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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.
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vendredi 15 mai 2009

Il ne faut pas confondre "fête de la nature" et faire sa fête à la nature !

samedi 16 mai

La fête de la nature du samedi 14 et du dimanche 15 mai n’est pas organisée, comme le pouvoir le laisse volontiers et doucereusement entendre, par le gouvernement ou un ministère de l’écologie et autres appendices, mais par la section française de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et son directeur François Letourneux. Un homme qui fut Directeur de la protection de la nature sous la gauche et pendant douze ans Directeur du Conservatoire du littoral dont il a maintenu contre vents et marées les missions de protection des côtes françaises.
Une fois de plus, donc, c’est le milieu associatif, bien esseulé, qui prend la défense de la nature et de la biodiversité alors que le pouvoir continue à faire sa fête à la nature. Des dizaines de milliers de bénévoles qui ont compris que le Grenelle de l’environnement n’était qu’un rideau de fumée masquant bien mal les destructions, le bitumage, le mitage des paysages, les dégâts agricoles, les autoroutes dont la construction se poursuit en dépit des promesses présidentielles et autres d’un Grenelle dont les rares prescription ne sont toujours pas traduites dans une loi. Comme la trame verte, c’est à dire la protection de la nature ordinaire, contre laquelle le Medef s’arqueboute depuis des mois. Après avoir obtenu que les corridors biologiques (qui devraient –devaient- tisser cette trame verte) ne soient pas opposables aux aménagements et autres constructions destructrices. Sans oublier la résistance des élus locaux. Il suffit de suivre la pénible création du Parc National des Calanques, prés de Marseille (entamée en 1997), création qui sera peut-être effective en 2014 pour comprendre que la majorité de ces gens la, gauche et droite confondues et confondantes, n’en ont rien à foutre de la nature et de la biodiversité ; et du loup, et de l’ours, et du grand hamster, et de la loutre ou des tulipes sauvages. Pour eux, la nature n’est qu’une vache à lait touristique éventuelle.
Plus que jamais, alors que les sommes allouées à la protection de la nature et de la biodiversité sont de plus en plus faibles (alors que le nombre des réserves augmentent...), ce sont ces dizaines de milliers de volontaires, associatifs et non payés, qui consacrent leurs fins de semaine et leurs vacances à répertorier la faune et la flore sauvages pour obtenir que ce qu’il en reste soit préservé. Avec des années de retard, le gouvernement français, celui qui s’apprête à accueilli un escroc scientifique comme Claude Allègre, a fini par admettre qu’il existait un réchauffement climatique et qu’il faudrait, peut-être, s’en préoccuper. Mais la biodiversité, malgré les demandes de l’Europe, le gouvernement français s’en fout – c’est le mot qui convient- royalement. Les petits oiseaux, la nature ordinaire que nous fréquentons tous les jours, c’est le cadet de ses soucis. Il suffit de voir comment se décident les routes, comment à continue à se construire et s’étendre l’urbanisme commercial pour en être persuadé.
Les oiseaux, les plantes, ça ne s’inaugure pas, ça ne se met pas dans les bilans électoraux, ça n’apparaît pas sur les tracts et les affiches. Alors tout le monde, ou presque, zappe, ces préoccupations considérées comme subalternes et accessoires. Sauf les candidats d’Europe Ecologie (oui, je sais, je suis partisan) qui sont pratiquement les seuls à en parler.
Je voudrais bien qu’un jour, on cesse de faire sa fête à la nature ! Mais, pour reprendre une vieille formule, demain il sera trop tard...