Multiples et tristes souvenirs dérangeants de Tchernobyl
26 avril
- D’abord il serait trop facile, comme le veulent la thèse officielle et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, d’imputer l’accident au régime communiste. A ce jour personne ne sait pourquoi l’accident (deux explosions...) s’est produit. En cause, non pas un régime politique mais le principe même du réacteur nucléaire aux réactions imprévisibles.
- Certes, l’évacuation a tardé et à chaque fois, la vision des immeubles désertés Pripiat (50 000 habitants...) désertée me glace, mais imagine-t-on ce qui se serait passé si les habitants de cette région avaient utilisé des voitures particulières (et non des bus) pour fuir ? Le gigantesque embouteillage que redoutent tous ceux qui font des plans d’évacuation pour un accident, même moins grave, en France...
- Dans les premières heures il y a eu 32 morts. Aujourd’hui on en est, en Ukraine, en Biélorussie et en Russie, à au moins 15 000. En comptant les liquidateurs, les enfants et les personnes irradiées le 26 avril. Dans une vingtaine d’années, quand le bilan sera fait, le nombre des morts prématurés dépassera les 30 000.
- Des ingénieurs ukrainiens « liquidateurs » que j’ai connus, certains étant devenus des amis, plus un seul n’est vivant, le dernier est mort en 1998 d’un cancer généralisé des poumons.
- Contrairement à ce qui est souvent écrit, la faune et la flore de la région évacuée sont plus riches que jamais (loups, ours, bisons, lynx etc.) Terrible paradoxe, mais aussi parce que l’homme n’habite plus cet espace, la zone interdite est probablement la plus belle réserve naturelle d’Europe. Je l’ai vérifié à trois reprises. De quoi réfléchir.
- Ce n’est pas de malformations (autre légende...) que les gens meurent dans cette grande région, bien au delà de la zone interdite, mais de cancers, de maladies cardiaques, de maladies de l’appareil digestif et de suicides ou de dépressions.