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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

vendredi 28 juin 2013

Enercoop: l'étectricité verte devient rentable



28 juin 2013

Au cours de son assemblée générale tenue cette semaine, Enercoop a présenté des comptes en équilibre. Une bonne nouvelle pour ce fournisseur d’électricité garantie exclusivement renouvelable à  ses clients ; et créé en 2005 sous sa forme coopérative actuelle par des associations environnementalistes, Biocoop, le Comité de Liaisons Energies Renouvelables et la NEF (société coopérative de finances solidaires). Le chiffre d’affaires de 2012 a été de 8,7 millions d’euros, ce qui représente une augmentation de prés de 50% par rapport à 2011, tous les bénéfices étant réinvestis dans de nouvelles productions. L’équilibre financier, qui concerne aussi bien la fourniture d’électricité verte que les aides aux économies d’énergie, s’explique par la croissance régulière du nombre de clients qui sont actuellement 16 000 et par la croissance des sociétaires  qui sont une peu plus de 10 000. Chiffres qui inclue les 6 coopératives régionales auprès desquelles chacun peut s’abonner à de «  l’électricité verte » plutôt qu’à EDF. (www.enercoop.fr)

jeudi 27 juin 2013

Le prix mondial de l'alimentation attribué à trois apôtre des OGM !


27 juin 2013

Robert Fraley, Mary Dell Chilton et Marc Van Montagu vont se partager les 250 000 dollars du World Food Prize qui récompense des personnalités travaillant à lutter contre la faim dans le monde. Il vient de leur être décerné solennellement par le secrétaire d’État américain John Kerry. Robert Fraley est depuis des années le principal responsable de Monsanto, Mary Dell Chilton a fondé Syngenta et Marc Van Montagu est président de la Fédération européenne de biotechnologie, principal lobby des OGM à Bruxelles. Ces trois scientifiques sont récompensés pour leur activisme en faveur des plantes agricoles génétiquement modifiées.
Le Word Food Prize est décerné chaque année par la Fondation du même nom, laquelle a été créée par la General Food, multinationale de la malbouffe qui la finance à parité avec Monsanto. Cette fondation et son prix sont utilisés par les industriels des OGM pour faire pression sur les pays du Sud, auxquels ils promettent une abondance agricole (illusoire) pour une vingtaine de types de culture.

vendredi 22 février 2013

vendredi  22 janvier 2013

Les farines animales pour saumons d'élevage: un scnada


     Les poissons d’élevage vont donc bénéficier à partir premier juin prochain de nouveaux menus à base de déchets de porcs et de volailles impropres à la consommation humaine mais broyés pour être transformés en farines.  Sont concernés les bars, les daurades, les cabillauds, les maigres ou les turbots. S’y ajoutent de nombreux poissons d’eau douce comme les carpes, les brochets, les sandres ou encore le panga vietnamien produit dans des conditions sanitaires et écologiques particulièrement déplorables bien qu’en vente sans problème en France. Ces élevages intensifs concernent aussi la truite et la plupart des espèces de crevettes produites à Madagascar, au Venezuela, au Vietnam, au Brésil, en Equateur ou en France. Evidemment il ne faut pas oublier le saumon dont l’élevage a été inventé en Norvège puis en Ecosse à partir du début des années 70 et donc la production vient de dépasser 1,5 millions de tonnes en 2012, essentiellement du saumon dit « d’Atlantique » bien qu’une partie en soit élevée sur le littoral pacifique du Chili. La commercialisation du saumon sauvage ne représente plus que 8% pour cette espèce. Pour une raison bien simple : il n’en reste presque plus !

            Les conditions d’élevage des poissons et des crustacés sont le plus souvent déplorables : surpeuplement des bassins d’élevage, gavage des crevettes et des poissons dont l’appétit est stimulé par un éclairage permanent qui les amène à grossir plus vite. Sans omettre l’utilisation de médicaments, notamment des antibiotiques épandus tous les jours, notamment dans les derniers mois de leur élevage. Ils sont  destinés à éviter la propagation de maladies liée à la densité des poissons et aux affections entrainées par la consommation de mauvaises farines de poissons. Lesquelles farines comprennent notamment le broyat des poissons et des crevettes morts dans les fermes aquacoles. Ces élevages au départ destinés à pallier la disparition de certaines espèces, organisent en fait un pillage des océans pour nourrir les poissons à l’engrais. Pratique qui appauvrit encore plus les eaux marines, puisque les farines de poissons se confectionnent souvent en ramassant n’importe quelles espèces de n’importe quelles tailles. Donc les élevages ne protègent pas de l’épuisement des ressources de la mer. L’illusion, en Norvège et ailleurs, est entretenue par les éleveurs qui omettent de citer le chiffre calculé par les scientifiques : il faut au minimum 3 à 4 kilogrammes de poisson pour « produire » un kilo de saumon ; et l’étude des statistiques norvégiennes montre que 80 % du poisson péché par les navires de ce pays en Atlantique Nord servent à alimenter les élevages où le saumon atteint sa taille adulte en 18 mois contre plusieurs années dans le milieu naturel et 36 mois dans un élevage labellisé bio.
           
             Les farines animales ne vont que changer le niveau des bénéfices : ceux des producteurs de saumons et autres poissons d’élevage et évidemment ceux de la déjà très célèbre maffia de la viande car ce produit est largement moins cher que la farine de poisson et ils ne savent plus quoi en faire. Quand aux effets sur les poissons et donc sur les consommateurs, mystère ! La question ne se pose pas. La décision européenne ne résulte d’aucune étude scientifique et ignore le principe de précaution et doit tout aux lobbies des récupérateurs de viande et des éleveurs qui les approvisionnent. 

             Donc, les poissons qui mangeaient du poisson, vont devoir adopter un nouveau régime alors que ni les ailes de poulet ni les côtelettes ne font partie de leur ordinaire marin. Tous les risques peuvent être d’autant plus envisagés que les résidus de médicaments des farines animales s’ajouteront à ceux des traitements appliqués dans les bassins d’aquaculture. Mais le ministre de l’Agriculture a expliqué en langue de bois de la Sarthe, qu’il ne s’agissait par de « farines animales » mais de «protéines » et donc que tout va bien. La ministre de l’écologie, pour une fois sortie de son silence sidéral a affirmé que « elle en pense le plus grand mal ». Mais, dans la plupart des médias, nul n’a ricané à la « cacophonie » gouvernementale! Au gouvernement et à droite on « regrette » cette « décision de l’Europe ». En oubliant, comme à chaque fois, que les décisions de l’Europe n’existent pas en tant que telle et que ce nouveau recours aux farines animales a été approuvé à l’unanimité par les 27 gouvernements européens.

            Seul moyen d’échapper à cette dégradation pour les consommateurs : se tourner vers le poisson et le saumon bio. Depuis le mois d’août 2000, existe une certification bio avec un cahier des charges rigoureux. Il concerne la nourriture et les conditions d’élevage. Les farines  distribuées doivent être issues de poissons péchés selon les quotas légaux ou provenir de restes d’autres poissons destinés à la nourriture humaine. Elles ne peuvent pas faire l’objet d’un quelconque traitement chimique. En outre un tiers de l’alimentation des poissons concernés doit être d’origine végétale, nourriture dont sont exclues les plantes génétiquement modifiées. Les enclos doivent être installés dans des eaux, douces ou salées, ne contenant aucun résidu chimique et dont la température et la lumière doivent être proches des conditions naturelles. Autre différence entre les élevages classiques et les élevages bio : dans les bassins la densité en poissons doit être au moins deux fois inférieure. Caractéristique qui évite la propagation de maladies ; et donc tout traitement avec des antibiotiques, lesquels sont interdits par le cahier des charges permettant la labellisation AB ou européenne.

            Dans ces conditions la croissance des saumons, pour prendre l’exemple du poisson d’aquaculture le plus vendu dans le monde, est bien plus lente et ils ne sont prêts à être commercialisés qu’au bout de 36 mois contre 18 dans les élevages intensifs. Délai qui contribue, d’une part à diminuer la proportion de graisses dans leur chair et à leur assurer une très nette qualité organoleptique. Tout en préservant un environnement maritime  ou lacustre qui n’est plus pollué par les bassins d’élevage. Lorsque toutes ces conditions sont respectées et que la filière de fumage et de préparation écarte tous les traitements chimiques, ces poissons peuvent être labellisés.

            Prochaine étape en expérimentation aux Etats Unis et en Norvège : la mise au point de saumons, de bars et de daurade génétiquement modifiés pour manger n’importe quoi et grossir encore plus rapidement.

            Quant aux farines animales, il est prévu que dans « un délai raisonnable » elles pourront
être à nouveau servies à tous les animaux d’élevage…


vendredi 15 février 2013

La viande de cheval, les surgelés et les arnaques de la bouffe industrielle



dimanche 16 décembre 2012

Bonne chance à Nicolas Hulot !!!

dimanche 16 décembre




            Comme j’adore que les militants du Front de gauche et quelques paléo-gauchistes enfermés dans leurs tours d’ivoire et leur vocabulaire ancien, me fassent la morale, je vais une fois de plus dire tout le bien que je pense de plus en plus de Nicolas Hulot, le nouvel ambassadeur-planète de François Hollande. Ceci alors qu’il y a quelques années je polémiquais avec lui par journaux interposés, écrivant notamment qu’il n’avait aucune culture politique. Il est en train de prouver le contraire.

            Ce qu’il a expliqué depuis quelques jours, notamment sur l’antenne de France inter mercredi matin pour justifier sa « mission », me semble largement plus passionnant que les contorsions et les palinodies des Verts qui, en s’agitant le cul sur au moins trois chaises, courent le risque de se casser définitivement la figure. Et de déconsidérer la réflexion et l’action écologiques.

            Quand on revient de Doha, que l’on y a été le témoin de la cécité de la plupart des délégations à la conférence climatique, quand on a pu mesurer la gravité de la schizophrénie dont ils sont tous plus ou moins atteints, quand on y a écouté la ministre de l’écologie Delphine Batho ânonner des fiches techniques auxquelles elle ne croit pas vraiment et dont surtout elle parait mal saisir la portée humaine et écologique, on se dit que le discours militant de Nicolas Hulot à la mérité de la clarté et surtout de la passion qui veut et peut convaincre. 

            Car son analyse n’est pas, elle, marquée par la schizophrénie des diplomates du climat : celle qui consiste à faire pleurer Margot sur les ravages du dérèglement climatique avant de refuser d’adopter la moindre mesure contraignante de sauvegarde de la planète. Parodiant la célèbre phrase des adversaires de l’abolition de la peine de mort au XIX ème siécle, « Que messieurs les assassins commencent », la plupart des pays, expliquent qu’ils accepteront de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre...quand les autres le feront. Mais nul ne se précipite vraiment pour faire, voire simplement pour financer, le premier pas de ceux qui n’ont pas les moyens de leurs angoisses...

            Ce n’est pas parce que Nicolas Hulot a découvert la terre en avion ou en hélicoptère à une époque où tout le monde se moquait des avertissements sur le réchauffement de la planète, ce n’est pas non plus parce qu’il a travaillé pour TF1, ni encore parce que sa Fondation a accepté des mécénats contestables quand on estime que l’argent a une odeur, qu’il n’est pas légitime. D’abord parce qu’il dit des choses passionnantes, parce que de toute évidence il y croit et enfin parce que tout individu a le droit de changer, d’évoluer, de trouver son chemin de Damas.

            Je ne sais pas si Nicolas Hulot réussira à convaincre les Grands de ce monde, d’être moins stupides, moins repliés sur les intérêts à court terme de leurs pays, mais je crois qu’il réussira au moins à repassionner les opinions publiques, à commencer par celle de la France, pour la cause de la planète. Comme lorsqu’il explique que la transition écologique représente aussi une transition sociale, qu’il est idiot et pervers d’opposer les risques grandissants du chômage et de la pauvreté à l’urgence de sauver notre environnement, de maintenir la biodiversité et d’écarter un jour la menace des catastrophes naturelles. Quant un pays choisit résolument, par exemple, de lancer d’immenses chantiers pour l’isolation, il crée des emplois, il réduit la fracture énergétique entre les citoyens et il contribue à la sauvegarde de la terre.

            Donc, Nicolas Hulot, écarté (peut-être pour son bien en fin de compte...) de la course à la présidentielle par les apparatchiks d’Europe-Ecologie-Les Verts manipulant des nouveaux adhérents et des gauchistes antédiluviens, peut être utile. A la fois aux socialistes empêtrés dans leur héritage productiviste et à la cause de ceux qui rêvent d’une authentique transition écologique débarrassée de projets aussi ringards que l’aéroport de Notre Dame des Landes et d’une énergie nucléaire qu’il a logiquement qualifier d’énergie du passé.

            Mais il y a du boulot...Et Hulot a eu raison de regretter à France Inter que personne ne descende dans la rue pour manifester contre l’immobilisme en matière de lutte contre les responsables du dérèglement climatique.

vendredi 7 décembre 2012

Fin en demie-teinte d'une conférence climatique trop virtuelle pour être honnête

Vendredi 7 décembre, 20 h, heure locale





            Jusqu’au bout les couloirs de la conférence climatique de Doha, ont bruissé de rumeurs et d’informations plus ou moins vérifiables. Ce n’est évidemment pas une première pour une conférence internationale de cette ampleur. Mais cette année, une grande nouveauté : les textes imprimés ont totalement disparu ! Les Nations Unies et les responsables Qataris ont formellement interdit toute distribution de communiqués, de textes et de brochures. Les délégations ou les (rares) ONG présentes qui avaient outrepassé cet ukase le premier jour ont été menacées de représailles voire de retrait de leurs accréditations.  Pierre Radanne, ancien directeur de l’Ademe et aujourd’hui responsable de l’agence Facteur 4 qui conseille de nombreux pays africains émergents, a ainsi été interpellé par deux policiers des Nations Unies parce qu’il glissait dans les boites à lettres des délégations une « note de décryptage » présentant en 90 pages les enjeux de Doha. Un document en anglais ou en français qu’il distribue depuis des années et est très apprécié par les scientifiques et des politiques du climat. Il a fallu l’intervention d’un haut responsable des Nations Unies pour qu’il soit exceptionnellement autorisé à distribuer une centaine d’exemplaire de son étude.

            Plus de papiers, donc, sur les tables, sur les comptoirs ou dans les présentoirs. Les prises de position, les discours, les communiqués, les explications, les lieux de réunion, les annonces de conférence de presse, les appels, les protestations ont disparu dans le gouffre insondable d’Internet. Explication avancée par les organisateurs : économie de papier. Inutile de leur rappeler que le papier est recyclable et que cette « économie » parait dérisoire dans l’énorme palais des congrès dont les milliers de mètres carrés sont en permanence climatisés. Manifestement les services de communication des Nations Unies sont enchantés par leur idée et râlent si on leur parle de Green Washing.

            Donc, pour les délégations, pour les participants, pour la presse, pour les représentants de la société civile, il ne reste plus que la rumeur ou d’erratiques messages Internet. Plus invérifiable que les papiers distribués et facilement censurable. Les responsables de l’ONU se récrient : « mais tout se trouve sur Internet ! Vous nous faites un procès moyenâgeux, il faut vivre avec notre temps ». Certes... Mais le moindre écrit, offert aux passants de cette agora climatique, avait ses chances d’être lu, de produire ses effets. Le discours du plus méconnu des chefs d’Etat ou de gouvernement pouvait, à tête reposée, intéresser, offrir une idée originale ou une solution. Les communiqués pouvaient faire réfléchir. Tous ces messages gisent désormais dans un puits sans fond dans lequel les recherches d’informations sont soit épuisantes, soit vouées à l’échec.

            Le fonctionnement d’une conférence sur le climat est donc devenu virtuel et les textes se croisent sur la Toile pratiquement sans se rencontrer. D’abord parce que personne ne sait vraiment où les trouver et aussi parce que nul ne sait à qui les envoyer. La COP 18, puisque tel est son nom, est à la fois sourde et quasiment muette. Penser qu’il puisse s’agir d’une bonne solution pour écarter toutes les opinions divergentes, relève évidemment de la mauvaise foi journaliste. Pourtant, depuis qu’ils sont arrivés ici, les journalistes et les participants naviguent dans le noir. Quand aux ONG, en dehors des grands noms associatifs « embedded » dans la grande machine onusienne qui les réduit au rôle de courroies de transmission des idées reçues et des pressions diplomatiques, elles sont également sourdes et muettes. Elles sont d’ailleurs fort peu nombreuses à Doha. Pour la première fois depuis Kyoto, la société civile est quasiment absente. Et les négociations sérieuses qui ont commencé lundi dernier et se sont peu à peu intensifié intensifier à partir de mardi avec l’arrivée des ministres et des chefs de gouvernement se sont déroulées à l’abri des regards et de la contestation. Non plus au rythme des textes qui circulent mais à celui des rumeurs. Et ces dernières sont encore nombreuses vendredi soir au moment où il semble apparaître que le Protocole de Kyoto sera prolongée, y compris avec l’Australie, mais que le Fonds Vert destiné à aider les pays les plus pauvres sera remis à plus tard...

            Il n’aura pas été question non plus, malgré les demandes pressantes des rares ONG présentes, d’évoquer longuement la très rapide fonte des glaces de l’Arctique qui a pourtant été confirmée il y a quelques jours par l’étude de 47 experts réunis par la NASA et le professeur Andrew Shepered de l’université anglaise de Leeds. Elle établi pourtant une relation entre cette fonte accélérée et l’occurrence d’ouragan comme celui qui a récemment ravagé New York et la Côte est des Etats Unis. Explication simple : les USA, la Canada et la Russie se réjouissent de l’ouverture, une grande partie de l’année désormais, du passage du Nord-Ouest pour leurs navires. Et pour leurs recherches pétrolières off shore dans les eaux glaciales de ces régions.

            L’Europe, pour sa part, n’a jamais pu ni s’exprimer d’une seule voix ni disposer d’une marge de discussion cette semaine, en raison de l’attitude de la Pologne qui a décidé de bloquer toutes les avancées possibles pour conserver le droit d’utiliser sans restriction ses réserves de charbon sans encourir la moindre sanction.

            Il n’aura pas été question d’évoquer publiquement  la reconnaissance par le HCR, le Haut Comité des Nations Unies pour les Réfugiés, la question des « réfugiés climatiques » déjà évalués à une cinquantaine de millions. Chiffre qui pourrait atteindre 300 millions au cours des vingt prochaines années affirment les experts du GIEC, le Groupement International pour l’Etude du Climat.

            Des experts qui, comme le Français Jean Jouzel arrivé ici dimanche, n’auront pas eu la possibilité de faire distribuer dans la Centre de conférence, leurs plus récentes analyses pour inciter à la société civile à faire pression sur les politiques. Sous couvert de « modernité » et d’écologie, la décision de l’ONU et du Qatar de supprimer le papier, s’apparente donc bien à une censure...

 




mercredi 5 décembre 2012

Mercredi 5 décembre, Doha, conférence climatique






            Au cours de leur premier point presse, mercredi 5 décembre,  Delphine Batho, Pascal Canfin et Serge Lepeltier, ambassadeur du Climat du gouvernement français se sont affirmés relativement optimistes sur les résultats de la réunion, alors que de la conférence se termine vendredi soir avec possible prolongation dans la nuit. C’est évidemment leur métier d’être confiants. Bien que ni la question du renouvellement du protocole de Kyoto, le seul outil contraignant pour les pays industrialisés, ni la question du Fond Vert destiné à aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables ne sont pas résolus. 

            En privé, des membres de la délégation française se montrent beaucoup moins optimistes, regrettant que tous les points soulevés dans les discussions se trouvent immédiatement englués dans d’autres discussions et des agendas qui consistent à renvoyer les solutions à d’autres conférences. Notamment à celle de 2015 qualifiée de définitive et décisionnelle par les deux ministres qui ont rappelé que la France était candidate à son organisation. L’Europe ne s’y opposant pas, la décision de principe pourrait être prise rapidement. Ce qui est certain, c’est qu’un tel événement à Paris permettrait de réunir plus d’associations environnementales. Lesquelles brillent par leur absence à Doha où la « manifestation » organisée il y a deux jours dans le centre ville a réuni quelques centaines de personnes.

            Le lieu français de cette réunion mondiale n’a pas encore été fixé mais un participant à ce point presse a suggéré que le bâtiment nécessaire à sa tenue pourrait avantageusement se substituer au  futur aéroport de Notre Dame des Landes. Un projet dont le sénateur vert Ronan Dantec, également présent à Doha, pense qu’il pourrait être reporté aux Calendes Grecques faute d’argent et de consensus : « à chaque fois que les Bretons se sont mobilisés en masse, le pouvoir a finalement reculé. François Mitterrand et Lionel Jospin en ont donné à plusieurs reprises l’exemple ».

            Au cours de ces explications  en petit comité, Pascal Canfin a également déclaré que la France donnait l’exemple en matière d’aide à la lutte climatique aux pays les plus pauvres : six milliards d’euros pour les énergies renouvelables. En prenant comme exemple le typhon qui est en train de ravager les Philippines il a  aussi ajouté: « devant les manifestations récentes du réchauffement de la planète, personne ne comprendrait qu’il ne se passe rien ici. Nous n’avons par le droit d’être pessimiste et il  nous faut agir ». Tout en précisant que la seule décision de l’Europe qui ne représente que 13% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne serait pas suffisante et qu’il fallait que d’autres pays respectent leurs engagements. Pour sa part, la ministre de l’écologie, fidèle à son langage technocratique, a surtout évoqué le détail, souvent incompréhensible et éloigné des réalités, des négociations de marchands de tapis qui se déroulent depuis deux jours. Et Pascal Canfin a ajouté à propos des engagements de la France et de l’Europe: « le problème n’est pas d’être le premier de la classe mais d’augmenter le niveau moyen de la classe ».

            Il ne reste de cette rencontre qu’une seule certitude : la France renouvelle son engagement dans le Protocole de Kyoto, la ministre de l’écologie a été claire sur ce point. Mais la perspective d’une prochaine réunion en Pologne en 2013, le pays qui paralyse actuellement les décisions de l’Europe sur le climat, n’est pas plus encourageante que les réunions de Cancun et de Doha, deux villes donnant l’exemple d’un gaspillage énergétique insupportable quand on pense aux centaines de victimes de déplorent actuellement les Philippines.
 

lundi 26 novembre 2012

Lundi 26 novembre


Climat et gaz à effet de serre au Qatar




La 18 éme conférence sur le climat commence ce lundi 26 novembre et pour 12 jours au Qatar. Deux millions d’habitants dont 15 % sont des Qataris, les autres étant des Pakistanais, de Indiens, des Sri Lankais, des Philippins et des Chinois qui font fonctionner le pays, notamment le bâtiment et les services, au profit des premiers. Autrefois, c’est à dire il y a une vingtaine d’années, ce pays de 11 000 kilomètres carrés (un tiers de la superficie de la Belgique)  bordé par le Golfe persique, vivait de la pêche, des perles et de l’élevage ou du commerce des dromadaires.

            Si sa capitale Doha, dépasse le million d’habitants, c’est que le Qatar vit désormais de pétrole et surtout d’un gaz dont il possèderait des réserves pour une soixantaine d’années. Ce qui lui permet, entre autre, d’offrir de l’essence à 15 centimes d’euros aux gros véhicules qui congestionnent la ville en dépit de plusieurs autoroutes qui encerclent la capitale et longent une corniche de bord de mer de sept kilomètres. Les hydrocarbures représentent 75 % des recettes du budget. Lequel est notamment complété par la redevance versée pour le maintien d’une énorme base militaire américaine. Ce  qui peut expliquer que Doha soit une ville hyper surveillée par la police et des caméras automatiques.

            En dehors de la capitale que ce blog et le blog Politis.fr feront découvrir en même temps que la chronique de la conférence du climat, c’est le désert...
            Il est permis de se demander pourquoi les Nations Unies ont choisi de faire une escale climatique dans un pays qui s’offre le plus fort rejet du monde par habitant en gaz carbonique à effet de serre, soit trois plus que les Etats Unis.

            La réponse est probablement la même que celle qui a incité la Fédération Internationale de Football à y organiser la coupe mondiale de foot en 2020, ce qui n’a pas empêché le pays à se porter candidat à l’organisation des Jeux olympiques de l’année 2020 : le Qatar est riche, très riche même. Ce qui lui permet notamment de s’offrir le PSG, des immeubles et des hôtels à Paris et de financer la première chaîne de télévision d’information en continue du monde arabe, Al Jazeera créée en 1998 et disposant d’environ 40 millions de téléspectateurs dans le monde.

            Bienvenue dans une capitale à l’urbanisme fou et parfois superbe, mais qui n’a rien pour inciter à la sagesse les 193 pays qui assurent, sans illusion, vouloir participer à lutte contre le dérèglement climatique...
           

dimanche 25 novembre 2012

Dimanche 25 novembre

  Les dernières nouvelles de la conférence sur le climat

 Quelques nouveaux éléments sur la conférence. D’abord Jean Jouzel, vice président du Groupement International sur l’Etude du Climat, créé en 1988, sera reçu par le Président de la République le vendredi 30 novembre avant de partir pour Doha où il tentera avec d’autres scientifiques, de convaincre les responsables français et européens, ainsi que tous les autres participants, de prendre conscience de l’urgence des mesures à prendre pour limiter les conséquences de modifications climatiques sur l’avenir de la planète. Une tache qui ne sera pas facile comme en témoigne les extraits de la dernière prise de position de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) créé et dirigé par Laurence Tubiana qui sera présente au Qatar pendant le conférence.

 Alors que la 18ème Conférence des Parties (CdP) de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) s’ouvre ce lundi 26 Novembre à Doha (Qatar), Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri estime que « l’urgence d’agir n’a jamais été aussi grande ». L’ouragan Sandy, s’il ne peut pas être (1) directement relié à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, a rappelé, tragiquement, le coût humain et économique des évènements climatiques extrêmes, y compris dans les pays les plus développés. Le rapport du Potsdam Institute for Climate Impact Research pour la Banque Mondiale [1]a lui aussi rappelé un fait bien connu : en l’absence d’efforts de réduction d’émissions supplémentaires, la hausse moyenne des températures atteindrait 4°C, entrainant une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces évènements climatiques catastrophiques. Mais, fait nouveau et important pour Emmanuel Guérin, directeur du programme Energie et Climat à l’Iddri, « le rapport insiste sur l’incertitude irréductible autour des impacts de cette hausse de 4°C, et les nouveaux risques qui menacent donc notre capacité même à anticiper et à nous adapter aux effets de ces changements climatiques si rien n’est fait ». Et pourtant, le sentiment d’urgence ne semble pas atteindre les négociations internationales.
 Laurence Tubiana rappelle que « ces négociations ont connu, ces trois dernières années, trois moments forts consécutifs : à Copenhague en 2009, l’accord obtenu à l’arrachée et dans la douleur, avait permis d’obtenir pour la première fois des engagements chiffrés de réduction d’émissions en 2020 de la part des Etats-Unis et des grands pays émergents ; à Cancun en 2010, peu de progrès substantiels avait été faits, mais le processus multilatéral onusien, malmené à Copenhague, avait été remis sur les rails ; à Durban l’an dernier, le Fonds Vert pour le Climat avait officiellement vu le jour, et un processus, devant se conclure en 2015, par un accord juridiquement contraignant pour tous après 2020 était lancé. » Cette année à Doha, peu d’avancées majeures sont attendues. La Conférence aurait pu tourner au psychodrame, en l’absence d’accord sur la deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto. (...) Protocole de Kyoto (AWG-KP). L’Europe devrait donc, avec quelques autres pays, s’engager pour une deuxième période dans le Protocole de Kyoto. Emmanuel Guérin souligne que « cette décision n’entrainerait pas des obligations nouvelles ou des efforts supplémentaires pour l’Europe, qui a déjà inscrit dans sa propre législation son objectif de réduction d’émission de 20% ». Mais il précise que « ce geste symbolique fort devrait permettre de satisfaire les revendications des pays en développement ». La négociation devra cependant répondre à certaines questions techniques, mais importantes : Quelle sera la durée de cette seconde période d’engagement (ce qui aura un impact sur la négociation de l’accord juridiquement contraignant pour tous après 2020) ? Comment faire pour gérer le vide juridique entre le 31 Décembre 2012, date de la fin de la première période d’engagement, et la date de ratification par les pays signataires ? Comment dans ces conditions assurer la continuité des mécanismes de flexibilité (Mécanisme de Développement Propre, Mise en Œuvre Conjointe) ?

Action Coopérative de Long Terme (AWG-LCA). La voie de négociation sur l’Action Coopérative de Long Terme, ouverte à Bali en 2007, devra être fermée à Doha. Il reste pourtant beaucoup de questions brûlantes ouvertes, auxquelles les négociations devront apporter des éléments de réponse. Sur le financement d’abord, car les engagements de financement précoce (30 milliards de dollar entre 2009 et 2012) pris à Copenhague prennent fin cette année, et le plus grand flou règne toujours pour atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars en 2020. Sur la vérification des actions et des engagements de réduction d’émissions ensuite, car si Copenhague puis Cancun et Durban ont fixé les grandes lignes du mécanisme de Consultation et d’Analyse Internationale (ICA), les modalités pratiques restent à définir, et la transparence reste à garantir. Plateforme de Duban (ADP). La principale avancée de Durban fût le lancement d’un processus de négociation, devant se conclure en 2015, pour un accord juridiquement contraignant pour tous après 2020. A Doha, les négociations devraient se concentrer sur la façon d’organiser ce processus, plutôt que traiter le fond des sujets. Mais elles porteront aussi certainement sur le sens précis à donner au caractère juridiquement contraignant du futur accord, étant donné l’ambiguïté de l’accord obtenu à Durban sur ce point. Elles porteront aussi nécessairement sur la façon de traiter la question d’équité dans le cadre du futur accord, car si le principe de Responsabilité Commune et Différenciée (CBDR) a disparu de l’accord de Durban, les revendications, et les désaccords, sur cette question n’ont eux pas disparus. Enfin, à l’initiative des Européens essentiellement, l’accroissement de l’effort de réduction d’émission d’ici 2020 devrait lui aussi faire partie des négociations. (...)

 Enfin, selon Laurence Tubiana « au delà des enjeux de la négociation elle-même, la CdP à Doha sera intéressante, car elle sera l’occasion d’observer d’éventuels changements géopolitiques ». Même s’il sera sans doute trop tôt pour observer un réel changement et en tirer des conclusions définitives, nul doute que les prises de positions des Etats-Unis et de la Chine, qui ont tous les deux récemment changé de chef d’Etat, seront scrutées à la loupe. Le sens de la nomination des sept nouveaux membres du Comité Central du Politburo du Parti Communiste Chinois (PCC), sur ce sujet comme sur les autres, est incertain, même si, comme le rappel Laurence Tubiana, « Li Keqiang, le nouveau premier Ministre, est connu pour ses prises de paroles et de position en faveur d’un développement soutenable sur le plan environnemental ». La réélection d’Obama suscite elle de plus grands espoirs encore quant à un réengagement américain dans les négociations internationales. Mais la situation intérieure américaine, aussi bien sur le plan énergétique (les gaz de schiste) que politique (les Républicains conservant la majorité à la Chambre des Représentants, et les Démocrates étant bien loin de la majorité des deux tiers nécessaire à la ratification d’un traité international au Sénat) appellent à la retenue.

 (1) ndlr Affirmation qui se discute.....

samedi 17 novembre 2012

Notre Dame des Landes: le productivisme du Premier ministre face à une contestation disparatre...

Samedi 17 novembre François Mitterrand avait tous les défauts du monde. Mais il avait une authentique sensibilité pour tout ce qui touchait à la nature et l’environnement. Je n’ai eu qu’une seule longue conversation avec lui, lors d’une entrevue fortuite à Baïkonour, tandis que nous attendions le départ d’un fusée lançant des cosmonautes russes parmi lesquels se trouvait, si ma mémoire est bonne, l’astronaute Jean-Louis Chrétien ; et pendant une vingtaine de minutes, sous le regard jaloux de quelques confrères qui pensaient que le Président était en train de me faire des confidences politiques, nous avons parlé nature, ours, forêts et arbres. Ceux de la forêt de Latché et ceux du Morvan bien sur. Il connaissait le nom latin de chacun des arbres. Son ton était passionné et ses remarques passionnantes... C’est peut-être pour cela, au nom du respect de la nature et du travail de la terre, qu’il avait conclu, après sa première élection, la longue bataille des paysans du Larzac contre la droite, par l’annulation du projet qui depuis 1970, ambitionnait de transformer le plateau et ses terres en terrain d’exercices militaires. Il était également très attentif aux rapports de force et c’est probablement pour cette raison, après toutes les manifestations monstres et bretonnes qui s’apposèrent au projet, que le président ordonna qu’EDF renonce à la construction de la centrale nucléaire de Plogoff. Jean-Marc Ayrault, tout comme d’ailleurs François Hollande qui n’a jamais contemplé la nature autrement qu’à travers la fenêtre d’un train filant vers la Corrèze, est d’une autre nature. Il appartient à cette gauche productiviste et froide qui ne raisonne qu’en termes d’équipements et de grands travaux. Ce n’est pas par hasard que son projet délirant et ruineux est soutenu par l’UMP. Qui de ressemble, s’assemble. Ayrault ne peut tomber amoureux que des taux de croissance et des « progrès » industriels. Passions qu’il partage avec Arnaud Montebourg. Avant de tomber à gauche et de verdir son discours, Jean-Luc Mélenchon communiait pleinement avec cette église qui vénère les grands projets alimentant les profits de Bouygues, de Vinci et de quelques bâtisseurs d’autoroutes en les dissimulant derrière la « compétitivité » et le « redressement productif ». Ce qui explique au moins en partie son alliance avec un parti communiste qui défend le projet nouvel aéroport de Nantes et le nucléaire. Sur le Larzac, la centaine de paysans opposés aux militaires et à la droite, avait su s’attirer le soutien de centaines de milliers de personnes de toutes origines impressionnés par leur volonté de « vivre et travailler au pays », comme on le disait alors. Depuis leur plateau battu par les vents et saisi par le froid chaque hiver, ils ont organisé, à pied ou en tracteurs, avec ou sans leurs moutons broutant sous la Tour Eiffel, d’immenses manifestations. Ils ont réuni des dizaines de milliers de personnes et ralliés aussi bien les intellectuels que, par exemple, les universitaires, étudiants et enseignants réunis, de Paris 8 qui les accueillirent au terme de l’une de leurs longues marches de la fin des années 70, au coeur du bois de Vincennes. Ces paysans, qui firent aussi bien leur jonction avec les salariés en autogestion de Lip qu’avec les Paysans-Travailleurs bretons et toutes les organisations et association de gauche, avaient réussi à rester unis, à former un bloc au delà de leurs origines idéologiques. A rester maîtres de leur revendication. Ils formaient un groupe politiquement soudé. Ils s’offrirent même le luxe, une année, de chahuter François Mitterrand (pas encore élu) qui ne leur en tint pas rigueur bien qu’il ait du un jour, quitter les lieux juché sur un tracteur. Où sont aujourd’hui les intellectuels, ceux qui ne se rendent à Nantes qu’en avion pour assister aux fêtes du maire devenu Premier ministre ? Ces paysans du Larzac avaient su créer un consensus autour de leur combat. Il ne semble pas qu’il en soit de même pour la défense pourtant essentielle des terres de Notre Dame des Landes. Il s’en faut de beaucoup. Ce n’est pas en additionnant des carottes et des choux qu’il est possible de susciter un mouvement national cohérent. Les anarchistes (que je respecte), les éco-guerriers, les écolos gouvernementaux empêtrés dans leurs contradictions, des rescapés du Modem, quelques socialistes honteux, des militants sympas mais à court d’arguments politiques solides, ne peuvent pas constituer ou reconstituer un mouvement de masse susceptible de ranger une partie de la France derrière eux. Surtout quand on constaté que les paysans et les naturalistes de la région menacée ne sont pas vraiment aux commandes du mouvement. La mayonnaise peut difficilement prendre. Surtout en ce temps nouveaux d’individualisme et de grande faiblesse idéologique. Il ne suffit pas, hélas, de proclamer qu’on est « contre », que le projet est « contre-nature » et qu’il s’inscrit dans une idéologie industrielle du passé, pour convaincre que l’on à raison. Alors, « un nouveau Larzac ? ». Pas vraiment ou, au mieux, pas encore. Surtout en une sombre journée qui a vu les militants contre le mariage gay réunir plus de manifestants que les militants de Notre Dame des Landes...

lundi 6 août 2012

José Bové, le loup et les naturalistes....

Ceux qui critiquent aujourd’hui José Bové pour ces déclarations sur le loup n’ont pas de mémoire, car ce n’est pas la première fois qu’il exprime cette opinion qui a toujours été la sienne. Celle de l’éleveur du Larzac qu’il a été de 1975 à 2009. Un point de vue qu’il faut entendre avant de crier au loup. Car, bien qu’ardent défenseur du loup et auteur d’un livre condamnant les siècles de diabolisation de cet animal magnifique, je fais partie de ceux qui veulent aussi entendre les bergers de bonne foi. Voici ce que disait Bové en 2009, pendant la campagne électorale européenne dans un livre d’entretien que j’ai publié avec lui chez Delachaux et Niestlé. Extraits non modifiés Des écologistes vont te rappeler que tu es contre les loups, que tu as un jour dit « si j’en vois un s’approcher de mon troupeau, je tire »... Je l’ai dit, mais je ne vois pas pourquoi je laisserais un loup s’attaquer à mon troupeau, à mon gagne-pain ! Bové n’est pas contre les loups. Mais Bové est d’abord paysan, éleveur, et pour lui effectivement – pour moi – la question de l’élevage est essentielle. Je ne reproche à personne de vouloir sauver les loups, mais que les gens ne me reprochent pas de vouloir sauver mes brebis. Nous sommes aujourd’hui dans cette situation particulière d’antagonisme, de conflit par rapport aux loups parce ce que nous vivons une désertification qui s’accentue partout chaque année. Comme je l’ai souvent dit, le danger principal, pour un troupeau, ce n’est pas tellement le loup mais le ministre de l’agriculture, ou la politique agricole européenne, ce qui revient au même. L’élevage ovin est réduit a néant, dans le secteur agricole cette activité a le plus mauvais revenu de tous. Donc, c’est vrai que le loup représente un problème qui s’ajoute aux difficultés. La diminution du nombre d’éleveurs et de la présence humaine dans la montagne, entraîne un retour des animaux sauvages ; pas seulement le loup, mais d’autres comme le lynx par exemple. Cette présence provoque des tensions dans de plus en plus nombreuses régions. Mais cette tension ne constitue pas une nouveauté, elle a été permanente depuis des siècles dans l’histoire humaine des campagnes, mettant le loup face aux éleveurs. Des problèmes, des affrontements il n’en pas existé que sur le Gévaudan, mais aussi dans le centre ou dans l’est de la France. Cette confrontation entre l’éleveur, le paysan et les aléas de vie au sein du milieu naturelle n’a jamais été simple, comme ne sont jamais simples tous les conflits qui surviennent sur un territoire. Pour les uns comme pour les autres il y a la volonté d’éliminer l’autre. Normal, je n’élève pas des brebis pour nourrir le loup qui a lui-même tendance à aller au plus facile pour se nourrir ; je dirais presque que...c’est humain de sa part, car la brebis court moins vite qu’un chevreuil ou un chamois. Donc, la première réaction est que c’est lui ou mes brebis ! Ensuite une autre question se pose : est il est possible de parvenir à une nouvelle harmonie entre les concurrents que sont les hommes et certaines espèces sauvages qui occupent le même territoire ? Je ne sais pas ? J’ai des doutes dans un sens comme dans l’autre. Répondre par l’affirmative, ce serait oublier une situation à peu prés semblable dans tous les pays européens, a savoir que tous les territoires ruraux et agricoles, qu’on le veuille ou non, ne sont plus constitués que d’espaces occupés et donc intégralement façonnés par l’homme. Nos montagnes ont été transformées par les hommes, qu’il s’agisse de la coupe des forêts, de l’agriculture ou de l’élevage. Ces montagnes ne sont même plus sauvages dans leurs parties les plus hautes, sur les sommets, puisque pour les escalader des hommes ont équipé des voies d’escalade, planté des pitons partout, voire laissé des échelles. A mon avis, s’obstiner à croire à un espace naturel mythique ou idyllique, sans présence humaine relève d’une grave erreur d’appréciation de la réalité. Il faut renoncer à considérer la campagne, plaine ou montagne, comme un simple espace de jeu ; ou comme une agréable nature sauvage dans laquelle il ferait simplement bon vivre. Un espèce de mythe plus ou moins rousseauiste avec des lions végétariens qui mangeraient à côté des antilopes ou des loups qui lècheraient les agneaux égarés pour les ramener ensuite à leur mère. Non seulement il ne faut pas se tromper de siécle, mais en plus il ne faut pas oublier que l’équilibre de la nature se bâtit sur une chaîne alimentaire avec de très nombreux prédateurs. L’élevage s’ajoute à cette logique et trouble encore davantage l’espace soi-disant naturel, car à partir du moment où des hommes ont commencé à domestiquer des animaux, où il leur a aménagé des espaces pour nourrir une famille, pour obtenir des produits, cela a remis en cause les rapports entre les animaux sauvages et l’homme, puisque qu’un immense partie du territoire se retrouve lui aussi domestiqué. L’espace naturel du XXI ème siécle n’a plus rien à voir avec celui du Moyen Age, ne serait-ce que parce que nous sommes bien plus nombreux ! Reste un vrai débat entre une domestication, construite sur des milliers d’années par les chasseurs qui sont devenus éleveurs ou agriculteurs, et ceux qui gardent cette vision un peu fausse ou dépassée d’un espace naturel vierge. Reste aussi, je ne le nie pas, la question, de la sauvegarde, sur un territoire marqué par une pratique agricole et une présence humaine, d’une certaine harmonie et d’une biodiversité dont nous avons tous besoin, les paysans comme les autres. Ce qui revient à se demander comment un territoire peut-être préservé. Malgré tout, je ne pense pas que les tensions que j’évoquais soient vraiment une mauvaise chose. Il faut faire avec, elles sont inévitables et on décide au cas par cas, par une accumulation de textes qui ne satisfont personne. Le problème, dans le fond réside dans une réalité difficile : les éleveurs se sentent acculés parce qu’ils ont l’impression d’être la dernière roue de la charrette par rapport, à la fois, à l’image que les gens se font d’eux et par rapport à la politique européenne. Ils vivent dans une situation où ils sont considérés comme les derniers des Mohicans par rapport au modèle dominant et également face à des gens, les naturalistes par exemple, qui les critiquent avec de très bonnes intentions mais qui ont beaucoup de mal à prendre en compte la vision paysanne et à intégrer cette culture paysanne ; et donc une autre vision des animaux, sauvages ou domestiques. Mais bon, je ne vais pas prétendre que certaines pratiques des éleveurs ne sont pas critiquables. Parce qu’effectivement, si un éleveur laisse 500 ou 1 000 brebis gambader toutes seules dans la montagne et qu’il se contente d’aller leur rendre visite de temps en temps, cela peut entraîner de gros risques. Mais, le berger, dans un système qui ne nourrit plus son homme, il est tout seul, il n’a pas de personnel. Lorsque la transhumance existait encore, que les troupeaux de la Crau montaient dans les Alpes, ou de l’Hérault vers les Cévennes, les grands troupeaux qui se déplaçaient étaient accompagnés de nombreux bergers ; et les troupeaux qui restaient en estive étaient très importants, parfois un millier de bêtes avec beaucoup de gens pour les garder. Il n’y avait pas beaucoup de petits troupeaux de 50 ou 100 brebis gardées par un berger. Evidemment, avec des troupeaux dispersés un peu partout dans la montagne, le risque de prédation est beaucoup plus grand et la vision du berger est complètement différente. De plus, les naturalistes doivent comprendre que ce berger ne considère pas sa brebis de façon isolée. Il a une vision globale des brebis, il considère son troupeau comme une entité ; et toute agression contre son troupeau est une atteinte à sa raison de vivre, il la ressent personnellement, au delà du préjudice financier éventuel ; personne ne peut rembourser ce qu’il ressent lors d’un attaque, qu’elle soit le fait de chiens sauvages ou de loups. C’est un sentiment, une réalité qu’il faut prendre en compte et que les naturalistes peuvent d’ailleurs retrouver chez Giono de manière tout à fait extraordinaire. Tu veux dire que la coexistence est possible à condition que l’espace dit naturel soit réoccupé par les paysans. Oui, mais pas seulement car il faut mener à son terme le débat sur l’utilisation du foncier, sur l’usage de la terre. Donc nous ne devons pas décalquer dans les campagnes un modèle productiviste qui découpe tous les territoires en tranches spécialisées. Il ne doit pas subsister un territoire pour l’agriculture, un territoire pour l’élevage, un territoire pour la chasse, un territoire urbain ou péri-urbain pour dormir, un territoire pour le loisir, un territoire pour les animaux sauvages et encore un autre enfin pour le travail. Il faut revenir sur le modèle industriel de segmentation. Il faut que tous les espaces se croisent, s’interpénètrent. Il faut désormais travailler non plus dans des espaces antagonistes, qui se font face, mais envisager une occupation du territoire permettant à tous les usagers de discuter globalement de la gestion de l’espace, d’établir la légitimité de chacun des besoins et des aspirations, pour que toutes les légitimités puissent être assemblées dans le même espace. Ce qui conduit à toutes les cohabitations possibles et imaginables. Il faut résoudre les conflits d’usage puisque chacun exprime une légitimité, mais pas dans des logiques d’exclusivité, d’exclusion ou de propriété.

Les requins disparaissent beaucoup plus rapidement que les surfeurs...

Sur les 460 espèces de requins de toutes tailles recensées par les scientifiques dans toutes les mers du monde et même dans quelques grands fleuves et estuaires africains ou latino-américains, seulement cinq seraient susceptibles de s’en prendre à l’homme : le requin-bouledogue, le requin-mako, le requin-longimane, le requin-blanc et le requin-tigre considéré comme l’un des plus gros puisqu’il peut dépasser les six mètres et atteindre 600 kilogrammes. L’hystérie entretenue, comme chaque année à cette époque, à l’égard des requins qui peuvent être dangereux, comme envers tous les autres, éternel remake de ce film stupide qu’a été « Les Dents de la Mer », masque une réalité affligeante : moins d’une centaine d’attaques sont recensées chaque année, alors qu’au moins cent millions de requins sont exterminés chaque année pour la pêche, par la pêche et pour le plaisir. La balance n’est pas vraiment égale. D’autant moins égale que parmi les requins massacrés, 40 à 50 millions le sont chaque année pour fournir les industries alimentaires qui mitonnent la célèbre soupe d’ailerons de requins. La recette est simple, au moins au départ : des bateaux usines pêchent ces poissons, gros ou petits, coupent leurs ailerons puis rejettent les requins à la mer, dans laquelle chacun comprendra qu’ils ne peuvent plus vraiment surfer... Il ne faudrait évidemment pas en déduire que les requins se vengent de temps en temps sur les surfeurs. Simplement, estiment les spécialistes de ces animaux, il est fort probable que les requins confondent les surfeurs avec une proie croisant sur la surface de l’eau. Et comme les surfeurs, au contraire des requins, sont de plus en plus nombreux... les accidents risquent un jour de se multiplier. Risquent... puisque depuis le début du millénaire, le maximum par an été de 81. Par contre de nombreuses espèces risquent de disparaître puisque 75 % d’entre elles sont déjà menacées : pour la pêche déjà mentionnée, pour fabriquer des cosmétiques, pour faire des abrasifs spéciaux avec la peau, pour confectionner des bottes et chaussures de luxe, pour distraire des touristes-pêcheurs amateurs de trophées ou de photos souvenirs. Ils sont également tués par hasard lors d’autres pêches au chalut. La majorité des médias, les offices touristiques, les municipalités concernées sonnent donc le tocsin contre les requins et déplorent (ce qui est humainement normal) chaque victime. Et ils déclarent la guerre aux requins dans des territoires où les accidents de voiture font chaque mois plus de blessés et de morts que les requins en une année. Mais personne ne songe aux requins, les inoffensifs comme les autres, alors que ces poissons prédateurs sont indispensables à l’équilibre écologique des mers et des océans.

samedi 28 juillet 2012

Bonus pour voiture "verte": l'escroquerie sociale et écologique d'Arnaud Montebourg

Ainsi donc, pour que nous adoptions une attitude plus responsable, à condition que l’on considère qu’à terme les véhicules électriques méritent le qualificatif d’« écologiques », l’Etat va payer encore plus les automobilistes pour qu’ils adoptent une attitude considérée comme socio-écologique. En prélevant plus d’un demi milliard d’euros (par an) sur le budget de pays. C’est cela le bonus : continuer à nous persuader que sans voiture, point de salut. Je sais, lecteurs grincheux habituels, vous m’objecterez que dans les zones rurales et les banlieues lointaines, la bagnole est le seul recours possible. Oui, sans aucun doute, mais, sur 38 millions de voitures, le total de celles qui sont utilisées par les citadins, ceux des grandes agglomérations, est largement supérieur à celui des véhicules ruraux imposés par les prix des terrains qui éloignent des centre-ville, par la défaillance des transports publics et par les urbanisations anarchiques des grandes banlieues. Quand aux véhicules électriques, si par hasard leurs achats augmentaient par miracle de 200% l’année prochaine, cela aboutira au chiffre mirifique de 10 400 voitures par an. Appliqué au même raisonnement miraculeux, pour les véhicules hybrides, le nombre de modèles, toutes marques confondues, le nombre de voitures écologiques, selon Montebourg, vendues serait à peine de 50 000 à l’année. Donc, sans oublier que même avec le « bonus » ces bagnoles sont plus chères à l’achat, le « plan » mirifique concernerait 60 000 engins sur les 2, 8 millions immatriculés en France chaque année. Pas de quoi sauver Peugeot ou Renault, d’autant plus que les deux tiers de ces voitures électriques ou hybrides sont fabriquées hors de France. Pour une fois, les écolos et les syndicalistes sont d’accord pour crier à l’escroquerie politique, écologique et sociale. Donc le bonus ne profitera qu’à une minorité de Français plutôt fortunés, les autres ne s’intéressant pas, pour des raisons économiques ou des raisons psychologiques de résistance au changement, aux nouvelles technologies. Un exemple révélateur : un constructeur italien commercialise des scooters MP3 hybrides de 125 cm3, mais en dépit d’un résultat de consommation qui se situe autour de 1, 6 litres au 100 kilomètres (donc au minimum une moindre pollution), il n’en a vendu que 120 en France en trois ans. Donc le fameux plan d’Arnaud Montebourg n’est qu’une coûteuse poudre aux yeux et les automobilistes français, qui ne font pas le calcul de l’économie illusoire dont ils croient bénéficier, continueront à acheter des véhicules diesel qui représentent 78 % des bagnoles immatriculées en 2011. Economie bidon et pollution, notamment aux particules fines dangereuses pour les poumons, garanties. Mais il n’est pourtant pas question se supprimer la petite détaxation sur ce carburant nocif. Le calcul du ludion du Redressement Productif vient de nous offrir un tour de passe-passe politico-économique qui n’est qu’une illusion partant du principe que pour encourager à la transition écologique il ne faut pas compter sur le civisme des citoyens et qu’il ne faut qu’encourager ceux qui n’ont pas de souci économique en leur offrant l’argent des contribuables. Le problème de la mévente des voitures fabriquées en France (comme les autres) n’est en aucun cas résolu puisque le gouvernement n’a pas choisi la solution qui consiste à remettre en cause la suprématie de la voiture individuelles en milieu urbain au profit du développement des transports collectifs et du deux roues, avec ou sans moteur.