sur place les carcasses des animaux morts. La protection conçue par la loi de 1976 se heurte souvent aux règles administratives de l’Etat et à l’ignorance de certains de ses sujets.
Mais que fait Bayrou, lou ravi du Béarn ? Lui dont les rares élus qui lui restent fidèles réclament l’éradication des ours slovènes dont on sait que loin de chez eux, ils réussissent à se reproduire.

vendredi 15 mai 2009

Il ne faut pas confondre "fête de la nature" et faire sa fête à la nature !

samedi 16 mai

La fête de la nature du samedi 14 et du dimanche 15 mai n’est pas organisée, comme le pouvoir le laisse volontiers et doucereusement entendre, par le gouvernement ou un ministère de l’écologie et autres appendices, mais par la section française de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et son directeur François Letourneux. Un homme qui fut Directeur de la protection de la nature sous la gauche et pendant douze ans Directeur du Conservatoire du littoral dont il a maintenu contre vents et marées les missions de protection des côtes françaises.
Une fois de plus, donc, c’est le milieu associatif, bien esseulé, qui prend la défense de la nature et de la biodiversité alors que le pouvoir continue à faire sa fête à la nature. Des dizaines de milliers de bénévoles qui ont compris que le Grenelle de l’environnement n’était qu’un rideau de fumée masquant bien mal les destructions, le bitumage, le mitage des paysages, les dégâts agricoles, les autoroutes dont la construction se poursuit en dépit des promesses présidentielles et autres d’un Grenelle dont les rares prescription ne sont toujours pas traduites dans une loi. Comme la trame verte, c’est à dire la protection de la nature ordinaire, contre laquelle le Medef s’arqueboute depuis des mois. Après avoir obtenu que les corridors biologiques (qui devraient –devaient- tisser cette trame verte) ne soient pas opposables aux aménagements et autres constructions destructrices. Sans oublier la résistance des élus locaux. Il suffit de suivre la pénible création du Parc National des Calanques, prés de Marseille (entamée en 1997), création qui sera peut-être effective en 2014 pour comprendre que la majorité de ces gens la, gauche et droite confondues et confondantes, n’en ont rien à foutre de la nature et de la biodiversité ; et du loup, et de l’ours, et du grand hamster, et de la loutre ou des tulipes sauvages. Pour eux, la nature n’est qu’une vache à lait touristique éventuelle.
Plus que jamais, alors que les sommes allouées à la protection de la nature et de la biodiversité sont de plus en plus faibles (alors que le nombre des réserves augmentent...), ce sont ces dizaines de milliers de volontaires, associatifs et non payés, qui consacrent leurs fins de semaine et leurs vacances à répertorier la faune et la flore sauvages pour obtenir que ce qu’il en reste soit préservé. Avec des années de retard, le gouvernement français, celui qui s’apprête à accueilli un escroc scientifique comme Claude Allègre, a fini par admettre qu’il existait un réchauffement climatique et qu’il faudrait, peut-être, s’en préoccuper. Mais la biodiversité, malgré les demandes de l’Europe, le gouvernement français s’en fout – c’est le mot qui convient- royalement. Les petits oiseaux, la nature ordinaire que nous fréquentons tous les jours, c’est le cadet de ses soucis. Il suffit de voir comment se décident les routes, comment à continue à se construire et s’étendre l’urbanisme commercial pour en être persuadé.
Les oiseaux, les plantes, ça ne s’inaugure pas, ça ne se met pas dans les bilans électoraux, ça n’apparaît pas sur les tracts et les affiches. Alors tout le monde, ou presque, zappe, ces préoccupations considérées comme subalternes et accessoires. Sauf les candidats d’Europe Ecologie (oui, je sais, je suis partisan) qui sont pratiquement les seuls à en parler.
Je voudrais bien qu’un jour, on cesse de faire sa fête à la nature ! Mais, pour reprendre une vieille formule, demain il sera trop tard...

jeudi 7 mai 2009

La fraise espagnole industrielle frelatée enfin boudée

Jeudi 7 mai

Preuve que les dénonciations de scandales écologiques et sociaux finissent par, si j'ose dire, porter leurs fruits, preuve aussi que les Français prennent conscience des dangers que font courir aux salarié agricoles, aux consommateurs et à l'environnement, la consommation des fraises industrielles espagnoles s'effondre. Ce qui prouve aussi que même un petit journal comme Politis peut mener des campagnes efficaces: parce que les consommateurs savent qu'il n'est prisonnier d'aucun groupe de pression, d'aucun milieu professionel, qu'il s'agisse de la production ou de la distribution.
A tel point que le scandale écologique et social de la fraise andalouse est devenu un film dont chaque lecteur de ce blog pourra goûter quelques minutes en suivant les deux liens ci-dessous.


En recopiant les deux liens ci-dessous, vous pourrez voir et télécharger deux extraits du film « La rançon de la fraise » ( 52 minutes) qui sera diffusé le 26 mai sur France 5 à 20 h 30.
Le film raconte les méthodes de culture de la fraise espagnoles produite hors saison prés du parc national de Doñana en Andalousie (pesticides, empoisonnement des terres, épuisement des nappes phréatique, exploitation de la main d’oeuvre africaine et roumaine et gaspillage énergétique puisque ces fraises insipides parcourent ensuite 2000 kilomètres pour parvenir en France).

http://www.mediafire.com/?nwnyq42dtjy

http://www.mediafire.com/?gjudwmnmdj3

jeudi 30 avril 2009

La grippe mexicaine donne la fièvre aux médias

Jeudi 30 avril

Quelques rappels sans doute utiles au moment où les télévisions ont fini par céder aux « émissions spéciales » sur la grippe porcine devenue mexicaine puis enfin grippe A pour ne faire de peine à personne, notamment aux propriétaires d’élevages industriels de porc.
- Personne ne sait combien il y aurait de morts au Mexique.
- Personne ne sait combien de gens auraient contractés cette grippe en France.
- Chaque année, chiffre Organisation Mondiale de la Santé, la grippe affecte entre 4 et 5 millions de personnes dans le monde.
- Chaque année, chiffre OMS toujours, la grippe entraîne (non pas directement mais surtout par les complications pulmonaires) entre 400 000 et 500 000 morts.
- Chaque année en France la grippe, malgré les campagnes de vaccinations, provoque environ 7 500 morts.
- Voici revenu le temps des médecins journalistes qui n’ont pas vu un malade depuis une vingtaine d’années.
- Le cours des actions des laboratoires spécialisés dans le traitement des grippes est en hausse.
- Roselyne Bachelot campe aux frontières mais, comme les Français ne sont pas encore assez inquiets, c’est Alliot-Marie, allias Cruella, qui prend le relais, sans doute parce que le virus est repérable par les caméras de vidéo surveillance. Nul doute que pour bouter efficacement ce virus étranger hors de France, Eric Bessons va lui donner un coup de main.

mardi 28 avril 2009

Grippe porcine: une bonne affaire pour le laboratoire qui vend les boites de Tamiflu à 25 euros

Mardi 28 AVRIL


La « menace » de grippe porcine commence à affoler la presse et, évidemment les foules. Comme si les cochons mexicains et américains étaient déjà partis à la nage vers l’Europe...pour nous envahir avec une grippe qui n’est pas plus porcine que bovine. Juste une grippe comme le furent d’autres épidémies. Un affolement qui permettrait à la France (et à d’autres pays...) d’écouler les stocks de Tamiflu, le fameux médicament inefficace (seulement remboursé à 35 % , ce qui indique qu’il est tenu en piètre estime) dont le gouvernement a acheté trente millions de doses qui sont en grande partie périmées. Avec encore plus de masques qui ne serviraient à rien. Au fait, qu’est devenu le fameux toubib français et parisien spécialiste des maladies pulmonaires (Jean-Philippe Derenne) qui, au cours de l’année 2005, dans un livre qui s’est bien vendu en affolant aussi les Français et lâchant les chasseurs sur tout ce qui volait, avait prévu 500 000 morts frappés par la grippe aviaire soi-disant à nos portes ? Où sont ceux qui accusaient les oiseaux migrateurs de menacer notre espèce ? Menace alors démentie par les chercheurs français qui n’avaient pas réussi, notamment dans le Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie mais aussi sur le fleuve Sénégal à trouver le moindre oiseau malade. Cette histoire, qui a ruiné des éleveurs africains, les petits comme les grands et pénalisé les éleveurs français de poulets en plein air, avait été une belle farce permettant aux industriels du poulet surgelés d’accroître leurs productions et leurs exportations. Une panique pour pas grande chose, déjà. Il y a des jours où je me demande à qui profitent ces affolements politico-médiatiques alors que le paludisme entraîne chaque année la mort d’un million et demi de personnes....
Nous ferions mieux, à propos de ces cochons de cochons, de nous intéresser aux projets de Monsanto qui tente de faire breveter des gènes d’une race allemande de porcs rustique, et de s’octroyer ainsi une rente sur toute utilisation de cette race dans des croisements. La Fédération nationale d’agriculture biologique vient de dénoncer ce projet qui consiste une nouvelle fois à breveter le vivant. Il ne s’agit plus là d’une « crainte » mais d’une réalité : l’Office Européen des brevets a en effet octroyé, le 16 juillet 2008, un brevet pour l’élevage de porcs (brevet N° EP 165 1777) à la multinationale Monsanto qui doit normalement devenir effectif dans quelques jours. Le brevet en question permettrait à Monsanto de toucher des royalties sur tout croisement utilisant cette race de porcs rustique, qui a donc sa place en élevage biologique. La raison principale pour faire opposition est d’abord d’ordre éthique : le brevet ne se base pas sur une invention mais vise, au contraire, la maîtrise de la production des denrées alimentaires. Ce brevet aura des conséquences importantes en matière de dépendance des éleveurs et des consommateurs. Il n’est qu’une tentative précédant le prochain projet de Monsanto : le porc (et d’autres animaux) génétiquement modifiés de façon à devenir des exclusivités imposées à des producteurs de porcs hors sol.

jeudi 23 avril 2009

Rachida Dati franchit avec énergie le mur du çon

Jeudi 23 avril

La ministre de la Justice, Rachida Dati, virée par le président de la république, a franchi allègrement mercredi soir, ce que le Canard Enchaîné, appelle depuis des années « le mur du çon ». Elle a expliqué aux jeunes UMP que 77 % de l’énergie française provenait des centrales nucléaires. Avant d’ajouter que pour le reste, l’énergie, « pardon l’électricité », provenait des éoliennes. Ce niveau d’incompétence et d’ignorance crasse, issu d’un dossier rapidement lu avant l’intervention, en dit long sur les « compétences écologiques » de la majorité. Le plus tragique est que cela l’a fait rire. Cela lui vaudra sans doute une nouvelle couverture de Paris Match ou de Gala et un gros succès sur Internet. Mais il existe des pays où, pour avoir proféré avec cynisme de telles âneries, on vire les ministres et les candidats aux élections.
Le problème est que cette ministre a géré son ministère de la justice, les magistrats et les détenus avec la même désinvolture et la même incompétence. Avec tout ce que cela suppose comme souffrances et comme suicides.
Mes condoléances à Michel Barnier qui, s’il a oublié depuis longtemps qu’il fut ministre de l’environnement, connaît assez bien ses dossiers.

vendredi 17 avril 2009

J'emmerde les censeurs de pipe !

Vendredi 17 avril

Je ne suis pas prés de gommer la pipe que j'arbore sur ce blog. Les gens de la RATP qui censurent les affiches de Jacques Tati pour sa bouffarde sont de sinistres cons. Et en plus, il n'a pas de casque !

jeudi 16 avril 2009

Les pêcheurs, les poissons, le ministre, Sarkozy et les menteurs

Jeudi 16 avril

Comme d’habitude dans les affaires de pêche, tout le monde ment. Sauf les poissons qui n’ont guère leur mot à dire et sont de moins en moins nombreux.
Le pêcheurs victimes (innocentes ?) d’une activité trop importante et faisant semblant de croire, poussés par leurs syndicats et les politiques, que beaucoup de poissons ne sont pas en voie de disparition.
Les pêcheurs français, victimes de Sarkozy qui leur a expliqué que les quotas étaient fixés de façon arbitraire et qu’ils devaient pouvoir continuer à pêcher. Le 19 janvier 2008, il a assuré aux pêcheurs de Boulogne que grâce à sa présidence de l'Europe, les quotas étaient voués à disparaître. Mais le mensonge démagogique n’est pas puni par la loi.
Les pêcheurs et les politiques qui font semblant de croire que « c’est l’Europe qui a fixé les quotas de pêche ». Alors que la décision a été prise, en décembre 2008, d’un commun accord entre tous les ministres chargés de la pêche, ce qui inclut le ministre français Michel Barnier.
Conclusion : il n’existe aucune bonne solution à la crise, pour les poissons comme pour les pêcheurs qui, comme les agriculteurs, vont aller grossir le flot des « chômeurs silencieux », ceux qui ne figurent sur aucune statistique officielle. Parce qu’on leur ment depuis des années, sur le cabillaud sur le sole et les autres espèces.
Et pendant ce temps là, les exploitants de fermes d’aquaculture font fortune en nous vendant du poisson élevé...avec de la farine de poisson dont la fabrication contribue au désastre des mers qui se vident.

dimanche 12 avril 2009

Piratages en Somalie: les coupables sont au Nord et en Occident

Dimanche 12 avril

La situation des navigateurs, sur petits bateaux et gros navires, au large de la Somalie n’est certes pas enviable, voire angoissante ou mortelle. Surtout quand les militaires français, pour la gloire militaire de la France et de son président, s’en mêlent. Mais, que l’on me pardonne cette allusion politiquement incorrecte, qui va raconter la misère, l’abandon des populations de la Somalie et du Puntland ? Qui explique que ces « pirates » n’ont guère d’autres solutions pour survivre depuis que leurs pays n’ont plus de gouvernement ? Depuis le début des années 90, le pouvoir n’y existe plus. Ce qui n’empêche pas tous les chefs de bandes, qu’ils soient ou non islamistes, d’être approvisionnés en armes que leur vendent, par des intermédiaires, les pays occidentaux et la Russie. Les Kalachnikovs et les 4 X 4 ne poussent pas dans le sable par miracle. L’Occident a laissé se constituer des zones de non droit qui l’arrange : parce que, par exemple, les fameux porte-containers qui croisent au large jettent à la mer des fûts de déchets toxiques dont les grandes sociétés se débarrassent ainsi à bon compte. Pour les produits les plus dangereux ils sont tout simplement débarqués avec l’aide des chefs de bande qui les enfouissent sommairement en échange de l’argent qui leur permet de s’acheter des armes. La Somalie est une poubelle qui arrange bien des pays et des multinationales : la déchet jeté au large de la Somalie revient à 30 euros la tonne contre 200 ou 300 dans un processus de recyclage légal.
Quelles autres solutions pour ces Somaliens, du nord ou du sud, que de trouver les moyens de survivre grâce à ces trafics et ces piratages ?
Et quand les autorités françaises expliquent qu’elles ont arrêtés des « pirates », ceux qui croupissent depuis un an dans les prisons françaises, avec « l’accord des autorités somaliennes », elles sont bien incapables de situer précisément ces « autorités » puisqu’il n’existe plus aucune autorité dans cette région.
Pas question d’excuser ces « pirates », mais il faudrait quand même réfléchir à ce qui a conduit les habitants de la zone la plus pauvre du monde à utiliser ces solutions de désespoir pour survivre.
Une seule bien maigre consolation : le dimanche du ministre de la Défense nationale a été gâchée ; et il élude la réalité quand il parle de « maffias somaliennes ». Il s’agit de pauvres du sud poussés au désespoir. Ce n’est pas le problème du Président de la République.

samedi 4 avril 2009

L'Otan, les violences, la télé et la ministre de l'Intérieur

Samedi 4 avril

Sur France 3, la journaliste envoyée spéciale de la chaine, à court d'arguments, a expliqué qu'un quartier de Strasbourg avait été comme "ravagé par la guerre". On voit bien que cette chère enfant, soucieuse de se faire bien voir, n'a jamais connu de guerre ni de villes ou de villages ravagés par la guerre. Trois batiments incendiés (ce qui est idiot, sauf pour l'Ibis, car ces hôtels ne méritent rien d'autre), si stupide que cela soit, ne mérite pas cette "appréciation" destinée à affoler le bon peuple de France. Du coup, Cruella, plus connue sous le nom de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur en remet une louche en expliquant que tous les sommets de l'Otan sont ainsi victimes de violence "comme à Gênes où il y a eu un mort". Sauf que, à Gênes, il s'agissait du G 8 et que la violence fut exclusivement le fait de la police italienne. La première fliquette de France, dans son émotion politique, a même oublié d'évoquer sa chère "mouvance marxiste anarco-libertaire".
Nous vivons décidément une époque formidable...