Qui êtes-vous ?

Ma photo
Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.
Affichage des articles dont le libellé est Nicolas Hulot est bien naïf. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nicolas Hulot est bien naïf. Afficher tous les articles

vendredi 15 avril 2011

Nicolas Hulot, un choix raisonnable et efficace pour l'écologie

Vendredi 15 avril



La candidature de Nicolas Hulot peut être une chance, non pas pour les écologistes, mais, ce qui est beaucoup plus important, pour l’écologie.
Quels que soient les reproches qu’il est possible de lui faire sur le passé, son présent et sa claire prise de position sur le nucléaire plaident en sa faveur. Je n’en suis que plus à l’aise pour dire cela que j’ai écrit dans Libération en 2007, à quel point je ne le croyais alors pas taillé et armé pour mener une campagne politique abordant aussi les questions sociales et économiques. Il est toujours possible d’apprendre, sa récente évolution, notamment à travers son film, le prouvent amplement. Il a changé et a ajouté des analyses aux constatations qu’il filme et raconte depuis des années. Après avoir été le « journaliste » de la beauté et de la destruction de la planète, il en est désormais un commentateur et un analyste averti. Je fais partie de ceux qui auraient préféré, évidemment, que Cécile Duflot soit la porte parole de l’écologie dans cette campagne de 2012 car sa vie familiale, sa vie personnelle, son insertion dans la réalité sociale et la réalité de la vie des salariés, plaidaient en faveur de cette solution. Mais elle ne le veut pas, épuisée d’avoir à se partager entre sa vie personnelle, ses quatre enfants dont le dernier n’a que deux ans et la vie politique. On peut à la fois le comprendre et le regretter, d’autant plus qu’elle incarne une nouvelle génération d’écolos, celle qui doit prendre la relève pour une écologie plus populaire.
La candidature de Nicolas Hulot offre au moins deux avantages.
D’abord elle met en avant un homme qui n’a pas besoin d’expliquer qui il est, ni de se faire connaître ni de convaincre qu’il maîtrise parfaitement les dossiers qu’il devra évoquer. Qu’il s’agisse de l’affaiblissement de la biodiversité, de la nécessité d’une autre croissance, de l’épuisement des ressources, des pollutions, des destructions et des appauvrissements entraînés par une mondialisation sauvage. Même si cette dernière expression n’est qu’un triste pléonasme. Bien sur, il devra les relier aux questions sociales, mais il est permis de penser que son entourage saura lui rappeler et l’aider pour rendre crédible aux yeux du plus grand nombre le combat qu’il incarne. On pourra lui jeter à la figure sa collaboration avec TF1 et bien d’autres compagnonnages délicats. Mais, que ceux qui n’ont jamais pêché et mènent chaque jour une vie écologiquement irréprochable lui jettent la première pierre...
Ensuite, la candidature de Nicolas Hulot aura ou aurait, rien n’est encore joué, l’immense avantage de remettre en cause celle d’Eva Joly conçue par des professionnels de la communication et lancée l’été dernier comme une de ces savonnettes vantées par TF1 et reprochées à Hulot. Eva Joly possède toutes les qualités possibles et imaginables sauf d’être crédible, convaincante et intelligible quand elle parle d’écologie et des maux de la planète. Son succès comme magistrat pourfendant les escrocs et les artistes du CAC 40, ne vaut pas brevet d’écologiste et son intégrité alléguée ne peut pas combler cette grave lacune. Elle n’a rien à voir avec l’écologie, elle n’est que l’idée, qu’ils croient géniale, que se font des apprentis sorciers de la com' pensant que pour gagner et convaincre il faut simplement surprendre.
Et puis, soyons lucide jusqu’au bout : il ne s’agit pas (pas encore) pour les écologistes d’accéder à la présidence de la République. Mais, plus simplement et plus efficacement, d’entraîner l’adhésion à un autre développement, à un autre monde (possible), d’une partie plus importante de la population. En interpellant tous les partis politiques qui font une fois de plus semblant de s’intéresser à une thématique qui les emmerde et qu’ils comprennent rarement.
Au moment où nous déplorons la disparition du journaliste Jean Carlier, ancien directeur de l’information à RTL, qui fut l’un des pionniers de l’écologie politique au début des années 70 après avoir, lui aussi, vécu une véritable mue idéologique, la perspective de la candidature de Nicolas Hulot prouve que l’on peut changer et cesser d’être un chroniqueur d’un monde ancien pour convaincre l’opinion publique qu’il faut désormais le changer.

mardi 20 mars 2007

Nicolas Hulot est décidement bien naïf

20 mars

+ Nicolas Hulot a des doutes : soudain, dans la presse, il se pose des questions parce que tous les candidats (enfin, la plupart) à la présidentielle ont signé sans hésiter son pacte écologique. Avant de passer (et de penser…) à autre chose. Il est sympa Hulot, mais il aurait pu se demander avant pourquoi et comment des candidats aux positions politiques et idéologiques si opposées pouvaient faire semblant d’être d’accord. Il a appris à ses dépends que la majorité de nos (aspirants…) futurs dirigeants se moquent de l’écologie. Il a appris à ses dépends que cela n’intéresse pas le moins du monde les journalistes politiques à la recherche des petites phrases. Et ce n’est pas une candidate écolo à 1% qui va inciter la presse à s’intéresser aux questions environnementales. J’en reste donc à mon jugement : « le monde politique continue à parler pour ne rien faire », sur la lancée de la pensée du grand écolo Chirac. Heureusement que Bové nous promet, entre autres, une « Révolution écologique ».

Quand à Sarkozy il a fait savoir qu’il ne voulait plus être embêté avec « ces questions qui n’intéressent que quelques Français ». Et Bayrou est aussi méprisant avec les journalistes spécialisés.