Un nouveau slogan pour le président Sarkozy
mardi 9 juin
"IL FAUT BATTRE LE VERT PENDANT QU'IL EST CHAUD"
Pour examiner ce que disent ou oublient de dire les élus en matière de protection de la nature, d'écologie et de société. Avec rappel des promesses (oubliées)par les uns et les autres.Toujours sur la nature, l'écologie et notre vie quotidienne, quelques informations, nationales et internationales et que les médias "oublient" de diffuser parce qu'elles ne se prêtent pas aux "petites phrases" ou à la démagogie. Avec en prime des commentaires qui ne sont jamais "politiquement corrects".
mardi 9 juin
"IL FAUT BATTRE LE VERT PENDANT QU'IL EST CHAUD"
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
18:01
1 commentaires
Libellés : Un nouveau slogan pour le président Sarkozy
Lundi 8 juin
Les journalistes pour la Nature et l'écologie, fêtent cette semaine leur quarantième anniversaire. C'est le moment pour eux de rendre hommage aux pionniers qui, méprisant à la fois les pressions et les sarcasmes ont défendu dés les années 70, la révélation d'informations qui sont aujourd'hui banales. Dans des journaux militants qui ont fini par "contaminer" ce qu'il est convenu de nommer "la grande presse"...
Il y a des jours où l'on peut être heureux de voir ses efforts récompensés par les électeurs.
Avec une autre certitude: Claude Allégre ne sera pas ministre...
Toutes images ci-dessus datent de 1972
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
17:15
3
commentaires
Dimanche 7 juin
Les premiers résultats de ce soir permettent de constater que l'écologie progresse dans les têtes encore plus que dans les urnes. Voila qui fait plaisir, voilà qui permet d'espérer et de penser qu'un autre monde est vraiment possible. D'autant plus que la même tendance est semble-t-il perceptible dans de nombreux pays.
Il est plus que jamais nécessaire de réflêchir à un nouveau mode de développement, à la préservation de la biodiversité, aux recours aux énergies renouvelables, à l'abandon progressif du nucléaire, à la fin de l'exploitation du Sud, à une autre politique agricole. Tout cela en privilègiant les aspects sociaux dans la résolution de la crise économique sans subventionner l'industrie automobile et les banquiers.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:14
2
commentaires
Libellés : Une belle soirée pour les Verts
Samdi 6 juin
Les campagnes électorales ne sont jamais favorables à la faune sauvage, les ministres de l’écologie profitent toujours de ces périodes politiques tendues pour faire plaisir aux chasseurs, à Chasse Pêche Nature et Tradition et aux organisations agricoles nationales ou locales rattachés à la FNSEA. Une voix est une voix, surtout quand elle traîne tout prés de sa tendance politique, les fédérations de chasseurs et les syndicats agricoles dominant ne faisant guère mystère de leur proximité avec la droite, mais sont souvent tentés par l’extrême de la droite. Et comment faire plaisir à ces gens qui ne mesurent trop souvent la biodiversité qu’à l’aune des quantités de gibier à tuer ou de la concurrence de quelques oiseaux ? Tout simplement en annonçant l’élimination de quelques prédateurs offerts à la vindicte publique ; ou en annonçant des prolongations d’ouverture de chasse et des dérogations sur les espèces interdites aux tirs des chasseurs. Un grand classique électoral, même si pour cela il faut se mettre en contradiction avec les textes européens.
Les élections européennes n’échappent donc pas à cette règle qui fait de la protection de la nature une variable d’ajustement politique de la protection de la nature : le ministère de l’Ecologie vient de publier discrètement (sauf en direction des électeurs potentiels à satisfaire qui ont été soigneusement informés par courriers) un arrêté daté du 27 mai retirant « le loup de la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d’extinction en France ». Le ministère de l’écologie, au cas où chasseurs et éleveurs n’auraient pas compris tout de suite, leur explique la décision dans son commentaire: « cet arrêté permet une plus grande autonomie au plan local pour la défense des troupeaux domestiques ». Autrement dit, avec une vague bénédiction du Préfet d’un département et sans que les associations de protection de la nature soient consultées, il sera possible d’abattre un loup s’en prenant à un troupeau. C’est ce que le ministère de l’Ecologie et le ministère de l’agriculture appellent « des prélèvements exceptionnels de loup ».
Pour justifier cette position, le ministère de l’écologie, après avoir assuré pendant des années que les populations de loups étaient peu fournies en France (ils sont arrivés d’Italie par le Mercantour en 1992) vient de découvrir qu’il existe « 26 zones de présence sédentarisée du loup constituant une population d’au moins 180 individus répartis en 19 meutes ». Pour justifier sa décision démagogique le ministère de l’écologie crie donc au loup. Une vieille tactique qui remontre au Moyen-âge. Résultat hélas prévisible : chasseurs et agriculteurs vont désormais se sentir autorisés à tirer sur le loup à tout bout de champ. Comme cela se produit déjà de plus en plus souvent sans que les autorités s’émeuvent vraiment alors que tuer une espèce protégée reste (pour combien de temps ?) un délit.
Pour la prochaine campagne électorale, la victime est déjà désignée : le vautour fauve que des informations mensongères accusent (depuis trois ans) de « s’attaquer aux animaux vivants » dans les Pyrénées.
Extraordinaire exception française que cette chasse aux dernières espèces sauvages à laquelle se livre une part, heureusement minoritaire mais malheureusement efficace, des chasseurs français que les membres de la majorité soutiennent depuis des années. Ils ont fait du loup, de l’ours et du lynx des « objets politiques » qu’ils utilisent un peu contre la gauche (pas toujours bien nette sur ce thème) et surtout contre les écologistes. Dans le seul espoir de récupérer les voix des fachos- ruralistes de « Chasse pêche nature et tradition ». Plus celles du vicomte de Villiers.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
12:05
4
commentaires
Libellés : Election piège à loup: la ministre de l'écologie pêche les dernières voix
Plus les années passent, plus le "sauvage" fait peur à une France frileuse et qui, surtout, se cherche des ennemis "politiquement corrects", des adversaires avec lesquels on peut dépenser de vieilles haines, ses angoisses, la trouille des autres; Le vautour devient une nouvelle hantise, après bien d'autres, parce que le sauvage est devenu l'envers de notre société de consensus mou d'où rien ne doit dépasser, où tout doit être "en ordre".
Les journaux locaux et nationaux commentent à l’envi une nouvelle exception française : les vautours « attaquent » le bétail dans les Pyrénées. L’ours, le loup et le lynx ne suffisant plus aux chasseurs, à la FNSEA et à quelques bergers pour affoler les foules, la vindicte et les fantasmes populaires nous offrent maintenant un nouveau tueur : le vautour fauve. Victime et acteur de choix, puisque, c’est bien connu, ces rapaces prolifèrent par la faute des « protecteurs de la nature qui organisent l’espace rural depuis leurs villes qu’ils ne quittent que pour emmerder les agriculteurs».
Sauf que, le vautour fauve, comme tous les charognards, les gypaètes barbus qui ne s’intéressent qu’aux os ou les percnoptères (vautour blanc) migrants saisonniers de l’Afrique ne s’en prennent qu’aux animaux morts. Ceux, par exemple, que les éleveurs ou les bergers laissent des jours et des jours sans surveillance et sans soins dans la montagne et le piémont pyrénéens. Ce que l’on peut comprendre car ce métier n’est pas de tout repos et que la rentabilité d’une telle agriculture de montagne est tout à fait aléatoire. Elle n’existerait d’ailleurs pas ou plus si elle n’était pas, même imparfaitement, subventionnée par la PAC et donc l’Europe. Et nul ne dénonce les dégâts occasionnés aux troupeaux par les chiens errants.
Sauf que, toutes les enquêtes menées depuis plusieurs années par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la LPO, prouvent que les vautours ne s’en sont pris jusqu’à présent, qu’à des vaches, des juments ou des brebis mortes ou mourantes après des naissances difficiles et mortelles. Parce qu’elles se déroulent trop souvent sans surveillance, sans l’aide d’un vétérinaire ou d’un éleveur. Chez les animaux comme chez les humains, on compte un certain nombre d’accouchements difficiles qui tournent mal sans aide extérieure.
La fable des vautours « qui attaquent les animaux vivants » date de 2005. Au hasard des ragots et des rumeurs colportés par les organisations de chasseurs et les adversaires de l’ours brun, pas fâchés de s’en prendre à une espèce protégée par la loi. Les vallées pyrénéennes, à commencer par celles des Pyrénées Atlantiques bruissent de récits fantaisistes repris sans aucune vérification par des confrères. Ils ressemblent à ceux que l’on racontait dans les Cévennes il y a des lustres, jusqu’à ce qu’un chasseur abatte le dernier vautour fauve de la haute vallée du Tarn en 1941. Et aux histoires d’aigles enlevant les enfants dans leurs berceaux sous les yeux horrifiés des familles.
Curieusement, alors que les vautours ont été réintroduits dans la région au début des années 80 par deux naturalistes, les frères Terrasse, aucune histoire de rapaces tueurs n’est jamais contée dans cette région alors qu’y volent désormais, réussite spectaculaire, plus de 250 couples. Mais il est vrai que les bergers des Cévennes coopèrent à ce succès et qu’il n’y a pas d’ours dans la région...
Les vautours ont ou auraient faim : possible, mais les réglementations sanitaires stupides et inutiles interdisent aux éleveurs de leur laisser sur place les carcasses des animaux morts. La protection conçue par la loi de 1976 se heurte souvent aux règles administratives de l’Etat et à l’ignorance de certains de ses sujets.
Mais que fait Bayrou, lou ravi du Béarn ? Lui dont les rares élus qui lui restent fidèles réclament l’éradication des ours slovènes dont on sait que loin de chez eux, ils réussissent à se reproduire.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
09:20
13
commentaires
Libellés : Le vautour nouvel ennemi public de ceux qui craignent le retour du "sauvage" symbole du désordre
samedi 16 mai
La fête de la nature du samedi 14 et du dimanche 15 mai n’est pas organisée, comme le pouvoir le laisse volontiers et doucereusement entendre, par le gouvernement ou un ministère de l’écologie et autres appendices, mais par la section française de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et son directeur François Letourneux. Un homme qui fut Directeur de la protection de la nature sous la gauche et pendant douze ans Directeur du Conservatoire du littoral dont il a maintenu contre vents et marées les missions de protection des côtes françaises.
Une fois de plus, donc, c’est le milieu associatif, bien esseulé, qui prend la défense de la nature et de la biodiversité alors que le pouvoir continue à faire sa fête à la nature. Des dizaines de milliers de bénévoles qui ont compris que le Grenelle de l’environnement n’était qu’un rideau de fumée masquant bien mal les destructions, le bitumage, le mitage des paysages, les dégâts agricoles, les autoroutes dont la construction se poursuit en dépit des promesses présidentielles et autres d’un Grenelle dont les rares prescription ne sont toujours pas traduites dans une loi. Comme la trame verte, c’est à dire la protection de la nature ordinaire, contre laquelle le Medef s’arqueboute depuis des mois. Après avoir obtenu que les corridors biologiques (qui devraient –devaient- tisser cette trame verte) ne soient pas opposables aux aménagements et autres constructions destructrices. Sans oublier la résistance des élus locaux. Il suffit de suivre la pénible création du Parc National des Calanques, prés de Marseille (entamée en 1997), création qui sera peut-être effective en 2014 pour comprendre que la majorité de ces gens la, gauche et droite confondues et confondantes, n’en ont rien à foutre de la nature et de la biodiversité ; et du loup, et de l’ours, et du grand hamster, et de la loutre ou des tulipes sauvages. Pour eux, la nature n’est qu’une vache à lait touristique éventuelle.
Plus que jamais, alors que les sommes allouées à la protection de la nature et de la biodiversité sont de plus en plus faibles (alors que le nombre des réserves augmentent...), ce sont ces dizaines de milliers de volontaires, associatifs et non payés, qui consacrent leurs fins de semaine et leurs vacances à répertorier la faune et la flore sauvages pour obtenir que ce qu’il en reste soit préservé. Avec des années de retard, le gouvernement français, celui qui s’apprête à accueilli un escroc scientifique comme Claude Allègre, a fini par admettre qu’il existait un réchauffement climatique et qu’il faudrait, peut-être, s’en préoccuper. Mais la biodiversité, malgré les demandes de l’Europe, le gouvernement français s’en fout – c’est le mot qui convient- royalement. Les petits oiseaux, la nature ordinaire que nous fréquentons tous les jours, c’est le cadet de ses soucis. Il suffit de voir comment se décident les routes, comment à continue à se construire et s’étendre l’urbanisme commercial pour en être persuadé.
Les oiseaux, les plantes, ça ne s’inaugure pas, ça ne se met pas dans les bilans électoraux, ça n’apparaît pas sur les tracts et les affiches. Alors tout le monde, ou presque, zappe, ces préoccupations considérées comme subalternes et accessoires. Sauf les candidats d’Europe Ecologie (oui, je sais, je suis partisan) qui sont pratiquement les seuls à en parler.
Je voudrais bien qu’un jour, on cesse de faire sa fête à la nature ! Mais, pour reprendre une vieille formule, demain il sera trop tard...
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
23:23
7
commentaires
Libellés : Il ne faut pas confondre "fête de la nature" et faire sa fête à la nature
Jeudi 7 mai
Preuve que les dénonciations de scandales écologiques et sociaux finissent par, si j'ose dire, porter leurs fruits, preuve aussi que les Français prennent conscience des dangers que font courir aux salarié agricoles, aux consommateurs et à l'environnement, la consommation des fraises industrielles espagnoles s'effondre. Ce qui prouve aussi que même un petit journal comme Politis peut mener des campagnes efficaces: parce que les consommateurs savent qu'il n'est prisonnier d'aucun groupe de pression, d'aucun milieu professionel, qu'il s'agisse de la production ou de la distribution.
A tel point que le scandale écologique et social de la fraise andalouse est devenu un film dont chaque lecteur de ce blog pourra goûter quelques minutes en suivant les deux liens ci-dessous.
En recopiant les deux liens ci-dessous, vous pourrez voir et télécharger deux extraits du film « La rançon de la fraise » ( 52 minutes) qui sera diffusé le 26 mai sur France 5 à 20 h 30.
Le film raconte les méthodes de culture de la fraise espagnoles produite hors saison prés du parc national de Doñana en Andalousie (pesticides, empoisonnement des terres, épuisement des nappes phréatique, exploitation de la main d’oeuvre africaine et roumaine et gaspillage énergétique puisque ces fraises insipides parcourent ensuite 2000 kilomètres pour parvenir en France).
http://www.mediafire.com/?nwnyq42dtjy
http://www.mediafire.com/?gjudwmnmdj3
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
21:31
9
commentaires
Libellés : La fraise espagnole andalouse frelatée enfin boudée
Jeudi 30 avril
Quelques rappels sans doute utiles au moment où les télévisions ont fini par céder aux « émissions spéciales » sur la grippe porcine devenue mexicaine puis enfin grippe A pour ne faire de peine à personne, notamment aux propriétaires d’élevages industriels de porc.
- Personne ne sait combien il y aurait de morts au Mexique.
- Personne ne sait combien de gens auraient contractés cette grippe en France.
- Chaque année, chiffre Organisation Mondiale de la Santé, la grippe affecte entre 4 et 5 millions de personnes dans le monde.
- Chaque année, chiffre OMS toujours, la grippe entraîne (non pas directement mais surtout par les complications pulmonaires) entre 400 000 et 500 000 morts.
- Chaque année en France la grippe, malgré les campagnes de vaccinations, provoque environ 7 500 morts.
- Voici revenu le temps des médecins journalistes qui n’ont pas vu un malade depuis une vingtaine d’années.
- Le cours des actions des laboratoires spécialisés dans le traitement des grippes est en hausse.
- Roselyne Bachelot campe aux frontières mais, comme les Français ne sont pas encore assez inquiets, c’est Alliot-Marie, allias Cruella, qui prend le relais, sans doute parce que le virus est repérable par les caméras de vidéo surveillance. Nul doute que pour bouter efficacement ce virus étranger hors de France, Eric Bessons va lui donner un coup de main.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
20:17
10
commentaires
Mardi 28 AVRIL
La « menace » de grippe porcine commence à affoler la presse et, évidemment les foules. Comme si les cochons mexicains et américains étaient déjà partis à la nage vers l’Europe...pour nous envahir avec une grippe qui n’est pas plus porcine que bovine. Juste une grippe comme le furent d’autres épidémies. Un affolement qui permettrait à la France (et à d’autres pays...) d’écouler les stocks de Tamiflu, le fameux médicament inefficace (seulement remboursé à 35 % , ce qui indique qu’il est tenu en piètre estime) dont le gouvernement a acheté trente millions de doses qui sont en grande partie périmées. Avec encore plus de masques qui ne serviraient à rien. Au fait, qu’est devenu le fameux toubib français et parisien spécialiste des maladies pulmonaires (Jean-Philippe Derenne) qui, au cours de l’année 2005, dans un livre qui s’est bien vendu en affolant aussi les Français et lâchant les chasseurs sur tout ce qui volait, avait prévu 500 000 morts frappés par la grippe aviaire soi-disant à nos portes ? Où sont ceux qui accusaient les oiseaux migrateurs de menacer notre espèce ? Menace alors démentie par les chercheurs français qui n’avaient pas réussi, notamment dans le Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie mais aussi sur le fleuve Sénégal à trouver le moindre oiseau malade. Cette histoire, qui a ruiné des éleveurs africains, les petits comme les grands et pénalisé les éleveurs français de poulets en plein air, avait été une belle farce permettant aux industriels du poulet surgelés d’accroître leurs productions et leurs exportations. Une panique pour pas grande chose, déjà. Il y a des jours où je me demande à qui profitent ces affolements politico-médiatiques alors que le paludisme entraîne chaque année la mort d’un million et demi de personnes....
Nous ferions mieux, à propos de ces cochons de cochons, de nous intéresser aux projets de Monsanto qui tente de faire breveter des gènes d’une race allemande de porcs rustique, et de s’octroyer ainsi une rente sur toute utilisation de cette race dans des croisements. La Fédération nationale d’agriculture biologique vient de dénoncer ce projet qui consiste une nouvelle fois à breveter le vivant. Il ne s’agit plus là d’une « crainte » mais d’une réalité : l’Office Européen des brevets a en effet octroyé, le 16 juillet 2008, un brevet pour l’élevage de porcs (brevet N° EP 165 1777) à la multinationale Monsanto qui doit normalement devenir effectif dans quelques jours. Le brevet en question permettrait à Monsanto de toucher des royalties sur tout croisement utilisant cette race de porcs rustique, qui a donc sa place en élevage biologique. La raison principale pour faire opposition est d’abord d’ordre éthique : le brevet ne se base pas sur une invention mais vise, au contraire, la maîtrise de la production des denrées alimentaires. Ce brevet aura des conséquences importantes en matière de dépendance des éleveurs et des consommateurs. Il n’est qu’une tentative précédant le prochain projet de Monsanto : le porc (et d’autres animaux) génétiquement modifiés de façon à devenir des exclusivités imposées à des producteurs de porcs hors sol.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
15:00
8
commentaires
Libellés : La grippe porcine: une bonne affaire pour la firme qui vend le fameux Tamiflu à 25 euros la boite
Jeudi 23 avril
La ministre de la Justice, Rachida Dati, virée par le président de la république, a franchi allègrement mercredi soir, ce que le Canard Enchaîné, appelle depuis des années « le mur du çon ». Elle a expliqué aux jeunes UMP que 77 % de l’énergie française provenait des centrales nucléaires. Avant d’ajouter que pour le reste, l’énergie, « pardon l’électricité », provenait des éoliennes. Ce niveau d’incompétence et d’ignorance crasse, issu d’un dossier rapidement lu avant l’intervention, en dit long sur les « compétences écologiques » de la majorité. Le plus tragique est que cela l’a fait rire. Cela lui vaudra sans doute une nouvelle couverture de Paris Match ou de Gala et un gros succès sur Internet. Mais il existe des pays où, pour avoir proféré avec cynisme de telles âneries, on vire les ministres et les candidats aux élections.
Le problème est que cette ministre a géré son ministère de la justice, les magistrats et les détenus avec la même désinvolture et la même incompétence. Avec tout ce que cela suppose comme souffrances et comme suicides.
Mes condoléances à Michel Barnier qui, s’il a oublié depuis longtemps qu’il fut ministre de l’environnement, connaît assez bien ses dossiers.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:38
10
commentaires
Vendredi 17 avril
Je ne suis pas prés de gommer la pipe que j'arbore sur ce blog. Les gens de la RATP qui censurent les affiches de Jacques Tati pour sa bouffarde sont de sinistres cons. Et en plus, il n'a pas de casque !
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:19
10
commentaires
Jeudi 16 avril
Comme d’habitude dans les affaires de pêche, tout le monde ment. Sauf les poissons qui n’ont guère leur mot à dire et sont de moins en moins nombreux.
Le pêcheurs victimes (innocentes ?) d’une activité trop importante et faisant semblant de croire, poussés par leurs syndicats et les politiques, que beaucoup de poissons ne sont pas en voie de disparition.
Les pêcheurs français, victimes de Sarkozy qui leur a expliqué que les quotas étaient fixés de façon arbitraire et qu’ils devaient pouvoir continuer à pêcher. Le 19 janvier 2008, il a assuré aux pêcheurs de Boulogne que grâce à sa présidence de l'Europe, les quotas étaient voués à disparaître. Mais le mensonge démagogique n’est pas puni par la loi.
Les pêcheurs et les politiques qui font semblant de croire que « c’est l’Europe qui a fixé les quotas de pêche ». Alors que la décision a été prise, en décembre 2008, d’un commun accord entre tous les ministres chargés de la pêche, ce qui inclut le ministre français Michel Barnier.
Conclusion : il n’existe aucune bonne solution à la crise, pour les poissons comme pour les pêcheurs qui, comme les agriculteurs, vont aller grossir le flot des « chômeurs silencieux », ceux qui ne figurent sur aucune statistique officielle. Parce qu’on leur ment depuis des années, sur le cabillaud sur le sole et les autres espèces.
Et pendant ce temps là, les exploitants de fermes d’aquaculture font fortune en nous vendant du poisson élevé...avec de la farine de poisson dont la fabrication contribue au désastre des mers qui se vident.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
18:51
5
commentaires
Libellés : LES MENTEURS GOUVERNEMENTAUX, PETIT POISSON NE DEVIENDRA PAS GRAND: LES PECHEURS
Dimanche 12 avril
La situation des navigateurs, sur petits bateaux et gros navires, au large de la Somalie n’est certes pas enviable, voire angoissante ou mortelle. Surtout quand les militaires français, pour la gloire militaire de la France et de son président, s’en mêlent. Mais, que l’on me pardonne cette allusion politiquement incorrecte, qui va raconter la misère, l’abandon des populations de la Somalie et du Puntland ? Qui explique que ces « pirates » n’ont guère d’autres solutions pour survivre depuis que leurs pays n’ont plus de gouvernement ? Depuis le début des années 90, le pouvoir n’y existe plus. Ce qui n’empêche pas tous les chefs de bandes, qu’ils soient ou non islamistes, d’être approvisionnés en armes que leur vendent, par des intermédiaires, les pays occidentaux et la Russie. Les Kalachnikovs et les 4 X 4 ne poussent pas dans le sable par miracle. L’Occident a laissé se constituer des zones de non droit qui l’arrange : parce que, par exemple, les fameux porte-containers qui croisent au large jettent à la mer des fûts de déchets toxiques dont les grandes sociétés se débarrassent ainsi à bon compte. Pour les produits les plus dangereux ils sont tout simplement débarqués avec l’aide des chefs de bande qui les enfouissent sommairement en échange de l’argent qui leur permet de s’acheter des armes. La Somalie est une poubelle qui arrange bien des pays et des multinationales : la déchet jeté au large de la Somalie revient à 30 euros la tonne contre 200 ou 300 dans un processus de recyclage légal.
Quelles autres solutions pour ces Somaliens, du nord ou du sud, que de trouver les moyens de survivre grâce à ces trafics et ces piratages ?
Et quand les autorités françaises expliquent qu’elles ont arrêtés des « pirates », ceux qui croupissent depuis un an dans les prisons françaises, avec « l’accord des autorités somaliennes », elles sont bien incapables de situer précisément ces « autorités » puisqu’il n’existe plus aucune autorité dans cette région.
Pas question d’excuser ces « pirates », mais il faudrait quand même réfléchir à ce qui a conduit les habitants de la zone la plus pauvre du monde à utiliser ces solutions de désespoir pour survivre.
Une seule bien maigre consolation : le dimanche du ministre de la Défense nationale a été gâchée ; et il élude la réalité quand il parle de « maffias somaliennes ». Il s’agit de pauvres du sud poussés au désespoir. Ce n’est pas le problème du Président de la République.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:59
17
commentaires
Libellés : Piratage en Somalie; les coupables sont en Occident
Samedi 4 avril
Sur France 3, la journaliste envoyée spéciale de la chaine, à court d'arguments, a expliqué qu'un quartier de Strasbourg avait été comme "ravagé par la guerre". On voit bien que cette chère enfant, soucieuse de se faire bien voir, n'a jamais connu de guerre ni de villes ou de villages ravagés par la guerre. Trois batiments incendiés (ce qui est idiot, sauf pour l'Ibis, car ces hôtels ne méritent rien d'autre), si stupide que cela soit, ne mérite pas cette "appréciation" destinée à affoler le bon peuple de France. Du coup, Cruella, plus connue sous le nom de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur en remet une louche en expliquant que tous les sommets de l'Otan sont ainsi victimes de violence "comme à Gênes où il y a eu un mort". Sauf que, à Gênes, il s'agissait du G 8 et que la violence fut exclusivement le fait de la police italienne. La première fliquette de France, dans son émotion politique, a même oublié d'évoquer sa chère "mouvance marxiste anarco-libertaire".
Nous vivons décidément une époque formidable...
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:45
9
commentaires
Libellés : L'Otan, la télé et la ministre de l'Intérieur, les violences
Vendredi 3 avril
Passées les angoisses (qui durent) liées à ma mésaventure du Muséum alors qu'il se confirme que j'ai bien fait l'objet d'une "interdiction politique", revenons aux affaires du monde qui dépassent largement ma petite personne.L
Les résultats du concile du G 20, concélébrés comme une messe traditionnelle par toute la presse française, du Figaro à Libération (en attendant les homélies des hebdos), pieusement rassemblée dans des laudes invraisemblables, tiennent sur une dizaine de pages. Une bible néo-capitaliste dans laquelle on cherchera en vain le moindre verset de remèdes, même sous forme de placebo, pour la planète et ses souffrances climatiques. Quant aux exégèses, si elles ne sont pas toutes descendues au (cas)niveau de la novlangue sarkozienne déclarant fièrement « Le contrôle des hedge funds va impacter sur la vie des gens » (sic), elles expliquent avec des trémolos mystiques que le capitalisme va sortir du coma et que la morale est sauve.
Est-il donc plus important de sauver le capitalisme que de sauver la planète, la question me parait posée.
Car je veux bien remettre à plus tard le gros chantier de la remise en cause du capitalisme, pour la planète, il y a d’autant plus urgence que les remèdes sont connus et que je ne suis pas certain que la réunion mondiale de Copenhague sur le climat en décembre prochain, déclenche le même enthousiasme des maîtres du monde, même si je leur fait confiance pour mitonner de superbes épîtres aux peuples. Du genre « demain on réunit un nouveau sommet », tant il existe peu de chance que les présidents soient nombreux à trouver le Chemin de Damas.
Car de quoi nous parle le nouvel évangile des 20 apôtres du G20 qui étaient d’ailleurs une trentaine : qu’il faut sauver le FMI qui a fait massacrer les espaces naturels, qui a détruit l’économie de nombreux pays du sud ; qu’il faut sauver les industries automobiles ; qu’il faut préserver notre mode développement qui épuise les ressources et pollue; qu’il faut sauver les riches en leur apprenant la morale. Ceci sans que soient pris en compte les pays du sud et les nouveaux pauvres des pays développés. L’essentiel était de rassurer la Bourse et les banquiers qui ont, l’espace d’un cauchemar, cru leur dernière heure arrivée ; avant qu’avec d’autres ils (re)découvrent que nul ne les empêcherait de licencier. Rien sur les règles de l’OMC qui contraignent les pays du sud à acheter sans droits de douane nos productions alimentaires à bas prix (le poulet Doux congelé, par exemple) ce qui détruit leurs agricultures. Et pénalise donc leurs milieux naturels.
Donc, préoccupé par sa survie, pour sortir de son purgatoire et balayant toute contrition, le G 20 à 30 a zappé la planète, n’apercevant le salut que dans l’hyper-consommation et une prière ardente au retour à la croissance débridée.
Tant pis pour les écosystèmes, les ours, les pingouins, les oiseaux, les espaces naturels, les poissons. Pendant les travaux de réparation du capitalisme, les destructions continuent. Et tout le monde, ou presque, trouve cela normal tout en se gargarisant du « développement durable » qui parait effectivement promis à durer.
Un jour sans doute, un quelconque G 20 proposera au monde en extase la construction d’un arche de Noé pour sauver ce qui reste.
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
10:32
2
commentaires
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
18:07
43
commentaires
Libellés : Histoire vécue d'une interdiction de penser et de donner un coursau jardin des plantes (2)
MARDI 31 mars
Je suis inquiet, très, très inquiet...
Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
19:52
50
commentaires
Libellés : Histoire vécue d'une interdiction de penser et de donner un coursau jardin des plantes
Samedi 28 mars
La semaine du « développement durable » commence cette année le premier avril.
Le symbole me parait parfait pour ce qui n’est plus, depuis longtemps, qu’une farce qui ne fait plus rire grand monde. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le libéralisme, les entreprises et tout ce qui bouge dans l’économie récupère cette (mauvaise) traduction de l’expression « sustainable development » inventé en 1987 pour le compte des Nations Unies. « Durable », c’est plus neutre, plus politiquement correct qu’écologie, que protection de la nature, que pollution, qu’appauvrissement de la biodiversité sur terre et dans les mers ou qu’alimentation polluée. Tout est durable désormais et les entreprises dépensent des fortunes pour concocter et publier des rapports de « développement durable » que personne ne les lit. Je suis certain que les banquiers et les chefs d’entreprises plus ou moins escrocs se prétendaient durables et qu’ils pensaient pouvoir durer...
La seule chose qui dure, c’est la religion de la croissance économique, c’est la crise, ce sont les effets du réchauffement climatique que les gouvernements, à commencer par le gouvernement français, persistent à ignorer durablement alors que l’urgence se précise. La crise sert à tout : à oublier l’écologie, à oublier le Grenelle de l’environnement et à licencier des salariés. L’écologie et les ouvrier et employés constituent la meilleure des variables d’ajustement du capitalisme durable.
La seule chose qui dure, ce sont donc les gesticulations de Jean-Louis Borloo et de sa nouvelle secrétaire d’Etat. Sans oublier celle de Nicolas Sarkozy qui, en fait, ne gesticule même plus. Ce sont aussi les rêves fous de croissance qui durent.
Alors oublions cette semaine qui s’annonce à travers, normal, les communiqués de quelques agences de communication commis au développement durable comme ils le seront demain pour redresser l’image compromise des banquiers et de quelques industriels qui croient encore, souriants sous les fausses invectives de leur président, que leur règne peut encore durer.
Boycottons donc allégrement les séances d’autosatisfaction organisées par le ministère de l’écologie, les comiques économiques et les associations complices de la farce de cette semaine durable. Oublions durablement ce développement qui sert de cache-sexe à la destruction de la planète.
PS La seule chose qui dure en ce moment c'est l'insuppportable Juppé qui joue les écolos grâce à la complicité de mes confréres, et qui racontent des banalités auxquelles il ne croit pas lui qui, il y a deux ans, au cours d'un interview pour mon journal, ne savait pas faire la différence entre chauffage solaire et électricité solaire !
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
22:49
2
commentaires
Libellés : Développement durable ? Juppé écolo? Poisson d'avril....
lundi 9 mars
Dix scientifiques appartenant à sept universités et centres de recherche européens, dont le Muséum national d’histoire naturelle de Paris (connu sous le nom de Jardin des Plantes) viennent de rendre publique une étude confirmant ce que pressentent et affirment les ornithologistes, dont Philippe Dubois de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, depuis plusieurs années : le réchauffement climatique en cours menace l’existence de nombreux oiseaux nichant en France et dans la plupart des pays européens. Commentaire de Denis Cauvet et de Frédéric Jiquet, les deux scientifiques français ayant participé à cette longue enquête : « Nos travaux montrent que les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir dès maintenant. Bien que les températures aient encore peu augmenté récemment, il est surprenant de constater à quel point l’impact est déjà visible sur les populations d’oiseaux nicheurs à travers toute l’Europe ». Les prévisions des dix spécialistes établissent que si trente espèces vont voir leurs populations augmenter, quatre-vingt-douze autres vont enregistrer un effondrement sinon une disparition de leurs effectifs. Parmi les espèces les plus menacées : la bécassine de marais, le vanneau huppé, le traquet motteux, le casse-noix moucheté, le pinson et le rouge-gorge. Au bout de cette évolution : la simplification et la standardisation de nos espaces (dits) naturels. Une simplification et une standardisation que reflètent les étals des marchands de fruits et de légumes depuis une vingtaine d’années.
Ainsi, de nouveau, des scientifiques démentent les affirmations d’un ancien ministre, le pseudo-scientique Claude Alègre, qui malgré ses foucades médiatiques, se coupe de plus en plus nettement de la communauté scientifique. Obstination dont une récente séquence de « Ce soir ou jamais » sur France 3 a montré qu’elle était partagée par le conseiller du Prince, Alain Minc qui n’en est d’ailleurs plus à une erreur prés. Ce qui permet de réduire à bien peu de choses les prétentions de Nicolas Sarkozy qui a rapidement oublié ses vagues promesses du Grenelle de l’environnement. Pour cause de crise, la lutte contre le réchauffement climatique est remise à plus tard, donc à trop tard.
La cause est donc hélas entendu : non seulement, comme je l’ai expliqué ici récemment, les modifications climatiques perturbent sérieusement les habitudes migratoires de millions d’oiseaux, mais en plus leur existence même est menacée. Tout comme est menacée la biodiversité du territoire français et européen. Tout comme la biodiversité de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique Latine et des espaces arctiques et antarctiques. Menaces qui ne concernent pas seulement les oiseaux mais toutes les espèces vivantes. Y compris celles, les insectes de toutes sortes, qui participent à la pollinisation des fruits et des légumes. Si ces insectes, et pas uniquement les abeilles dont un quart de la population mondiale a déjà été éliminée depuis vingt ans, disparaissent nous aurons de moins en moins de fruits et de légumes sauf si nous fécondons chaque fleur... à la main. Ce qui est évidemment impossible. Mais qui s’en soucie ? Combien des politiques de droite ou de gauche ont appris, en dehors de leurs gentilles déclarations sur le « développement durable », à réfléchir écologiquement, c’est à dire au delà du terme prévisible de leurs mandats.
Cette situation de la biodiversité, alors qu’il s’agit officiellement une des priorités de l’Europe, ne semble émouvoir que les naturalistes. Et les milliers de bénévoles qui, pour le compte du Muséum national d’histoire naturelle et les autres centres universitaires de recherche, ont passé des mois à traquer les oiseaux, à les observer et à les compter.
La préservation de la biodiversité, qui concerne également le monde végétal, est essentiel, est l’un des facteurs essentiels de la survie de l’humanité. Et non pas, comme on l’entend dire souvent, de la survie de la planète. Car il devient évident que si l’homme disparaît, la terre, elle, poursuivra son destin sans nous.
PS Pour ceux qui ont suivi ses aventures déjà racontées ici, je signale que la cigogne Max, suivie par satellite depuis dix ans par les chercheurs suisses du Muséum de Fribourg s’est installée sur son nid habituel prés du lac de Constance et qu’elle a finalement choisi de « reprendre » la cigogne mâle qui s’intéresse à elle depuis 2005. Il a viré un concurrent...
Publié par
Blog de Claude-Marie Vadrot
à
13:00
2
commentaires
Libellés : Le réchauffement climatique menace gravement les oiseaux