Maison à 15 euros par jour: escroquerie écologique et sociale
29 juillet
Voyons, du point de vue de l’écologie, à quoi ressemble la maison à 15 euros par jour promise pour la quatrième fois hier depuis le début de l’année (j’ai consulté les dépêches de l’Agence France Presse) par Christine Boutin qui nous en reparlera au moins encore trois fois avant la fin de l’année.
- D’abord, elle ressemble comme une soeur à la célèbre maison Borloo à 100 000 euros (officiellement....) qui devait être construite à 30 000 ou 40 000 exemplaires par an et qui n’existe heureusement qu’à 550 exemplaires en comptant large.
- "Heureusement", pourquoi ?Parce que le cahier des charges théorique de la construction de cette maison prévoit une « économie de 10 % » de la consommation électrique par rapport aux "autres maisons ». Non seulement c’est bien vague, non seulement c’est dérisoire par rapport aux objectifs du plan climat mais cela rappelle discrètement que ces maisons (comme les défuntes « Borloo ») seront chauffées et approvisionnées en eau chaude à l’électricité. Sans le moindre recours au solaire, par exemple. De plus, il ne s’agit pas d'une maison HQE (déjà une spécificité bien aléatoire) et les murs de ces maisons (comme les Borloo) seront de véritables passoires énergétiques.
- Donc ces maisons destinés à des gens qui n’ont pas ou pas beaucoup de moyens (les plafonds excluent d’ailleurs les gens au SMIC) vont coûter 15 euros par jour mais leurs habitants se retrouveront avec des notes électriques pharamineuses qui seront en général, au moins l’hiver, de même niveau. Au moindre pépin, au moins « accident de la vie » comme on dit au gouvernement, les « propriétaires » se retrouveront dans la même situation que les propriétaires américains victimes des "subprimes" : payer les emprunts ou avoir froid. Dans de nombreux HLM, les charges de chauffage tout électrique, dépassent les loyers...
- Parce les terrains coûtent de plus en plus cher (d’ailleurs l’agglomération parisienne et la Côte d’Azur sont pratiquement exclues du système), ces maisons seront installés le plus loin possible des centres ville avec obligation d’aller au travail en voiture(s). Seconde aberration écologique et sociale.
- Sans tenir compte des avis et des sentiments des salariés, le gouvernement et les entreprises, prônent la mobilité : il faut savoir déménager, parait-il. Comment feront ces familles qui, au minimum, pour la maison (18-25 ans) puis ensuite pour le terrain (10-15 ans) seront endettés pour 35 à 40 ans pour une construction dont on peut d’ailleurs se demander si elle tiendra tout ce temps avant de commencer à s’autodétruire alors que, tous emprunts confondus, pour un couple avec deux enfants, une fois déduit l’aide au logement, elle aura coûté aux environs de 180 000 euros. C’est la seule différence notable avec la « maison Borloo » promise à 100 000 euros.
Petite précision : la maison écologique (un seul poêle à bois, isolation liége, toilettes sèches, isolation du sol, etc.) de José Bové n’a coûté que 115 000 euros. Preuve qu’il est possible de limiter les dépenses énergétiques à venir pour une somme raisonnable qui est en fait le coût réel de la maison Borloo. Mais cette maison est en bois et ni les architectes, ni les inspecteurs du paysage, ni les service sociaux, ni les maires n’aiment le bois. On les comprend : cela ne fait pas travailler le BTP et les marchands de béton et, en général, le bois se récolte dans la région de construction, sans grande dépense énergétique de transport.