Existe-il une différence entre un poulet de batterie et un militaire...
25 juillet
A priori, il n’y a guère de points communs entre les poulets de batterie produits pour monsieur Doux ( Doux, Père Dodu, Alsabia, Frangosul, Lebon, 14 500 personnes dans le monde) par des agriculteurs partout transformés en OS de la terre et les soldats de l’armée priés d’aller chercher du travail ailleurs et de quitter des régions qui pratiquent depuis des années la culture hors-sol du militaire. Pourtant...
Les uns et les autres ne servent pas à grand chose, sinon à faire du profit. Pour le groupe Doux et pour les marchands d’armes. Et pour les militaires, les commerçants. Il suffit de lire les journaux, d’écouter la radio et de regarder la télévision pour constater qu’en général, seuls les commerçants se plaignent du départ des troufions vers d’autres cieux ; avec, bien sur, les maires et les députés qui sont élus grâce à ces commerçants et à ces militaires.
Quant aux poulets, qu’ils soient produits en France (de moins en moins) ou, par exemple, au Brésil, ils représentent ce qu’il y a de pire en matière de bouffe en raison des produits chimiques dont ils sont abreuvés pour ne pas mourir avant le 42 éme jour qui est celui de leur abattage. Ce sont ces poulets (congelés) que l’on retrouve en Afrique et ailleurs sur les marchés où ils font disparaître la production locale. Je ne suis pas insensible au drame des gens qui perdent leur boulot parce que Monsieur Doux veut améliorer sa marge de profit, mais comme toujours il faut se poser la question de la fonction sociale des emplois que l’on voudrait absolument pérenniser, qu’il s’agisse des « agriculteurs » qui ne font qu’engraisser les poussins qui leur sont apportés ou des salaires scandaleusement bas que verse la multinationale du poulet. Ce qui me rappelle les protestions syndicales contre les réductions d’emploi dans l’industrie de l’armement: au nom de l'emploi, peut-on faire ou produire n'importe quoi ?
Quand aux militaires dont la nouvelle organisation nous est « vendue » au nom de la lutte contre le terrorisme, je n’ai a priori aucune raison de me désoler que la France commence à les entasser comme des poulets de batterie.
Quand aux arguments entendus sur « l’aménagement du territoire », je voudrais que l’on soit plus attentif lorsqu’il s’agit de construire de nouvelles autoroutes dont je croyais que le Grenelle de l’environnement avait décidé le moratoire....