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Blog de Claude-Marie Vadrot
Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.
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jeudi 26 novembre 2009

Seul les jeunes et la société civile peuvent sauver le sommet sur le climat des discours politiques



Jeudi 26 novembre

Dans quelques jours, je serais à Copenhague. Comme je fus à Stockholm en 1972, comme je fus à Rio en 1992, puis à Kyoto et dans beaucoup d’autres assemblées prétendument vertueuses. Plein d’espoirs. Comme des milliers de journalistes donc, je vais guetter le miracle. Comme des milliers d’experts et plus d’une centaine de ministres qui vont feindre le miracle de leur mieux. Car certains sont même sincères. J’y apercevrais également au moins 70 chefs d’Etat ou de gouvernement. Et, avec en vedette américaine le président Obama qui viendra avant tous les autres, auréolé d’un surprenant prix Nobel remis la veille pour nous expliquer que la « maison brûle et que nous regardons ailleurs ». La célèbre phrase de Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg, une phrase qui, inventée par Nicolas Hulot voyageant alors dans les bagages présidentiels, formules a « fait pschitt », comme des milliers d’autres Des beaux discours sont à prévoir, des discours à nous tirer des larmes, des discours rédigés par des services de communication qui se saisissent du climat comme du reste pour satisfaire leurs opinions, pour avoir l’air de penser à l’avenir alors qu’ils ne traitent que le présent, voire le passé. Et puis ils passent à autre chose de plus important comme leur réélection, leurs identités nationales ou la sécurité. Puisque le président français n’est pas le seul à nous préparer ce numéro qui sera, comme à Johannesburg salué par les journalistes politiques imperméables à l’écologie. Je les entends déjà, comme en 2002, crier au génie. Et puis quoi, après ?
Je redoute ces discours qui administrent trop souvent la preuve que les politiques ne savent pas, ne peuvent pas raisonner à long terme. Parce que, dans les années 20, 30, 50 ou à la fin du siécle ils ne seront plus présents pour faire face aux dégâts, aux dizaines de millions de réfugiés climatiques, à la submersion des Maldives ou du Bangladesh. Après eux le déluge. Ou les sécheresses. Indifférences au futur communes aux pays du sud, aux pays émergents et aux nations industrialisées. Demain, ils ne savent pas faire et à peine dire.
Ils devraient prendre exemple, ces responsables d’Etat, ces chevaliers de la promesse et des discours, sur les forestiers : de France et du monde entier. Car la noblesse du métier de forestier, depuis le XVII éme siécle, c’est de planter en imaginant les somptueuses forêts qu’ils ne verront jamais, des espaces boisés qu’ils ne pourront jamais admirer. Et pourtant, ils ont planté, pourtant ils continuent à planter. Il suffit d’aller en forêt de Fontainebleau ou dans la forêt de Tronçais, par exemple. Ils ont planté avec foi, avec espoir, avec une conviction admirable. Ils ont planté pour leurs années mortes. Comme je le fais en mon jardin : pour mes enfants, mes petits enfants qui cueilleront un jour les cerises ou les noix que j’imagine.
Alors après des dizaines de conférences sur le thème de l’environnement et du développement, je suis pessimiste. Dans tous les champs de l’écologie et de l’environnement. Qui se souvient, en parcourant le triste bilan de l’Union Internationale pour la Conservation de la nature publié il y a quelques jours, que la Conférence de Rio a adopté une Convention internationale sur la biodiversité ? Elle n’a jamais été aussi menacée et l’Europe avouait récemment son échec cuisant dans ce seul domaine. Qui se souvient que la Conférence de Stockholm a évoqué le réchauffement climatique en suscitant les ricanements ou le scepticisme de la presse et de la plupart des gouvernements ?
Reste, me reste, un espoir : que comme à Stockholm se mobilisent la société civile, les associations qui se sont lancés dans la défense de la planète contre les modifications climatiques. Ils seront dans le « off » et le « in » de Copenhague, comme ils l’étaient à Stockholm et hélas déjà beaucoup moins à Rio. Ils manifesteront toutes inquiétudes confondues le 12 décembre. Pour dire aux experts en train de torturer les virgules et les chiffres qu’il ne faut pas avoir peur d’être radical. Pour dire aux responsables politiques qui arriveront au Danemark à partir du 14 décembre que pour sauver la terre, le temps des discours et des promesses doit s’achever. Se transformer enfin en actes débarrassés des petits calculs et des égoïsmes.
Je veux croire que ces dizaines de milliers d’associatifs vont réussir à peser. L’une de mes raisons d’espérer, c’est que cette fois ils sont majoritairement jeunes, que la relève est en place et mobilisée, qu’ils ont en eux une véritable rage de convaincre. Dans mon association de journalistes spécialisés, celle qui commença avec la Gueule Ouverte, Ecologie Hebdo, le Sauvage, Combat-Nature et bien d’autres à inventer l’information environnementale il y aura 40 ans lundi prochain. Pour l’opinion publique se réveille et pour que ce qu’il est convenu d’appeler la « grande presse » s’empare enfin de ce thème.
Ces jeunes de la relève écolo, ces jeunes qui désertent les partis trop indifférents au sort de la planète et de leurs territoires, ils sont passés avec armes et bagages dans les nouvelles associations, les grandes bien connues mais aussi les petites. C’est avec eux que je vais passer une dizaine de jours. Pour constater que, eux, contrairement aux caciques politiques aux yeux fixés sur la ligne rouge de leurs réélections, ils sont compris que les agitations présidentielles stériles et les jérémiades pitoyables d’un Claude Allègre ne sont plus de mise et qu’il faut agir. Partout. Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. Avant que les François Hollande répètent cette phrase terrible par lui prononcée à la télévision il y a quelques jours : « Copenhague ? Non, je n’irais pas, je n’ai rien à y faire ».
Lui et tous les autres, devraient se souvenir des forestiers de Louis XIV dont les arbres sont toujours debout...

lundi 9 novembre 2009

Et si la chute du mur concélébrée par les prêtres du libéralisme, c'était aussi le triomphe de la société de consommation ?

Lundi 9 novembre

Souvenirs journalistiques d’un voyage sur la route Berlin-Moscou en novembre 1989

Arrivé sur les premiers décombres du mur le 10 novembre 1989, et ayant été témoin, très jeune journaliste de la mise en place des premiers barbelés en août 1961, je m’apprêtais il y a 20 ans, à parler liberté, politique, répressions et idéologie avec la fantastique foule d’Allemands de l’Est et de Trabans fumantes qui fonçaient hors de Berlin par les route et l’autoroute. Les rescapés des trois millions de nouvelles « voitures du peuple » produites par l’Allemagne de l’Est comme autre fois les coccinelles inventés par le régime nazi ont vécu et se vendent aujourd’hui comme des objets de collection et de nostalgie. Et les Allemands de l’Est ne parlent guère plus politique qu’il y a 20 ans. Sauf pour exprimer plus ou moins de la nostalgie. Parce que, probablement, ils se remettent difficilement du choc culturel qu’ils ont vécu entre la société de consommation de l’Ouest et la société de relative pénurie de l’Est. Partant en voiture pour Moscou à travers les pays de l’Est je suis alors à une vingtaine de kilomètres de Berlin où le mur s’effrite depuis la veille.
Les Allemands venus de l’Est dans leurs voitures qui se traînent ou qui attendent le long de l’autoroute, capots levés et mines soucieuses: ils demandent, à commencer par ceux qui ont des Lada, le luxe de l’époque, combien valent les Pontiac ou les Chevrolet. Ils citent des marques que je ne connais même pas, tournent autour de ma R 21, demandent comment fonctionnent le tableau de bord électronique et les portes qui se ferment toutes seules. Aux questions politiques, ils répondent bagnoles, dollars et salaires. Des « policiers du peuple" en patrouille se joignent aux conversations. Le soir des centaines d’Allemands de l’Est s’agglutinaient devant la vitrine du concessionnaire Mercedes le plus proche du mur. Puis, ils achètent des bananes et boivent du coca-cola dont ils chargent leurs sacs ou leurs voitures de retour. A « Check Point Charlie », la seule entrée encore vraiment praticable, sur les tablettes où se déroulait quelques jours plus tôt le processus immuable du contrôle des visas, trônent les mêmes bouteilles de coca et des piles de magazines aux titres et aux pin-up agressives. Le passeport est vaguement examiné et les chiens policiers ont disparu, peut-être partis à la chasse... Sur une Traban qui revient « à la maison » flotte un drapeau américain qui fait rigoler un douanier. Depuis une immense tribune improvisée, les caméras et les photographes guettent la moindre « image symbolique ». Les plus nombreux sont allemands et américains. Ces derniers expliquent souvent avoir l’impression « d’avoir gagné la guerre »...Georges Bush père est au pouvoir depuis 10 mois.
Un seul vrai souci, au moins pour ceux qui ont gardé depuis des lustres des dollars ou de marks de l’Ouest, acheter, se procurer les produits dont, depuis des années, ils regardent discrètement les publicités à la télévision occidentale, lorsqu’ils peuvent ou osent la capter. Comme une rêve inaccessible. Quelques jours de folie, mais aussi de plaisir, à se plonger dans le temple de la consommation. Et j’ai toujours du mal à parler liberté, démocratie ou idéologies comparées.
Direction l’église Saint-Nicolas, le temple luthérien de Leipzig où depuis 1984 se déroule tous les lundis soirs une « prière pour la paix » qui réunit discrètement les contestataires du régime. A tout hasard, explique un jeune pasteur, nous continuons à prier car, dans le fond, rien n’est réglé ». Un jeune barbu, au sein du groupe formé autour de la voiture, complète l’explication : « Nous avons été patients et c’est une bonne raison pour ne pas faire et dire n’importe quoi maintenant. Il ne faut pas confondre avoir envie d’aller à l’Ouest et être comme ceux de l’Ouest. Nous avons notre dignité. Nous ne voulons pas devenir des cousins pauvres recueillis par charité ». La discussion explose, les opinions s’affrontent : Dieu, Lénine, le capitalisme et le socialisme sont appelés à la rescousse. Un prof de math tranche : « que vous le vouliez ou non, nous deviendrons une colonie américaine. Pourquoi pas si cela nous donne le droit de choisir nos responsables avec des élections libres, comme aux USA, moi, dés que ce sera possible, j’y pars ». Protestations. Devant le temple, le jeune pasteur constate amèrement qu’il est minoritaire.
En route pour ce qui est encore la Tchéco-Slovaquie. Avec deux auto-stoppeurs pris à la frontière. Un prof de math d’une quarantaine d’année, Milos et une infirmière, Anna. Quelques kilomètres plus loin, nous embarquons leur fille, Ira. Aux côtés de ses parents plutôt silencieux et inquiets, elle parle sans arrêt, ses vingt ans enthousiastes. Elle délire sur Paris et sur New York au cours de ce qui reste comme route vers Prague : « Nous allons gagner papa, rien ne sera plus jamais comme avant, je vais pouvoir voyager, finir mes études en France ou aux Etats Unis, Prague va devenir une belle ville, tous les gens intelligents vont pouvoir réussi sans adhérer à un parti, à chacun sa chance, maintenant ». Le père ne répond que par monosyllabes et finit par lâcher une longue phrase approuvée d’un hochement de tête par Anna : « Tu y perdras ton âme et nous aussi, un peu plus tard sans doute, il y a au moins autant de pauvres à l’Ouest qu’à l’Est et le paradis n’est ni socialiste ni capitaliste... ». Ira le coupe : « Comme il n’est pas socialiste, il est certainement capitaliste, tu oublies la réussite de nos amis qui ont réussi à partir... ». Anna la coupe gentiment : « Tu oublies tout ceux qui ne nous ont jamais donné de nouvelles ». Ira secoue la tête et montre la foule que nous avons rejoint dans les rues de Prague : « Regardez tous les deux, regardez ces gens, ils sont comme moi, ils rêvent déjà de leur liberté d’entreprendre, le rêve américain n’est pas le cauchemar qu’on nous a présenté ». La foule arborant des T-shirt en anglais, le chic du chic, nous sépare et porte les gens vers la Place Venceslas. où, tard dans la nuit, des milliers de jeunes déposent une bougie devant le lieu où Ian Pallach s’est immolé par le feu vingt ans plus tôt.
En Pologne. Les drapeaux rouges ont mystérieusement disparu. A Varsovie où le Zloty vient d’être une nouvelle fois dévalué, visite au journal de Solidarnosc où le vertige des transformations politiques en cours ne fascine pas tout le monde : « Nous plongeons dans l’inconnu, trop de nos compatriotes rêvent de l’Amérique ». Ils s’engueulent sur l’avenir déjà discernable dans les marchés sauvages où se vendent ce que l’un d’eux appelle les « mirages de l’Ouest ». Un journaliste conclut la conversation : « attention au totalitarisme de la victoire ». Un compagnon de Lech Walesa réplique : « des syndicats libres et fort comme aux USA, cela ne t’intéresse pas ? ». Il s’attire une réponse cinglante : « tu écoutes trop la Voix de l’Amérique, tu crois qu’ils nous soutiennent pour nos beaux yeux ? ».
A Vilnius, en Lituanie encore soviétique, le drapeau jaune du Vatican remplace la faucille et le marteau sur la maison des Pionniers où se tient le Congrès des Jeunesses catholiques, le premier depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Virgiliu Tchépaïtis, Secrétaire général de Sajudis, le mouvement indépendantiste créé quelques mois plus tôt explique : « Nous sommes à la veille d’un bouleversement, nous allons rejoindre l’Europe et, déjà tous les émigrés installés aux Etats Unis, annoncent leur retour. Ils nous aideront à construire une économie de concurrence et de libertés, même si nous gardons des liens avec l’URSS ». Tous les congressistes parlent du pape et de Georges Bush, leurs deux idoles. Vitautas Landsbergis, qui a fondé Sajudis et deviendra plus tard président, va de groupes en groupes, commentant à chaque fois ses rêves d’une économie de marché éliminant les pénuries et la pauvreté. A la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, la dernière pompe affiche « plus d’essence ». Sauf en dollars et au prix fort. Dans la banlieue de Brest-Litovsk, un fabuleux marché se tient dans la boue et la neige, offrant tous les produits de l’Occident parvenus par la Pologne.
Poursuite du voyage à travers l’URSS à l’entrée de laquelle la police des frontières ne demande qu’une seule « récompense » pour un passage sans formalité : une des barres chocolatés qui traîne sur mon tableau de bord sans prêter une attention particulière, autre que technique, à la voiture.
A Moscou, place Pouchkine, les travaux qui précédent l’ouverture du premier restaurant Mac Donald viennent de commencer. Il ouvrira le 30 janvier 1990 provoquant, je m’en souviens, une queue historique de plus d’un kilomètre...
Vingt ans après la vie moscovite est encore plus américanisée qu’à New York, les pauvres et les très riches y sont encore plus nombreux et la capitale de la Russie compte dix Mac Do et le pays entier prés de 200.
Gorbatchev ? Depuis 20 ans il reste pour la majorité des Russes devant lesquels on prononce son nom, le traître qui tenta de restreindre la vente de la vodka...

jeudi 5 novembre 2009

EDF nous refait le coup de la panne d'hiver. La Gueule ouverte de 1979 dénonçait déja cette pratique!


jeudi 5 NOVEMBRE

Parce que 18 de ses réacteurs sont actuellement hors service pour de nombreux mois et parce que ce nombre risque d’augmenter prochainement, EDF agite de plus en plus bruyamment le spectre d’une pénurie ou d’une grande panne hivernale. Au moment où des millions de Français rentreront chez eux et allumeront (bêtement) leurs radiateurs électriques. EDF rappelle hypocritement que 3 foyers du 10 sont exclusivement chauffés avec de l’électricité. Ce qui autorise trois remarques : d’abord ce chiffre est faux car basé sur le seul habitat collectif et le nombre exact de logements électrifiés est proche d’un foyer sur deux ; ensuite c’est bien EDF qui depuis des années a incité les promoteurs et les installateurs à privilégier le chauffage électrique parce que cela coûtait (et coûte encore) moins cher à l’installation et que cela justifie la nucléarisation de la France ; et enfin si les réacteurs sont à l’arrêt, c’est qu’ils sont pratiquement en bout de course et présentent de plus en plus de dangers pour les populations. Sous la pression d’EDF, les pouvoirs publics ont laissé se construire des pavillons et des immeubles mal isolés bien que chauffés par des radiateurs électriques. Y compris les fameuses maisons Borloo ou Boutin. Conséquence : des millions de familles se ruinent en charges avec des radiateurs électriques qui chauffent aussi bien les maisons et les appartements que l’extérieur.
Mais au delà de cette réalité qui pénalise des millions de familles et devrait contraindre EDF à importer de l’électricité alors qu’elle vante depuis des années le « modèle » énergétique français, il faut se souvenir que Electricité de France nous fait régulièrement le coup de la panne hivernale à venir depuis une trentaine d’années, histoire de convaincre l’opinion publique d’accepter encore plus de nouvelles centrales nucléaires. Les services de communication d’EDF s’activent à abreuver les journalistes de chiffres expliquant les détails de la grande panne à venir, la mise en route des vieilles centrales thermiques polluantes, l’électricité qu’il faudra peut-être (comme chaque année d’ailleurs en hiver) importer parce que nous n’avons pas assez de nucléaire ; bref l’horreur. Que je sache, l’Allemagne qui a programmé il y a des années « l’extinction » progressive de ses réacteurs nucléaires, n’est en aucun cas menacée à terme par une pénurie électrique (c’est elle qui nous en vendrait) alors qu’il y fait, en moyenne, plus froid qu’en France. Mais il est vrai que ce pays ne compte pas d’associations d’écolos rétrogrades s’opposant à la mise en place de parcs d’éoliennes au nom du respect du paysage.
Pour ceux qui douteraient de la manipulation lancée hier par EDF, voici la couverture d’un numéro de la Gueule Ouverte (journal écolo des années de 70 vendu à 100 000 exemplaires) daté de 1979. Déjà EDF nous disait : vous avez le choix entre les bougies et les réacteurs nucléaires.

dimanche 25 octobre 2009

L'heure d'hiver racontée à mon chat

Dimanche 25 octobre

Dimanche matin, Elliot mon chat des Chartreux, si l’on croit les éternels ronchons du changement d’heure, aura été gravement traumatisé d’attendre ses croquettes une heure de plus. Ce qui m’a contraint, comme je ne veux pas vivre avec un greffier, il a trois mois, gravement perturbé, à lui expliquer pourquoi il y a une heure d’hiver et une heure d’été depuis une trentaine d’années et pourquoi, de toutes façons, pour lui plus que pour d’autres, la nuit, tous les chats sont gris. Donc on arrête les montres.
Pas pour faire tourner le lait des vaches attendant angoissées l’arrivée tardive d’un agriculteur déjà fortement déstabilisé et retardé par la mise au point de son dossier de Rmiste pour remplacer l’argent du lait qu’il ne vend plus qu’en perdant l’argent que gagnent les grandes surfaces.
Pas pour affamer de estomacs qui ne supporteraient pas d’attendre les croissants matinaux une heure de plus. Ce qui n’est pas bien grave car ils sont de plus en plus industriels et dégueulasses, aux limites de l’immangeable.
Pas pour désorienter les mésanges et les chardonnerets de mon jardin largement plus traumatisés par le réchauffement climatique.
Pas pour emmerder les canards sauvages qui se prennent pour les enfants du bon dieu crucifiés depuis que les chasseurs les réveillent à l’aube en tirant dans tous les coins. Ils ont failli croire, l’espace d’une heure durant, que la chasse venait d’être fermée par un Borloo ayant fait honneur une heure de plus à son apéritif vespéral.
Pas pour perturber la lune qui s’est couchée toute seule après avoir regardé l’horloge des églises, ne sachant pas encore qu’il ne faut jamais leur faire confiance.
Pas pour plomber les finances des municipalités qui s’obstinent, aux dépends des insectes et des rapaces nocturnes, à éclairer au coeur de la nuit les rues où il n’y a plus personne pour lire sous les réverbères.
Pas pour embêter les parents qui racontent des sanglots dans la voix que leurs enfants vont être déstabilisés pendant des jours et des jours simplement parce qu’ils leurs communiquent leur angoisse sur ce que des scientifiques en mal de notoriété facile appellent la chrono-rupture.
Pas pour donner une chance à la France d’augmenter sa natalité. Encore que...
Pas pour faire de la peine aux vaches insomniaques qui vont désespérément attendre le passage d’un train de nuit arrêté dans une gare.
Pas pour que l’émission de Ruquier dure plus longtemps car il ne faut pas abuser de la patience des Français ; notamment en invitant Madame Balkany, la VRP de Levallois commise à la défense de monsieur fils.
Pas non plus, donc et enfin, pour donner une heure de plus à Jean Sarkozy pour réviser ses cours de droit. Puisque pour le théâtre, il est parfaitement au point.
Juste pour faire râler la France des conservateurs qui se sont assoupis dans leur conformisme juste avant la guerre. Au point que le Sénat, qui les représente à merveille, avait estimé nécessaire et urgent de consacrer un rapport de 40 pages à ce grave sujet en 1996. Depuis, ils se sont rendormis après avoir gravement examiné une question quasi transcendantale : « Faut-il conserver l’heure d’hiver pendant l’été ? ». Relisez, c’est profond.
Juste pour favoriser la prise de parole annuelle de Madame Eléonore Gabarin, présidente et membre quasiment unique depuis 20 ans de la folklorique Association française contre l’heure d’été double, encore moins connue sous le nom d’ACHED.
Mais aussi parce que l’on peut bien changer de temps en temps un rythme quotidien qui n’a de toute façon pas grand chose à voir avec le rythme solaire dont les nostalgiques d’on ont ne sait trop quoi nous rebattent les oreilles.
Mais pour économiser ne serait-ce que quelques dizaines de millions de tonnes de pétrole car les ricaneurs grincheux, lorsqu’ils évoquent le contenu d’un seul tanker épargné en France, oublient que les 27 pays de l’Europe en font autant. Imités par d’autres grands pays du monde qui ont commencé avant nous. Ce qui tendrait à prouver que l’idée n’est pas aussi ridicule que le prétendent les atrabilaires jamais disposés à accepter un minuscule changement de leurs habitudes. Surtout lorsque l’on sait que le stock de pétrole disponible n’est pas inépuisable.
Et aussi, avouons le, parce que je suis fasciné de voir mon ordinateur changer l’heure tout seul pendant que je tourne les aiguilles d’une vieille pendule.
Mais revenons à l’essentiel : si, dimanche matin, Elliot ne s’est pas réveillé, c’est parce qu’il n’a pas entendu Nicolas Demorand qui, d’ordinaire lui sert (vraiment) de réveille-matin et l’oriente du lit où il fait la danse du ventre vers sa gamelle. Ce jeune chaton qui a une horloge dans le ventre mais pas de montre à la patte, ne sait pas encore que Demorand n’a pas encore lancé une OPA sur la matinale dominicale. Il me reste à lui conseiller la patience.
Et pour les caresses, il n’y a pas d’heure...

samedi 10 octobre 2009

Le film "Syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot: vaut le détour et fait oublier la production ringarde d'Arthus-Bertrand

Samedi 10 octobre

Au début de son film, Nicolas Hulot explique « Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu ». Une phrase qui efface les quelques maladresses du texte qui suit, texte qui s’appuie sur des images saisissantes et parfois terrifiantes. Comme celles de Lagos, la capitale du Nigeria, où une partie de la ville vit dans un mélange d’ordures et de voitures. Un télescopage de la plus extrême pauvreté et de la copie du modèle occidental. Le même modèle pour tous, hélas, appuie le commentaire en expliquant qu’il existe pourtant des voies différentes pour atteindre le bien être. A condition que l’éducation soit privilégiée. Avec cette interrogation constamment répétée et surtout illustrée, de Hong-Kong à Detroit en passant par Paris ou Los Angeles : « où est le progrès quand tout est marchandise ?». Comme le montre une séquence saisissante, entre tourisme et consommation, filmée en Namibie.
Le film n’apporte pas la réponse. Peut-être parce que l’auteur explique presque dés le début : « Je ne suis pas optimiste, je maintiens un espoir ». Il est vrai que les images sont souvent désespérantes. On est loin de la ringardise esthétisante de Yann Arthus-Bertrand qui ne regarde jamais les hommes ; on est loin aussi, même si elle fut plus efficace, de la lourde pédagogie du film d’Al Gore conjuguant jusqu’à la nausée le thème « moi et le climat ». Yann Arthus-Bertrand, dans un mode encore plus mineur, fait de même en contemplant son nombril et celui de la planète.
Pas étonnant que l’escrologiste du consortium Pinault ait reçu tant de louanges pour sa jolie bluette et que beaucoup de confrères fassent la moue sur le film de Hulot. Le premier présente le monde comme nous voulons absolument encore croire qu’il est, comme si les beautés des paysages « vues du ciel » pouvaient masquer les horreurs des destructions, des pénuries, des gaspillages et des pauvretés. Le second, ce qui peut paraître désespérant et sans analyse toujours directement perceptible, nous montre la terre telle qu’elle est. Ce qui devrait nous inciter à l’action et à la réaction plutôt qu’à nous barricader derrière des murs longuement décrits : celui qui isole les Palestiniens comme celui qui sépare le Mexique des Etats Unis.
Insister sur la misère du monde plutôt que ce qui lui reste de beauté, a pour avantage, d’autant plus que c’est clairement expliqué, de rappeler, de marteler que les combat pour l’écologie ne peuvent pas être séparée des combats contre les inégalités ; et que pour préserver, il faut partager. Résultat : même quand on sait tout cela, et encore plus quand on ne le sait pas ou que l’on veut l’oublier ou encore qu’on ne veut pas le savoir, on encaisse des coups de poings salutaires. Rien à voir avec les caresses dans le sens du poil prodiguées par Yann Arthus-Bertrand : le monde il est beau il est gentil et si vous faites un petit effort, on va s’en tirer.
Rien de tel dans le Syndrome du Titanic. Hulot, même si le propos est parfois trop elliptique, nous demande d’arrêter la musique et de regarder, de réfléchir. Avec cet avertissement tiré des images : « si nous ne changeons pas, la nature va procéder elle même à des ajustements et se seront les plus pauvres, au nord comme au sud, qui en souffriront les premiers ».
Avec une conclusion sur notre modèle qui mérite réflexion : « Peut-être avons nous trop bien réussi ».
Clairement, Nicolas Hulot n’est pas seulement devenu écolo, il est devenu politique et on se demande bien ce que lui répondent Jean-Louis Borloo ou Nicolas Sarkozy quand il leur raconte sa vision du monde...

lundi 21 septembre 2009

Les mensonges de la France rétrograde qui se bat contre les éoliennes

Lundi 21 SEPTEMBRE



Pour préparer leur prochaine "manifestation nationale", les associations de conservateurs du paysage n’hésitent pas à mentir et ils diffusent depuis quelques jours une photo-montage censée représenter le Mont Saint Michel quand il sera (soi disant) équipé d’éoliennes. Ce qui est évidemment faux même si ce "monument" n’est guère qu’un pompe à fric pour laquelle l’Etat et les collectivités locales sont en train de dépenser plus de 200 millions d’euros pour remettre de l’eau autour. Tout cela sous couvert d’écologie.

On attend avec impatience la diffusion de photos montrant le paysage détruit par les urbanisations commerciales et les pylônes d’EDF. Ou les photos des centrales nucléaires qui ne menacent pas que le paysage. Mais là, pas question, toutes ces associations rétrogrades qui recrutent essentiellement chez ceux qui veulent préserver (? ??) leurs châteaux ou leurs résidences secondaires, ont de trop bonnes relations avec AREVA et les milieux pro-nucléaires. Lesquels les aident à lutter contre l’extension des énergies renouvelables en diffusant de fausses informations sur le bruit des éoliennes et le danger qu’elles font courir aux oiseaux.

Il en est même qui assurent qu’elles font tourner le lait des vaches...

vendredi 18 septembre 2009

In vino veritas ? De moins en moins et surtout pas dans les foires aux vins. Petite leçon de vigne et de pinards buvables..

Vendredi 18 Septembre

Un jour viendra sans doute où notre oracle élyséen buveur d’eau organisera la restriction au vin que par ukase de la loi il faudra boire avec encore plus de modération qu’aujourd’hui. Ainsi se profile la société hygiéniste et puritaine qui prétend de plus en plus organiser notre vie tout en laissant les industriels et la grande distribution proposer aux consommateurs –quand ils ont le choix- des aliments mortifères et grossisseurs, chargés d’huiles exotiques et hydrogénés, de graisses, de sucres, de féculents, d’imitations de vitamines et de conservateurs et émulsifiants divers : regardez bien une boite de cassoulet ou de petits salés aux lentilles et vous constaterez que la proportion de viandes mal identifiées oscille entre 18 et 22 % .
En attendant que s’instaure sournoisement et progressivement une nouvelle prohibition, les grandes surfaces, pour accompagner les merdes et autres plats élaborés aux dépends de la santé et du budget (1) du consommateur, voici que s’annonce l’affaire annuelle du siécle : les foires au vin. Estomacs fragiles s’abstenir ou bien choisir soigneusement: ces soldes du pinard constituent une occasion unique, dans 80 % des bouteilles proposées, de fourguer du déboucheur d’évier aux couleurs chatoyantes et aux étiquettes aussi équivoques que rutilantes. Opération qui, dans le fond, représente le meilleur moyen de parvenir à dégoûter les Français du vin s’ils continuent à les fréquenter. Le voilà le grand complot. Avant que le bouleversement climatique ne transforme les petits clairets en vinasses lourdement chargées et ne mette à bas l’édifice patiemment échafaudé pour nous gruger, des AOC qui se sont, comme à Canaan, multipliés comme des petits pains uniquement pour faire marcher le commerce.
Toutes les vignes ne pourront pas grimper sur des collines pour conserver leurs (souvent prétendues) caractéristiques. Avertissement donc à ceux qui hurlent contre la taxe carbone : vous allez bientôt pleurer ce qui reste de buvable dans vos grands crus et autres vins de pays. Dommage car la vigne, notamment du Noa interdit depuis 1930, que je soigne en mon jardin et dont les raisins sont murs depuis huit jours raconte une bien belle et longue histoire. Encore plus passionnante que celle du tabac, du cannabis, des liqueurs de gentiane, de l’absinthe ou du café qui finiront bien par être bannis de notre société en route vers le puritanisme et le règne des peine-à-jouir.
Des vestiges archéologiques datant de 6000 ans et de Babylone mentionnent déjà clairement la vigne et le vin. Alexandre y goûta des breuvages sublimes avant d’y mourir, probablement du paludisme parce qu’il avait découvert ces nectars trop tard. Avant d’être, bien plus tard, peuplée par des Chiites qui ont fini par brûler ou défoncer les derniers magasins tenus par les derniers chrétiens de Bassora vendant un peu d’alcool et de vins, la Mésopotamie abritait les Arabes des Marais glorifiant le jus de la vigne fermenté avant que ne surgisse les diktats du Prophète. D’où sans doute cette réputation de la région d’avoir été le Paradis terrestre. Et j’ai connu un Afghanistan paradis de la vigne où ceux qui sont devenus des Taliban ou furent forcés de les suivre, ne répugnaient pas à confectionner des breuvages forts qui ne sentaient pas que la pomme. Mais il est vrai qu’en ce temps là, à Kaboul, les jolies afghanes se promenaient à visages découverts dans les rues.
D’autre part, mais on entre là dans la légende biblique, Noé aurait pas mal forcé sur le breuvage fermenté issu de sa vigne une fois débarqué de son arche et le déluge calmé. Après tant d’émotion on le comprend. Le mythe rejoint ainsi la réalité pré-historique puisque le mont Ararat sur lequel s’échoua l’Arche est à portée d’ivrogne du cœur des montagnes du Caucase où les archéologues ont identifié l’apparition d’une ou plusieurs variétés de vignes cultivées il y a 7000 ans ; époque à la laquelle les hommes, comme ceux de Mésopotamie donc, sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, ne tiraient pas de ces plantations que du jus de raisin. Ce qui signifie clairement que les joies et les errements bachiques (avec modération, soyons politiquement correct…) des hommes et des femmes sont aussi vieux que l’agriculture. Il n’est pas surprenant que les premières traces de vignes et surtout de jarres destinées à en recueillir le produit aient donc été relevées en Géorgie, le pays où la vendange reste une institution et une fête nationales ; le pays aussi où, à la fin des années 50 du XIX éme siècle, Alexandre Dumas en voyage se vit accorder un diplôme de « très grand buveur » par le prince Tchavtchavadzé. Hommage rendu par des Géorgiens dont la grande performance était et reste de lamper leurs vins dans des hanaps de deux ou trois litres. Pour moi, ce pays est à jamais celui de la vigne et du vin. 2500 ans avant notre ère, les ancêtres des Géorgiens ayant fait école, des bas-reliefs égyptiens ont fixé pour la postérité les scènes de vendanges et de foulage du raisin. En Arménie, là ou, comme en Géorgie, les bricoleurs industriels du vin n’ont pas encore sévi partout, beaucoup de vins restent divins. Et je connais un Français, à une centaine de kilomètres de Tbilissi, qui veille avec amour et respect sur d’énormes jarres enterrées où mûrissent ses nectars qui ne doivent rien à la chimie qui ravage la production française. Dés cette époque, et toujours en Mésopotamie, le raisin qui se conservait mal, se faisait sécher au soleil. L’invention du raisin sec, produit à la portée du jardinier amateur, comme mes piments de mon jardin qui achèvent leur dessiccation, est à la fois accidentelle et contemporaine de celle du vin.
Pour ce qui concerne la France, au plus exactement la Gaule celtique, c’est dans les environs de Marseille, qui se nommait alors Massilia, quelques 600 avant notre ère, que les vignes et le raisin s’installèrent sur notre territoire. En quelques dizaines d’années, par la grâce ou la faute des Phocéens qui avait apporté cette culture et ces habitudes de Grèce, trop de pauvres piquettes très chargées en tanin, l’analyse des amphores l’a prouvé, commencèrent à concurrencer la cervoise des Gaulois qui ne laissèrent pas leur part aux chiens des Romains. Les vignes se répandirent si rapidement sous la domination de ces Romains qui les trimballaient au hasard de leurs conquêtes, qu’un siècle avant Jésus Christ, précurseur de bien des politiques agricoles, l’empereur Domitien ordonna l’arrachage de la moitié du vignoble méditerranéen français. Il faisait une concurrence déloyale à la production romaine de vin. Bien plus tard dans les années 30 du XVIII éme siècle, Louis XV en fera autant pour juguler la production de vins médiocres qui étaient de véritables « pousse-au-crime ». Sous les Romains comme sous les Louis XV et XVI, ce genre d’ukase entraîna l’augmentation des cultures pour le seul raisin, le frais et celui que l’on séchait au soleil. Des Romains aux Gaulois, la vigne gagna le nord, passant par le Bordelais et la Bourgogne. La progression fut telle qu’au Moyen Age, et pour longtemps, Paris et la région parisienne devinrent le plus grand vignoble de France.
La preuve par le passé, surtout en ces temps de réchauffement climatique, que s’offrir une ou plusieurs treilles dans un jardin de la région parisienne, même en ses départements septentrionaux, ne relève ni de la lubie ni de l’utopie. Surtout au temps de ce réchauffement climatique qui, depuis des années, avance la date de mûrissement de mes raisins divers et de toutes les vendanges. Il faut aussi se souvenir qu’une vigne s’installe pour des dizaines d’années, voire des siècles. Rien de plus résistant que les vieilles treilles : défrichant un espace oublié de mon jardin, j’en ai exhumé il y a quelques années, des rejets de ceps plantés il y a au moins 70 ans. Elles survivaient enfouies dans un amas de pierres et de ronces : quelques rameaux gros comme le poing relevés et palissés, les racines adventices qui s’étaient formées au contact du sol, coupées, elles ont donné au bout de quelques années. Notamment du Noa, cépage d’origine américaine interdit en 1930 car réputé rendre fou, comme l’absinthe. Mais cette variété et quelques autres restent insensibles à toutes les maladies ; de quoi désespérer les industriels de la chimie agricole. De quoi expliquer que beaucoup de vins bios, y compris dans mon Giennois, s’appuient sur ces variétés anciennes. Beaucoup de jardins et de terrains cachent ainsi des vignes oubliées dont on peut faire, maintenant et facilement, des boutures qui permettent de récupérer une vieille variété. Car il fut un temps pas si lointain ou presque toutes les maisons s’offraient le plaisir automnal du raisin de la treille. Il en reste encore dans Paris, dans le 20 éme et le 13 éme notamment.
Pour faire du vin, il ne faut pas (trop) rêver : il en faut quand même beaucoup (de raisin) et surtout c’est un art difficile à maîtriser si on ne veut pas imposer une redoutable piquette maison à tous les amis trop polis en visite. Par contre, avec un mini-pressoir, le jus de raisin immédiatement mis au frais pour qu’il ne fermente pas, est aussi le plaisir des dieux.
En attendant cette chance, plutôt que d’alimenter le cash-flow des grandes surfaces où les piquettes et les escroqueries coulent à flots, il faut chercher les petits producteurs et les pionniers du vin bio et leur rester fidèles. Même si, pour ces derniers, un effort reste à faire au niveau de la vinification. Mais il y a de l’espoir car le réchauffement climatique qui sonnera le glas des piquettes et vins industriels brevetés par des AOC souvent aussi mensongères que commerciales, sera leur meilleur allié.

(1) Un kilo de carottes en vrac, au marché ou en grande surface : 0,90 euros. Les mêmes carottes râpés en barquette assaisonnée de 8 (huit) grammes de vinaigrette à l’eau : entre 4 et 6 euros le kilo. Mêmes différentiels pour les pommes de terre en barquette, les radis, les herbes aromatiques venues d’Israël ou d’Argentine et les salades sous vide. Courez vérifier cette folie, regardez les étiquettes pour vérifier et que l’on me dise quelle est la suractivité d’un individu ou d’un couple qui ne laisse pas quelques minutes pour râper des carottes, éplucher des patates ou cuire une oeuf dur (oui, j’en ai vu) ou laver une salade. Lavage qui de toute façon ne chassera pas les nitrates d’une chose poussée sur lit de plastique.

vendredi 11 septembre 2009

Taxe carbone: la schizophrénie française



Ce dessin de Plantu à la "une" du Monde hier, me semble parfaitement résumer l'attitude de la droite, de la gauche et de la majorité des Français à propos des efforts à faire pour préserver le climat. Il y a loin des bons sentiments exprimés dans les sondages et les discours à la réalité. Et les petites mesures proposées par le petit président sont à sa juste mesure: l'essence et le fioul sont présentés comme responsable de tous les maux alors que la société de gaspillage et du jetable n'est absolument pas remise en cause.

vendredi 4 septembre 2009

Taxe carbone "carbonisée", deuxiéme épisode de la démagogie des partis

Vendredi 4 septembre



Tandis que les vendanges se déroulent déjà avec trois ou quatre semaines d’avance par rapport à leurs dates d’il y a cinquante ans, tandis que les vignerons alsaciens se demandent ce qu’ils vont faire des 2,5° en trop de leurs vins, tandis que tous les responsables d’AOC s’interrogent sur quelques hauteurs ils vont devoir déménager leurs ceps, tandis que les habitants de la Camargue se demandent comment ils vont vivre avec de l’eau plus salée et sans les flamants roses, tandis que des falaises s’effritent sous les coups de boutoirs de la mer, tandis que les évènements météos aberrant se multiplient, tandis que des sols se détériorent, tandis que les rivières se dessèchent et perdent irrémédiablement leur biodiversité, tandis que les nappes phréatiques s’épuisent, tandis que des millions d’arbres meurent sur le territoire français, tandis que de nouveaux insectes envahissent villes et campagnes, tandis que des oiseaux disparaissent, tandis que donc, la liste n’étant pas limitative, la température moyenne monte, les démagogues du PC, du PS et de toutes gauches unis avec ferveur avec les démagogues populistes de toutes les droites et du Medef flinguent la taxe carbone. Comme à une ouverture de la chasse, ça tire dans tous les coins et sur n’importe quoi. Tandis que les banquises fondent aux pôles, que les cyclones et typhons se multiplient, que des millions de réfugiés climatiques se mettent en route, tandis que l’Afrique et l’Asie se désertifient, tandis que des cultures essentielles y disparaissent, et donc tandis que la planète s’échauffe ou se dérègle, monsieur François Fillon balance son aumône misérable de 14 euro la tonne à la face des nouveaux malheurs du monde.
Voici donc venu le temps que je redoutais il y a quelques jours : en baptisant « impôt » l’incitation à changer nos vies et nos consommations, le monde politique tourne le dos à l’avenir de la planète et à notre avenir. Avec au fond de lui-même, au PS, au PC et comme à l’UMP et au MEDEF le sentiment que « les écologistes nous emmerdent », qu’il s’agit d’une simple mode et que tout finira par s’arranger. Le discours ou la pensée cachée qui ont toujours accompagné les avertissements de ceux qui, lorsque ce monde politique les traite d’utopistes, répliquent depuis des lustres, que les utopistes sont ceux qui croient que nos gaspillages et nos destructions vont pouvoir durer éternellement sans que nous prenions une grande baffe dans la gueule.
Les premiers gifles sont déjà anciennes et elles ont frappé et frapperont avec la même efficacité les riches et les pauvres (oublions les périphrases genre « démunis » et « classes populaires »). Les pollutions de l’eau et de l’air ne font pas de différence entre les niveaux de vie et le climat est le même pour tous. Encore que...vivre par 33° dans un appartement de Saint-Denis n’offre pas la même existence qu’avec la climatisation dans une villa de Neuilly. Etc. Il est d’ores et déjà certain qu’avec le réchauffement climatique nous allons en prendre plein la gueule et qu’il est déjà bien tard pour agir. Alors il faut cesser de finasser et de croire au Père Noël de la canicule et des tempêtes.
Avec ses 14 euros jetés avec mépris à la face de Gaïa, avec ses offres de compensations aussi ridicules que fumeuses, le premier ministre se met la France hors-jeu pour la conférence de Copenhague de décembre sur le climat. Il est en bonne compagnie avec le Medef qui veut à la fois le beurre, l’argent du beurre et la cuisse de la crémière: la suppression de la taxe professionnelle, pas de taxe carbone et la sempiternelle « réduction des charges ». Avec leurs criailleries semblables sur le montant de la taxe, sur le coup porté « aux classes populaires », sur « l’injustice du même impôt », les gauches entonnent le même air en changeant simplement les paroles, manifestant le même mépris pour la planète, la même réflexion à court terme (six mois...) et le même manque de préoccupation pour l’électorat « démuni » qu’ils voudraient récupérer.
Alors, il faut être clair. Si elle voit le jour sous la forme prévue...
D’abord toute taxe carbone touchera beaucoup plus les riches que les pauvres puisque ces derniers achètent et consomment moins. En commençant par le clim’ pour la villa de Neuilly.
Ensuite, à ma connaissance l’électricité est une énergie (même secondaire). Alors il est scandaleux qu’elle échappe à la taxe carbonne. Sauf s’il s’agit de faire plaisir à EDF. Cela évitera peut-être que les fameuses maisons-Boutin-Borloo bon marché soient chauffées...à l’électricité. Cela évitera peut-être que le BTP augmente ses bénéfices en n’installant que des chauffages électriques dans les nouveaux immeubles. Cela évitera peut-être que la France soit sous-developpée en chauffage et électricité solaire tout comme en éoliennes. Et, par pitié, que l’on m’épargne le numéro « destruction des paysages ».
Ensuite encore, ce n’est peut-être pas politiquement correct de l’affirmer et même de le réclamer : oui, la taxe carbone qui est une incitation à acheter autre chose, à vivre progressivement autrement doit toucher tout le monde. Sans exception. Sans cela, elle ne servira à rien. De quelle utilité sera l’incitation, par exemple, à acheter un produit trop emballé si le mauvais geste est remboursé ? Il faut changer de société donc, que les politiques arrêtent de se dissimuler derrières « les pauvres » pour ne rien faire et, donc, protéger les riches. Si la classe politique se préoccupait de la partie la plus démunie de la population il n’y aurait pas 8 millions de gens en dessous du minimum vital en France. Alors qu’on arrête de nous emmerder avec cette fausse compassion.
Et enfin, je le répète : le Medef peut bien couiner, mais c’est au niveau des entreprises, au niveau des importations, des fabrications et de la distribution que la taxe carbone doit être instaurée, que l’incitation à ne plus gaspiller ni l’énergie ni les matières premières doit fonctionner ; et à 32 euros la tonne. Avec, je le répète également, interdiction légale de la répercuter sur les consommateurs. Tout le reste n’est que de l’agitation. Même le PS n’ose pas se tourner vers les industriels qui organisent et vendent le gaspillage et ceux qui vont fêter l’humanité dans quelques jours sont soit sourds, soit aveugles, soi aphones.
Le lecteur l’aura compris, je suis encore plus en colère que la semaine dernière et submergé par la démagogie climatique.

jeudi 3 septembre 2009

Climat: les partis "carbonisent" la taxe et Fillon lance une aumône à la face de la terre

Jeudi 3 septembre

En quelques déclarations aussi fumeuses que péremptoires, toujours à la pointe de l’écologie démagogique à reculons, les socialistes ont tordu cyniquement ou bêtement (au choix) le cou à la « taxe carbone » plus connue sous le nom de « contribution climat ». Du pain béni pour la majorité qui n’en demandait même pas tant et se réjouit secrètement que cette tentative de freiner nos gaspillages soit baptisé « impôt » par la gauche. Une aubaine qui met de côté toute réflexion intelligente et raisonnable sur nos modes de vie et sur les modifications climatiques. Ni les ministres de l’UMP ni encore moins, si c’est possible, les parlementaires de droite ne sont disposés à tolérer que les industriels, les producteurs d’énergie et les réseaux de distribution soient contraints par la loi a faire attention à leurs méthodes de production et de distribution. Comme les socialistes, pour écarter cette menace, ils laissent entendre que la « taxe carbone », sera en fait un impôt nouveau qui frappera « les couches populaires ». Voire qu’il remplacera la taxe professionnelle. Impôt ! Le gros mot qui fâche est lâché ; glissement sémantico-politique en forme d’épouvantail qui permettra aux faux vertueux de gauche et de droite de continuer à supporter ou à organiser les gaspillages. En feignant de croire que cette incitation à consommer différemment ne concernera que les gens les moins favorisés et que, mieux, elle les frappera en premier ; et durement. Les uns et les autres nous expliquent que le système (lequel ?) au pire organisera une compensation, ce qui promet la construction d’une « usine à gaz » de plus. « Construction » qui ne profitera qu’à ceux qui peuvent se payer le luxe de gaspiller le climat de tous.
Les socialistes et l’UMP entonnent la sérénade hypocrite des salariés qui « habitent de plus en plus loin de leurs lieux de travail ». Les premiers oublient qu’ils ont ouvert la voie aux réductions des transports ferroviaires et les seconds que toute la politique des infrastructures de chemin de fer, depuis 2002, organise la disparition des réseaux secondaires au profit des lignes à grande vitesse qui ne fonctionnent toute l’année que pour une minorité de Français. Et l’UMP oublie déjà que les nouvelles règles de chômage imposent aux demandeurs d’emploi d’accepter des boulots loin de leurs domiciles sous peine de voire leur indemnité réduites ou supprimées. Le PS et l’UMP ne sont pas prés de s’écologiser...
Depuis quelques années, s’ils veulent des trains, les Conseils généraux et les Conseils régionaux sont priés de payer. Et donc de faire payer le maintient très relatif d’un service public aux contribuables. Ce qui n’empêche pas une SNCF à la recherche de rentabilité, ni d’augmenter ses prix, ni de supprimer des trains malgré les oppositions des usagers. Lesquels, de manifestation en blocage de voies et manifestations ne parviennent qu’à reculer les échéances qui les précipitent vers leurs voitures. Avec en prime l’abandon du rail pour le fret, le ferroutage ne restant qu’un slogan vide.
De plus, faire croire que seule l’utilisation de l’essence, de fioul et du gaz (et même pas l’électricité !) sont les seules causes des menaces climatiques est, pour reprendre le mot de Daniel Cohn-Bendit, une affirmation « stupide ». Que penser de nos importations et donc de notre consommation, en ce moment, vus dans une grande surface ce lundi, de salades des Pays Bas, de tomates grecques, de pommes en provenance de Chine, de poires du Portugal, de poivrons et de pêches du sud de l’Espagne ou de kiwi d’Afrique du sud ? Que penser encore du lait de brebis du Larzac qui part en Grèce en camions réfrigérés pour nous revenir sous forme de Feta ? Que penser enfin, les exemples sont légion, des pommes de terre qui partent vers le Maroc pour être épluchées avant de nous revenir pour faire des frites ou des chips ? Ou des « voitures vertes » rapatriés des confins de l’Europe par nos constructeurs nationaux ?
C’est clair : quelques mois avant la conférence sur le climat de Copenhague, une incitation écologique et financière forte est nécessaire. Car les modifications climatiques, quelles que soient leurs manifestations toucheront chacun d’entre nous, au Nord comme au Sud. Les conséquences concerneront aussi bien les plus démunis que les autres. Avec même, une « préférence » pour les premiers.
Et ce n’est pas l’aumône de 14 euros la tonne jetée de façon méprisante à la face de Gaïa qui contribuera à calmer la fièvre et les tourments du climat.
Mais il est clair aussi que la pénalisation de toutes les activités gaspillant l’énergie et les matières premières doit en premier lieu être imposée aux fabricants et distributeurs : avec interdiction contrôlée de répercuter les conséquences de leurs conduites écologiquement stupides et dangereuses sur leurs prix de vente. Les consommateurs ne doivent participer que marginalement à ces efforts nécessaires : il n’ont jamais demandé la mondialisation des objets et produits qu’ils consomment !
Sans ces obligations aux seules producteurs et distributeurs, la contribution écologique va purement et simplement passer à la trappe sous couvert de défense des plus démunis.

ps Aux dernières nouvelles, le gauche et la droite ont gagné en agitant l'épouvantail impot puisque selon le dernier sondage de la Sofres, les deux tiers des Français, les mêmes qui s'affirment prêts à "payer pour protéger l'environnement", se déclarent opposés à toute contribution climat.

vendredi 28 août 2009

Que faire de Claude Allègre: au musée, au pôle nord ou dans une réserve naturelle pour mammouth ?

VENDREDI 28 AOUT

Que faire de Claude Allègre ? La question n’est pas nouvelle mais elle prend une certaine acuité avec la polémique (re)lancée il y a quelques jours par ce dinosaure dans Le Parisien, à propos du climat et de la taxe carbone. Trop c’est trop ! Le bouffon de l’écologie a encore frappé et va polluer la discussion déjà difficile sur la mise au point de la contribution énergétique de l’automne. Comme Mediapart l’a démontré à plusieurs reprises, la compétence scientifique d’Allègre (l’association de ces deux termes représente déjà en soi une incongruité) est largement sujet à caution depuis que, dans une autre vie, ce spécialiste de la tectonique des plaques a en vain cherché de l’or dans les mines péruviennes pour le compte (déficitaire) du BRGM, le Bureau de Recherche Géologiques et Minières, ou de chercher à ridiculiser Haroun Tazieff à la Martinique en annonçant une éruption volcanique qui ne se produisit pas. Avant de le virer. L’objectif n’est pas d’infliger au lecteur la liste édifiante et terrifiante des erreurs et provocations commises par ce mammouth de la médiatisation ; en poursuivant par exemple, par sa négation des dangers de l’amiante dans les années 70 et son soutien aux industriels qui la produisaient. Non, la question est clairement autre : comment se débarrasser utilement (je suis pour le recyclage) de cet escroc scientifique qui utilise ce qui lui reste de crédit pour raconter partout n’importe quoi. En profitant d’une réputation dont l’usure devrait un jour l’amener à présenter un jeu télévisé sur TF 1 pour garder son statut de vedette. Plusieurs solutions sont envisageables.
Il devrait être possible de l’empailler pour l’installer en bonne place à l’entrée de la Galerie de l’Evolution du Muséum National d’Histoire Naturelle car il représente quand même une superbe illustration de la faculté de retour en arrière conservée par l’espèce humaine ; et la preuve au fond que Darwin était parfois trop optimiste en comptant sur les bienfaits de l’évolution. Depuis des années, Allègre a enclenché la marche arrière en se déclarant sans aucune nuance partisan du nucléaire, en niant les retombées de Tchernobyl et en encensant sans preuves ni compétence la prolifération des OGM. Bref il illustre parfaitement une célèbre réplique attribuée à Audiart : « les cons ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît ». Je sais, ça frise l’injure, mais la mesure est comble et Allègre est une injure permanente à la science et au bon sens.
On pourrait aussi envisager la création d’une réserve naturelle dans un arrondissement de Paris où il pourrait être considéré, avec Bernard-Henri Lévy, Frédéric Lefèbvre, Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen et quelques autres, comme représentatif d’une espèce en voie de disparition : les animaux capables de s’enfler d’eux mêmes. La grenouille de la Fontaine, par exemple. Le phénomène est suffisamment curieux pour être préservé et pour qu’il soit permis au peuple d’observer le mécanisme de prés. Il est fascinant.
La possibilité de le relâcher sous le soleil de l’Andalousie ou du Burkina Fasso pour mesurer la vitesse de refroidissement du climat doit également être envisagée. Ce qui reviendrait à transformer ce baromètre déréglé de la science en simple thermomètre équipé d’une balise émettrice relié à l’Académie des Sciences où cette phrase prononcée en 1999 doit sans doute être gravée dans le marbre : « L’intégration, c’est l’exact inverse de l’exclusion ». A la même époque il expliqua « l’anglais n’est pas une langue étrangère ».
Le gouvernement pourrait également le charger d’une vaste étude visant à nous prouver que la terre est plate et ne tourne pas autour du soleil comme l’explique la Princesse de Clèves: de quoi faire parler dans les gazettes et le réhabiliter dans les colonnes de l’Express d’où il a été exclu. Plus c’est gros, plus ça fait des titres prolongeant artificiellement la mousse médiatique. Avec un peu de chance il va nous démonter les réussites du darwinisme en prenant pour exemple Nicolas Sarkozy.
Il pourrait également remplacer avantageusement les frères Bogdanoff à la télévision. Pour peu qu’on lui trouve une combinaison spatiale à sa taille : après tout le genre comique volontaire n’a jamais été essayé par Claude Allègre qui se contente depuis quelques années du comique de répétition. Mais les meilleurs gags finissent par s’user.
La vente de l’escrologiste national à la Russie constitue une autre solution intéressante, intellectuellement et financièrement, puisque ce pays est à fois frappé par une forte dépopulation, par une négation du réchauffement climatique qui, comme l’a un jour dit Allègre, va permettre de faire pousser du blé en Sibérie, et par une progression exponentielle de l’irrationnel. Beaucoup de Russes croient toujours que le vin blanc de Moldavie et la vodka constituent une protection efficace contre les radiations nucléaires et devraient donc accueillir un tel farceur scientifique avec enthousiasme. On pourrait aussi le louer à W. Bush pour égayer sa retraite. Un recyclage durable. Le recyclage raté est évidemment celui de l’entrée dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui aurait eu comme avantage de déconsidérer définitivement ce dernier.
Reste aussi à envisager la création d’un musée Claude Allègre entièrement consacré à ses foucades, à ses erreurs et à ses obsessions. Un jour, une telle exposition permanente pourrait faire recette, comme les personnages grotesques dans les foires d’autrefois. Il pourrait y démentir en boucle que Galilée s’est bien trompé en affirmant que vitesse de chute d’un corps n’est pas proportionnelle à son poids contrairement à ce que disait Aristote. L’académicien prouve allègrement le contraire et sa chute n’en finit pas de s’accélérer.
Et enfin, il pourrait servir d’épouvantail lors de la manifestation à Copenhague des écologistes lors de la manifestation pour la sauvegarde du climat le 12 décembre prochain.
Dernière solution : le lâcher au pôle nord pour surveiller, avec Michel Rocard, la fonte des glaces et l’agonie des ours blancs.
Je n’aurais pas la cruauté de suggérer un suicide public : c’est déjà fait, mais le prononstic vital n’est pas encore avéré.
Je sais bien qu’il ne faut jamais tirer sur une ambulance. Sauf quand le malade est au volant...

dimanche 16 août 2009

En acceptant le CPNT, l'UMP renie le Grenelle de l'environnement et part en guerre contre la biodiversité

Dimanche 16 août

La fusion imminente de l’UMP avec les chasseurs fous de CPNT, Chasse Pêche Nature et Traditions, ne présage rien que bon pour la nature et les espèces sauvages. Il y a quelques semaines j’écrivais ici que « La biodiversité, tout le monde s’en fout ». A commencer par CPNT qui ne considère l’espace naturel que comme la gestion d’un gigantesque terrain de chasse au sein duquel il faut privilégier la présence des cerfs, des chevreuils, des sangliers, des lièvres et des lapins pour que les chasseur, majoritairement citadins, aient une petite chance d’atteindre leurs gibiers. Plus est la densité d’animaux est importante à l’hectare, plus la (grande) partie des chasseurs maladroits et ignorants de la nature venus de la ville, ont des chances de faire mouche. Certains gibiers deviennent tellement abondants qu’ils remettent en cause la régénération naturelle des forêts en dévorant les arbustes, dévastant les cultures et se promenant sur trop de routes en provoquant de graves accidents. Sans oublier tous les animaux d’élevage que des spécialistes vont commencer à relâcher dans quelques jours pour que les sociétés de chasse, publiques ou privées, puissent offrir de « beaux tableaux » à leurs actionnaires. Dans la Sologne voisine de mon jardin, il est plus facile d’attraper un faisan avec le contenu d’un sac de maïs qu’avec un fusil : quelques graines suffisent pour attirer l’animal alourdi par l’engraissage et incapable de fuir après avoir été « imprégné » de l’homme qui le nourrit. Cela doit s’appeler, selon le code rural, « chasse avec un engin prohibé ». Mais comment s’appelle le plaisir de flinguer des animaux apprivoisés avant de les étaler sur la pelouse devant un château ou un manoir ? Et comment qualifier des gens qui ne se sentent virils qu’avec un fusil et un treillis ? Dans quelques semaines, les campagnes vont retentir de coups de feu puisque la loi prévoyant une journée de « non chasse » par semaine a été abrogée par l’UMP sous la pression des chasseurs qui font la loi alors qu’ils ne sont plus guère de 1,2 millions.
Mais revenons à CPNT qui, en parfait accord depuis des années avec une partie des parlementaires UMP, ne pense qu’à élargir les périodes d’ouverture de la chasse au mépris des directives européennes et à augmenter le nombre des espèces chassables. En éliminant, illégalement ou par le biais d’arrêtés discrets, tout les « nuisibles ». Pour un chasseur est « nuisible » tout ce qui représente une (supposée) concurrence. De la même façon que les pêcheurs de ce parti politique, avec la complicité de leurs (nouveaux) amis de l’UMP, écument les zones humides en détruisant les loutres. Ce qui entraîne, autre exemple, le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux migratrices. Et sous le mot « tradition » du sigle se cachent des méthodes de chasses dites traditionnelles qui sont soit cruelles soient dévastatrices.
Depuis des années, y compris du temps de la gauche au pouvoir et de Dominique Voynet, les chasseurs et leurs complices font pression sur le législateur pour refuser les limitations à leurs « droits » et grignoter les espaces protégés comme les réserves naturelles et les parcs nationaux. Grâce à l’action de Fédérations de chasse richissimes qui se gèrent sans le moindre contrôle de la loi et dans la plus grande opacité grâce au système électoral particulier utilisé pour « l’élection » de leurs responsables ; un véritable déni démocratique soutenu par l’UMP et quelques parlementaires socialistes. Au nom d’une imposture : le « droit de chasse » serait, selon eux, un acquit de la Révolution. Ce qui est parfaitement faux : la Révolution n’a élargi le droit de chasser exclusif de la noblesse qu’aux « propriétaires » et il faudra plus d’un siécle pour qu’il soit étendu à tous les manants. Je conserve encore le souvenir cuisant des remontrances et des menaces, dans les années 60, au coeur du Morvan, quand le garde-chasse du chatelain-propriétaire des terres surprenait mes oncles, qui n’avaient que le statut de métayer, à poser des collets ou à poursuivre des lièvres dans la neige avec un gourdin. J’ai même gardé son nom en mémoire : de Fontenay. Comme la dame au grand chapeau...
Les fous de CPNT, et je laisse de côté leurs penchants ultra-réactionnaires de la droite la plus extrême, sont aussi ceux qui animent la bataille contre les loups et les lynx dont la fonction de prédateurs, comme celles des ours dans une moindre mesure, est indispensable à l’équilibre de ce qui reste de biodiversité. Ils retrouveront dans le gouvernement et à l’UMP des gens comme Christian Estrosi qui bataillent depuis des années pour l’élimination totale du loup. Il n’est pas le seul et à chaque fois que ce sujet revient à l’Assemblée nationale, se succèdent à la tribune les parlementaires, imbéciles ou opportunistes, qui réclament les mêmes mesures en assénant des contre-vérités. La plus classique : les loups (comme les vipères....) auraient été rè-introduits en France avec une camionnette conduite par une ancienne directrice du Parc National du Mercantour ou relâchés grâce au va et vient d’un hélicoptère depuis l’Italie ! Que ceux qui doutent de la réalité de ces discours consultent les comptes-rendus analytiques des débats à l’Assemblée nationale depuis 1998. Ces parlementaires répètent stupidement les anathèmes de l’Eglise qui, du Moyen Age au XIX éme siécle, a condamné le loup parce qu’il représentait le diable. Les textes anciens que je suis en train de relire pour la rédaction d’un prochain livre sur Canis Lupus sont édifiants : ils sont parfois repris mot pour mot par les membres de CPNT et des parlementaires.
Mais j’entends déjà une remarque : les loups tuent des brebis. C’est exact : entre 2500 et 3000 moutons par an. Alors que les chiens errants ou fugueurs, d’après la FNSEA, en tuent et blessent plus de 100 000 chaque année. Avec une différence importante : depuis 1993 toutes les brebis tuées ou blessées par les loups sont remboursées après (indulgente...) expertise alors que nul ne paie les dégâts des chiens. Dernière observation : ce n’est pas agréable de voir son troupeau attaqué mais tous les bergers qui, ne cédant pas aux pressions excités de CPNT et de certains chambres d’agricultures, prennent des mesures de gardiennage et de surveillance, avec enclos et chiens patous échappent aux attaques du loup. Ce que font 95 % des éleveurs italiens des Abruzzes et les éleveurs espagnols cohabitant avec un peu plus de 2000 loups.
Voici donc quelques traits de l’idéologie prédatrice des gens qui vont rejoindre l’UMP pour avoir le droit, électoral, de s’installer avec eux dans les Conseils Régionaux. Ce qui risque évidemment de réduire à néant les (maigres) avancées du Grenelle de l’environnement. Comme vont le montrer les discussions parlementaires de la rentrée qui risquent de réduire la petite efficacité des réserves et des parcs nationaux.
Une précision pour conclure: je ne suis pas chasseur mais ne suis pas adversaire de la chasse lorsqu’elle est pratiquée dans le respect des lois, françaises ou européennes, et d’une éthique adaptée au XX1 éme siécle. Chacun son plaisir. Et les écologistes qui veulent interdire la chasse sont aussi stupides que leurs adversaires: sur un territoire d’où l’on élimine systématiquement les prédateurs, elle est absolument nécessaire. Je pense en outre que la petite partie des chasseurs qui battent la campagne en compagnie d’un chien à la recherche d’un animal qu’ils mangeront ensuite, connaissent, respectent et aiment bien le milieu naturel. Ils ne sont hélas plus la majorité, il s’en faut de beaucoup. Le congélateur a fait des ravages et incite aux massacres collectifs.
L’admiration pour ceux qui chassent en sachant chasser parce qu’ils savent humer le vent, repérer des traces infimes, deviner les habitudes des animaux, mène à une autre réflexion : je suis pour la protection des derniers braconniers ; pour les descendants de Raboliot, pas pour ceux qui tirent sur tout ce qui bouge juchés sur des 4 X 4 ; de préférence de nuit. Soit pour la viande qu’ils revendent discrètement à des restaurateurs, soit pour le plaisir de faire des cartons. Le vrai « braco », celui de Corse ou d’ailleurs, est un homme qui connaît intimement la nature, qui a suffisamment de talents et de savoirs pour trouver l’endroit où il peut à coup sur le piége ou le collet. Dans mon esprit, les derniers braconniers constituent une espèce à protéger, au même titre que le loup, l’ours, le lynx, le chat sauvage, la genette, la loutre, la fouine, la belette et la marte...

samedi 1 août 2009

Ce n'est pas agréable et politiquement incorrect à dire, des pompiers volontaires mettent le feu pour augmenter leurs primes

Samedi 1er août

Les pompiers volontaires de Corse mis en examen et incarcérés mercredi 29 juillet, sont accusés, et auraient avoué, d’avoir allumé des incendies pour être engagés dans le lutte contre le feu et donc toucher les primes auxquelles cette participation au travail des brigades dirigées par les professionnels leur donne droit. Comme dans tous les départements.
Pour comprendre la tentation qui peut faire vaciller quelques uns des hommes qui risquent leur vie pour éteindre les feux de forêts, de maquis ou de broussailles, il faut savoir plusieurs choses.
D’abord que les pompiers professionnels, c’est à dire salariés tout au long de l’année, sont de plus en plus nombreux, une dizaine de milliers en plus depuis une dizaine d’années, et qu’ils coûtent, hors les villes de Paris et de Marseille, environ 4 milliards d’euros par an. Une dépense qui est essentiellement couverte, alors qu’elle est en augmentation rapide et que l’Etat compense de moins en moins pour les 36 000 pompiers professionnels, par les collectivités locales et territoriales. L’Etat ne prenant en charge que les pompiers de statut militaire qui sont un peu plus de 9000. Clairement, pour les incendies et toutes les autres types d’intervention, les professionnels ne sont pas assez nombreux, surtout dans les zones rurales ou semi-rurales parce que le coût devient insupportable.
Les 220 000 pompiers volontaires recensés en France sont rémunérés (aux frais des collectivités) à la vacation horaire : 10, 52 euros pour les officiers, 8, 48 euros pour les sous-officiers, 7, 52 euros pour les caporaux et 7 euros pour les sapeurs de base. Avec un bonus pour les interventions nocturnes. Ce qui, pour un feu forestier de moyenne importance, peut se traduire par une indemnité quotidienne de 80 à 120 euros selon les grades atteints. Les primes (ou vacations) de jour et de nuit ne sont ni imposables ni concernées par la CGS, la Contribution générale de solidarité. C’est donc tout bénéf ! Comme une variable d’ajustement ancienne à la crise économique et à la désindustrialisation rurale.
Il n’est évidemment pas politiquement correct que d’affirmer, que depuis longtemps, des pompiers volontaires, en Corse ou ailleurs, cèdent de temps à autre à la tentation d’allumer un incendie qu’ils iront ensuite combattre. Surtout quand ces pyromanes intéressés savent qu’il n’existe aucun risque de faire de victimes. Même si le pire peut toujours survenir sans que les incendiaires intéressés y songent. Pas plus qu’ils ne pensent au désastre écologique que représente chaque incendie : érosion, ruissellements accélérés et inondations plus brutales, disparition d’espèces végétales, difficultés insurmontables pour replanter dans des zones montagnardes escarpées. Et le coût du désastre écologique n’est ni la préoccupation des pompiers ni celle des autorités : priorité aux maisons dispersées dans les maquis et forêts même lorsque leur propriétaire n’ont pas procédé au débroussaillage qui est une obligation légale. Désastre écologique (y compris pour une partie de la faune) d’autant plus évident que les propriétaires privés ou l’Office national des forêts n’ont pas les moyens de faire face aux reboisements sur des milliers d’hectares. D’autant plus aussi, qu’en Corse plus qu’ailleurs, les promoteurs veillent même s’il est (officiellement et légalement) interdit de déclarer constructible des espaces forestiers dévastés. En principe...
Ce... phénomène de la chasse à la prime par des pompiers volontaires est bien connu dans un certain nombre de départements, y compris en Corse, mais il n’est pas question de l’évoquer officiellement. Le sujet est tabou partout car l’évoquer porterait préjudice à tous les pompiers volontaires qui exerce normalement et courageusement leurs missions. Mais force est bien de constater que dans les zones touchées par le chômage, qu’il soit partiel ou total, les cas avérés, bien que discrètement traités, ont été de plus en plus nombreux au cours des dernières années. Et comme les volontaires normalement salariés se bousculent de moins en moins, le recrutement se fait de moins en moins sérieusement et dans quelques départements les fonctionnaires territoriaux passent plus de temps, l’été, à lutter contre les incendies qu’à assurer la permanence de leurs fonctions dans les mairies ou les conseils généraux. Surtout quand ils sont très mal payés, ce qui est fréquent. Et les pompiers professionnels, qui ont manifesté à plusieurs reprises, se plaignent, faute de volontaires, de devoir recruter n’importe qui, y compris ceux qui ne visent qu’un complément de revenu pour faire face à la crise qu’ils subissent.
Mais de tout cela, il ne faut pas parler, le sujet est trop brûlant...

lundi 20 juillet 2009

Le bio, nouvelle escroquerie écolo des grandes surfaces et la fausse concurrence du hard discount

Lundi 20 juillet

A la poursuite désespérée d’une clientèle qui s’effiloche lentement à la fois pour des raisons économiques et des raisons de prise de conscience, les grandes surfaces ont décidé de réparer leur image délabrée avec le bio. Depuis quelques jours, les services de communication de la grande distribution s’active auprès des médias pour qu’ils annoncent cette « bonne nouvelle ». Mais...
D’abord les agriculteurs « bio », comme les autres, font état des pressions exercées sur eux pour qu’ils bradent leurs produits.
Ensuite une rapide inspection dans les dites grandes surfaces fait apparaître qu’à côté de quelques rares fruits et légumes d’origine « France » vendus avec 25 à 35 % de marge sont peu nombreux. Dans les rayons les consommateurs trouvent surtout des produits qui ont parcouru des milliers de kilomètres.
Ainsi, dans les magasins Carrefour ces consommateurs trouvent surtout des poires « bio » du Chili à 2, 50 euros le kilo. A côte d’autres fruits comme des pommes, des poires et des prunes chiliennes ou d’Afrique du Sud. Du raisin de mêmes origines et des kiwis importés de Nouvelle Zélande et du Chili. Dans certains magasins, les fruits venus de très loin représentent plus de la moitié (hors fruits exotiques) de ce qui est proposé aux clients.
A quoi rime ce bio ayant parcouru en moyenne 16 000 kilomètres et c es autres fruits ayant induits des gaz à effet de serre sur les mêmes distances.
Mêmes constations sur les produits élaborés qui font de la figuration « intelligente » dans certains rayons.
Quand ces grandes surfaces, avec le célèbre Michel-Edouard Leclerc qui donne des leçons à tout le monde, cesseront-ils de nous prendre pour des cons ? Y compris quand leurs services de communication entretiennent le mythe, par journaux complices interposés (grande spécialité du Parisien, d'une soi-disant concurrence entre les "hard discount" et les grandes surfaces alors que chaque grand groupe de distribution posséde une chaine de ces fameux magasins: Ed pour Carrefour, Leader Price pour Casino, Netto pour Intermarché, ect. Il suffit d'une bonne base de donnée, à la fois centralisée et régionale et de quelques informaticiens intelligents pour faire varier subtilement les prix de façons à piéger les consommateurs

vendredi 10 juillet 2009

Les Gros-culs vont prendre du poids sur les routes françaises et polluer encore plus

VENDREDI 10 JUILLET

Dés l’année prochaine, des camions de 25 mètres (25, 25 exactement) de long pourront emprunter les routes et les autoroutes françaises. Il s’agit de l’une des concessions faite aux Suédois lors du récent voyage à Stockholm du président Nicolas Sarkozy. L’initiative est également appuyée par les Finlandais qui, comme les Suédois, admettent déjà la présence de ces super-transporteurs routiers et aussi par les Danois. Avec la bénédiction de l’Allemagne qui construit déjà ces monstres routiers et veut l’imposer aux autres pays.
Ces camions qui seront donc 30 % plus longs que les engins déjà autorisés, pourront transporter jusqu’à 50 tonnes de fret. Ceci malgré l’opposition, très molle à vrai dire, du Commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani nommé récemment à cette fonction par José-Manuel Barroso à la demande de Silvio Berlusconi.
De discrets essais sont en cours dans la Région Auvergne et ces monstres bénéficient déjà de dérogations dans les zones portuaires où des sont autorisés à porter des charges de 45 tonnes pour transférer des containers. Officiellement, il s’agit de « diminuer le nombre des camions » mais le lobby du transport routier à l’oeuvre sur ce sujet depuis plusieurs années, vise à mettre le rail hors-jeu, la Commission encourageant, sous couvert de concurrence ouverte, la fermeture des lignes de chemin de fer dans toute l’Union Européenne ; à commencer par celles des anciens pays de l’Est. Là où les chauffeurs coûtent beaucoup moins cher comme l’ont découvert depuis longtemps, les entreprises de transports française, anglaise, italienne et allemande.
Le résultat de cette nouvelle déréglementation pourrait, c’est l’objectif recherché, entraîner au cours des premières années, une diminution de 20 % du trafic-rail au profit de la route : la France des routes et des autoroutes sera encore plus sillonnée de camions, au risque évident de contribuer à la pollution et au réchauffement climatique, ces egins ne roulant pas à l’eau claire et les premières études montrant qu’à la tonne, il consomme encore plus de gazole. Le ferroutage, qui reste une promesse sans cesse renouvelée parce que non tenue, ne pourra pas prendre ces monstres en charge. Une conséquence parfaitement contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement comme le font remarquer les responsables de France-Nature-Environnement qui ajoutent que les parcours de ces camions seront allongés en attendant que de nombreux aménagements routiers, comme les ronds-points, devront être modifiés. Ce qui entraînera des coûts supplémentaires pour les collectivités territoriales. Sans compter, évidemment, un dégagement plus important de gaz à effet de serre. Et les accidents.
Il suffit enfin de lire chaque jour les dépêches de l’Agence France Presse ou d’écouter les informations de circulation pour s’apercevoir que les camions sont déjà de plus en plus impliqués dans les accidents quotidiens de la route. Mais ce n’est pas grave puisque l’on sait que les accidents de la route contribuent à faire croître le PIB.

mardi 30 juin 2009

La fraise espagnole d'Andaousie se rebiffe et des écologistes subissent des pressions

Mardi 30 juin

Le film sur le parcours de la fraise andalouse hors saison et gorgée de pesticides diffusé sur France 5 au mois de mai, fait des victimes collatérales. Sous la pression du gouvernement espagnol qui a informé la chaîne de son intention de porter plainte, les rares habitants de la région de Huelva qui ont accepté de témoigner devant la caméra sont menacés, par courriers et téléphone. C’est notamment le cas de Juan-Francisco, le militant de l’association « Ecologistas en accion » qui a eu le courage de nous montrer les lieux où les bidons de produits phytosanitaires dangereux et, pour certains, interdits, sont abandonnés avec les monceaux de plastique des serres et des cultures. Au risque de polluer encore plus les rivières et les nappes phréatiques déjà atteintes par l’infiltration des « nettoyeurs de sol » comme la chloropicrine, produit qui entrait dans la composition des gaz de combat (guerre de 14 et Irak contre les Kurdes). C’est Juan-Francisco, avec un autre militant, qui nous a guidé vers les captages d’eau illégaux qui assèchent la seule rivière menant au parc national de Doñana ainsi que sur les champs de fraises installés illégalement sur ce qui reste de la forêt régionale.
Pour son malheur, Juan-Francisco habite et travaille depuis 27 ans dans un garage de Bonarès, au beau milieu des 5000 hectares de cultures de la fraise industrielle brevetée en Californie. Depuis la diffusion du film, il reçoit soit des menaces par téléphone, soit des menaces physiques ; et son patron subit des pressions pour le licencier car ses principaux clients sont des agriculteurs de la fraise. Ces menaces émanant des agro-industriels de la fraise avaient déjà amenés le WWF-Espagne à refuser de nous aider à la suite de l’enquête qui avait été menée par le WWF-France et relayée il y a deux ans par Politis : ils avaient été priés de ne plus intervenir au sujet de la fraise par le ministère de l’agriculture espagnol.
Les menaces actuelles émanent de deux groupes de pression. D’abord les agro-agriculteurs de la fraise hors sol qui voient déjà diminuer les ventes à l’exportation de leur fruits et s’inquiètent pour une fraise qu’ils ont commencé à produire au Maroc pour profiter d’une main d’oeuvre encore moins chère que celle qu’ils exploitent à 5, 30 euros de l’heure; et ensuite les obtenteurs californiens qui, leur fraise industrielle étant brevetée, touchent une redevance pour chaque plant de fraisier utilisé. Un rente extraordinaire qu’ils espéraient imposer prochainement dans le sud de la France où des agriculteurs de la fraise franchissent déjà les Pyrénées pour acheter en Espagne les produits de traitement qui sont interdits en France. Pour la garriguette hors saison, par exemple...
Le ministère de l’Agriculture espagnol et les « agriculteurs » andalous voient plus loin : ils estiment que la contestation de leurs pratiques risquent de bientôt mettre en accusation les tomates, les poivrons, les aubergines, les asperges et la plupart des légumes et fruits hors saison produits hors sol et avec recours massifs aux pesticides qui sont exportés en France à travers la plate-forme commerciale privée de Saint Charles à Perpignan. C’est là que transitent chaque année plus de 400 000 camions chargés de denrées qui ne font l’objet que de contrôle sanitaire de routine dont les résultats ne sont communiqués...qu’aux producteurs ; le représentant sur place du ministère de l’Agriculture n’a pas le droit de les consulter. De toutes façons, les fraises et le reste ne séjournant que quelques heures sur le marché privé de Perpignan, quand les analyses sont connues, les cargaisons sont déjà reparties vers les grandes surfaces qui constituent les principaux clients de ces fruits et légumes suspects et dévoreurs de CO2.
La pression des centrales d’achat des grandes surfaces sur les prix, leur besoin de maintenir le maximum d’opacité sur leurs marges sont telles qu’il est à craindre que de plus en plus de maraîchers industriels français se convertissent rapidement aux méthodes et produits hors saison et cultivés hors sol avec un apport grandissant de produits chimiques. C’est d’ailleurs dans ce secteur que la « consommation » de pesticides, en dépit des promesses du Grenelle de l’Environnement, a enregistré depuis deux ans la plus grande augmentation de ces dernières années.
La leçon de cette affaire est claire : au delà de la responsabilité des agriculteurs et des industriels de la chimie, il y a la demande de plus en plus contraignante des grandes surfaces pour des produits hors saison et moins cher. Avec la bénédiction du gouvernement français prêt à laisser les consommateurs prendre tous les risques pour « afficher » de soi-disant baisse de prix...Elles ont contribué à l'"invention" de cette fraise, si l'on peut appeler "fraise" cette chose croquante, polluée et sans goût. Ce qui peut s'appliquer à une partie des fruits et légumes en provenance d'Andalousie.
Au consommateur, aussi, de se détourner de ce genre de produits dont il a été vendu 80 000 tonnes en France en 2008. Une partie finissant leur parcours de 2000 kilomètres dans de "délicieuses" confitures...

lundi 22 juin 2009

Le braconnier de l'Elysée recherche désespérément un écolo-traître

lundi 22 juin

Depuis quelques jours, la chasse au traître écolo est ouverte. Les rabatteurs plus ou moins bien camouflés s’affairent dans le maquis naturaliste sous la direction du président de la République pour trouver l’oiseau rare qui pourrait améliorer la biodiversité naturelle de l’UMP plus riche en chantres d’OGM, de nucléaire et d’autoroute qu’en écolos compétents. Cet oiseau rare doit réunir de nombreuses qualités contradictoires : être un fan de Claude Allègre (l’homme qui défendit l’amiante dans les années 70), être membre de la secte des hyper-consommateurs, partisan du libéralisme, fanatique de la FNSEA et de la Politique Agricole Commune, fin connaisseur de la nature de l’homo politicus, être borgne au point de confondre un réacteur nucléaire avec une éolienne, êtres en bons termes avec José Bové et Daniel Cohn-Bendit et Manuel Barosso, se reconnaître compagnon d’apéro(s) de Jean-Louis Borloo, téléspectateur assidu de Yann Arthus-Bertrand, dévoreur de bio et admirateur de Michel-Edouard Leclerc, le philosophe de la grande distribution, propriétaire d’un 4 x 4 pour transporter sa bicyclette dans Paris, admirateur discret de Cruella, plus connue sous les nom d’Alliot-Marie, et de Christian Estrosi, l’homme qui n’aime pas les loups, commensal de Ladislas Poniatowski, l’ami des chasseurs, et enfin n’arborer de passe-montagne (bleu) et de foulards que dans les randonnées nature. Tout en étant (prudent) adepte de la décroissance et partisan déclaré de la protection de la nature du sarkozisme. Ce qui n’exclue pas, évidemment, comme pour France-Inter, avoir de bonnes relations avec Carla, la bonne fée des détrousseurs de la gauche, ou tout au moins d’une certaine gauche.
Mais, depuis le début du mois de juin, depuis la modification de l’écosystème politique, l’écolo-traitre se fait aussi rare que la loutre, le gypaète barbu, l’ours des Pyrénées et le célèbre dahu des Alpes. Ce qui lui donne évidemment une grande valeur, même provisoire. Pour autant que nous le sachions, car la battue est discrète, un certain nombre d’appâts et de collets ont été disposés autour des individus suivants.
Yann Arthus-Bertrand lui-même parce qu’il a photographié pendant dix ans le Paris-Dakar et qu’il navigue depuis des années au plus prés de l’esprit bling-bling. Un coup magnifique et chatoyant: vert à l’extérieur et bleu à l’intérieur.
Allain Bougrain-Dubourg qui tutoie Borloo tout en s’engueulant régulièrement avec lui. Pour le président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, c’est la méthode du piège a glue qui a été mise en place. Mais l’animal est réputé farouche et fin renard.
Corinne Lepage dont les excellentes analyses écologiques ne l’éloignent jamais de son cabinet d’avocate spécialisée où son compagnon Christian Huglo, décoré de la Légion d’Honneur depuis le début de l’année, pourrait récupérer tous les procès entraînés par la poursuite d’une politique de pollution et de destruction du territoire. Après tout, Corinne Lepage fut ministre d’Alain Juppé il n’y a pas si longtemps et dans le domaine politique, la récidive n’est jamais punie par la loi.
Jean-Luc Benhamias et Yann Wehrling, chantres déçus de l’espèce en voie de disparition qu’est le Bayrou commun, comme la précédente, qui ont en commun d’avoir l’habitude de retourner leurs vestes au mauvais moment. Pour l’un ou pour l’autre, cela peut être devenu une seconde nature ; et les caméléons sont, de l’avis même de l’UICN, une espèce à protéger.
Un responsable (non-identifié) de France-Nature-Environnement l’association qui, à la fois, rêve d’une reconnaissance et de grosses subventions officielles et vient de se faire remonter les bretelles par le Crédit Coopératif qui trouve que cette « fédération » tourne vraiment au n’importe quoi.
Un ancien de Greenpeace qui a déjà pratiquement tout essayé...
Nicolas Hulot qui ne comprend pas grand chose à la politique mais qui a au moins admis depuis quelques mois qu’il est plus utile et plus compétent comme lanceur d’alertes que comme porte coton ; et qui a donc poliment mais fermement refusé. D’autant plus que le job est largement plus précaire encore qu’à TF1.
Jean-Luc Mélenchon qui... (Non, je plaisante, même le président de la République sait qu’il n’a jamais rien compris à l’écologie)
Et enfin Nathalie Kosciusko-Morizet qui n’a pas encore fini de digérer la couleuvre avalée lors du dernier remaniement ministériel. Mais dans ce cas, parce que les deux se détestent, il faudrait dégager Borloo dans un autre ministère : l’agriculture où il pourrait contribuer à résorber les excédents de la filière vinicole en difficulté.

lundi 15 juin 2009

Il faut créer d'urgence des centaines de milliers de jardins potagers

lundi 15 juin

Il y aurait mieux à faire, pour les élus socialistes, que de se quereller pour savoir qui aura la chance ( ?) d’essayer d’être le calife à la place du calife. Ils devraient prêter plus attention, c’est à dire avec autre chose que des mots creux, à la demande exprimée il y a une semaine dans les urnes et à celle qui a été que négativement signifiée par l’abstention : une autre France, un autre Monde. Une partie importante de la population française aspire à l’écologie au quotidien que leur refusent les élus locaux, généraux et régionaux trop souvent prisonniers de schémas qui datent d’avant la création du Parti socialiste. Ils devraient enfin comprendre que ces Français là ne supportent plus de les regarder inaugurer des tronçons d’autoroutes, des déviations à quatre voies, des voies piétonnes ouvertes aux voitures, des ronds-points, des usines baladeuses et des fausses pistes cyclables balayées par le flot automobile. Des Français, collectivement et même si cela est paradoxal, aspirent à l’autonomie. Celles qu’ils organisent ou veulent vivre et organiser. Sans ces élus qui vivent sur Mars ou sur la Lune.
Ces Français là ne veulent pas le bonheur pour demain mais le plaisir, le bien-être et l’écologie pour aujourd’hui. Plutôt que de construire des incinérateurs à tout va au point de faire de la France le champion d’Europe de la destruction (parfois dangereuse) des déchets, ils devraient consacrer une part importante des subventions qu’ils distribuent à une geste simple et bien moins coûteux : leur offrir des jardins potagers. En municipalisant ou en préemptant des terrains à cet effet. Des jardins dont des Français ont tellement besoin que les listes d’attentes des associations qui les distribuent s’allongent démesurément et que les AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne se multiplient. Au point que les paysans proches des villes peinent à faire face à la demande : car les avantages de la PAC ne sont pas pour eux mais pour les agro-industriels du maïs, de la betterave ou du blé. Autour des maisons individuelles les plus bourgeoises, le gazon est de plus en plus souvent défoncé pour faire de la place aux légumes. Pour ceux là, le jardinage devient un plaisir autant qu’un défi à une consommation élevée à la hauteur d’une solution de crise ou de civilisation à laquelle ils ne croient plus vraiment.
Et puis il y a tous les nouveaux pauvres, les exclus, les licenciés, les chômeurs partiels, les chômeurs techniques, ceux qui sont lassés de ruser avec les minimum sociaux, ceux qui rêvent de pouvoir améliorer leurs ordinaires avec des légumes et quelques fruits tout en faisant la nique aux grandes surfaces qui grugent à la fois les agriculteurs et les consommateurs. Pour ces millions de gens, comme pendant les guerres (celle qu’ils vivent est économique), se pose la question de la survie et de l’autonomie face à un système qui les broient. Ceux là aussi, à leur façon, disent non au type de consommation qui leur est imposée. Les bourgeois (bohème) font semblant d’être à la recherche d’une nouvelle éthique alors qu’ils réagissent pareillement à cette crise qui dure.
Il y a urgence à répondre à cette demande : en installant ces jardins autour de toutes les villes comme une ceinture de protection contre l’urbanisation galopante. Pas pour un illusoire et trouble « retour à la terre » qui n’est plus de saison, mais pour satisfaire un besoin d’autonomie. Et aussi pour survivre car, pour les plus pauvres et aussi pour les classes moyennes (au moins) l’économie de subsistance, l’autoproduction devient une nécessité. Combien des nouveaux jardiniers, comme les plus anciens dans la pratique, ne pourraient plus boucler leurs fins de mois sans l’apport de ces jardins ? Combien de ces jardiniers que je rencontre ne pourraient plus offrir des fraises, des framboises ou des haricots verts frais à leurs enfants sans les cultiver ?
Il y a urgence à installer sur le territoire français des dizaines, voire des centaines de milliers de nouveaux jardins potagers. Ce sera plus efficace que le Revenu de Solidarité Active qui ne vise guère à autre chose qu’à habituer les salariés à être encore plus mal et de plus en plus épisodiquement payés.
Il y a urgence à offrir à tous ceux qui le souhaitent, cette autonomie relative. Pour sauver les uns et désintoxiquer les autres. C’est aussi une façon de renvoyer notre nain de jardin à ses promesses stériles.
Affirmation faite après avoir cueilli les fraises, les framboises, les groseilles et les cerises du jardin que j’entretiens depuis quelques dizaines d’années. En vivant au moins un peu à l’écart des pesticides et fongicides contenus dans la plus grande part des « beaux » fruits et légumes qui s’entassent dans les grandes surfaces.

mardi 9 juin 2009

Un nouveau slogan pour le président Sarkozy

mardi 9 juin


"IL FAUT BATTRE LE VERT PENDANT QU'IL EST CHAUD"