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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

samedi 29 novembre 2008

Un scandale: la banque alimentaire aux portes des grandes surfaces

Samedi 29 novembre

Au risque de passer une fois de plus pour un grincheux, je suis scandalisé par l'opération de la "Banque alimentaire" qui se déroule cette fin de semaine aux portes des grandes surface.
L'opération est surtout un bénéfice pour les dites grandes surfaces puisque les clients y achètent au prix fort, pour les donner ensuite, des produits que la dite Banque alimentaire pourrait acheter directement aux producteurs industriels en gros et donc beaucoup moins chers. Cette opération ne coûte rien aux magasins qui se donnent ainsi à bon compte une respectabilité tout en améliorant leurs bénéfices.
Conclusion: aujourd'hui, c'est de l'argent que j'ai donné aux ramasseurs de produits, ce qui m'a évité de participer, pour une bonne cause, à l'augmentation des profits de Carrefour, Champion, Auchan, Casino et quelques autres.
Comment la Banque alimentaire peut elle être assez naïve ou stupide (au choix...) pour organiser ce genre de manifestation. Tout ça pour avoir le "droit" de fouiller dans les poubelles de ces magasins.
Et Sarkozy dont la politique crée chaque jour quelques milliers de chômeurs, il a fait ses courses dans une grande surface, ce samedi ?
Aprés une journée passée à interroger des agriculteurs du Loiret qui gagnent à peine le SMIG et sont souvent au niveau du RMI parce ce que ces mêmes grands distributeurs pèsent sur leurs prix, je trouve cette quête indécente !

jeudi 27 novembre 2008

Victior Hugo fait de la politique

Jeudi 27 novembre

"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre a échappé."

Victor HUGO, dans "Napoléon, le petit" (Réédité chez Actes Sud)

Vous pensiez à quelqu’un d’autre ?

la question du travail le dimanche est purement idéologique et n'a rien à voir avec l'économie

Jeudi 27 novembre

Je reviens sur la question du travail du dimanche car il est évident que la pression gouvernementale est purement idéologique : il faut habituer les salariés de ce pays à accepter toutes les dérégulations, il faut supprimer tous les repères d’existence, il faut morceler la vie des gens pour qu’ils acceptent encore plus d’être taillables et corvéables à merci. C’est pour cela que des grandes surfaces sont désormais ouvertes tard le soir bien qu’accueillant de rares clients : il faut désorienter les salariés, les matraquer psychologiquement pour les rendre plus malléables. Comment croire...
- que les gens vont dépenser plus d’argent dans les grandes surfaces parce qu’ils pourraient le faire le dimanche. Allonger le temps des courses n’a jamais alimenté les comptes en banque.
- que les magasins et grandes surfaces vendront plus. Pour les mêmes raisons : les moyens des clients, qui plus est touchés par la crise, ne sont pas extensibles.
- que les salariés des magasins, quels que soient leurs niveaux dans la hiérarchie, pourront refuser d’être « volontaires ». On licenciera ceux qui diront non.
- que les salariés du dimanche ne seront pas en grande partie des précaires qui seront moins bien payés.
- que les grandes surfaces et magasins sont vraiment la distraction ou la « promenade » qu’il faut offrir aux Français.
- que l’on ne peur pas vivre sans faire des courses le dimanche.
Il ne s’agit pas d’une bataille économique mais d’une lutte purement idéologique correspondant à la mise au pas des salariés, mise au pas qui s’étendra peu à peu à d’autres domaines.
Si le pouvoir veut offrir des promenades dominicales il existe une solution simple : tous les monuments et les musées ouverts le dimanche et gratuits.

mercredi 26 novembre 2008

FAUT-IL SAUVER LA VOITURE POUR SAUVER DES EMPLOIS ?

Mercredi 26 novembre

La France, les Etats Unis et d'autres s'apprêtent à soutenir financièrement les fabricants de voiture. En France, le président Sarkozy qui avant de jouer au pompier économique joua au pompier écolo, va soutenir la production de voitures individuelles avec prés d'un milliard d'euros. On comprend bien la logique qui consiste à sauver des emplois; elle serait presque compréhensible si le président français avait le moindre véritable souci pour le sort des chômeurs, lui qui fait licencier à tour de bras dans les services publics. (ou j'ai bien écrit licencier, car il n'y a pas que les suppressions de postes au moment des départs à la retraite) Dans un pays où les banques lourdement renflouées par l'Etat utilisent cet argent pour reconstituer leurs bénéfices plutôt que de le prêter. Le capitalisme n'est pas mort, il devient plus intelligent...
Mais, de toute façon, est-ce bien raisonnable de sauvegarder une activité industrielle alors que tout le monde connait les effets néfastes du produit final? Sur notre santé et sur l'avenir de la planète. Relancer le marché automobile alors qu'il faudrait, avec les mêmes sommes, sauver la production de transports en commun, c'est une fois de plus foncer en marche arrière. En profitant de la baisse provisoire du pétrole pour relancer des hordes de voitures en ville.
Il serait préférable, pour éviter l'augmentation du nombre des chômeurs, de consacrer les aides à tout ce qui est transport public plutot que de financer des constructeurs qui refusent depuis des années de prendre l'environnement en considération tout en engrangeant des bénéfices qu'ils ont redistribué à leurs actionnaires.
Une fortune pour la voiture, pas grand chose pour la SNCF...

dimanche 23 novembre 2008

Nouvelles informations à propos des soi-disant terroristes" de la SNCF

Dimanche 23 novembre

Une dernière information sur les "mis en examen" pour les "sabotages" de lignes TGV: l'un des jeunes mis en examen l'a été parce qu'en fouillant dans la mémoire des ordinateurs de France Télécom, la police a identifié son portable "à proximité" de la région où les fers à béton ont été accroché sur des caténaire. Explication: ce présumé coupable était dans un autocar avec d'autres étudiants, autocar qui se dirigeait vers les Pays Bas. Voici comment désormais, la "Société de surveillance" fabrique des coupables et surtout des boucs émissaires.

Que vous pensiez que Julien Coupat soit coupable ou non (qui que soit le responsable des actes de malveillance personne ne courrait le moindre danger), vous pouvez lui soutenir le moral en lui écrivant:

Julien Coupat
N°d'écrou 290 173
42 rue de la Santé
75013 Paris

jeudi 20 novembre 2008

Le régne de Sarkozy: les très riches face aux très pauvres

Jeudi 22 novembre

"La plus grande preuve du malheur d'un pays est l'opposition entre la très grande richesse et la très profonde pauvreté; plus la différence est marquée, plus le pays est malheureux"
(Caspar Riesbeck, historien austro-hongrois, 1783)

mercredi 19 novembre 2008

L'affaire des "saboteurs" de la SNCF: quand la justice et les médias prennent le train de la police

Mercredi 19 novembre

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiés « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous controle judicaires et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de prés ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV DU Nord et de l’Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent d’autant plus connues qu’elles n’ont pas été répercutées ou examinées par la presse.

L’ultra-gauche?
Gouvernements et ministres de l’Intérieur ont toujours aimé inventer des ennemis de l’intérieur : depuis le début des années 70, ils ont été baptisés « casseurs », « autonomes » et « inorganisés ». Le terme « ultra-gauche », remis au goût du jour a, été inventé dans les années 20 en Allemagne pour qualifier une tendance s’efforçant de marier marxisme-léninisme et anarchisme. Pas grand chose à voir avec des éleveurs de moutons et des épiciers corréziens lisant quelques livres plus ou moins farfelus et préparant un grand soir virtuel au cours de discussions dans un bistrot de la rue Mouffetard. Pour Michèle Alliot-Marie, depuis des mois, ces gens et d’autres constituent officiellement « l’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome ».
Le groupe cellule invisible existe-t-il ?
Pour la Sous Direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été que la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution le 22 mars 2007 et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Les services spéciaux américains
Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur le terre plein de Times Square, à Manhatan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère: là première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant depuis des mois en France. La version officielle française est pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?
Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demie comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations; la mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE réussies. Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?
La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XX éme à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’Histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy de Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisque dans l’état de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers on confié aux journalistes à propos de Julien « Vous savez il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.

lundi 17 novembre 2008

Nathalie Kosciusko-Morizet prépare un numéro de comique politique et écologique

Lundi 17 novembre

Bon, ce truc dont pas une virgule n'a été modifiée, c'est juste pour faire rire, pour détendre le lecteur. Il n'y a pas le moindre trucage, Nathalie a bien envoyé ce texte ce matin pour qu'il soit reproduit dans les journaux. A consommer avec modération comme preuve que la fréquentation de l'UMP finit par amoindrir les facultés mentales...

"Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie tient à saluer la 6ème édition de la fête des entreprises « J’aime ma boite » organisée ce jour en ouverture de la « Global Entrepreneurship Week »1. Alors que le collège des entrepreneurs et le collège des salariés ont pleinement pris leur part pour la réussite du Grenelle de l’environnement, elle souhaite que la mutation environnementale de notre société qui s’initie soit un facteur de cohésion au sein de
toutes les entreprises. Si selon un sondage2 réalisé à cette occasion par le mouvement ETHIC (Entreprises de taille humaines, indépendantes et de croissance) en partenariat avec CANALCE, 79% des salariés sont prêts à dire qu’ils « aiment leur boite », Nathalie Kosciusko-Morizet estime que cette proportionpeut encore être améliorée par l’intégration plus poussée par les entreprises de critères de
responsabilité sociale et environnementale (RSE).
Avec le Grenelle de l’environnement, le Gouvernement fait le pari d’une économie nouvelle qui sait que l’environnement est un investissement. Tous les indicateurs prouvent que les entreprises peuvent compter sur une forte mobilisation de leurs salariés sur ces thématiques motivantes car porteuses de sens. « En ces temps de crise financière et économique, les salariés ne peuvent qu’être sensibles à des
démarches de meilleures prises en compte par les entreprises des enjeux environnementaux non seulement locaux mais aussi mondiaux – changement climatique, perte de la biodiversité, problèmes de santé liés à l’environnement, … - qui peuvent donner du sens à leurs yeux à l’activité économique » tient-elle à affirmer.
"

dimanche 16 novembre 2008

G 20 et magasins ouverts le dimanche

Dimanche 16 novembre

Fantastique: dans son effort colossal (disent mes confrères) de remise en cause du capitalisme, le G 20 a décidé à l'unanimité et à la demande du président français, d'autoriser l'ouverture des magasins le dimanche, magasins qui restaient fermés depuis une loi de 1906 en France, fermeture qui explique la crise économique et le blues des banquiers.

jeudi 13 novembre 2008

La pollution en France, le G 20: discours, postures et impostures

Jeudi 13 novembre

La ministre de l’environnement vient de nous promettre à la fois de publier bientôt des cartes de pollution et de lancer une réflexion sur ces pollutions. Elle fait ainsi semblant d’oublier deux choses/
- D’abord que les cartes de pollution existe depuis une vingtaine d’années et que tout le monde peut les consulter sur le site du ministère.
- Que la réflexion sur les pollutions a commencé le 2 février 1971 avec la nomination du premier ministre de l’Environnement.
Ce qui n’a rigoureusement rien changé. Il n’existe qu’une seule solution efficace, solution qui ne relève ni des réunions, ni des cartes, ni des réflexions, ni des colloques : contraindre les entreprises à diminuer les pollutions et les aménageurs à ne plus détruire le cadre de vie et la nature.
Ces déclarations de bonnes intentions sont à peu prés aussi vaines et inutiles que la réunion du G 20 de samedi à Washington, réunion « carte postale », réunions postures et impostures dont le résultat sera de convoquer une autre réunion dans quelques mois. A Washington ils seront vingt réunis pendant quatre heures. Si je compte bien cela fera au mieux 12 minutes par pays représentés...

mercredi 12 novembre 2008

Les fantasmes sur l'ultra-gauche

Mercredi 12

Chez moi, je viens de le vérifier après avoir écouté la télé (pas d'images en dehors d'une consoeur à qui les flics viennent de distiller quelques "information"), j'ai trouvé

- Un carte de France des voies ferrées (qui me permet de constater que l'on en ferme de plus en plus)
- Un fer à souder
- Du fil de soudure
- Plusieurs livres sur l'anarchie, au XIX éme comme au XX éme siécle
- Des photos de manifestations violentes
- Un médaillon et une statuette représentant Lénine
- Un gilet pare-balles
- (Censuré par prudence)
- Un narguilé
- Des outils
En outre,
- Beaucoup d'amis dans le XX éme
- J'habite à cent mètres de la librairie "suspecte".
- Plusieurs verres bus au bistrot "Le verre à pied"
- J'enseigne dans un fac pleine de "gauchistes"
- Je connais bien Gérard Miller, un ex-mao qui pilla le magasin Fauchon
- J'ai un ami qui s'appelle José Bové qui éléve des moutons et fut un militant libertaire.
Est-ce que cela fait de moi un "suspect" relevant d'une ultra-gauche parait-il terroriste ? Le nouveau nom inventé pour faire peur par la ministre de l'Intérieur pour les "casseurs" des années 70 et les 'autonomes" des années 80

Plus fort que le fichier Edwige, l'appel à la délation organisé et financé par le ministère de l'éducation nationale

Mercredi 12 novembre

La presse commence à se faire l’écho de l’appel d’offre de « veille sur le monde enseignant, élèves et étudiants » lancé le 15 octobre sous le n° CCP 2008/ 57 par la délégations à la communication du Ministère de l’Education nationale.
Voici un extrait de ce que l’agence de détective privée sélectionnée sera censée (pour 220 000 euros par an) faire pour le ministère, ceci pour permettre au ministère de passer « en mode alerte visant à transmettre systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée ».


- Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démissions, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.
- Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau.
- Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation.
- Repérer les informations signifiantes dans le temps
- Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
- Rapprocher ces informations et les interpréter
- Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
- Alerte et préconiser en conséquence.
La veille portera sur les sources stratégiques : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de parti politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leader d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grands publics et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux ainsi que sur les appels et pétitions en lignes, et sur les autres formats de diffusion ».

L’appel d’offre concerne également tous les médias et les réunions publiques.
- « L’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion et des arguments relayés et commentés ».

Autrement dit, le (défunt ?) fichier EDWIGE est largement dépassé, d’autant plus qu’il a déjà été précisé oralement à deux des prestataires de service (dont un cabinet de détectives privés) que l’adjudicataire devrait également fournir des « listes indicatives des internautes et leaders d’opinion concernés).

Conclusion: il n'y a pas que les vitrines des banques dans lesquelles il devient nécessaire de jeter des pavés !

mardi 11 novembre 2008

Baston chrétienne à Jerusalem, la production de bio en berne, l'illusion Obama et les curieux "terroristes" de la SNCF

Mardi 11 novembre,

Après la fin échevelée d’un livre et la sortie du roman « Inéluctable, le roman d’un accident nucléaire en France ». Un authentique roman, un thriller qui a fait l’objet d’une fiction diffusée il y a quelques jours par ARTE, je me réattelle à un blog un peu négligé depuis la disparition (tragique, bien sur...) de soeur Emmanuelle. Pour repartir d’un bon pied, quelques réflexions et informations en vrac.

- Pour rester dans la tonalité Emmanuelle, je dois dire que je ne me lasse pas des images du pugilat qui a opposé il y a quelques jours les orthodoxes et les catholiques arméniens dans l’église du Saint Sépulcre de Jérusalem. Une authentique baston d’une dizaine de minutes commencée à coups d’énormes cierges, poursuivie à coups de poings et terminée par des tirages de cheveux,de barbes et de soutanes. Les belligérants du christ s’en sont vraiment mis plein la gueule. Réjouissant : pas un n’a tendu l’autre joue.
- Le salon du bio, Marjolaine, a ouvert ses portes au bois de Vincennes le 8 novembre et devrait accueillir 70 à 80 000 visiteurs jusqu’au 16 novembre. Il comporte un peu moins de farfelus et d’allumés que les autres années, moins d’escrocs du zen et autres thérapies farfelues. Mais ce salon ne doit pas masquer que si la consommation de bio augmente en France, par contre la surface des exploitations agricoles dédiées au bio stagne (+ 0,8 en un an). Alors que tous les chiffres, en valeur absolu et en pourcentage, augmentent dans tous les pays d’Europe. Premier résultat : la France se situe au 21 éme rang en Europe. Second résultat : la France importe entre 50 et 80 % de ce qu’elle consomme en bio. Ce qui pour le moins est contradictoire avec l’un des objectifs du bio, réduire l’empreinte écologique puisqu’une part importante des produits parcourent des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans nos assiettes. Sans parler, évidemment des pommes et autres fruits bio hors-saison que proposent des chaînes de distribution de bio, par exemple Naturalia, récemment rachetée par Monoprix...
- A ceux qui auraient la naïveté de penser que l’élection de Barack Obama, a changé les Etats-Unis et son désir de suprématie, attendent un peu avant de se réjouir. Comme l’ont fait des dizaines de confrères comme pressés d’être absouts de leur pêché supposé « d’anti-américanisme ».
- L’histoire des « terroristes de la SNCF » me laisse pour l’instant très sceptique. Nos services très spéciaux n’auraient-ils pas incité quelques anars à la faute en les infiltrant de façon à créer une actualité « inquiétante » de toute pièce ?
- Il faut peut-être rappeler que les combats qui se déroulent dans l’Est du Congo et menacent la vie d’un million de déplacés et réfugiés, sous le regard indifférent des forces des l’ONU, n’ont rien de politique et d’idéologique. Ils constituent simplement un nouvel épisode des guerres que se mènent quelques multinationales pour continuer à exploiter toutes les richesses de cette région, notamment le Coltan (pour les portables) et les bois précieux qui servent à faire des meubles de jardins. Comme par le passé, ce sont les grands singes, bonobos et gorilles, qui en feront les frais en poursuivant encore plus rapidement leur disparition.

mercredi 22 octobre 2008

D'Emmanuelle à Ingrid

Mercredi 22 octobre

Nous avons perdu Soeur Emmanuelle, mais courage camarades, il nous reste Ingrid Betancourt.

jeudi 16 octobre 2008

Fichiers de police: la fête à Edwige et salauds de jeunes

Jeudi 16 octobre

S’agissant d’Edwige, de sa petite soeur au nom imprononçable pour désamorcer intelligemment la contestation , ou des dizaines de fichiers qui traînent dans son sillage et s’accumulent sur nos existences et notre avenir, les adversaires les plus redoutables de ceux qui voudraient sauver un minimum de libertés ne sont ni le président de La République et ses obsessions sécuritaires, ni Michèle Alliot-Marie et son fouet policier, ni Brice Hortefeux et sa fausse bonhommie, ni les socialistes qui se s’indignent que lorsqu’ils n’en sont pas les inventeurs, ni la Sécurité sociale, ni les assureurs et banquiers maniaques qui veulent limiter leurs risques ou leurs dépenses en nous dépouillant avec la complicité des politiques de nos vies privées. Ce qui revient à faire de nous tous des coupables et des tricheurs potentiels. Tous ces gens qui surfent sur les peurs et les fraudes qu’ils inventent jour après jour, tablent sur l’indifférence de la jeunesse, des adolescents à qui nous n’avons pas su transmettre que notre intimité était précieuse, que la libre animation de la société civile était essentielle et que l’informatisation de nos vies n’était pas seulement un jeu.
Pour comprendre à quel point les jeunes ne s’intéressent pas à nos peurs, pour comprendre que ce pouvoir, celui là après les autres, joue sur du velours, il suffit d’aller sur Internet et de constater que des millions de jeunes y livrent leur intimité et éventuellement celles de leurs parents ou de leurs enseignants. Sans la moindre restriction puisque les promoteurs intéressés de la Toile et de ses multiples déclinaisons les ont convaincus que tout cela n’est qu’un jeu, qu’il s’agisse de conter ses obsessions ou celles d’un ami ou de piquer des chansons et des films d’une société faussement gratuite et libertaire.
Pour comprendre à quel point les adolescents ne s’intéressent pas à nos peurs, il suffisait il y a deux ans, de visiter en leur compagnie l’exposition de la Villette « Le corps identité ». Une exposition étalée sur des mois en raison de son succès et qui détaillait les mille et unes façon de nous ficher, de nous « reconnaître » ou de nous identifier. Fasciné par le cynisme de cet étalage de la meilleure façon de ne jamais être perdu de vue, un modeste panneau rappelant simplement au milieu des « machines à nous identifier » que la carte d’identité avait été inventé par Vichy pour y apposer la mention « Juif », j’y ai passé plusieurs jours. Pour tenter de nouer un dialogue avec les cohortes de scolaires, des beaux quartiers comme de la banlieue nord, venant s’amuser à découvrir les multiples aspects de la biométrie en compagnie de leurs enseignants indifférents et de guides de La Villette enthousiasmes. J’ai bien écrit s’amuser : impossible de les convaincre que derrière la reconnaissance de l’iris, de la pupille, de la voix, des empreintes digitales, de la forme de la main et l’enregistrement d’informations personnelles, préalable à la délivrance d’une carte d’identité chargée de ces repères, se cachent les risques d’un fichage définitif et, peut-être, parfait. Car au bout de la chaîne de l’exposition, chaque visiteur pouvait se voir délivrer un spécimen de carte d’identité à puce et à son nom, avec sa photo. Rigollot, ludique, où est le problème ?
Pour comprendre à quel point les politiques et les industriels de la surveillance et du fichage, car il s’agit aussi d’un marché fabuleux, visent à l’anesthésie des jeunes, il suffit de se référer au rapport interne du Gixel, l’association qui regroupe la majorité des marchands de surveillance et de fichiers. En 2004, examinant leurs marchés et leurs méthodes, ils écrivaient : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles et, en particulier l’usage de la biométrie. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour les faire accepter. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité, par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : éducation dés l’école maternelle, les enfants utilisant ces technologies pour entrer à l’école, introduction dans la consommation, le confort ou les jeux (...) Pour faire accepter les technologies de contrôle et de surveillance il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l’apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gêne occasionnée. Là encore l’électronique et l’informatique peuvent contribuer largement à cette tâche ». Et tous les documents postérieurs de cette association et des gestionnaires de fichiers insistent sur la nécessité, à travers l’outil internet, de d’abord convaincre les jeunes de l’innocuité des fichages et de leur aspect convivial.
Mission, hélas, réussie. Ceux qui ne sont plus jeunes, n’ont pas su transmettre face à un rouleau compresseur à la fois industriel et politique.

dimanche 12 octobre 2008

Travailler le dimanche, gaspiller plus, transformer l'acte d'achat en valeur culturelle

Dimanche 13 octobre
Mon ancien journal, paraissant le dimanche, vole une nouvelle fois aujourd’hui à la rescousse d’un gouvernement qui, dans sa frénésie de dérégulation, la dérégulation qui brise ou émiette toute résistance sociale, veut faire ouvrir toutes les grandes surfaces le dimanche. En expliquant d’une part que les gens auront « plaisir à s’y promener » et d’autre part que les magasins vendront plus. Un lapsus pour « gagner plus », sans aucun doute. Même si ce n’est pas prouvé. Curieuse société que celle qui considère l’acte d’achat comme une récréation et cherche à faire consommer plus dans un univers qui constitue déjà une société de gaspillage tendant à faire acheter de plus en plus de produits rapidement jetables, y compris les vêtements, alors que des produits plus chers mais plus solides sont infiniment plus « rentables » pour les individus et les familles. Calcul facile à faire pour les individus et pour la planète.
Curieuse société que celle qui tente de faire croire à tout le monde en général et aux plus démunis en particulier, que les magasins ouverts le dimanche donneront plus de pouvoir d’achat à une population dont, majoritairement, les comptes en banque ne sont pas magiquement extensibles. Sauf à s’adapter en se laissant piéger par les célèbres crédits revolving dont la publicité monte en flèche.
Curieuse société que celle qui voudrait nous persuader qu’il n’existe pas, le dimanche, d’autres distractions que la visite d’une grande surface. Et qu’il n’existerait donc que le seul modèle américain dans lequel les achats superflus et éphémères couronnés par un mauvais Mac Do constituent les seuls plaisirs disponibles.

jeudi 9 octobre 2008

Crise financière, environnement oublié, n'est-il pas venu le temps de jeter des pavés dans les vitrines des banques ?

Jeudi 9 octobre

La crise financière qui se prolonge, crise dont les bénéficiaires sont des personnages et des entités du monde financier qui récupèreront de la main droite ce qu’ils ont fait semblant de perdre de la main gauche, va peser sur l’environnement, sur la nature et aussi sur les causes et les effets du dérèglement climatique. D’abord, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour trouver ce qu’il serait possible de faire pour la nature, l’environnement et contre les pollutions avec seulement dix pour cent des milliards d’euros (le total dépasse largement désormais les 1200 milliards pour ce qui est connu) que différents pays (des Etats Unis à l’Europe en passant par la Russie) ont consacré (et ce n’est pas fini) à sauver des banques et des établissements financiers qui ont construit leur fortune et leur puissance sur l’exploitation des ressources naturelles, sur le commerce de l’argent et évidemment sur le chômage des salariés. Car évidemment, la préoccupation environnementale, ne doit pas faire oublier ce que des millions d’hommes vont subir, quand ils ne le subissent pas déjà : chômage, petits boulots, temps partiel, sans oublier la célèbre mobilité qui entraîne encore plus de dégagement de gaz à effet de serre.
Cette crise, comme je l’écrivais il y a quelques jours, va servir de prétexte à « ramener à la raison », les écologistes et les protecteurs de la nature, en leur expliquant que leurs exigences sont déplacées, que l’urgence est au retour de la croissance, qu’il ne faut pas ajouter au « fardeau » des entreprises. Comme si, au delà de la crise financière, l’économie ne continuait pas, cahin-caha, à fonctionner et à polluer. Tous ces bons apôtres, en choeur soigneusement coordonnés avec nos parlementaires, commencent à nous expliquer que, oui, évidemment, ils auraient bien voulu faire un geste pour l’environnement, mais qu’il n’y a plus de sous. Disons, pour en terminer avec la crise, que, simplement, on ne sait pas encore où sont passés ces sous. Donc, nos députés en discussion sur l’une des lois du Grenelle, au bout de trois jours, ont déjà (majoritairement et y compris à gauche) fait la preuve, dans leur entreprise de démolition du peu de résultats de ce Grenelle, qu’ils sont ignorants, incompétents, stupides et surtout sensibles à tous les groupes de pression. Exemples : Jean-François Coppé, patron des députés UMP, dirige la bataille contre ce qui reste du Grenelle dans le (premier) projet de loi en expliquant qu’elle ne doit rien coûter à l’Etat, et l’ineffable Patrick Ollier (de la même secte) qui a mené bataille contre le loup en expliquant qu’ils avaient été introduits dans le Mercantour par des hélicoptères du ministère de l’environnement, est en train de mener, pour EDF, une guérilla consistant à faire adopter un amendement visant à classer le chauffage électrique comme « écologique ».
Finalement, devant tous ces gaspillages, ces pillages et ce culot monstre des libéraux, je me demande très sérieusement si le temps n’est pas venu d’aller jeter des pavés dans les vitrines des banques.

PS qui n’a rien (enfin...) à voir : le maire de Paris, candidat (libéral, même s’il ne le dit plus trop fort)à la direction du PS peut il expliquer pourquoi la taxe d’habitation parisienne payable pour 2008 a augmenté, en moyenne, de 58 à 70 % ?

samedi 4 octobre 2008

Les connards anti-éoliennes repartent à l'assaut et la majorité profite de la crise pour tordre le coup aux petites avancées écologiques

Samedi 4 octobre

En défilant ce samedi devant le ministère de l’Ecologie, les militants anti-éoliennes ont rappelé à la France qu’il existait toujours, notamment venus du XVI éme arrondissement tout proche, des militants du passé qui ne pensent qu’à leurs chers paysages. Dignes héritiers réactionnaires et un peu rances de l’idéologie française de la nature-décor qui sut autrefois se faire entendre avant les défenseurs de la nature et de l’environnement. La meilleure preuve en est qu’ils ont obtenu une loi de « protection des sites » en 1930, soit prés de cinquante ans avant la première loi de protection de la nature. Grâce, à l’époque, au sous-ministre des Beaux Arts qui se moquait, comme les « militants » du paysage et du « point de vue » pour cartes Michelin, de la diminution de la biodiversité commencé dés la fin du XIX éme siécle et mis en avant par l’alors très respectée et puissante association « Sites et monument ». Depuis que les éoliennes représentent une, je dis bien une, des solutions à la pénurie d’énergie et à la crise climatique, ces combattants des châteaux, des manoirs, des gentilhommières et de leurs sacro-saints paysages, se lancent à l’assaut des moulins à vent modernes que sont les aérogénérateurs, trouvant leurs Sancho Panca gras et gros dans le vivier passéiste du Sénat, tandis que Giscard (si peu...) d’Estaing fait de grands moulinets avec ses bras auvergnats pour tonner lui aussi contre les éoliennes. Ces « braves gens », au service du lobby nucléaire, qui se présentent comme les défenseurs des campagnes où ils ne veulent pas que, parait-il, leurs belles maisons se déprécient pour cause d’éoliennes, répandent à tous vents que les éoliennes massacrent les oiseaux, font un bruit du tonnerre et consomment plus d’énergie qu’elles en produisent. Avec des chiffres truqués et des statistiques tronquées. Et les voilà qu’ils s’émeuvent de nouveau et font pression sur les élus nationaux pour qu’il devienne plus en plus difficile d’implanter ces aérogénérateurs. Samedi, ils hurlaient au scandale parce que, à un horizon lointain, il pourrait y avoir 15 000 éoliennes sur le territoire français, ce qui ne fait qu’une demie-éolienne par commune ! Je peux rappeler à ces connards rétrogrades qui ne paraissent choqués ni par les pylônes à haute-tension, ni par les centrales nucléaires, ni par les grandes surfaces qui enlaidissent toutes les banlieues à portée de leurs chers monuments historiques, qu’une province comme la Navarre, 10 000 kilomètres carrés, en compte déjà 1200 et que ses habitants non seulement, je l’ai constaté sur place, ne s’en plaignent pas mais en réclament d’autres, satisfaits que ces moulins à vent fournissent jusqu’à 34 % de l’électricité qu’ils consomment. Et pour toute l’Espagne, le chiffre de 15 000 sera bientôt atteint pour toute l’Espagne sans que des cohortes d’imbéciles ne descendent dans la rue. Tout simplement, aussi, parce que les gens de Navarre et d’ailleurs, se sont aperçus qu’au pied d’une éolienne, on peut poursuivre tranquillement une conversation et que les oiseaux ne s’en portent pas plus mal.
Quant à la crise que nous vivons, elle va servir, comme aux Etats-Unis, à justifier toutes les régressions possibles et imaginables dans le domaine de la protection de la nature et de l’environnement. Parce qu’il ne faut pas « embêter » les industriels et les entreprises constructrices de routes, de ronds-points et d’autoroutes qui n’arrivent plus à joindre (qu’ils disent) les deux bouts malgré les restrictions et les bas salaires qu’ils imposent à ceux qu’ils emploient. Le Grenelle et ses lois en attente vont se dissoudre dans la crise financière et dans le hargne anti-écolo des parlementaires de la majorité, une majorité qui trouve de l’argent pour renflouer des banques et des promoteurs immobiliers mais qui, pour le reste et notamment pour l’environnement, rappelle sur tous les tons que les caisses sont vides. Les mêmes qui ont hurlé contre les « taxes vertes » non pas par crainte de lever de nouveaux impôts ou de frapper les plus pauvres, mais parce qu’ils ont saisit une bonne occasion de s’en prendre à ceux qui pensent qu’une autre croissance est non seulement possible mais urgente. Ils sont dans le même camp que les adversaires des éoliennes et dans le camp des gens qui réduisent systématiquement les transports en commun et les trains. Tout en décidant que les salariés devront accepter des boulots (sous peine de suppression des allocations de chômage) de plus en plus éloignés de leur domicile.
Et enfin, justement, je voudrais bien que, cessant de recopier servilement les dossiers de presse qui leur sont fournis par les organisateurs du Mondial de l’automobile, mes confrères cessent de parler de « voiture non polluantes » alors qu’il s’agit seulement, pour une partie des modèles offerts que de voitures moins polluantes. Quant aux voiture électriques annoncées, peut-on rappeler (outre les problèmes qu’elles posent) que la Régie Renault, en 1959, nous les promettait pour « dans quelques années » avec le modèle Dauphine électrique. Promesse qui a été régulièrement répétée à chaque crise du pétrole et de l’énergie plus chère...

vendredi 19 septembre 2008

Les taxes vertes sont elles écologiques et sociales?

Vendredi 19 septembre

Quel que soit le résultat du combat de coqs entre les ministres associés de l’écologie, le président, le sous-président et les députés de l’UMP, il est permis de se poser (au moins) trois questions à propos des « taxes vertes » et du bonus-malus qu'elles impliquent.
D’abord si seule l’incitation financière fonctionne pour la majorité de la population (essentiellement dans ce cas par la classe moyenne et les revenus élevés) pour orienter l’acte d’achat vers un produit plus « écologique » ou pour éviter le gaspillage, cela signifie tout simplement que la prise de conscience tant vantée n’existe pas ; et que tous les sondages qui présentent comme acquises d’énormes majorités sur cette prise de conscience, ne sont que le reflet d’un « politiquement correct » induit ; ne serait-ce que parce que rien dans l’évolution (évolution étant un mot bien fort) de notre société de consommation n’incite à la mise en pratique d’une consommation responsable. J’ai donc beaucoup de doutes sur une écologisation (très relative) de notre société reposant exclusivement sur le bonus-malus. Exemple : tous ceux qui ont acheté (plus qu’avant) une voiture (un peu) moins polluante pour bénéficier de quelques centaines d’euros, auraient pu d’eux même faire ce choix de la moindre pollution, vu la modicité de l’avantage par rapport au prix de l’engin. Quant aux acheteurs de 4 X 4 et autres voitures (plus) polluantes, quelques centaines d’euros en plus ne changent rien et dans le fond, les confortent dans leur sentiment d’appartenir à une autre classe (supérieure).
Et s’agissant des voitures, comment ne pas être sceptique sur la volonté écologique d’un gouvernement qui laisse Renault (dont il est actionnaire) délocaliser la fabrication des voitures bon marché (avec bonus) qu’il faudra ramener en France sur des milliers de kilomètres au prix d’un extraordinaire gaspillage énergétique...
Et enfin, mais je n’ai sans doute pas encore assez réfléchi et serait heureux de recueillir l’avis des lecteurs de ce blog, les taxes écologiques ou vertes, n’en déplaisent aux Verts et aux associations de protection de la nature, ne sont-elles pas aussi un impôt imposé aux plus pauvres ?
Encore un rappel : le principe pollueur-payeur (bonu-malus, donc), a été inventé par la loi sur l’eau de 1964. Cette taxe à la quantité de pollution est peu à peu devenue pour les entreprises une sorte de « droit de polluer » pas cher. Et les cours d’eau français sont toujours pollués...