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Blog de Claude-Marie Vadrot
Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis.
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lundi 5 mai 2008

Les députés de la majorité préparent leur assaut contre le loi du "Grenelle de l'environnement"

5 mai

« Ils sont remontés comme des pendules ». C’est ce que racontent à la fois les deux ministres de l’écologie et quelques parlementaires de la majorité favorables à la traduction des « accords » de Grenelle par une loi. Et c’est ce que confirme Marie-Christine Blandin, sénatrice des Verts, très inquiété de ce qui va se passer. En cause, un texte présenté il y a quelques jours par Jean-Louis Borloo, à l’examen au Conseil Economique et Social. En attendant de venir devant le conseil des ministres puis, en juin (parait-il...) devant le parlement. La majorité des députés de la majorité est décidée à tailler en pièces, à réduire en charpie un texte qui, pourtant, ne met essentiellement en avant que tout ce qui peut procurer des bénéfices aux ténors du BTP, c’est à dire l’isolation des logements. Autrement dit, le reste n’ayant pas d’importance (la trame verte, les réserves naturelles, la limitation des constructions d’autoroute, la diminution des produits chimiques en agriculture, le bio, la question des déchets, etc.), les Français vont être priés, moyennant quelques crédits d’impôts dérisoires, de payer la lutte contre l’émission des gaz à effet de serre et tous les gaspillages imposés par la conception de leurs logements. Y compris ceux des maisons « Borloo » et « Boutin » qui fonctionnent toutes (quand elles existent) à l’électricité. Les bénéfices seront engrangés par les industriels du bâtiment.

Comme il leur faudra avaler sans discuter (trop longtemps) la réforme constitutionnelle qui ne leur plait pourtant guère, les parlementaires de la majorité vont se venger sur l’écologie.

Ils commenceront le 13 mai en votant définitivement une loi sur les OGM en tous points conformes aux souhaits de Monsanto, du GNIS et consorts, lesquels multiplient les déjeuners somptueux au restaurant de luxe et des Champs Elysées Le Doyen et les informations distillées par un officine de propagande, Amos prospective, soutenue par le Sénateur (de la Manche) et vétérinaire Jean Bizet « porte-parole » des multinationales de l’agro-alimentaire et fils du député (de la Manche) Emile Bizet également vétérinaire, qui occupa les mêmes fonctions de pression dans les années 70/80 pour tenter d’imposer les viandes dopées aux hormones et toutes les demandes du lobby agricole. Comme quoi, la malhonnête politique et intellectuelle est « génétiquement » transmissible. Surtout quand c’est financièrement...intéressant.

lundi 28 avril 2008

Ces supermarchés qui nous escroquent, tuent les villes et créent du chômage

Avec le projet du gouvernement qui veut libéraliser (si c’est encore possible !!!) l’activité et l’implantation des grandes surfaces, on a encore vu l’escroc en chef Michel-Edouard Leclerc, nous faire le numéro du « défenseur du pouvoir d’achat » en nous promettant, comme d’autres plus discrets mais heureux comme des chats qui voient arriver un régiment de souris à croquer, qu’il va diminuer les prix. Escroc deux fois. Grâce à ce que la ministre de l’Economie, qui n’a jamais fait ses courses que devant les caméras de télévision, appelle sans rire (si, si) une nouvelle science qui s’appellerait la facturologie.

Je ne suis pas un défenseur de l’idéologie PME, mais...

A chaque fois que les distributeurs imposent quelques baisses aux dépends des fabricants, et en améliorant leurs profits de distributeurs, il y a quelque part des salariés dont le patron augmente les cadences et dont les salaires sont rognés. Tous les « gains » (tu parles !) du consommateur sont répercutés sur le consommateur salarié. Donc le même. Avec, donc du chômage et une multiplication des temps partiels. Le consommateur est un schizophrène dont la maladie est entretenue par les entreprises et la grande distribution.

Je ne suis pas un défenseur de l’idéologie du « petit commerçant », mais

Ils vont encore morfler un peu plus et disparaître encore plus des centres villes et des villages. Dans la ville de Gien, 19 000 habitants, où je passe une partie de mon existence, dans le centre (et ailleurs) il n’y a plus que deux épiciers dont une épicerie de secours. Et une troisième qui n’est que le faux-nez de Casino, l’ami bien connu des pauvres ; le nombre des bouchers, des boulangers et des charcutiers est en chute libre. Par contre, accessibles seulement en voiture, quatre hyper et deux super-marchés se partage « la chalandise » comme on dit dans ce milieu. Avec Mc do et Buffalo Gril pour enjoliver les lieux....

Dernière conséquence de la loi à venir

L’urbanisme commercial des abords des villes va encore accueillir des horreurs architecturales avec comme alibi « de lutter contre la baisse du pouvoir d’achat.

Je répète, escrocs. Gouvernement d’escrocs !

samedi 26 avril 2008

Multiples et tristes souvenirs dérangeants de Tchernobyl

26 avril

Depuis 1986, j’ai séjourné sept fois dans la région de Tchernobyl, la première en 1987. Des journées et des discussions sur place, avec des ingénieurs et des spécialistes français qui ne vont évidemment pas se vanter de leurs craintes, je tire au moins six leçons, souvenirs et certitudes.

- D’abord il serait trop facile, comme le veulent la thèse officielle et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, d’imputer l’accident au régime communiste. A ce jour personne ne sait pourquoi l’accident (deux explosions...) s’est produit. En cause, non pas un régime politique mais le principe même du réacteur nucléaire aux réactions imprévisibles.

- Certes, l’évacuation a tardé et à chaque fois, la vision des immeubles désertés Pripiat (50 000 habitants...) désertée me glace, mais imagine-t-on ce qui se serait passé si les habitants de cette région avaient utilisé des voitures particulières (et non des bus) pour fuir ? Le gigantesque embouteillage que redoutent tous ceux qui font des plans d’évacuation pour un accident, même moins grave, en France...

- Dans les premières heures il y a eu 32 morts. Aujourd’hui on en est, en Ukraine, en Biélorussie et en Russie, à au moins 15 000. En comptant les liquidateurs, les enfants et les personnes irradiées le 26 avril. Dans une vingtaine d’années, quand le bilan sera fait, le nombre des morts prématurés dépassera les 30 000.

- Des ingénieurs ukrainiens « liquidateurs » que j’ai connus, certains étant devenus des amis, plus un seul n’est vivant, le dernier est mort en 1998 d’un cancer généralisé des poumons.

- Contrairement à ce qui est souvent écrit, la faune et la flore de la région évacuée sont plus riches que jamais (loups, ours, bisons, lynx etc.) Terrible paradoxe, mais aussi parce que l’homme n’habite plus cet espace, la zone interdite est probablement la plus belle réserve naturelle d’Europe. Je l’ai vérifié à trois reprises. De quoi réfléchir.

- Ce n’est pas de malformations (autre légende...) que les gens meurent dans cette grande région, bien au delà de la zone interdite, mais de cancers, de maladies cardiaques, de maladies de l’appareil digestif et de suicides ou de dépressions.

Défense de rire, la fichier policier ARDOISE serait destiné à protéger les homos, les SDF, les syndicalistes et tous les "méchants"

26 avril

Vendredi matin, j’ai pu expliquer quels étaient les dangers des fichages sur LCI. Bonne émission de 15 puis 18 minutes qui sera rediffusée. Rien à dire des deux journalistes présentant cette émission (Preuves à l’appui), ils ont posé les bonnes questions. Rien à dire non plus de l’avocat de service qui s’envole dans de belles phrases qui sont creuses mais efficaces. Le personnage extraordinaire fut le représentant du ministère de l’Intérieur qui a évidemment nié les évidences, les fuites, les dérapages et raconté n’importe quoi. Mais il a fait mieux et a expliqué que le fichage des homosexuels, des syndicalistes, des handicapés, des SDF, etc. prévu par le nouveau fichier-logiciels « ARDOISE » était tout simplement destiné à... les protéger. C’est la première fois que l’on me fait ce coup là. Et évidemment, le personnage en question a lourdement insisté sur les homosexuels!

La ministre de l’Intérieur (qui pourrait prochainement devenir ministre de la Justice à la place de Rachida Dati qui serait nommée à l’Intérieur) est revenu en arrière vendredi sur le fichier ARDOISE en expliquant que, bon, on allait voir et que certaines informations ne figureraient pas dans ce fichier (alors qu’elles existent dans l’actuel fichier STIC et dans son équivalent gendarmesque JUDEX). Fallait faire plaisir à la CNIL qui râlait. Mais en fait, comme à chaque fois, comme dans d’autres fichiers (la base élèves des écoles primaires ou le fichier des sans-papiers et de ceux qui les aident), il s’agit d’un tactique : le pouvoir essaie, « tâte » la température et en cas de réactions trop vives, fait semblant de revenir en arrière pour caser sa marchandise liberticide un peu plus tard.

jeudi 24 avril 2008

Sur France 3 jeudi soir: louis-nicolas le brocanteur, une vieux feuilleton

24 avril

Sur France 3, ce jeudi soir, j’ai regardé Nicolas le brocanteur (à moins, je dormais à moitié, qu’il s’agisse de Louis le brocanteur) un télé-film assez banal, plein de bons sentiments et consacré à une histoire de captation d’héritage. D’autant moins passionnant qu’il s’agissait de la rediffusion d’un épisode passé il y a un an.

mardi 22 avril 2008

Borloo, le Dalaï-Lama, Pascal Sevran, Michel-Edouard Leclerc et Laure Manaudou

22 avril

Quelques remarques pendant les vacances...

- Je ne crois pas avoir autorisé monsieur Sarkozy à présenter mes excuses aux responsables chinois pour le chahut de la flamme olympique.

- Michel-Edouard Leclerc a été condamné à retirer sa pub mensongère et stupide sur les médicaments. Il s’en fout car celui qui se présente (faussement) comme le chevalier blanc de la défense des consommateurs a une fois de plus atteint sont objectif : se faire de la pub en faisant croire qu’il est contre « la vie chère » alors que ses magasins grande surface sont exactement comme les autres et pratiquent les mêmes arnaques.

- Dans une grande surface, ce matin, relevé du prix des salades feuilles de chêne : 3,50 euros le kilo. Prix des mêmes feuilles de chêne épluchées et sous plastique : 14,85 euros le kilo. Que ceux qui achètent ces merdes m’expliquent pourquoi ils protestent contre la diminution de leur pouvoir d’achat. Détail qui vaut sont pesant de verdure : les même salades sont vendues au marché à 1,50 euros le kilo. Comprenne qui pourra : laver la salade ne consomme pas 11 euros d’eau...

- Face aux salades, il y avait du raisin du Chili qui trouvait également preneurs.

- La maison à 15 euros de madame Boutin (remboursement prévu sur 38 ans !) a au moins un point commun avec les maisons à 100 000 euros de « l’écolo » Borloo qui ont fait un bide retentissant: elles sont équipées de chauffages électriques.

- Laure Manaudou pleure et ne participera pas aux 200 mètres des Jeux Olympiques. Je m’en fout.

- Le PSG est dans la merde. Je m’en fout également.

- Pascal Sevran, finalement, n’est pas mort contrairement à ce qu’ont annoncé Europe 1 et Laurent Ruquier. Tant mieux pour lui et cela lui permettra d’écouter son nouvel ami Sarkozy à la télé.

- Le machin-lama du Tibet est donc citoyen d’honneur de Paris. Ce n’est pas le premier réac à qui cela arrive. Mais comme je le disais aux Orthodoxes sous le régime soviétique : je me battrais pour que vous ne soyez plus persécutés, ce qui me permettra enfin, quand vous serez libres, de dire à quel point vous êtes rétrogrades, antisémites et nuisibles. La protestation contre les JO en Chine, c’est aussi et surtout contre la répression politique qui concerne toute la Chine et contre la destruction écologique du pays.

Réservez dés maintenant votre numéro (1000) de Politis qui sera mis en vente le 30 avril, il contiendra un long dossier sur l’histoire de l’Université de Paris 8-Vincennes à Saint Denis. Cela fait partie de ce qui reste de mai 1968.

mercredi 16 avril 2008

Les "pirates" somaliens, le colonialisme triomphant et la pollution

16 avril

Quelle que soit la gravité des faits qui sont reprochés aux « pirates » somaliens, pour qui connaît ce pays et son triste état, un certain nombre de questions se posent.

- D’abord pour eux, comme pour toutes les personnes accusées, devrait s’imposer la présomption d’innocence.

- Ces présumé coupables n’ont bénéficié dans leur pays d’aucune des garanties légales et juridiques qui auraient pu empêcher ou retarder leur extradition.

- L’extradition, si l’on peut utiliser ce terme, n’a aucun caractère légal puisqu’elle repose sur un « accord verbal » du gouvernement somalien dont nul ne peut prouver la réalité.

- De plus, dans ce pays, depuis 1991, il n’existe aucun « pouvoir légal » et les autorités française n’ont pas réussi à avoir le moindre contact avec un représentant (non pas élu, cela n’existe plus depuis des années) mais de fait, de ce pays qui est toujours divisé, au nord comme au sud, en de multiples factions armées auxquelles s’ajoutent les forces des tribunaux islamiques et les militaires éthiopiens.

- On se retrouve en fait face à un « acte colonial » de la plus belle tradition des relations entre le Nord et le Sud.

- Cette affaire de « pirates » masque commodément l’acceptation par des nombreux pays occidentaux d’une autre réalité : tout le monde ferme les yeux sur une autre conséquence très grave de l’absence de pouvoir dans ce pays, à savoir le déversement répété sur le littoral de containers et de fûts contenant de déchets industriels. Ces déversements qui polluent toute la côte, y compris vers le Kenya se font avec l’accord (rémunéré) d’un certain nombre des chefs de bande qui contrôlent le pays. D’autres déchets sont débarqués sur le littoral et enfouis dans les terres avec la complicité et l’aide des mêmes chefs de bande qui, avec l’argent récupéré, peuvent acheter véhicule et armes. Ce faisant, les sociétés chargés d’éliminer les déchets de nos industries réalisent de très gros bénéfices puisque les coûts de ce type d’élimination sont en moyenne dix fois inférieurs aux coûts d’une élimination selon un processus industriel classiques. Mais de cet aspect de l’anarchie qui règne en Somalie, le pays qui n’existe plus, n’est pas abordé par le France et les autres pays.

vendredi 11 avril 2008

Nathalie Kosciusko-Morizet ou la malédiction des ministres de l'environnement qui y croient

11 AVRIL

Depuis 1971, une malédiction poursuit les ministres de l’environnement nommés par la droite. Ou bien ils sont mauvais et inefficaces, ressentant leur nomination à ce poste comme une punition politique, d’André Fosset à Nelly Ollin en passant par Alain Carignon ou Roselyne Bachelot, les exemples ne manquent pas ; ou bien ils déplaisent rapidement et ils sont l’objet d’un phénomène de rejet, comme lorsqu’une greffe ne prend pas. Tout simplement parce que, convaincus au départ ou découvrant des dossiers inquiétant, ils se prennent au jeu. Ce fut le cas du premier d’entre eux, Robert Poujade, nommé par le Président Pompidou en janvier 1971. Pourtant cacique du parti gaulliste de l’époque, il fut viré en 1974 à la demande des industriels, particulièrement les papetiers, qui contestaient ses mesures contre la pollution des rivières. Sa carrière politique était terminée et il le raconta plus tard dans un livre que tous ses successeurs devraient lire : « Le ministère de l’impossible ». Beaucoup plus tard, preuve que les rapports entre les conservateurs et l’écologie n’évoluent pas, ce fut le sort réservé à Serge Lepeltier remercié en 2005 15 mois après son arrivée par sa majorité pour avoir trop cru à sa mission et à son travail et avoir tenu tête à la fois aux parlementaires et à son gouvernement. Mesquinerie ultime qui rappelle que les pourfendeurs de l’écologie sont rancuniers : son parti s’est arrangé pour qu’il ne puisse pas redevenir sénateur de Bourges dont il reste maire. Avant lui, Corinne Lepage avait fait les frais de ce syndrome du rejet des « ministres concernés », mésaventure qu’elle raconte dans un livre que ses successeurs n’ont pas tous lus : « On ne peut rien faire, madame le ministre ». Tout un programme, comme un destin écrit pour ceux qui ont l’imprudence ou l’impudence d’y croire, même dans les limites de l’idéologie et des choix politiques de ceux qui les nomment. Pour Madame Lepage, c’était Alain Juppé dont on connaît la spectaculaire mais brève conversion.

Aujourd’hui c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui paie un tribu à la vindicte anti-écologie des conservateurs. Elle a le tort, comme tous les autres sanctionnés avant elle, de connaître ses dossiers, d’en discerner l’importance et l’urgence. Comme Poujade en 1971, elle se sent obligé d’avoir son franc parler, de râler quand les groupes de pression s’opposent à toute démarche environnementale efficace, y compris en circonvenant ce qu’il faut de parlementaires.

La secrétaire d’Etat n’est plus hélas qu’en sursis. Jean-Louis Borloo, lui, ne court aucun risque...

dimanche 6 avril 2008

LE FICHAGE DES CARTES DE FIDELITE SCIENTIFIQUEMENT ORGANISE PAR CARREFOUR, AUCHAN, MONOPRIX ET Cie

6 AVRIL

La découverte d’Escherichia coli dans 2300 kilos de viande commercialisée par Carrefour et Monoprix n’est pas à traiter à la légère. D’abord parce que la dissémination de ce type de bactéries dangereuses pour la santé n’est pas la première et qu’elle a même tendance à se multiplier en raison de l’intensification de l’industrialisation et de l’automatisation de la préparation des aliments et produits offerts en grande surface. Mais, les conséquences de la distribution de ces 13 000 morceaux de viande potentiellement avariés n’ayant pas été, apparemment, tragiques, cet incident révèle ou confirme une autre pratique sur laquelle ni la presse ni les grandes enseignes ne se sont appesanties.

Pour retrouver au moins une partie des clients ayant acheté les articles suspects, les responsables des grandes surfaces ont simplement fouillé la mémoire de leurs ordinateurs pour faire apparaître les noms, les adresses, les numéros de téléphone ou les adresses internet des acheteurs. Manipulation possible pour tous les clients qui utilisent des cartes de fidélité. Cartes dont la possession promet quelques avantages illusoires, de vagues ristournes ou des tirages de lots fabriqués en Chine ; en échange, si l’on peut dire, les magasins extorquent à des clients consentants et non informés de leurs droits sur la réglementation des fichiers informatiques, une série de renseignements confidentiels sur leur famille, leur appartement, leur train de vie, leur profession.

L’identification nominale des acheteurs de viande avariée fait apparaître une pratique sur laquelle toutes les grandes marques de distribution répugnent à communiquer, n’hésitant même parfois à la nier : tous les détails, prix et produits, des achats des clients utilisant une carte de fidélité sont répertoriés et conservés dans la mémoire des ordinateurs centraux des enseignes. Les informations collectées, informations dont 98% des clients ignorent, qu’en application de la loi Informatique et Libertés, ils peuvent demander à les vérifier et à les rectifier, sont ensuite moulinés par des informaticiens, aidés par des sociologues, pour affiner des stratégies commerciales. Une gestion informatique de la clientèle qui explique au moins en partie les différences de prix entre magasins pour un même produit lors des récentes enquête sur le pouvoir d’achat et les augmentations. En effet, ce n’est qu’un aspect de la question, le croisement des courbes des achats et des profils sociaux économiques de la partie répertoriée des clients, permet de déterminer les seuils de prix (ou de qualité, également) acceptable et n’entraînant pas ou peu de baisse de vente. Ces prix sont donc, grâce à ce système, de plus en plus fixés non pas en fonction du coût d’achat mais en fonction d’un « seuil d’acceptabilité » déterminé par l’informatique. Certains prix, puisque toutes les données peuvent être croisées, peuvent également être modulés en fonction de la partie du magasin où ils sont offerts.

Le fichage des actes d’achat et de leur fréquence sert aussi à alimenter des fichiers de relance publicitaire, soit par courriel, soit par internet. Ces fichiers sont utilisés soit directement par les grandes enseignes soit vendus au prix fort à des entreprises pour lesquelles sont préparées des sélections convenant à leurs productions, à leurs profils ou à leurs niveaux de prix. Enfin, ces fichiers, après des tris socio-professionnels, sont également proposés à des services d’abonnement de journaux ; et à des partis politiques. Cette dernière pratique a été dénoncée par la Commission Nationale Informatique et Liberté au début de la campagne présidentielle. Ce qui n’a pas empêché qu’elle se poursuive pour les élections cantonales et surtout pour les municipales. Souvent d’ailleurs, dans ces derniers cas, il s’agit parfois d’un simple échange de bons procédés entre un élu (ou un candidat) et la ou les grandes surfaces de la commune. Les informations fournies par la carte de fidélité permettent de mieux cerner certaines catégories d’électeurs. Mais vendues ou données, ces indications générées par les cartes de fidélité, représentent un détournement de la vie privée des clients.

Cette dissémination des cartes de fidélité, qui dépasse la distribution alimentaire, n’est pas innocente : elle induit à la fois un contrôle indirect, consenti et ignoré dans ses prolongements, d’une partie de la population et évidemment des bénéfices directs ou indirects très importants. Il y a actuellement un peu plus de 100 millions de cartes de fidélité en circulation sur le territoire français et grâce à elles les grandes surfaces « tiennent » leur clientèle tout en en tirant des profit dont on parle rarement. Sous prétexte que personne n’est forcé d’avoir une carte...

Enfin, ces cartes sont souvent le premier pas pour entrer dans le système du « crédit revolving » qui conduit les populations les plus économiquement fragiles à entrer dans l’engrenage du surendettement.

mercredi 2 avril 2008

Développement durable, suite....

2 AVRIL

Le ministère de l'écologie et le service de communication qui s'occupe de la "semaine du développement durable" ont proposé à plusieurs journaux des pages de publicité sur cette semaine à condition de choisir les sujets qui seraient traités cette semaine là par les journalistes du journal. Certains ont refusé, certains ont accepté....
Comme quoi cette "semaine" n'est plus qu'une simple question de "com"...

mardi 1 avril 2008

Foutez nous la paix avec le développement durable

1 er avril

Le développement durable est devenu depuis des années, le cache-misère de ceux qui parlent et ne veulent surtout pas agir. Des entreprises, des maires, des chauffeurs de taxi, des entreprises de transport, toutes les grandes surfaces, les experts-comptables ( ??), les parlementaires, des restaurants, les fabricants de télés ou de portables, des couturiers, des éditeurs, des marchands de fleurs et de roses (venues en avion d’Equateur...), des services de police, des responsables de club sportif, des clubs de sports ou des agriculteurs proclament leur attachement et leur foi au développement durable. Bientôt il ne manquera plus à l’appel que Total et les courses de Formule 1 pour ignorer ce nouveau cantique.

A les regarder de prés, et à écouter le gouvernement, on comprend vite que pour la majorité des acteurs politiques et économiques, le développement durable c’est le développement qui dure, dure, dure...

Foutez nous donc la paix avec cette nouvelle antienne pseudo-écologique qui ne sert qu’à masquer les progrès du productivisme et la religion de la croissance à tous prix.

Dans quelques jours nous aurons sans doute même droit au maïs génétiquement modifié et durable !

Ce n'est sans doute pas un hasard si la "semaine du développement durable" commence un premier avril

samedi 22 mars 2008

Boycott des Jeux Olympiques: thése et rappel d'un précédent

22 mars

En 1980, suite à l’appel du Président américain Carter et à la décision de relayer cet appel prise par le Comité Olympique américain, seuls 81 pays, dont la France, ont participé aux Jeux de Moscou. Raison de cet appel au boycott, l’entrée de l’armée soviétique, l’année précédente, en Afghanistan. Et l’exil en janvier 1080 (pas la prison) à Gorki, 400 kilomètres de Moscou, d’Andreï Sakharov.

A cette époque, journaliste au Canard Enchaîné, je fus contre ce boycott et, après une longue discussion, mes collègues du Canard Enchaîné se rangèrent à mon avis. Et j’ai couvert ces Jeux de Moscou. Non pas l’aspect sportif mais tout ce qu’il y avait autour, c’est à dire la vie sociale, politique et économique de l’Union soviétique dirigée par un Léonid Brejnev vieillissant et finissant. Mon argumentation contre le boycott était simple : à cette époque, le régime soviétique était fragilisé par son immobilisme, il était possible (pour un journaliste étranger) de travailler en URSS, de rencontrer des gens, beaucoup de gens et de témoigner auprès d’eux et auprès de la population facile à rencontrer, qu’un système démocratique n’était pas une (trop) mauvaise solution. A cette époque, engourdi par la fossilisation, même le KGB n’était plus efficace et, là comme ailleurs, la suite le prouva, nombreux étaient les soviétiques qui regardaient vers l’Occident, y compris du point de vue de la mode et des comportements. De plus, culturellement, il était assez facile de prendre contact avec les habitants de Moscou et des autres villes (Tallin par exemple) où se déroulaient les Jeux. Aujourd’hui encore, je pense que la présence des Occidentaux, les journalistes et les autres, fut importante pour l’évolution du pays, évolution qui amena Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir tout juste cinq ans plus tard.

En 2008, je suis un partisan déclaré du boycott des Jeux Olympiques de Pékin. D’abord parce que le système de contrôle social et informatique de la population et de ses élites est beaucoup plus perfectionné que ne l’était la « tutelle » languissante du KGB : il suffit de se souvenir qu’en Chine le réseau Internet est bridé grâce à la coopération Google, de Yahoo et de quelques autres et qu’au mois de juin prochain, l’installation de 450 000 caméras de vidéo-surveillance sera terminée à Pékin. Une caméra pour 18 habitants et des dizaines de milliers de fonctionnaires pour scruter les écrans, pour vérifier que, selon la charte (honteuse) de l’olympisme, aucun athlète et aucun journaliste accrédité auprès du CIO ne se permettront de faire autre chose que du sport et des reportages sur le sport. Le système est parfaitement verrouillé et si la participation et l’assistance sont nombreuses, les Tibétains, les Ouïgours et bien d’autres auront été tués, réprimés ou emprisonnés pour rien. Et enfin, ce n’est pas le moins important, le fossé culturel entre les Chinois et les Occidentaux est impressionnant. Il n’existe donc qu’une solution : le boycott, ne pas y aller, ne pas cautionner et ne pas, cette fois, se gargariser de l’efficacité d’une présence.
Et que l’on vienne pas me parler de la « fête de la jeunesse » ou de la ‘fraternité du sport ». Cela ne veut rien dire pour au moins deux raisons : d’abord, différence essentielle avec les JO de Moscou, cette « fête » n’est plus qu’une fête de l’argent alors qu’il n’était alors que l’expression des nationalismes, et ensuite si les grands pays refusent le boycott, c’est essentiellement pour préserver un marché qui les fait rêver et saliver. L’indulgence de la diplomatie française sur les événements qui se déroulent au Tibet sera certainement récompensée par la commande de quelques nouveaux réacteurs nucléaires alors que, pour les JO, les Chinois détruisent une partie de leur milieu naturel.

Il n’existe donc pas moins de raisons, en 2008, de boycotter qu’en 1980 mais, curieusement, les Etats Unis et les autres (dont la France qui avait officiellement laissé le libre choix à ses athlètes en 1980) ne semble pas s’en apercevoir. Et la réaction démesurée des autorités grecques à la manifestation de Reporters sans frontière montre bien que l'Occident et la Chine ne craignent qu'une chose: que l'on casse leur jouet économiquement prometteur. D'ores et déjà, illustration de ce qui se passera au mois d'août, les journalistes qui mettent en cause les conséquences, écologiques et politiques, des Jeux sont menacés par les autorités chinoises.

Et qu’il soit bien clair que je n’étais pas plus partisan du régime soviétique que je ne le suis aujourd’hui du régime chinois.

Il sera toujours possible de ranimer la flamme de la constestation lors de son passage à Paris le 7 avril prochain...

lundi 17 mars 2008

Poilus: plus jamais ça disait aussi mon grand-père

17 mars

Comment aujourd'hui, ne pas penser à mon grand père, soldat d'un régiment de Chasseurs à pied, qui passa toute la Grande Guerre dans les tranchées et en réchappa. Cet ouvrier, peintre en batiment, refusa toute promotion et resta simple soldat jusqu'à la fin de la guerre. Tout comme il refusa plus tard de devenir contremaitre dans son entreprise. Edouard, natif de Léré dans le Berry, était devenu dans les tranchées, un authentique ouvrier libertaire et un adversaire de la guerre qu'il n'hésita jamais à raconter pour la dénoncer. Bien plus tard, alors que le Général de Gaulle assistait à une fameuse et mouvementée célébration de la Libération à Notre Dame, il était à la pêche dans la Seine, à quelques mètres de là...
Ce qui ne l'empêcha pas, à plusieurs reprises, de faire Paris-Orléans à pied, pour porter des courriers de la Résistance.
Je dénie à monsieur Sarkozy et à monsieur Max Gallo, le moindre droit à se parer de la mort de tous ces combattants qui n'avaient pas de grosses montres au poignet.

dimanche 16 mars 2008

Un nouveau rapport pour ridiculier le prochain ministre de la Recherche Claude Allégre

16 mars

Un rapport du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, qui sera rendu public le 17 mars explique que les « données collectées sur 100 glaciers de référence à travers le monde montrent qu’entre 2004 et 2006, le taux moyen de fonte et d’amincissement de ces glaciers a plus que doublé ». Les chiffres ont été fournis par l’Observatoire mondial des glaciers du monde de l’Université de Zurich qui travaille depuis des années pour le PNUE.

Ces fontes en accélération chaque année, auront des conséquences sur les centaines de millions de gens qui, à travers le monde, dépendent (pour l’agriculture, pour tous leurs besoins en eau) de la faculté de restitution de l’eau par les glaciers au printemps et en été. Au delà des glaciers fondus et des bouleversements de la faune et de la flore, se pose la question de l’alimentation de milliers de cours d’eau. Dans la zone de l’Himalaya un demi milliard de personnes va être affecté par la baisse du niveau des cours d’eau.

Le même inquiétant phénomène a été observé en Antarctique, en Asie, en Europe, en Amérique du nord, en Amérique latine et dans le Pacifique. En Amérique Latine la perspective est une disparition totale des glaciers entre 2020 et 2030 et la situation est déjà critique en Bolivie, au Pérou, en Colombie et en Equateur où la fonte totale des glaciers est envisagée par le rapport pour le début des années 20. Ce qui entraînera des problèmes de sécheresse pour les agriculteurs et les villes, tout en réduisant la fourniture d’électricité par de nombreux barrages condamnés à ne plus jamais se remplir.

Les effets en Europe seront (et sont déjà sensibles) du même ordre et non seulement les canons à neige ne pourront (heureusement) plus guère fonctionner dans les Alpes françaises et italiennes, mais de plus le débit des torrents et rivières va continuer à diminuer et il sera de plus en plus difficile de remplir les grands barrages qui représentent plus de 10 % de la production électrique française.

Les conclusions de ce rapport rejoignent celle du GIEC, le Groupe International pour l’Etude du Climat de l’ONU : le réchauffement d’origine humaine, pour cause d’émissions de gaz à effet de serre, ne peut plus être arrêté et ses conséquences seront tragiques pour au moins deux milliards de personnes. Ce réchauffement ne peut plus être que ralenti, à condition que les discours officiels sur le réchauffement climatique débouchent enfin sur des actes et sur des mesures concrètes, y compris autoritaires. On ne règle pas la question du climat en limitant (un peu...) la circulation automobile dans une ville.

Il ne reste plus que Claude Allègre, dans le désert qu’il aurait contribué à créer si on l’avait écouté, à clamer la négation du réchauffement climatique d’origine humaine. Mais il est vrai que Monsieur Allègre est le « scientifique » qui a fait évacuer (contre l’avis d’Haroun Tazieff) des milliers de personnes de la Martinique pour une éruption volcanique qui n’a existé que dans son imagination et aussi le patron du BRGM (Bureau de recherche géologique et minière) qui a ruiné son institution étatique dans une sombre histoire de mine d’or au Pérou où nul n’a jamais trouvé la moindre pépite. Sans oublier qu’il fut le ministre de l’Education Nationale qui a le plus ouvertement méprisé les enseignants et les chercheurs. Au point que Lionel Jospin a du le virer.

Ce qui serait drôle, c’est qu’il devienne dans les prochains jours ministre de la Recherche du gouvernement Sarkozy...


PS Aux moines tibétains réprimés et morts dans la rue, la communauté internationale, l'Union Européenne, la patronne d'Areva, les propriétaire de Yahoo et de Google, les industriels, et les athlétes reconnaissants, eux qui ont tous fait semblant de croire il y a quelques années (les affaires sont les affaires...) que la Chine allait devenir une démocratie pour cause de Jeux Olympiques.

samedi 15 mars 2008

la sncf persécute ses voyageurs pour les envoyer sur les route

15 mars

Petite illustration de la façon dont le pouvoir politique et la SNCF « prennent soin » des transports publics et des voyageurs qui ne veulent ou ne peuvent pas prendre leur voiture : sur la ligne Paris-Clermont Ferrand, qui passe par Nevers, depuis plusieurs semaines, une vingtaine de gares (y compris dans des villes de 15 000 à 25 000 habitants) sont désormais fermées à partir de 18 heures 30. Y compris le samedi. Donc, conséquences : pas de guichet pour prendre un billet ou pour obtenir un renseignement alors que les derniers trains passent vers 23 heures, pas d’annonce d’éventuels retard du train, pas d’annonces de l’arrivée des trains et quais totalement privés de lumière ! Les trains pénètrent en gares dans le plus totale obscurité, ce qui fait courir des risques évidents aux voyageurs réfugiés dans des abris minuscules ; quand il y en a. En plus, la SNCF annonce sur cette ligne comme sur d’autres, la réduction du nombre des trains. Pour que les protestations soient minimales, il suffit évidemment de dissuader les voyageurs de prendre le train en rendant leurs déplacements de plus en plus difficiles. Elémentaire ! Tout l’argent va aux TGV de plus en plus chers, l’objectif avoué ou subliminal, étant de réduire les autres trains. Ou de les faire payer par les communes, les conseils généraux ou les conseils régionaux qu’il suffit ensuite d’accuser (leitmotiv de la fin de campagne électorale) d’augmenter les impôts locaux et régionaux...

Comme quoi le Grenelle de l’Environnement qui avait promis de ne pas sacrifier le rail à la route est vraiment oublié. Pas grave, le porte parole de l’Elysée, le comique gominé Martinon, ira prendre son poste de consul de New York en avion.

Une dernière information : en 1900 le réseau ferré français avait une longueur de 100 000 kilomètres. Aujourd’hui, tout compris, avec les voies qui ne servent qu’à un trafic marchandise en voie de disparition, la longueur est officiellement de 55 000 kilomètres. Belle réussite du libéralisme.

Guère étonnant que la SNCF vienne d'annoncer l'augmentation de ses bénéfices...

jeudi 13 mars 2008

SARKO, BORLOO A LA NOUVELLE CONFESSE

13 mars

Il va y avoir bientôt foule à confesse, ce qui devrait réjouir les églises en baisse constante de clientèle, de luxe comme de pauvres. La luxure, la colère, l’orgueil et l’envie ayant été réquisitionnés par le président et les trois autres « péchés capitaux », l’avarice et la gourmandise n’étant vraiment plus à la mode, et la paresse liée aux 35 heures étant désormais interdite par la loi sur le travail et le président, il était urgent d’inventer de nouvelles turpitudes diabolisables. Le Vatican et le pape, dans un saint esprit qu’il convient de saluer, viennent donc de plancher sur la mise en place de nouveaux pêchés capitaux (pas capitalistes, capitaux) qu’il devient urgent de déverser dans le cloaque du confessionnal. Justement, au premier rang figure désormais la pollution, toutes les pollutions et pas seulement les pollutions nocturnes... D’où un risque d’embouteillage auprès d’un clergé vieillissant qui ne pourra plus égayer ses journées et ses nuits avec les rares récits croustillants de ses derniers fidèles hommes et femmes venus conter, comme le chantait Georges Brassens, en quelles positions....

Donc, les présidents de Total, de Monsanto, de Bayer, et d’EDF, les directeurs des incinérateurs, quelques milliers de betteraviers et de céréaliers, quelques autres milliers de directeurs d’usine vont devoir se précipiter pour exiger l’absolution de dieu alors qu’ils croyaient tous que l’absolution de la loi suffisait largement puisque les voies du seigneur sont par définition impénétrables. Et non ! Ils seront suivis par des millions d’automobilistes conduits en cortéges polluants et repentants par Jean-Louis Borloo, grand pêcheur (par action, par omission....) devant l’éternel.

Les Verts, qui viennent de polluer la et leur campagne électorale avec un talent et une perversité qui n’appartient qu’à eux seuls, devront aussi aller à confesse rapidement sous la conduite de Dominique Voynet; même si, la justice immanente existant toujours, ils ont été bien punis par là où ils ont péché, c’est à dire par manque de flair politique. Mais je m’égare, la maladresse politique ne figure pas sur la nouvelle liste vaticane. Par contre, les « inégalités économiques et sociales » paraissent figurer parmi la litanie des nouveaux pêchés qui évoque « les pauvres (qui) deviennent toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches ». Là, les curés lèvent les bras au ciel : ça va faire vraiment trop de monde et pour certains, comme le président, à la sortie du confessionnal il va falloir appliquer des doubles peines et des condamnations à vie.

dimanche 2 mars 2008

Airbus, le gaspillage énergétique et un chasseur

2 mars

La presse et le gouvernement se gargarisent, avant les municipales il faut faire feu de tout bois, de la vente des Airbus militarisés à l’armée américaine. Passons sur le fait que l’autosatisfaction ferait passer cette opération comme un « succès français » alors qu’il est américano-européen, passons aussi sur le fait qu’équiper une armée n’est pas tellement glorieux, n’en déplaise à la CGT ou à la CFDT, le problème ailleurs.

Pour rassurer les salariés du groupe restant sous la menace des licenciements, le gouvernement français et celui d’EADS, nous expliquent que, foin des craintes, l’usine américaine choisie assemblera des éléments venus d’Europe. Autrement dit, le fabuleux gaspillage énergétique qui voit les différentes pièces des Airbus s’acheminer vers Toulouse depuis six pays différents, va encore augmenter : pour être transformés en avions, les morceaux des 190 avions commandés s’en vont voyager depuis une usine de la Somme, une usine allemande et une usine anglaise.

Nos responsables, tout comme la presse et les dirigeants du consortium européen, ont déjà, s’il en fallait une preuve, largement oublié le Grenelle de l’environnement. Et le réchauffement climatique auquel ce transport de lourdes pièces sur des milliers de kilomètres va largement contribuer.

PS qui a un peu à voir : où est passé Jean-Louis Borloo ? En vacances ? En attente de mutation pour inutilité manifeste ? En tour de France électoral à pied ou en vélo ?

PS Qui n'a rien à voir: le nouveau président du Conservatoire du Littoral est Jérome Bignon, le député UMP de la Somme (élu grâce aux chasseurs de gibier d'eau) et le président du Groupe chasse (le plus nombreux) de l'assemblée nationale. Cela promet une large ouverture de quelques milliers de kilomètres d'espace maritime à la chasse aux oiseaux d'eau migrateurs. Sa vice présidente, Maud Fontenoy, est une amie du président et a failli être sous-ministre de l'écologie ou de la jeunesse, on ne sait trop. Le Conservatoire devient donc un objet politique livré par Nicolas Sarkozy au groupe de pression de la chasse. Les protecteurs de la nature vont devoir ramer et Bougrain-Dubourg va devoir repartir en croisade pour ses petits oiseaux...

samedi 1 mars 2008

L'augmentation des prix et les fraises espagnoles

1er mars

Certes, les produits, surtout lorsqu’ils sont « élaborés », augmentent dans les supermarchés. Ceux qui s’étonnent sont les mêmes qui prônent la liberté de concurrence, la liberté du commerce. Qu’ils s’étonnent est quand même étonnant. Mais, deux remarques...

- Ceux qui protestent sont aussi ceux qui achètent (cher) les fraises espagnoles dont la corolle verte rappelle qu’elles sont mûries sous serre, dopées par des produits phytosanitaires dont beaucoup sont interdits. Fraises nourries artificiellement, fraises cultivées au prix de la santé d’une majorité de travailleurs agricoles (souvent sans papiers) venus du Maroc et aussi de Roumanie. Des fraises hors saison qui parcourent 1500 kilomètres en camion, contribuant ainsi au réchauffement climatique. Et que l’on ne vienne pas me dire que ces fraises (qui ressemblent à des tomates et en ont d’ailleurs le goût...) sont réservées à des privilégiés car la France en importe 130 000 tonnes chaque année. A remarquer, d’ailleurs, que les fraises qui viennent de France à la même époque ne sont pas cultivées dans de meilleures conditions pour la santé. Sans parler de leur « goût »...

- Ce matin au marché, (à Gien, en province) les salades qui font la une de l’actualité, étaient vendues (par des producteurs) soit au même prix soit moins cher qu’au supermarché qui se presse à une centaine de mètres. Pareil pour les poireaux et les carottes. Alors, pourquoi ceux qui se plaignent (et qui parfois souffrent) de ce renchérissement de la nourriture continue à acheter les saloperies vendues dans le supermarché alors qu’en achetant directement aux producteurs ils contribueraient à les aider sans mettre en péril leurs budgets familiaux ? Comme le disait Jean-Pierre Coffe ce matin à France-Inter, les consommateurs ont aussi une lourde responsabilité. Surtout ceux qui, toujours ce matin, achetaient des carottes râpées vendues, au kilo, six fois plus chères qu’au marché. Ce n’est quand même pas un travail de titan que de râper quelques carottes...

Ce sont d’ailleurs les mêmes supermarchés (et quelques chaines de bio comme Naturalia) qui profitent de la mode pour vendre à des prix honteux des prix bio qu’ils n’achètent pas plus cher que les autres, comme il est facile de le vérifier sur les mercuriales consultables sur le site du ministère de l’Agriculture. Mais il est vrai aussi, comme c’est bizarre, que pour consulter ces prix de vente en gros, il faut payer...

dimanche 24 février 2008

Casse toi, pauvre con !

Je me perds en conjectures sur la personne véritablement visée par la désormais fameuse apostrophe « casse toi, pauvre con » survenue au milieu des veaux, vaches, cochons, car il s’agit de toute évidence de ce que Lacan appelait un acte manqué. Les candidats se bousculent...

Christian Estrosi, ministre des Colonies, qui a annoncé en fin de semaine qu’il souhait priver les enfants de migrants nés à Mayotte de leur droit (du sol) à la nationalité française. Le même qui, quand il était sous-ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, a suggéré aux autres pays européens la mise en place d’un fichier génétique européen dés la naissance.

Jean-Louis Borloo, le chevalier blanc du développement durable qui, d’une main, poursuit discrètement la construction des autoroutes et de l’autre parle d’écologie.

Christine Albanel, qui courre après toutes les idées saugrenues de son Président sans parvenir à les rattraper. Y compris pour la pub à la télé.

Christine Lagarde, qui explique depuis des mois que tout va bien et qu’il n’y a pas d’inflation, notamment en ce qui concerne les produits alimentaires.

Brice Hortefeux, ministre de l’identité nationale, qui bouffe de l’immigré à tous les repas avec une maladresse (en plus...) qui confine à la pathologie médicale. Comme son patron.

David Martinon, caricature de bourgeois-tête d’oeuf, porte-coton du président, qui n’a même pas réussi à séduire les habitants de Neuilly.

Gaston Flosse (le Chiraquien et gibier de tribunaux) qui se fait élire président de Polynésie avec le soutien des indépendantistes et qui accueillera Sarkozy à Papeete au mois d’avril prochain.

Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel, qui a refusé la rétroactivité de la loi sur la délinquance parce qu’il se souvient que la dernière fois qu’elle a été appliquée c’était sous Pétain.

Brice Lalonde, retraité et has been de l’écologie passé du compagnonnage du PS à la fréquentation de la droite de la droite et recyclé récemment (défense de rire) en Ambassadeur de l’Ecologie française par Nicolas Sarkozy.

André Santini, sous-ministre de lui même et inculpé d’abus de bien social, de détournement, etc.

Michel Barnier, ministre de l’Agriculture qui achève de manger son quatorzième chapeau d’ancien ministre de l’environnement.

Ect.

Notes qui n’ont (presque rien à voir)

- Apprenant ce matin que la gastronomie française était proposée comme « patrimoine mondial de l’Unesco », j’ai fait un tour dans un supermarché. Ca doit être une erreur de casting...Mais il est vrai aussi que le Président a réussi l’exploit de visiter le salon de l’agriculture sans goûter et sans boire un coup. L’alcool ne fait jamais bon ménage avec les médicaments...

- Les éleveurs de moutons se plaignent de ne plus vendre : le gouvernement pourrait leur rappeler que, dans les années 80, une convention destinée à « réparer » l’attentat contre le bateau de Greenpeace Rainbow Warrior, organisé par le gouvernement français, a été signée avec la Nouvelle Zélande. Elle prévoit que les ovins néo-zélandais peuvent être librement importés, sans droit de douane et sans limitations, et vendus en France sous l’appellation « viande fraîche » ; après trois mois de bateau.