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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

jeudi 31 juillet 2008

Jeux Olympiques: les censures chinoises à venir sont pires

31 juillet

Il y a longtemps, confidence recueillie auprès de l’un de ses membres, que le Comité Olympique International SAIT que la presse sera censurée dans ses accès internet au cours des jeux. Cela faisait partie des accords secrets passés avec les Chinois, l’idée étant que, rendues publiques à quelques jours des Jeux, ces dispositions n’entraîneraient que des protestations trop tardives (plus l’étonnement hypocrite de monsieur Sérandour, président du Comité Olympique français expliquant hier qu’il était « surpris »). Le plus intéressant reste à venir. D’abord, « pour des raisons de sécurité », les déplacements des journalistes (ils vont s'en apercevoir) hors de Pékin seront limités, voire interdits pour une raison bien simple, expliqueront les Chinois : « les journalistes sont venus pour couvrir les Jeux, pas pour faire des reportages sur la province ». Ensuite, faute de pouvoir censurer en direct les articles au moment de leur envoi, les autorités chinoises, en s’appuyant sur la Charte Olympique, retireront immédiatement leurs accréditations aux journalistes qui traiteront, et de façon critique, d’autre chose que les événements sportifs.

Lorsque j’ai couvert les Jeux Olympiques de Moscou en 1980, Jeux boycottés par 63 pays, j’ai pu me déplacer librement hors de Moscou et, comme le sport ne m’intéressait pas et n’intéressait pas mon journal (le Canard Enchaîné) j’ai pu effectuer des reportages n’ayant rien à voir avec le sport, rencontrer des dissidents, écrire sur les libertés bafouées et envoyer mes articles depuis Moscou. Sorj Chalandon, à l’époque de Libération, en fait autant. Et dans Moscou, la présence policière était discrète.

Cette année, malgré tout ce qui s’accumule, personne (aucun gouvernement) ne boycotte et les protestations sont inaudibles, ce qui permettra aux affaires de reprendre tranquillement en septembre.

mardi 29 juillet 2008

Maison à 15 euros par jour: escroquerie écologique et sociale

29 juillet

Voyons, du point de vue de l’écologie, à quoi ressemble la maison à 15 euros par jour promise pour la quatrième fois hier depuis le début de l’année (j’ai consulté les dépêches de l’Agence France Presse) par Christine Boutin qui nous en reparlera au moins encore trois fois avant la fin de l’année.

- D’abord, elle ressemble comme une soeur à la célèbre maison Borloo à 100 000 euros (officiellement....) qui devait être construite à 30 000 ou 40 000 exemplaires par an et qui n’existe heureusement qu’à 550 exemplaires en comptant large.

- "Heureusement", pourquoi ?Parce que le cahier des charges théorique de la construction de cette maison prévoit une « économie de 10 % » de la consommation électrique par rapport aux "autres maisons ». Non seulement c’est bien vague, non seulement c’est dérisoire par rapport aux objectifs du plan climat mais cela rappelle discrètement que ces maisons (comme les défuntes « Borloo ») seront chauffées et approvisionnées en eau chaude à l’électricité. Sans le moindre recours au solaire, par exemple. De plus, il ne s’agit pas d'une maison HQE (déjà une spécificité bien aléatoire) et les murs de ces maisons (comme les Borloo) seront de véritables passoires énergétiques.

- Donc ces maisons destinés à des gens qui n’ont pas ou pas beaucoup de moyens (les plafonds excluent d’ailleurs les gens au SMIC) vont coûter 15 euros par jour mais leurs habitants se retrouveront avec des notes électriques pharamineuses qui seront en général, au moins l’hiver, de même niveau. Au moindre pépin, au moins « accident de la vie » comme on dit au gouvernement, les « propriétaires » se retrouveront dans la même situation que les propriétaires américains victimes des "subprimes" : payer les emprunts ou avoir froid. Dans de nombreux HLM, les charges de chauffage tout électrique, dépassent les loyers...

- Parce les terrains coûtent de plus en plus cher (d’ailleurs l’agglomération parisienne et la Côte d’Azur sont pratiquement exclues du système), ces maisons seront installés le plus loin possible des centres ville avec obligation d’aller au travail en voiture(s). Seconde aberration écologique et sociale.

- Sans tenir compte des avis et des sentiments des salariés, le gouvernement et les entreprises, prônent la mobilité : il faut savoir déménager, parait-il. Comment feront ces familles qui, au minimum, pour la maison (18-25 ans) puis ensuite pour le terrain (10-15 ans) seront endettés pour 35 à 40 ans pour une construction dont on peut d’ailleurs se demander si elle tiendra tout ce temps avant de commencer à s’autodétruire alors que, tous emprunts confondus, pour un couple avec deux enfants, une fois déduit l’aide au logement, elle aura coûté aux environs de 180 000 euros. C’est la seule différence notable avec la « maison Borloo » promise à 100 000 euros.

Petite précision : la maison écologique (un seul poêle à bois, isolation liége, toilettes sèches, isolation du sol, etc.) de José Bové n’a coûté que 115 000 euros. Preuve qu’il est possible de limiter les dépenses énergétiques à venir pour une somme raisonnable qui est en fait le coût réel de la maison Borloo. Mais cette maison est en bois et ni les architectes, ni les inspecteurs du paysage, ni les service sociaux, ni les maires n’aiment le bois. On les comprend : cela ne fait pas travailler le BTP et les marchands de béton et, en général, le bois se récolte dans la région de construction, sans grande dépense énergétique de transport.

vendredi 25 juillet 2008

Existe-il une différence entre un poulet de batterie et un militaire...

25 juillet


A priori, il n’y a guère de points communs entre les poulets de batterie produits pour monsieur Doux ( Doux, Père Dodu, Alsabia, Frangosul, Lebon, 14 500 personnes dans le monde) par des agriculteurs partout transformés en OS de la terre et les soldats de l’armée priés d’aller chercher du travail ailleurs et de quitter des régions qui pratiquent depuis des années la culture hors-sol du militaire. Pourtant...

Les uns et les autres ne servent pas à grand chose, sinon à faire du profit. Pour le groupe Doux et pour les marchands d’armes. Et pour les militaires, les commerçants. Il suffit de lire les journaux, d’écouter la radio et de regarder la télévision pour constater qu’en général, seuls les commerçants se plaignent du départ des troufions vers d’autres cieux ; avec, bien sur, les maires et les députés qui sont élus grâce à ces commerçants et à ces militaires.

Quant aux poulets, qu’ils soient produits en France (de moins en moins) ou, par exemple, au Brésil, ils représentent ce qu’il y a de pire en matière de bouffe en raison des produits chimiques dont ils sont abreuvés pour ne pas mourir avant le 42 éme jour qui est celui de leur abattage. Ce sont ces poulets (congelés) que l’on retrouve en Afrique et ailleurs sur les marchés où ils font disparaître la production locale. Je ne suis pas insensible au drame des gens qui perdent leur boulot parce que Monsieur Doux veut améliorer sa marge de profit, mais comme toujours il faut se poser la question de la fonction sociale des emplois que l’on voudrait absolument pérenniser, qu’il s’agisse des « agriculteurs » qui ne font qu’engraisser les poussins qui leur sont apportés ou des salaires scandaleusement bas que verse la multinationale du poulet. Ce qui me rappelle les protestions syndicales contre les réductions d’emploi dans l’industrie de l’armement: au nom de l'emploi, peut-on faire ou produire n'importe quoi ?

Quand aux militaires dont la nouvelle organisation nous est « vendue » au nom de la lutte contre le terrorisme, je n’ai a priori aucune raison de me désoler que la France commence à les entasser comme des poulets de batterie.

Quand aux arguments entendus sur « l’aménagement du territoire », je voudrais que l’on soit plus attentif lorsqu’il s’agit de construire de nouvelles autoroutes dont je croyais que le Grenelle de l’environnement avait décidé le moratoire....

mardi 15 juillet 2008

désastre écologique au Darfour

15 juillet

L’annonce de l’inculpation du président du Soudan pour « génocide » ou « crimes contre l’humanité », outre qu’elle risque de rester sans effet pratique, masque une autre réalité que j’ai pu constater sur place : la guerre des « cavaliers », arabes et plutôt proches des éleveurs contre des paysans africains noirs du Darfour a pour terrible conséquence la destruction de l’environnement et de la nature dans une zone immense (prés de 800 000 Kms 2) déjà touchée par le changement climatique. L’éradication des villages, la destruction des cultures entraîne une accélération de l’érosion et facilité la progression du désert. D’autant plus que, symboliquement, les « cavaliers » coupent systématiquement les arbres qui marquent le paysage et les villages. Les arbres ont, depuis des milliers d’années deux fonctions : abriter les maisons et une partie des cultures et servir de repères dans la géographie de ces régions. Au points que certains d’entre eux, en raison de leur taille et de leur ancienneté, figuraient sur les cartes topographiques des Anglais qui ont longtemps colonisé et contrôlé le Soudan.

Tandis que les agriculteurs se réfugient dans les villes ou dans les camps plus ou moins bien alimentés et gérés par les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires comme Médecin du Monde, les immenses zones rurales abandonnées ou livrées à des troupeaux de plus en plus importants se dégradent rapidement. Au point que les nappes phréatiques baissent et que nombre de puits s’assèchent et que la faune et la flore déclinent rapidement. Les micro-climats entretenus par les arbres et les cultures disparaissent. Une partie du Darfour est en voie de désertification, un phénomène qu’aucune force internationale de l’ONU ou des Etats africains ne pourra enrayer. De l’autre côté de la frontière, au Tchad, là où sont installés plus de 200 000 réfugiés, on constate le même phénomène : pour faire leur cuisine, les familles venues du Darfour sont contraintes de couper du bois et des buissons dans la savane arbustive. Ce qui accélère d’autant plus une autre désertification que, pour alimenter en eau les camps, les ONG et les Nations Unies ont du creuser des puits profonds : la consommation d’eau a pour effet de faire baisser les nappes souterraines de la région, ce qui prive d’eau les oueds et les arbres qui les bordent.

Reste ensuite à savoir si, la guerre intermittente qui se déroule depuis quelques années au Darfour, peut-être qualifiée de « génocide ». Pour ma part, si je me réfère au Rwanda, autre expérience vécue il y a quelques années, j’ai tendance à répondre par la négative. Il faut faire attention à l’utilisation de ce mot. Et se demander, notamment, pourquoi il est systématiquement d’abord utilisé aux Etats Unis...

Il ne s’agit pas de nier le nombre des morts et des réfugiés, intérieurs et extérieurs, mais de se demander qu’elle est, dans toute cette région l’importance du mot pétrole....

Dans mon cours « Guerres et environnement » du prochain semestre du département de géographie à l’Université de Paris 8 je reviendrais longuement sur cet aspect des choses et sur le fait que les guerres intérieures interviennent majoritairement dans des régions riches en pétrole...

vendredi 4 juillet 2008

Les contes à dormir debout de la libération d'Ingrid Betancourt

4 juillet

Que tous ceux qui ont des doutes sur le scénario hollywoodien de la libération d'Ingrid Betancourt qui n'est qu'une banale reddition transformée en opération militaire, se rendent sur le journal internet Mediapart d'Edwy Plenel, ils y trouveront mes informations puisées aux meilleures sources sur la façon dont les choses se sont préparées depuis plus de trois mois et comment le second des Farcs a été assassiné par un missile américain en mars dernier.
Ce qui n'enlève rien bien sur au courage et au talent d'Ingrid Betancourt, même si les médias sont en train d'en faire une sainte.
Et il ne faut pas oublier enfin, qu'avec le financement du Sénat américains, des avions continuent à arroser la Colombie avec du Round-up, pour éliminer les plants de coca et pour déforester les endroits où se réfugient les Farcs.

(www.mediapart.fr)

jeudi 3 juillet 2008

Sarkozy: le président écolo qui se dope aux neutrons

3 juillet

Le président de la République, toujours à la pointe du progrès en écologie, a annoncé ce jeudi la construction d'un nouveau réacteur EPR. Ceci un mois après avoir fait, lors d'une visite à Orléans, la fine bouche sur les éoliennes à cause du paysage. Le paysage dans lequel, grâce à la loi sur le commerce actuellement en discussion au parlement, vont s'installer encore plus de ces grandes surfaces qui font le charme urbanistique de la France. Un paysage au sein duquel les architectes des bâtiments de France, nourries aux vieilles mamelles de l'idéologie de la nature et des villes décors, regardent avec plus de suspicion les panneaux solaires et les éoliennes que les panneaux publicitaires et les hypers-horreurs déjà mentionnées, comme je viens de m'en rendre compte au colloque organisé vendredi dernier à Aix les Bains par le "Solar Event"
Cette annonce du président va donner de l'animation aux manifestations anti-nucléaires prévues pour le 13 juillet. Cette annonce donne aussi le ton de ce que sera la présidence française de l'Europe au cours de laquelle les gouvernement français va s'efforcer de convaincre ses 26 partenaires de comptabiliser les centrales nucléaires dans les "énergies renouvelables". Au moins pour la France et sa célèbre "exception culturelle".
Ceci étant dit, je ne pense pas que le solaire, l'éolien, la biomasse ou même les économies d'énergie (30 % à gratter !) sont LA solution face au nucléaire. Mais toutes les nouvelles technologies font partie de la solution et, si l'on ne se base que sur le niveau des investissements pour un réacteur, l'ajout de ce réacteur sera négligeable par rapport à ce qu'ils permettraient en énergie renouvelable.
Mais ce qu'il y a de commun entre le démantèlement des 35 heures, la remise en cause du code du travail, l'affaiblissement de la Sécurité sociale et le nucléaire, c'est qu'il s'agit d'une démarche idéologique.
Bon, sur le nucléaire, on attend par exemple la réaction des socialistes et, en particulier, de Ségoléne Royal et de Bertrand Delanöe.

dimanche 29 juin 2008

Environnement: la fin des hypocrisies de gauche et de droite

29 juin

Ayant examiné avec une forte loupe grossissante les contributions et autres déclarations des anciennes et nouvelles gauches, anti-capitalistes déclarées ou libérales honteuses, je n'ai pas trouvé grand chose qui ressemble vraiment à autre chose de ce que j'appellerais de "l'écologie déclarative" ou de "l'écologie d'estrade", souvent dissimulées sous ce désormais fameux "développement" durable sous lequel la majorité des élus locaux et nationaux, la quasi-totalité des entreprises dissimulent leurs manques d'intéret (version optimiste) ou leurs turpitudes. Comme ceux qui, de la droite à la gauche, continuent à réclamer à cors et à cris (et avec succés) l'autoroute A 65.
Le Grenelle de l'environnement s'effiloche dans l'indifférence, celle de la droite qui promet vaguement, comme celle de la gauche qui râle vaguement. Bientôt il n'en restera plus rien, que "des nuages qui s'en vont crever au large de Brest...". Et malgré la discrète pression de la Commission de Bruxelles, la présidence française ne va pas se préoccuper d'environnement alors que Français et Allemands se sont entendus au sommet pour ne pas abaisser le seuil de pollutions des automobiles. La France va échanger le maintien des subventions agricoles, la pêche calamiteuse, des TVA bricolées contre le renforcement de la réglementation environnementale. Quand à la biodiversité dont la Commission a annoncé qu'elle restait un souci impérieux pour 2010, la France a fait savoir -en termes diplomatiques évidemment- qu'elle se foutait royalement. Si on ose dire...
Ceux qui ont cru, c'était possible après tout, que les politiques avaient trouvé l'environnement, la nature et le sauvetage de la planète sur un nouveau Chemin de Damas decouvrent que ce vague sentier est déjà envahi par "les mauvaises herbes".
Quand aux bons apôtres qui sanglotent sur les prix de baril, il est possible de leur rappeler quelques détails:
- Avec une heure de SMIC 2008 il est possible d'acheter (à 1,5 euros) 5,75 litres d'essence alors qu'avec une heure de SMIC 1981 il était possible d'en acheter 3, 5
- Si je suis bien informé, nous sommes dans un systéme capitaliste...
- On ne voit pas pourquoi, à partir du moment où ils savent pertinemment que la ressource pétrolière est désormais limitée, les pays producteurs baisseraient leurs prix et augmenteraient leur production car leur soucis est de durer à profiter de leur rente géographique.
- Que je sache, la Grande-Bretagne, la Norvège ou les Etats Unis n'ont pas baissé le prix de leur pétrole ou de leur gaz.
- Le prix des combustibles est un avertissement qui, comme toujours, est ressenti le plus douloureusement par les populations (occidentale ou du sud ou émergentes) les plus fragiles. Mais, évidemment, comme ce sont les plus pauvres qui trinquent, les autres ignorent l'avertissement (sauf par les propos d'estrade déjà évoqués) et ne suggèrent que des placébos.

Comme disait il y a longtemps Paul Valéry: "tout ce qui est simple est faux et tout ce qui ne l'est pas est inutilisable".

PS Déclaration de la comique Rachida Dati: "elle veut créer un fichier informatique sur les bandes organisées". Elle ne doit pas sortir beaucoup en dehors de chez Dior, la dame...

jeudi 19 juin 2008

Religieux de tous les pays et de tous les temples, foutez nous la paix

19 juin


Je me battrais pour les uns et les autres, s’ils ont un dieu, pour qu’ils puissent le prier ou le maudire dans un temple, une mosquée, une église, un ashram ou une synagogue proches de leurs domiciles et payés avec leurs sous. Je signe demain, toutes les pétitions nécessaires. Mais comme je l’ai déjà écrit ici il y a quelques mois à tous les croyants je répète: garder vos fois, vos coutumes, vos superstitions et vos habitudes pour vous. Nom de dieu, foutez nous la paix, épargnez aux autres l’étalage ou la pression de vos interdits et de vos tabous qui plongent leurs racines dans la nuit des temps et l’obscurantisme de textes périmés. Quitte, aux Etats Unis, en Grèce, en Russie ou au Moyen Orient à nier le darwinisme pour prôner le darwinisme en datant la création du monde de 6000 ans. Ne confondez pas le droit à la différence avec le droit d’ingérence et ne faites pas semblant de croire que ceux qui pensent comme moi confondent le religieux et les origines ethniques.

Quand je constate que, désormais, les étudiants et les étudiantes (sous hautes pressions, ces dernières...) ne viennent plus aux stages de terrain en géographie de mon université pour cause de mixité, pour incertitude de trouver ou non de la viande Hallal en une province lointaine, pour ne pas manger à côté de ceux que aiment le cochon et ne boivent pas que du soda, je suis inquiet ; inquiet pour ces étudiant(e)s que les superstitions religieuses écartent d’un cursus normal, inquiet des pressions des mecs sur les femmes voilées ou non, inquiet des progrès du communautarisme qui écarte les uns après les autres et les uns des autres, les intégristes de toutes les églises sciemment confondus avec ceux qui se contentent de croire chez eux. Bientôt il ne restera plus qu’un jour ou deux d’ouvrables dans la semaine, chaque religion lançant ou relançant ses interdits. Car, il ne vous aura pas échappé que d’une « église à l’autre », tous ces militants de la foi s’accordent pour remettre en cause la société laïque et, donc, libre ; tous ! Vous avez déjà un entendu un prélat catholique, un imam, un rabbin ou un pasteur se plaindre quand la « concurrence » tente de grappiller un privilège ou une faveur ? Jamais, ils pensent uniquement à ce qu’ils exigeront bientôt.

Il y a quelques jours, à ceux de mes collègues qui évoquaient des « arrangements », des « discussions », j’ai simplement dit : « on ne négocie pas avec une religion ». On renvoie les pratiquants à leur sphère privée.

mercredi 18 juin 2008

L'Euro du foot et l'effet de serre

18 janvier

Merci aux Roumains, aux Néerlandais et aux Italiens. Exit le délire franco-chauviniste et le comique entraîneur Domrakozy qui fait sa demande en mariage (Estelle, vous connaissez ?) en direct après l’heureux échec de l’équipe de France. Il y avait donc bien, en plus, une coupe d’Europe de la stupidité.

Et « compliments » écologiques aux connards de la Fédération européenne de foot qui ont contribué à l’effet de serre en faisant venir des Pays Bas 26 camions réfrigérés transportant des dizaines de rouleaux de gazon pour réparer la pelouse du stade de Bâle. On n’arrête pas les progrès de la stupidité.

mardi 17 juin 2008

Annulation du fichage intime des élèves : une lutte qui paye

17 juin

Preuve que l’obstination des citoyens et de quelques journalistes, peut être payante, preuve qu’il ne faut jamais renoncer et toujours s’opposer aux tentatives liberticides des pouvoirs en général et de celui de Nicolas Sarkozy en particulier, preuve qu’un ministre peut faire machine arrière, le fichage des élèves du primaire (maternelles comprises) qui préludait à celui des élèves du secondaire, vient d’être remis en cause. Pour la seconde fois. Le ministre de l’Education nationale, celui qui voudrait devenir Calife à la place du sous-Calife Fillon, vient de faire annoncer qu’il n’est plus question d’informatiser des renseignements confidentiels comme la situation sociale de la famille, l’absentéisme, les profils psychologiques, les maladies des élèves et leur comportement. Ils ne seront plus demandés. Déjà, il y a quelques mois, le ministère avait renoncé à demander la nationalité (présente ou d’origine), la « culture d’origine » des élèves et de leurs parents ou la langue parlée à la maison. Dernière précision du ministère il y a quelques jours : les fiches « nationalisées » des élèves dont la centralisation devait être terminée en 2009 seront effacées à la fin du primaire. Autrement dit, mais le ministre ne peut pas le dire après une obstination qui dure depuis deux ans, ce fichier ne servira à rien après avoir coûté des fortunes. Il faut remercier les syndicats d’enseignants, la FCPE, la Ligue des Droits de l’Homme et de nombreuses associations d’avoir fait pression pour obtenir ce succès alors que les profs et les directeurs subissaient des menaces et des pressions des rectorats pour alimenter le fichier.

Donc, c’est un succès, donc la lutte peut aboutir. Il est regrettable que d’autres catégories de citoyens ne s’élèvent pas avec autant de vigueur contre les fichages qui les cernent de plus en plus.

Merci, les profs et bravo. Et tant pis pour les élus locaux qui lorgnaient déjà sur ce fichier qu’ils sont autorisés à consulter depuis un arrêté du 15 février 2008.

dimanche 15 juin 2008

La SNCF renonce au service public, à Gien et ailleurs

15 juin

Ce dimanche, trois cents personnes manifestaient dans la gare de Gien (Loiret) pour protester contre la réduction annoncée (par la SNCF) de 40 % des trains reliant cette petite ville à Paris et au reste de la Région et du département. Parce que, parait-il, ces trains auxquels la SNCF ne peut appliquer les « tarifs TGV » à géométrie variable ne sont pas « rentables ». Comme si le service public devait être rentable alors qu’il est là pour rendre des services au public. Petite plongée dans les comptes capitalistes de la SNCF qui fait de superbes bénéfices depuis qu’elle fait financer une partie de ses trains par les conseils régionaux et les conseils généraux. Et ce sont les autres qu’elle supprime, à Gien et évidemment ailleurs. Manifestation gentille, inefficace tant ces gens, y compris ceux que Parti Communiste qui mène le combat, sont attentifs à ne pas faire de vagues. Ce qui n’empêchait pas la présence de huit gendarmes et d’un officier des renseignements généraux, avec un gendarme à calepin notant soigneusement le nom des participants et les déclarations des élus, alors que l’on croyait que ni les RG ni la gendarmeries n’étaient plus une police politique. J’ai du lire çà dans un discours du président de la république ou de son porte-coton, Fillon.

L’angoisse des gendarmes : que ces manifestants décident d’occuper la voie et d’arrêter les trains ; un crime de lèse-SNCF que ces sages manifestants n’étaient pas disposés à franchir parce qu’ils sont majoritairement respectueux de l’ordre. Ce qui annonce leur échec. D’autant plus qu’ils étaient (et sont) menés à la bataille par un maire de droite, Jean-Pierre Hurtiger, compagnon de route de la droite la plus dure et adversaire résolue de la gauche depuis des années. D’une main, comme beaucoup d’élus locaux, ce maire soutient le pouvoir qui réduit les services publics, et de l’autre il vient préserver son réservoir de voix en faisant semblant d’être contre leur effacement progressif. Ce maire fut celui qui a pris le premier arrêté sur l’interdiction faite aux jeunes de sortir le soir dans les rues.

Il existe actuellement en France des centaines de gares où, en supprimant des trains, on va pénaliser les jeunes et les anciens et obliger les autres à se servir de voitures qui leur coûtent des fortunes et augmentent le dégagement des gaz à effet de serre. Comme quoi, à l’aune de la politique nationale, le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien d’autre qu’à disperser un nuage de fumée, pour faire oublier qu’en 1900 il existait 100 000 kilomètres de voies ferrées en France contre (tout compris) 53 000 aujourd’hui.

samedi 14 juin 2008

les responsables du foot français devraient faire de la politique

14 juin

Que certains journaux télévisés "ouvrent" sur le résultat de l'équipe de France de foot avant le résultat du référendum sur l'Europe en Irlande en dit long sur la déliquescence de nos sociétés, mais il y a mieux: tous les responsables de l'équipe de France et les commentateurs rivalisent dans l'exercice de la langue de bois. Fascinant, même pour qui se fout du foot.
La palme a été décrochée par l'entraineur de la dite équipe, parlant comme tous les autres sur fond de pubs et de sponsors, avec la phrase suivante: " Si on enlève les buts marqués, il est clair que c'est l'équipe de France qui a le mieux joué". On dirait du Sarkozy, du Coppé ou du Darcos.

PS QUI N'A RIEN A VOIR (encore que....) : si un référendum était organisé sur l'Europe qui nous est proposée, combien de peuples voteraient pour ?

vendredi 13 juin 2008

finale de l'Euro: une surprise

13 juin

Finale de l'Euro: Irlande, 1, l'Europe 0

Guiness pour tout le monde !

lundi 9 juin 2008

Poivre (d'arvor) n'est quand même pas le sel de la terre

9 juin

Que le président de la république soit aux commandes de TF1 ou qu'un énarque ait remplacé à sa demande un journaliste à la tête d'Europe 1 , qu'un ancien d'Usine Nouvelle et de Radio-Notre-Dame soit à la tête du journal du Dimanche depuis quelques jours pour remplacer Jacques Espérandieu qui faisait pourtant de son mieux pour satisfaire son patron indirect et élyséen, cela ne fait aucun doute...
Mais de là à nous expliquer que Poivre d'Arvor et tous les autres ont été virés par la droite des affaires et de l'Elysée pour cause d'indépendance et de gauchisme, il ne faut pas nous prendre pour des cons.
Je sais bien que les enterrements sont toujours l'occasion de passer la brosse à reluire, mais il y a des limites à l'indécence de trop de mes confrères.

jeudi 5 juin 2008

De la bêtise administrative appliquée aux écrevisses

5 juin

Plongée dans les arcanes de la stupidité française, toujours dans le parc régional de Brière, en Loire Atlantique:

1° Depuis quelques années, la biodiversité du marais de Brière est menacée (trés sérieusement) par la prolifération d'une espéce invasive: les écrevisses américaines autrefois maladroitement introduites en France. Cette écrevisse est originaire de Louisiane, elle provient d'élevages destinés à gagner des sous parce qu'elle est plus grosse.
2° La pêche et le transport des écrevisses américaines est interdite pour, parait-il, que ne puisse être pris le risque de les relâcher ailleurs par inadvertance.
3° Résultat, les écrevisses susnommées abondent à tel point (bouffant tout ce qui bouge et tous les végétaux...) qu'avec un panier à salades attaché au bout d'une ficelle et plongé dans l'eau, on en prend au moins cinq ou six kilos en une trentaine de minutes (vécu...)
4° Tout individu pris par les gendarmes avec une bourriche de ces bestioles ravageuses, se verra infliger une forte amende.
5° Aucun des pêcheurs ou des particuliers du marais de Brière n'a le droit de les pêcher et de les vendre, par exemple, à des restaurateurs.
6° Les écrevisses, et les queues d'écrevisses encore plus, se vendent fort cher et nous consommons celles qui viennent de très loin...
7° Quelques pêcheurs de Brière pourraient les pêcher et quelques emplois pourraient être créés pour les préparer (les queues) , pour la partie non consommée le lendemain en restaurant.
8° Mais, on vous l'a dit, c'est interdit alors que cette pêche, au moins, limiterait l'invasion.
9° Comprenne qui pourra...
Que nul ne s'en étonne, les étudiants et les enseignants du département de géographie en stage de terrain sur le parc de Brière, en ont mangé une dizaine de kilos et revendiquent leur "forfait" face à stupidité administrative d'une certaine forme de protection

mardi 3 juin 2008

Les chasseurs incendiaires et massacreurs de Brière toujours impunis !

3 juin

Retour...aux fondamentaux.

Je suis actuellement dans le parc régional de Brière (Loire Atlantique), prés de Saint-Nazaire. Une bonne occasion de rappeler qu'en 2001, les chasseurs ont mis le feu à la maison du parc, maison qui a donc totalement brûlé, avec toutes les archives d'un parc créé en 1967. Un des rares parcs régionaux ayant une cohérence écologique, économique et sociale. Petit mystère: alors que les chasseurs se sont vantés des années dans les bistrots de leur exploit, les gendarmes ne les ont jamais retrouvés! Quand aux autres chasseurs (façon de parler puisque c'était les mêmes) qui ont massacré des centaines d'oiseaux protégés pour protester contre la mise en place d'une réserve naturelle dans le sud du parc, ils ont simplement été condamnés à deux ans de retrait de permis de chasse, ce dont ils se foutent éperdument puisqu'un grand nombre d'entre eux chassent impunément sans permis et en dehors des périodes d'ouvertures de la chasse. Parait que les gendarmes ne sont pas assez nombreux pour s'occuper de ces questions alors que le parc régionale (c'est la loi) ne dispose d'aucun pouvoir de police.
Autrement dit, en France, mieux faut mettre le feu à des bâtiments officiels, massacrer des centaines d'oiseaux protégés et faire fuir dans d'autres régions des guides ornitho opposés à de telles pratiques que de couper des maïs génétiquement modifiés...

lundi 26 mai 2008

CA GAZE PLUS DU TOUT POUR LE GAZOLE...

26 mai

Donc, le prix du gazole vient de rejoindre le prix de l'essence...
Donc, ceux qui ont cru ou voulu croire depuis des années qu'ils pouvaient ou devaient faire quelques économies (apparentes) avec un carburant encore plus dangereux (particules, résidus, fumées, etc.) sont punis par où ils ont pêché. Ou plus exactement par où on les a amené à pêcher sans leur dire la vérité. Car les calculs de Que Choisir et de 60 Millions de Consommateurs ont montré depuis des années que le surcoût des voitures fonctionnant au gazole ne pouvait (au mieux) n'être remboursé qu'en six ou sept ans par le relatif moindre prix. Et encore.
Donc, Peugeot et Renault, les deux principaux constructeurs français fourguant du gazole, ont roulé une partie des Français (champions du monde dans ce domaine), au dépend de notre santé, en leur faisant croire que le recours aux véhicules fonctionnant avec ce carburant allait leur rapporter de l'argent. A peu prés aussi illusoire que de courir en voiture à la quête du carburant (gazole ou essence) "moins cher" des grands bienfaiteurs de l'humanité que sont Leclerc, Carrefour ou Auchan, ce qui revient à dépenser le gain...en carburant brûlé. La même illusion vaut pour ceux qui cavalent au loin vers les grandes surfaces moins chères (?) en oubliant le coût du carburant brûlé pour ces parcours qui ne seraient pas nécessaires en choisissant le commerce de proximité (plus cher, souvent, mais proches, comme son nom l'indique).
Cela doit être cela l'exception culturelle des Français en courant partout aprés le gratuit en oubliant qu'il a forcément un coût par ailleurs.
Rappel en passant: les Etats Unis consomment actuellement la moitié de toute l'essence du monde.
Nous vivons une époque formidable...

samedi 24 mai 2008

les protestations contre les éoliennes en France: du vent avec relent de nucléaire...

24 mai

Après quatre jours passés dans une province espagnole, la Navarre, qui a fait depuis une dizaine d’années le choix de l’indépendance énergétique et des énergies nouvelles, en particulier l’énergie éolienne, je suis convaincu que les adversaires français de l’éolien sont de mauvaise foi, qu'ils ne représentent qu'une vieille garde de nostalgique du passé et de leurs "vieilles demeures" et que le soupçon d’être aidé discrètement par les partisans du nucléaire est de plus en plus plausible...

En effet...

1° Au pied d’une éolienne de 40 mètres de haut et par grand vent, le bruit des pales est tout à fait négligeable : un chuintement qui ne gène pas une conversation menée à voix normale ; et à une centaine de mètres d’une ligne de crête couverte d’éoliennes, on n’entend plus rien du tout.

2° Les agriculteurs qui travaillent dans ces zones sont satisfaits, ne se plaignent pas et mettent spontanément en avant l’intérêt d’une « énergie propre ».

3° Les vaches et les moutons qui broutent dans ces champs d’éoliennes ne sont pas le moins du monde affectés. Ni les vignes ni le fromage de brebis n’ont ici de goût particulier...

4° Le plan d’installation des parcs éoliens a fait l’objet d’une enquête publique auprès des habitants et des responsables de municipalités ; et les municipalités sont beaucoup moins intéressées financièrement aux éoliennes qu’elles le sont en France.

5° Il y a actuellement, pour une petite province de 10 000 kilomètres carrés, 32 parcs éoliens abritant 1164 éoliennes

6° La province couvre actuellement ses besoins en électricité pour 65% avec des énergies renouvelables (barrage, biomasse, solaire et éolien pour 39 %). Pour l’Union européenne, l’objectif pour 2010 est de 29 %. La France devrait être le seul pays à ne pas atteindre cet objectif...

7° Le recours aux éoliennes et leur fabrication à Pamplona représente un peu plus de 5000 emplois dont 1090 prés de la capitale dans l’usine qui fabrique ces engins.

8° Contrairement à ce qui se passe en France tous les parcs éoliens, petits ou grands, sont en libre accès au public puisqu’il n’existe aucune clôture pour aller jusqu’aux pieds des éoliennes.

9° La plupart des touristes qui passent dans cette superbe région vont admirer les éoliennes et les photos qu’ils prennent constituent une carte de visite extraordinaire pour cette région basque.

10° Chasseurs et écolos de la région sont au moins d’accord sur un point : les éoliennes ne constituent en rien un danger pour les oiseaux, un doute subsistant pour les chauve-souris.

11° Même en cherchant bien, impossible de trouver un grincheux pour protester.

Reste la question du paysage et de l’esthétique : je trouve que les éoliennes sont belles et de toute façon pas plus laides que les lignes à haute tension. Et dans un univers que nous avons transformé cela vaut de toute façon le coût d’économiser des gaz à effet de serre....

mercredi 14 mai 2008

OGM: aprés la rigolade, les choses sérieuses

14 Mai

Bon, avec le coup des OGM envoyé au tapis, on a bien rigolé, ce qui, par ces temps difficiles, fait toujours plaisir, mais...
Dans les députés de la majorité qui ont joué les absents à l'assemblée nationale, il y avait...
- ceux qui, travaillés au corps par le groupe de pression du GNIS, de Monsanto et autres Lamagrain sous la direction du sénateur Bizet, trouvent que la loi proposée n'est pas assez favorable aux OGM.
- ceux qui, à l'écoute de leurs électeurs et des associations locales et régionales, sentent bien qu'il y a en France, 80 % de la population qui, pour de bonnes et de mauvaises raisons, refusent de consommer des produits contenant des végétaux génétiquement modifiés.
Ce qui ne fait en aucun cas une majorité pour nous éviter ce type de culture. D'autant plus que derrière le maïs et le soja, attendent les tomates, les fraises et les pommes de terre génétiquement modifiées déjà "à l'essai" aux Etats Unis.

A titre d'illustration, voici ce que me disait en interview, la sénatrice Marie-Christine Blandin il y a quelques quelques jours:

Marie-Christine Blandin, sénatrice des Verts, a bataillé ferme au long des deux passages de la loi sur les OGM. Avec un succès pour les groupes de pression qui se sont succédés depuis des mois auprès des parlementaires. Marie-Christine Blandin nous explique comment les groupes industriels ont exercé leurs pressions et comment ils continuent en leurs expliquant que seuls les OGM pourront résoudre la crise alimentaire mondiale.

Comment qualifiez ces pressions ?

Elles ont été à la fois amicales, diffuses, conviviales et complexes ; donc d’une efficacité redoutable, implacable.

Quelles formes prennent-elles ?

D’abord, depuis longtemps, car l’offensive a été préparée de longue date, par de luxueuses brochures éditées par les semenciers, brochures sur papier glacé, très pédagogiques, avec de belles illustrations où ils vantent leurs actions et leurs produits. Et surtout dans lesquelles ils flattent le rôle des parlementaires et leurs fonctions. Et dans certaines de ces brochures, les amendements sont tout prêts.

La littérature habituelle...

Non, pas du tout, il s’agit de publications éditées spécialement pour les parlementaires, donc à faibles tirages. Le plus surprenant est que ces brochures sont signées à la fois par le GNIS, le Groupement National Interprofessionnel des semences et par l’UIPP qui regroupe les fabricants de produits phytosanitaires. Démarche paradoxale puisque les modifications génétiques sont censées éradiquer l’utilisation de ces produits. Ces gens sont tellement sur d’eux qu’ils ne craignent pas la contradiction, persuadés qu’ils sont qu’elle passera inaperçue.

Ils sont si naïfs ?

Il n’y a pas que cela, bien sur. Régulièrement nous recevons de modestes informations de quatre pages, mal présentées, d’origine mal définie, sous le couvert d’une étrange association, qui publie « agriculture et environnement » (1). Sur tous les thèmes, cette feuille, un véritable libelle, attaque violemment ceux qui mettent en doute l’agriculture intensive et évoquent le réchauffement climatique. On y trouve des calomnies, des diffamations sur le professeur Belpomme, Greenpeace, Nicolas Hulot, le WWF ou l’association Kokopelli. Souvent des attaques sordides. Avec un ton presque militant. Comme ce n’est pas sur papier glacé, c’est presque plus efficace.

Les parlementaires y croient ?

En général ils reprennent sans aucun esprit critique le contenu de ces feuilles. Ils sont très efficaces. Comme les gens de l’AFIS, l’association française pour l’information scientifique qui se donne, je cite, comme but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des oeuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des opérations charlatanesques. Ils sont présents dans tous les colloques, dans toutes les réunions, ils ont des moyens. Il ont regretté publiquement qu’une « chaîne publique ai diffusé le film sur Monsanto de Marie-Dominique Robin » ; ils l’attaquent de toute part.

Et la corruption ?

C’est beaucoup plus subtil que cela. Il y a notamment un cabinet de lobbying, Boury et associés, qui travaille pour les grandes sociétés. Ils repèrent ceux qui ont du poids, de l’influence et ils les invitent au restaurant Ledoyen, un restaurant de luxe des Champs-Élysées. Le Gnis y reçoit régulièrement des parlementaires, ils y sont entre eux, entre happy few. Une fois, je me suis fait avoir. J’y suis allée, j’ai discuté mon point de vue avec un autre parlementaire. Ensuite, ils ont publié un compte rendu de ce déjeuner en ne reprenant que leurs arguments. Avec comme mention que j’étais « à leurs côtés », comme si j’étais d’accord avec eux.

Les voyages ?

Bien sur cela fait partie de la panoplie, c’est l’artillerie lourde, ils emmènent des parlementaires en voyage lointain, un ou deux à la fois, un de la majorité, un de l’opposition et de la majorité. Là, évidemment, on ne m’invite pas. Et puis, pour les pressions sur les autres parlementaires, il y a l’incontournable Jean Bizet (2), le représentant quasi-officiel de l’agriculture productiviste et des industriels des OGM. Rien ne se passe au Sénat sans qu’il prenne les choses en main. Il a littéralement « cassé » son collègue de la Manche, Jean-François Legrand.

(1) Renseignements pris certaines des informations sont envoyées par une lettre confidentielle publiée par une officine de conseils en économie et en environnement, Amos Prospective, soutenue par les sociétés agroalimentaires et dirigée par un franco-danois, Gil Rivière-Wekstein. La plupart des textes de cette lettre sont ouvertement pro-nucléaires et soutiennent les positions les plus ultras de l’agriculture intensive et des multinationales des semences et des produits phytosanitaires.

(2) Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche, vétérinaire, est comme le fut son père pour défendre le veau aux hormones, le député Emile Bizet, également vétérinaire, le porte-parole tout à fait officiel et reconnu du lobby agricole depuis des années et organise tous les colloques