Enercoop: l'étectricité verte devient rentable
Pour examiner ce que disent ou oublient de dire les élus en matière de protection de la nature, d'écologie et de société. Avec rappel des promesses (oubliées)par les uns et les autres.Toujours sur la nature, l'écologie et notre vie quotidienne, quelques informations, nationales et internationales et que les médias "oublient" de diffuser parce qu'elles ne se prêtent pas aux "petites phrases" ou à la démagogie. Avec en prime des commentaires qui ne sont jamais "politiquement corrects".
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vendredi 22 janvier 2013
Les farines animales pour saumons d'élevage: un scnada
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La viande de cheval, les surgelés et les arnaques de la bouffe industrielle
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dimanche 16 décembre
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Vendredi 7 décembre, 20 h, heure locale
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Mercredi 5 décembre, Doha, conférence climatique
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Lundi 26 novembre
Climat et gaz à effet de serre au Qatar
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Dimanche 25 novembre
Les dernières nouvelles de la conférence sur le climat
Quelques nouveaux éléments sur la conférence.
D’abord Jean Jouzel, vice président du Groupement International sur l’Etude du Climat, créé en 1988, sera reçu par le Président de la République le vendredi 30 novembre avant de partir pour Doha où il tentera avec d’autres scientifiques, de convaincre les responsables français et européens, ainsi que tous les autres participants, de prendre conscience de l’urgence des mesures à prendre pour limiter les conséquences de modifications climatiques sur l’avenir de la planète. Une tache qui ne sera pas facile comme en témoigne les extraits de la dernière prise de position de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) créé et dirigé par Laurence Tubiana qui sera présente au Qatar pendant le conférence.
Alors que la 18ème Conférence des Parties (CdP) de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) s’ouvre ce lundi 26 Novembre à Doha (Qatar), Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri estime que « l’urgence d’agir n’a jamais été aussi grande ». L’ouragan Sandy, s’il ne peut pas être (1) directement relié à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, a rappelé, tragiquement, le coût humain et économique des évènements climatiques extrêmes, y compris dans les pays les plus développés. Le rapport du Potsdam Institute for Climate Impact Research pour la Banque Mondiale [1]a lui aussi rappelé un fait bien connu : en l’absence d’efforts de réduction d’émissions supplémentaires, la hausse moyenne des températures atteindrait 4°C, entrainant une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces évènements climatiques catastrophiques. Mais, fait nouveau et important pour Emmanuel Guérin, directeur du programme Energie et Climat à l’Iddri, « le rapport insiste sur l’incertitude irréductible autour des impacts de cette hausse de 4°C, et les nouveaux risques qui menacent donc notre capacité même à anticiper et à nous adapter aux effets de ces changements climatiques si rien n’est fait ».
Et pourtant, le sentiment d’urgence ne semble pas atteindre les négociations internationales.
Laurence Tubiana rappelle que « ces négociations ont connu, ces trois dernières années, trois moments forts consécutifs : à Copenhague en 2009, l’accord obtenu à l’arrachée et dans la douleur, avait permis d’obtenir pour la première fois des engagements chiffrés de réduction d’émissions en 2020 de la part des Etats-Unis et des grands pays émergents ; à Cancun en 2010, peu de progrès substantiels avait été faits, mais le processus multilatéral onusien, malmené à Copenhague, avait été remis sur les rails ; à Durban l’an dernier, le Fonds Vert pour le Climat avait officiellement vu le jour, et un processus, devant se conclure en 2015, par un accord juridiquement contraignant pour tous après 2020 était lancé. » Cette année à Doha, peu d’avancées majeures sont attendues. La Conférence aurait pu tourner au psychodrame, en l’absence d’accord sur la deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto. (...)
Protocole de Kyoto (AWG-KP). L’Europe devrait donc, avec quelques autres pays, s’engager pour une deuxième période dans le Protocole de Kyoto. Emmanuel Guérin souligne que « cette décision n’entrainerait pas des obligations nouvelles ou des efforts supplémentaires pour l’Europe, qui a déjà inscrit dans sa propre législation son objectif de réduction d’émission de 20% ». Mais il précise que « ce geste symbolique fort devrait permettre de satisfaire les revendications des pays en développement ». La négociation devra cependant répondre à certaines questions techniques, mais importantes : Quelle sera la durée de cette seconde période d’engagement (ce qui aura un impact sur la négociation de l’accord juridiquement contraignant pour tous après 2020) ? Comment faire pour gérer le vide juridique entre le 31 Décembre 2012, date de la fin de la première période d’engagement, et la date de ratification par les pays signataires ? Comment dans ces conditions assurer la continuité des mécanismes de flexibilité (Mécanisme de Développement Propre, Mise en Œuvre Conjointe) ?
Action Coopérative de Long Terme (AWG-LCA). La voie de négociation sur l’Action Coopérative de Long Terme, ouverte à Bali en 2007, devra être fermée à Doha. Il reste pourtant beaucoup de questions brûlantes ouvertes, auxquelles les négociations devront apporter des éléments de réponse. Sur le financement d’abord, car les engagements de financement précoce (30 milliards de dollar entre 2009 et 2012) pris à Copenhague prennent fin cette année, et le plus grand flou règne toujours pour atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars en 2020. Sur la vérification des actions et des engagements de réduction d’émissions ensuite, car si Copenhague puis Cancun et Durban ont fixé les grandes lignes du mécanisme de Consultation et d’Analyse Internationale (ICA), les modalités pratiques restent à définir, et la transparence reste à garantir.
Plateforme de Duban (ADP). La principale avancée de Durban fût le lancement d’un processus de négociation, devant se conclure en 2015, pour un accord juridiquement contraignant pour tous après 2020. A Doha, les négociations devraient se concentrer sur la façon d’organiser ce processus, plutôt que traiter le fond des sujets. Mais elles porteront aussi certainement sur le sens précis à donner au caractère juridiquement contraignant du futur accord, étant donné l’ambiguïté de l’accord obtenu à Durban sur ce point. Elles porteront aussi nécessairement sur la façon de traiter la question d’équité dans le cadre du futur accord, car si le principe de Responsabilité Commune et Différenciée (CBDR) a disparu de l’accord de Durban, les revendications, et les désaccords, sur cette question n’ont eux pas disparus. Enfin, à l’initiative des Européens essentiellement, l’accroissement de l’effort de réduction d’émission d’ici 2020 devrait lui aussi faire partie des négociations. (...)
Enfin, selon Laurence Tubiana « au delà des enjeux de la négociation elle-même, la CdP à Doha sera intéressante, car elle sera l’occasion d’observer d’éventuels changements géopolitiques ». Même s’il sera sans doute trop tôt pour observer un réel changement et en tirer des conclusions définitives, nul doute que les prises de positions des Etats-Unis et de la Chine, qui ont tous les deux récemment changé de chef d’Etat, seront scrutées à la loupe. Le sens de la nomination des sept nouveaux membres du Comité Central du Politburo du Parti Communiste Chinois (PCC), sur ce sujet comme sur les autres, est incertain, même si, comme le rappel Laurence Tubiana, « Li Keqiang, le nouveau premier Ministre, est connu pour ses prises de paroles et de position en faveur d’un développement soutenable sur le plan environnemental ». La réélection d’Obama suscite elle de plus grands espoirs encore quant à un réengagement américain dans les négociations internationales. Mais la situation intérieure américaine, aussi bien sur le plan énergétique (les gaz de schiste) que politique (les Républicains conservant la majorité à la Chambre des Représentants, et les Démocrates étant bien loin de la majorité des deux tiers nécessaire à la ratification d’un traité international au Sénat) appellent à la retenue.
(1) ndlr Affirmation qui se discute.....
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Samedi 17 novembre François Mitterrand avait tous les défauts du monde. Mais il avait une authentique sensibilité pour tout ce qui touchait à la nature et l’environnement. Je n’ai eu qu’une seule longue conversation avec lui, lors d’une entrevue fortuite à Baïkonour, tandis que nous attendions le départ d’un fusée lançant des cosmonautes russes parmi lesquels se trouvait, si ma mémoire est bonne, l’astronaute Jean-Louis Chrétien ; et pendant une vingtaine de minutes, sous le regard jaloux de quelques confrères qui pensaient que le Président était en train de me faire des confidences politiques, nous avons parlé nature, ours, forêts et arbres. Ceux de la forêt de Latché et ceux du Morvan bien sur. Il connaissait le nom latin de chacun des arbres. Son ton était passionné et ses remarques passionnantes... C’est peut-être pour cela, au nom du respect de la nature et du travail de la terre, qu’il avait conclu, après sa première élection, la longue bataille des paysans du Larzac contre la droite, par l’annulation du projet qui depuis 1970, ambitionnait de transformer le plateau et ses terres en terrain d’exercices militaires. Il était également très attentif aux rapports de force et c’est probablement pour cette raison, après toutes les manifestations monstres et bretonnes qui s’apposèrent au projet, que le président ordonna qu’EDF renonce à la construction de la centrale nucléaire de Plogoff. Jean-Marc Ayrault, tout comme d’ailleurs François Hollande qui n’a jamais contemplé la nature autrement qu’à travers la fenêtre d’un train filant vers la Corrèze, est d’une autre nature. Il appartient à cette gauche productiviste et froide qui ne raisonne qu’en termes d’équipements et de grands travaux. Ce n’est pas par hasard que son projet délirant et ruineux est soutenu par l’UMP. Qui de ressemble, s’assemble. Ayrault ne peut tomber amoureux que des taux de croissance et des « progrès » industriels. Passions qu’il partage avec Arnaud Montebourg. Avant de tomber à gauche et de verdir son discours, Jean-Luc Mélenchon communiait pleinement avec cette église qui vénère les grands projets alimentant les profits de Bouygues, de Vinci et de quelques bâtisseurs d’autoroutes en les dissimulant derrière la « compétitivité » et le « redressement productif ». Ce qui explique au moins en partie son alliance avec un parti communiste qui défend le projet nouvel aéroport de Nantes et le nucléaire. Sur le Larzac, la centaine de paysans opposés aux militaires et à la droite, avait su s’attirer le soutien de centaines de milliers de personnes de toutes origines impressionnés par leur volonté de « vivre et travailler au pays », comme on le disait alors. Depuis leur plateau battu par les vents et saisi par le froid chaque hiver, ils ont organisé, à pied ou en tracteurs, avec ou sans leurs moutons broutant sous la Tour Eiffel, d’immenses manifestations. Ils ont réuni des dizaines de milliers de personnes et ralliés aussi bien les intellectuels que, par exemple, les universitaires, étudiants et enseignants réunis, de Paris 8 qui les accueillirent au terme de l’une de leurs longues marches de la fin des années 70, au coeur du bois de Vincennes. Ces paysans, qui firent aussi bien leur jonction avec les salariés en autogestion de Lip qu’avec les Paysans-Travailleurs bretons et toutes les organisations et association de gauche, avaient réussi à rester unis, à former un bloc au delà de leurs origines idéologiques. A rester maîtres de leur revendication. Ils formaient un groupe politiquement soudé. Ils s’offrirent même le luxe, une année, de chahuter François Mitterrand (pas encore élu) qui ne leur en tint pas rigueur bien qu’il ait du un jour, quitter les lieux juché sur un tracteur. Où sont aujourd’hui les intellectuels, ceux qui ne se rendent à Nantes qu’en avion pour assister aux fêtes du maire devenu Premier ministre ? Ces paysans du Larzac avaient su créer un consensus autour de leur combat. Il ne semble pas qu’il en soit de même pour la défense pourtant essentielle des terres de Notre Dame des Landes. Il s’en faut de beaucoup. Ce n’est pas en additionnant des carottes et des choux qu’il est possible de susciter un mouvement national cohérent. Les anarchistes (que je respecte), les éco-guerriers, les écolos gouvernementaux empêtrés dans leurs contradictions, des rescapés du Modem, quelques socialistes honteux, des militants sympas mais à court d’arguments politiques solides, ne peuvent pas constituer ou reconstituer un mouvement de masse susceptible de ranger une partie de la France derrière eux. Surtout quand on constaté que les paysans et les naturalistes de la région menacée ne sont pas vraiment aux commandes du mouvement. La mayonnaise peut difficilement prendre. Surtout en ce temps nouveaux d’individualisme et de grande faiblesse idéologique. Il ne suffit pas, hélas, de proclamer qu’on est « contre », que le projet est « contre-nature » et qu’il s’inscrit dans une idéologie industrielle du passé, pour convaincre que l’on à raison. Alors, « un nouveau Larzac ? ». Pas vraiment ou, au mieux, pas encore. Surtout en une sombre journée qui a vu les militants contre le mariage gay réunir plus de manifestants que les militants de Notre Dame des Landes...
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Ceux qui critiquent aujourd’hui José Bové pour ces déclarations sur le loup n’ont pas de mémoire, car ce n’est pas la première fois qu’il exprime cette opinion qui a toujours été la sienne. Celle de l’éleveur du Larzac qu’il a été de 1975 à 2009. Un point de vue qu’il faut entendre avant de crier au loup. Car, bien qu’ardent défenseur du loup et auteur d’un livre condamnant les siècles de diabolisation de cet animal magnifique, je fais partie de ceux qui veulent aussi entendre les bergers de bonne foi. Voici ce que disait Bové en 2009, pendant la campagne électorale européenne dans un livre d’entretien que j’ai publié avec lui chez Delachaux et Niestlé. Extraits non modifiés Des écologistes vont te rappeler que tu es contre les loups, que tu as un jour dit « si j’en vois un s’approcher de mon troupeau, je tire »... Je l’ai dit, mais je ne vois pas pourquoi je laisserais un loup s’attaquer à mon troupeau, à mon gagne-pain ! Bové n’est pas contre les loups. Mais Bové est d’abord paysan, éleveur, et pour lui effectivement – pour moi – la question de l’élevage est essentielle. Je ne reproche à personne de vouloir sauver les loups, mais que les gens ne me reprochent pas de vouloir sauver mes brebis. Nous sommes aujourd’hui dans cette situation particulière d’antagonisme, de conflit par rapport aux loups parce ce que nous vivons une désertification qui s’accentue partout chaque année. Comme je l’ai souvent dit, le danger principal, pour un troupeau, ce n’est pas tellement le loup mais le ministre de l’agriculture, ou la politique agricole européenne, ce qui revient au même. L’élevage ovin est réduit a néant, dans le secteur agricole cette activité a le plus mauvais revenu de tous. Donc, c’est vrai que le loup représente un problème qui s’ajoute aux difficultés. La diminution du nombre d’éleveurs et de la présence humaine dans la montagne, entraîne un retour des animaux sauvages ; pas seulement le loup, mais d’autres comme le lynx par exemple. Cette présence provoque des tensions dans de plus en plus nombreuses régions. Mais cette tension ne constitue pas une nouveauté, elle a été permanente depuis des siècles dans l’histoire humaine des campagnes, mettant le loup face aux éleveurs. Des problèmes, des affrontements il n’en pas existé que sur le Gévaudan, mais aussi dans le centre ou dans l’est de la France. Cette confrontation entre l’éleveur, le paysan et les aléas de vie au sein du milieu naturelle n’a jamais été simple, comme ne sont jamais simples tous les conflits qui surviennent sur un territoire. Pour les uns comme pour les autres il y a la volonté d’éliminer l’autre. Normal, je n’élève pas des brebis pour nourrir le loup qui a lui-même tendance à aller au plus facile pour se nourrir ; je dirais presque que...c’est humain de sa part, car la brebis court moins vite qu’un chevreuil ou un chamois. Donc, la première réaction est que c’est lui ou mes brebis ! Ensuite une autre question se pose : est il est possible de parvenir à une nouvelle harmonie entre les concurrents que sont les hommes et certaines espèces sauvages qui occupent le même territoire ? Je ne sais pas ? J’ai des doutes dans un sens comme dans l’autre. Répondre par l’affirmative, ce serait oublier une situation à peu prés semblable dans tous les pays européens, a savoir que tous les territoires ruraux et agricoles, qu’on le veuille ou non, ne sont plus constitués que d’espaces occupés et donc intégralement façonnés par l’homme. Nos montagnes ont été transformées par les hommes, qu’il s’agisse de la coupe des forêts, de l’agriculture ou de l’élevage. Ces montagnes ne sont même plus sauvages dans leurs parties les plus hautes, sur les sommets, puisque pour les escalader des hommes ont équipé des voies d’escalade, planté des pitons partout, voire laissé des échelles. A mon avis, s’obstiner à croire à un espace naturel mythique ou idyllique, sans présence humaine relève d’une grave erreur d’appréciation de la réalité. Il faut renoncer à considérer la campagne, plaine ou montagne, comme un simple espace de jeu ; ou comme une agréable nature sauvage dans laquelle il ferait simplement bon vivre. Un espèce de mythe plus ou moins rousseauiste avec des lions végétariens qui mangeraient à côté des antilopes ou des loups qui lècheraient les agneaux égarés pour les ramener ensuite à leur mère. Non seulement il ne faut pas se tromper de siécle, mais en plus il ne faut pas oublier que l’équilibre de la nature se bâtit sur une chaîne alimentaire avec de très nombreux prédateurs. L’élevage s’ajoute à cette logique et trouble encore davantage l’espace soi-disant naturel, car à partir du moment où des hommes ont commencé à domestiquer des animaux, où il leur a aménagé des espaces pour nourrir une famille, pour obtenir des produits, cela a remis en cause les rapports entre les animaux sauvages et l’homme, puisque qu’un immense partie du territoire se retrouve lui aussi domestiqué. L’espace naturel du XXI ème siécle n’a plus rien à voir avec celui du Moyen Age, ne serait-ce que parce que nous sommes bien plus nombreux ! Reste un vrai débat entre une domestication, construite sur des milliers d’années par les chasseurs qui sont devenus éleveurs ou agriculteurs, et ceux qui gardent cette vision un peu fausse ou dépassée d’un espace naturel vierge. Reste aussi, je ne le nie pas, la question, de la sauvegarde, sur un territoire marqué par une pratique agricole et une présence humaine, d’une certaine harmonie et d’une biodiversité dont nous avons tous besoin, les paysans comme les autres. Ce qui revient à se demander comment un territoire peut-être préservé. Malgré tout, je ne pense pas que les tensions que j’évoquais soient vraiment une mauvaise chose. Il faut faire avec, elles sont inévitables et on décide au cas par cas, par une accumulation de textes qui ne satisfont personne. Le problème, dans le fond réside dans une réalité difficile : les éleveurs se sentent acculés parce qu’ils ont l’impression d’être la dernière roue de la charrette par rapport, à la fois, à l’image que les gens se font d’eux et par rapport à la politique européenne. Ils vivent dans une situation où ils sont considérés comme les derniers des Mohicans par rapport au modèle dominant et également face à des gens, les naturalistes par exemple, qui les critiquent avec de très bonnes intentions mais qui ont beaucoup de mal à prendre en compte la vision paysanne et à intégrer cette culture paysanne ; et donc une autre vision des animaux, sauvages ou domestiques. Mais bon, je ne vais pas prétendre que certaines pratiques des éleveurs ne sont pas critiquables. Parce qu’effectivement, si un éleveur laisse 500 ou 1 000 brebis gambader toutes seules dans la montagne et qu’il se contente d’aller leur rendre visite de temps en temps, cela peut entraîner de gros risques. Mais, le berger, dans un système qui ne nourrit plus son homme, il est tout seul, il n’a pas de personnel. Lorsque la transhumance existait encore, que les troupeaux de la Crau montaient dans les Alpes, ou de l’Hérault vers les Cévennes, les grands troupeaux qui se déplaçaient étaient accompagnés de nombreux bergers ; et les troupeaux qui restaient en estive étaient très importants, parfois un millier de bêtes avec beaucoup de gens pour les garder. Il n’y avait pas beaucoup de petits troupeaux de 50 ou 100 brebis gardées par un berger. Evidemment, avec des troupeaux dispersés un peu partout dans la montagne, le risque de prédation est beaucoup plus grand et la vision du berger est complètement différente. De plus, les naturalistes doivent comprendre que ce berger ne considère pas sa brebis de façon isolée. Il a une vision globale des brebis, il considère son troupeau comme une entité ; et toute agression contre son troupeau est une atteinte à sa raison de vivre, il la ressent personnellement, au delà du préjudice financier éventuel ; personne ne peut rembourser ce qu’il ressent lors d’un attaque, qu’elle soit le fait de chiens sauvages ou de loups. C’est un sentiment, une réalité qu’il faut prendre en compte et que les naturalistes peuvent d’ailleurs retrouver chez Giono de manière tout à fait extraordinaire. Tu veux dire que la coexistence est possible à condition que l’espace dit naturel soit réoccupé par les paysans. Oui, mais pas seulement car il faut mener à son terme le débat sur l’utilisation du foncier, sur l’usage de la terre. Donc nous ne devons pas décalquer dans les campagnes un modèle productiviste qui découpe tous les territoires en tranches spécialisées. Il ne doit pas subsister un territoire pour l’agriculture, un territoire pour l’élevage, un territoire pour la chasse, un territoire urbain ou péri-urbain pour dormir, un territoire pour le loisir, un territoire pour les animaux sauvages et encore un autre enfin pour le travail. Il faut revenir sur le modèle industriel de segmentation. Il faut que tous les espaces se croisent, s’interpénètrent. Il faut désormais travailler non plus dans des espaces antagonistes, qui se font face, mais envisager une occupation du territoire permettant à tous les usagers de discuter globalement de la gestion de l’espace, d’établir la légitimité de chacun des besoins et des aspirations, pour que toutes les légitimités puissent être assemblées dans le même espace. Ce qui conduit à toutes les cohabitations possibles et imaginables. Il faut résoudre les conflits d’usage puisque chacun exprime une légitimité, mais pas dans des logiques d’exclusivité, d’exclusion ou de propriété.
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Sur les 460 espèces de requins de toutes tailles recensées par les scientifiques dans toutes les mers du monde et même dans quelques grands fleuves et estuaires africains ou latino-américains, seulement cinq seraient susceptibles de s’en prendre à l’homme : le requin-bouledogue, le requin-mako, le requin-longimane, le requin-blanc et le requin-tigre considéré comme l’un des plus gros puisqu’il peut dépasser les six mètres et atteindre 600 kilogrammes. L’hystérie entretenue, comme chaque année à cette époque, à l’égard des requins qui peuvent être dangereux, comme envers tous les autres, éternel remake de ce film stupide qu’a été « Les Dents de la Mer », masque une réalité affligeante : moins d’une centaine d’attaques sont recensées chaque année, alors qu’au moins cent millions de requins sont exterminés chaque année pour la pêche, par la pêche et pour le plaisir. La balance n’est pas vraiment égale. D’autant moins égale que parmi les requins massacrés, 40 à 50 millions le sont chaque année pour fournir les industries alimentaires qui mitonnent la célèbre soupe d’ailerons de requins. La recette est simple, au moins au départ : des bateaux usines pêchent ces poissons, gros ou petits, coupent leurs ailerons puis rejettent les requins à la mer, dans laquelle chacun comprendra qu’ils ne peuvent plus vraiment surfer... Il ne faudrait évidemment pas en déduire que les requins se vengent de temps en temps sur les surfeurs. Simplement, estiment les spécialistes de ces animaux, il est fort probable que les requins confondent les surfeurs avec une proie croisant sur la surface de l’eau. Et comme les surfeurs, au contraire des requins, sont de plus en plus nombreux... les accidents risquent un jour de se multiplier. Risquent... puisque depuis le début du millénaire, le maximum par an été de 81. Par contre de nombreuses espèces risquent de disparaître puisque 75 % d’entre elles sont déjà menacées : pour la pêche déjà mentionnée, pour fabriquer des cosmétiques, pour faire des abrasifs spéciaux avec la peau, pour confectionner des bottes et chaussures de luxe, pour distraire des touristes-pêcheurs amateurs de trophées ou de photos souvenirs. Ils sont également tués par hasard lors d’autres pêches au chalut. La majorité des médias, les offices touristiques, les municipalités concernées sonnent donc le tocsin contre les requins et déplorent (ce qui est humainement normal) chaque victime. Et ils déclarent la guerre aux requins dans des territoires où les accidents de voiture font chaque mois plus de blessés et de morts que les requins en une année. Mais personne ne songe aux requins, les inoffensifs comme les autres, alors que ces poissons prédateurs sont indispensables à l’équilibre écologique des mers et des océans.
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Ainsi donc, pour que nous adoptions une attitude plus responsable, à condition que l’on considère qu’à terme les véhicules électriques méritent le qualificatif d’« écologiques », l’Etat va payer encore plus les automobilistes pour qu’ils adoptent une attitude considérée comme socio-écologique. En prélevant plus d’un demi milliard d’euros (par an) sur le budget de pays. C’est cela le bonus : continuer à nous persuader que sans voiture, point de salut. Je sais, lecteurs grincheux habituels, vous m’objecterez que dans les zones rurales et les banlieues lointaines, la bagnole est le seul recours possible. Oui, sans aucun doute, mais, sur 38 millions de voitures, le total de celles qui sont utilisées par les citadins, ceux des grandes agglomérations, est largement supérieur à celui des véhicules ruraux imposés par les prix des terrains qui éloignent des centre-ville, par la défaillance des transports publics et par les urbanisations anarchiques des grandes banlieues. Quand aux véhicules électriques, si par hasard leurs achats augmentaient par miracle de 200% l’année prochaine, cela aboutira au chiffre mirifique de 10 400 voitures par an. Appliqué au même raisonnement miraculeux, pour les véhicules hybrides, le nombre de modèles, toutes marques confondues, le nombre de voitures écologiques, selon Montebourg, vendues serait à peine de 50 000 à l’année. Donc, sans oublier que même avec le « bonus » ces bagnoles sont plus chères à l’achat, le « plan » mirifique concernerait 60 000 engins sur les 2, 8 millions immatriculés en France chaque année. Pas de quoi sauver Peugeot ou Renault, d’autant plus que les deux tiers de ces voitures électriques ou hybrides sont fabriquées hors de France. Pour une fois, les écolos et les syndicalistes sont d’accord pour crier à l’escroquerie politique, écologique et sociale. Donc le bonus ne profitera qu’à une minorité de Français plutôt fortunés, les autres ne s’intéressant pas, pour des raisons économiques ou des raisons psychologiques de résistance au changement, aux nouvelles technologies. Un exemple révélateur : un constructeur italien commercialise des scooters MP3 hybrides de 125 cm3, mais en dépit d’un résultat de consommation qui se situe autour de 1, 6 litres au 100 kilomètres (donc au minimum une moindre pollution), il n’en a vendu que 120 en France en trois ans. Donc le fameux plan d’Arnaud Montebourg n’est qu’une coûteuse poudre aux yeux et les automobilistes français, qui ne font pas le calcul de l’économie illusoire dont ils croient bénéficier, continueront à acheter des véhicules diesel qui représentent 78 % des bagnoles immatriculées en 2011. Economie bidon et pollution, notamment aux particules fines dangereuses pour les poumons, garanties. Mais il n’est pourtant pas question se supprimer la petite détaxation sur ce carburant nocif. Le calcul du ludion du Redressement Productif vient de nous offrir un tour de passe-passe politico-économique qui n’est qu’une illusion partant du principe que pour encourager à la transition écologique il ne faut pas compter sur le civisme des citoyens et qu’il ne faut qu’encourager ceux qui n’ont pas de souci économique en leur offrant l’argent des contribuables. Le problème de la mévente des voitures fabriquées en France (comme les autres) n’est en aucun cas résolu puisque le gouvernement n’a pas choisi la solution qui consiste à remettre en cause la suprématie de la voiture individuelles en milieu urbain au profit du développement des transports collectifs et du deux roues, avec ou sans moteur.
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