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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

mardi 31 mars 2009

Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit

MARDI 31 mars

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

50 commentaires:

Sandrine a dit…

Je me permets rarement de faire un commentaire mais j'avoue que votre expérience me fait également très peur...
Est ce que cela signifie que l'on va empêcher un enseignant d'exercer sous prétexte qu'il défend ses opinions politiques ? Comment peut on empêcher l'accès à un lieu publique ainsi... Je pense à vos étudiants et finalement je me dis que cela leur démontre par l'exemple vers quelles dérives nous allons...

Merci pour votre blog, même si je ne partage pas toujours vos idées (et oui c'est la diversité des opinions qui permet de nous faire réfléchir), j'apprécie de vous lire.
Bonne continuation ici et au jardin des plantes

(d'ailleurs soit dis en passant les cours de bv à l'extérieur c'est ce que je préférais !)

VADROT a dit…

Merci de votre commentaire.
Ce qui est arrivé est d'autant plus incompréhensible et inquiétant que seule notre présence (sans pancarte, sans banderoles) était une affirmation politique par rapport à la loi LRU. Le contenu du cours était le même que ce qu'il aurait été à la fac.
Finalement, j'ai rarement été aussi inquiet pour l'avenir que ce soir.

CMV

Jean Pierre J. a dit…

J"ai devant les yeux la signature prestigieuse de Roger Heim Directeur du MNHN en bas de sa préface au livre de Rachel Carson Printemps Silencieux acheté en 1963 et dont j'ai repris la lecture récemment

Lorsque vous parlez du Directeur du Museum, je pense que vous évoquez le Directeur Général actuel du Museum; cet établissement, qui a abrité des professeurs illustres et pas politiquement corrects comme Théodore Monod est en train de se banaliser depuis qu'un énarque le dirige. Quelle dégringolade. J'espère que les chercheurs gardent leur indépendance d'esprit.
Mais votre aventure est impressionnante pour un vieux naturaliste comme moi. JPJ

VADROT a dit…

Oui, je pense que ce qui est (notamment) en cause, c'est la nouvelle gouvernance du Muséum, la nouvelle procédure de nomination du Directeur et dans l'étranglement financier. Nous sommes loin du Muséum tel qu'il fut (ré)inventé par la Convention en 1793.

Anonyme a dit…

Vous avez tout mon soutien. C'est tout simplement ahurissant.

Il est assez évident que ces refus sont politiques -- si vous avez des témoins de toute cette affaire, une action en justice serait-elle envisageable ?

Un pouvoir qui se comporte comme cela perds rapidement toute légitimité et toute sympathie dans le public. Si ce gouvernement ne change pas de partition rapidement, la situation politique en France va vite devenir explosive...

VADROT a dit…

Plein de témoins et des photos. Mais il n'y a pas matière à action judiciaire.
Quand à l'explosion, pour l'instant je n'y crois pas. Je fais juste comme si...

Laurent Samuel a dit…

la tradition française de liberté universitaire est ainsi bafouée !

j'ai réagi sur mon blog
http://laurent-samuel.over-blog.com/article-29736992.html

Anonyme a dit…

Bonjour Claude-Marie,
Je vous suis depuis longtemps ayant pratiqué les JNE. J'ai travaillé une décennie au Muséum et j'ai vécu la départementalisation, puis l'arrivée d'un administrateur provisoire, et de ce DG qui a découvert le sens du mot biodiversité lors de la lecture d'une de ses premieres allocutions. Le voir maintenant s'exprimer au nom de cet établissement illustre, et de ses prédécesseurs depuis plus de 300 ans, celà frise le ridicule. Mais c'est maintenant le téléphone rouge qui fait la recherche (ce qu'il en reste). Les axes sont définis par un gouvernement méprisant le savoir dans une incompréhension complète de ce qu'est le long terme et l'engagement pour la progression de la connaissance. L'ironie la plus grave est cette récupération politique de la protection de l'environnement par ceux-là même qui oeuvrent pour le profit immédiat de quelques uns, la Rolex au poignet, au détriment de tous les autres, et de notre avenir écologique. Des jours sombres s'annoncent, et tout pacifistes déterminés que nous sommes, nous constituons une menace pour eux. Mais luttons tant que nous le pouvons encore. Pourriez-vous faire un dossier avec les photos de cet évènement ? Il faudrait le diffuser au personnel du MNHN.
Amitiés.

Anonyme a dit…

Euh ça sent le poisson d'avril...
Enfin je l'espère du fond du cœur.

bric a dit…

Sommes-nous encore en démocratie ? Évidemment non.

J'appréhende cette histoire par le prisme de l'existence de tous ces petits soldats de la répression, du directeur de la pseudo-sécurité aux vigiles, en passant par un directeur qui ne peut pas y être pour rien dans leur présence.
On m'a raconté l'apparition, dans un autre service public maintenant du savoir et des trésors, d'autres sbires de la médiocrité, du management par la guerre et de l'écrasement du travailleur.
En plus, je fais le parallèle avec les reportages de Mermet sur les gardes à vues.
Que voit-on ? Le règne des violents et des merdiques.

Sans même tenir compte des menaces environnementales, j'ai l'impression que la société française vit actuellement un processus d'auto-destruction, pour laisser la place à ce que certains appellent la démocrature. Par extension, ce doit être un peu la même chose pour les autres pays industrialisés, mais avec différents calendriers. Par le terme "auto-", j'entends que cela résulte d'un choix volontaire, pas d'une circonstance extérieure. En quelque sorte, le sarkouillisme, mais c'est plus large.

Anonyme a dit…

Je suis passé hier a 15h15, et une seule grille du jardin etait ouverte, avec vigiles. on ne m'a rien demandé et je suis rentré, mais ca m'a étonné. C'est pour ca que je suis pret a croire que ce ne soit pas un canular. En meme temps, a la lecture du blog, qui n'est pas vraiment de l'ordre de la subversion dangereuse, je suis quand meme etonné qu'un tel deploiement ait pu etre organisé juste pour la venue pour M Vadrot, quand meme...
Quelqu'un a d'autres elements??

Louis Gauthier a dit…

Bonjour Claude-Marie,

Connaissant bien le MNHN, je suis effectivement atterré, comme toi. La maison n'a jamais été très politisée, mais elle avait jusqu'à présent fait montre d'une respectabilité qui l'honorait. Le service de sécurité y a depuis longtemps prouvé son aptitude à détester le public, autoriser les cambriolages dans les labos et le faire savoir. Combien de mère de famille se sont retrouvée face aux "CRS du muséum" ? Mais les temps changent. Il n'est plus temps de seulement courir après les amoureux qui admirent les pelouses de trop près ou les handicapés qui sentent les fleurs. Avant creuset incontournable où se rencontraient les naturalistes de toute dimension, le MNHN devient une caserne de chercheurs (j'ai aussi une pensée pour les techniciens). Il faut dire que l'établissement est l'endroit rêvé pour recaser les chefaillons éconduits d'autres paroisses où ils étaient devenus indésirables. Le bruit des bottes doit maintenant résonner entre ces murs qui ont vu passer des hommes d'une autre stature. Le muséum est depuis plusieurs années engagé dans une démarche de repli sur soi qui en devient pathétique. Fermez les portes, ne posez plus de question, ne réfléchissez pas. Kim Jong-Il adorerait…

Comme d'autres l'ont suggéré, je pense qu'il faut en effet diffuser l'info aux personnels du muséum. Envoies-moi un dossier, je le diffuserai à tous mes contacts dans la place.

Bien à toi,

'Louis Gauthier'

VADROT a dit…

Merci pour tous les commentaires car hélas, il ne s'agit pas d'un poisson d'avril, les autres enseignants, les étudiants et les photos sont là pour en témoigner.

Anonyme a dit…

La prochaine fois, je vous suggère de rentrer par le 43 rue cuvier, en sonnant à Biophysique, vous aurez un acces direct au jardin ensuite.
Par contre, je me pose la question de savoir si le jardin est rellement un lieu public. cela vaudrait la peine de se renseigner. Est ce que l'on peut assimiler le jardin à la place jussieu, c'est cette question que vous pouvez vous poser pour la prochaine fois.
Cordialement
Un professeur du Muséum

Vadrot a dit…

Bien sur, mais je n'avais pas imaginé que l'on nous interdise la tenue de ce cours qui était essentiellement consacré à l'histoire du Muséum.
Oui, le jardin des plantes est légalement un lieu public dans lequels il est simplement prescrit d'avoir une tenue vestimentaire correcte.

yannick a dit…

je suis atterré de lire votre mésaventure, bien que ne vous connaissant pas, c'est une atteinte totale et totalitaire à la liberté... j'aurai préféré un poisson d'avril... j'espère que les médias nationaux feront écho de cet évenement... la meilleure des ripostes, c'est de le faire savoir...

Simon a dit…

Etant étudiant sur le centre Censier de l'université Paris 3, j'ai souvent eu l'occasion d'assister à des cours alternatifs dans le Jardin des Plantes voisin. Ce que vous racontez me sidère, nous n'avions encore jamais rencontré de problème avec le personnel du Jardin... Nous allons faire circuler l'information, il ne faut pas compter sur les médias.

VADROT a dit…

Non, je n'avais pas annoncé ce cours sur mon blog, il s'agissait d'une affaire interne à l'Université et les seuls échanges de courriels ont été entre les étudiants et moi et avec les enseignants.
J'ai été effaré de ce qui c'est passé et il est évident que sans cette interdiction nul n'aurait évoqué ce cours.
Pour l'instant seul Mediapart, auquel je collabore, a publié ce récit et, malheureusement Politis était déjà bouclé.

VADROT a dit…

A ceux qui s'inquiètent du (relatif) silence de la presse, je veux dire deux choses:
- Il y a des choses plus importantes dans le monde ( à commencer par la comédie du G 20 sur laquelle je reviendrais)
- Vous êtes plus d'un millier à avoir lu et recopié cette "histoire".

melanie a dit…

Bonjour

Le journal La Mée n'est qu'un tout petit hebdo de la région de Châteaubriant mais nous allons reprendre cette histoire lamentable. Une précision seulement, quand vous dites "mardi dernier" cela veut dire le 31 mars ou le 24 mars ??

Continuez votre combat !

Anonyme a dit…

Bonjour,
Etant moi-même un de vos anciens étudiant à Paris 8 et actuellement doctorant au muséum, je puis vous assurer que votre mésaventure est loin d'être terminée. Le message a été diffusé sur la liste mnhn et chacun a pu lire ce qui vous est arrivé. Les réactions sont nombreuses et les professeurs et autres membres du CA de la maison comptent demander des explications au DG.
Vous avez tout mon soutien, et celui de mes collègues outrés comme moi.

VADROT a dit…

Merci à tous de nouveau.

J'attends, pour moi, pour les étudiants et pour le département de géographie de Paris 8, les excuses de la direction du Muséum et je tiens à dire que je sais que pas un seul des scientifiques et des personnels du Jardin des Plantes ne sont solidaires d'un tel geste. Mon regretté ami François Terrasson m'a appris à apprécier ceux qui qui travaillent au Muséum et travaillent dans des conditions matérielles de plus en plus difficiles.
Précision: il s'agissait bien du mardi 31 mars

Vadrot a dit…

A tous ceux qui se sont plaints, sur ce blog ou ailleurs, que la presse passe sous silence "l'interdiction politique" dont j'ai été victime, je signale que RMC passe mon interview vendredi matin et que Libération va publier mon texte.

darkvador a dit…

bienvenue à SArkoland:

nous ne sommes pas en train de glisser vers une dictature pour ma part je m'y sens déjà dans une dictature.

contrôle policier a tout va, fouille au corps tonfa au visage. dans toute société qui a un tel contrôle il y a une dictature. A qui sert toute cette protection à vous à nous? non à eux.

cette protection n'est la que pour défendre leurs intérêts. c'est une évidence il n'y a rien d'autre a dire.

c'est inquiétant ? oui absolument, ça ressemble a une chasse aux sorcières vous ne trouez pas?

l'autre question que je me pose pour ma part c'est puisque seuls vous et vos élèves étaient au courant de ce cours comment auraient ils pu le prévoir sans qu'une informations aie filtré jusqu'à eux?

Dans toute dictature il y a de la délation sans vouloir être paranoïaque. interrogez vous quand même.

très cordialement.
un fils de révolutionnaire.

Vadrot a dit…

Tout cela est inquiétant.

Je n'ai pas d'autres explication qu'un détournement ou une interception des messages échangés avec les étudiants et enseignants...
Ce qui ne me rassure pas.

Peuples a dit…

l'enseignement redevient subversif. Yes....Gaël m'a signalé votre post sur un de mes billets au sujet des budgets com' de votre ministère alloués à la veille sur le net.

http://www.peuples.net/post/La-veille-d-opinion-en-pratique

lucho p8 a dit…

bonjour Claude-Marie,
je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre le comportement zélé d'un directeur de MNHM qui prend ce haut lieu du naturalisme pour la basse-cour de l'Elysée et celui d'un chef de l'immigration cubaine qui prend sa région pour un camp retranché en m'interdisant de prélever qq infos géo pour mon humble mémoire géo P8.
- la comparaison s'arrêtera là -
Pour tout vous avouer, je me suis dit : qu'aurait fait CMV à ma place ? (d'où le sms)
... raison pour laquelle j'ai poursuivi mon enquête malgré tout, bien m'en a pris.
Dès lors, dans les 2 cas, ne s'agirait-il pas d'une question d'appréciation & d'interprétation administrative ?
- un vrai pouvoir en soi -
Car, accueilli à bras ouvert dans une région à Cuba, et banni dans l'autre, c'est en effet ce que l'on peut vivre à Cuba comme en France lorsque l'on est confronté à des fonctionnaires zélés heureux.

anne a dit…

c'est tout simplement édifiant. Lire cela après la façon dont le peuple est systématiquement vidé des lieux où il tente de s'exprimer lorsque le triste sire se déplace, témoigne du climat policier dans le quel la France est plongée.
je lie sur mon blog votre article.

GTF a dit…

Et le droit dans tout cela? Nous avons encore des institutions républicaines, notamment le juge! Cette interdiction me paraît complètement illégale, elle repose sur des motifs plus ou moins arbitraires sinon purement politiques. A supposer qu'il s'agisse d'une interdiction de police administrative, celle-ci serait certainement annulée par le juge administratif, comme disproportionnée (voir par ex un arrêt du Conseil d'Etat du 29 déc 1997, n° 164299 concernant l'annulation de l'interdiction d'une réunion du Front national, même en présence de mouvements de protestations). Je vous conseille donc de porter cette affaire sur ce terrain, en prenant appui sur les médias, notamment Médiapart que vous connaissez; il faut vous battre là où c'est efficace.

MC a dit…

et combien ça a couté à notre glorieuse république cette mobilisation de forces de l'ordre pour un dangereux terroriste comme vous?notez que je suis médecin et étant confrontée aux ravages que font actuellement les pollens dans notre bonne population je comprends que le gouvernement s'inquiète des armes que vous auriez pu trouver dans cet arsenal que représente le jardin des plantes...bref,l'indignation, qui est légitime, n'apporte peut être pas grand chose: comment montrer que droits de l'homme, lumières,liberté,humanisme ne sont pas que des vieux papiers du XVIII éme siècle? bien sur en alertant les médias mais aussi peut être en continuant: même si vous avez récupéré vos amphithéatres,ce ne sont pas les parcs et jardins qui manquent à paris pour rester un péripatéticien et montrer à vos étudiants que la liberté de penser...j'espère avoir le privilége d'assister à un de vos cours et de ne pas me retrouver pendue à une branche d'aesculus hippocastanum parce que j'aurai murmuré que je vote à droite...

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

Ce n'est pas le coût qui m'inquiéte. Ce sont les "vigiles" du Jardin des Plantes qui sont intervenus.
Quant à votre dernier "murmure", je ne peux que dire une seule chose: personne n'est pas parfait.
Pour le reste, je continue...

Anaïs a dit…

Monsieur,
j'ai eu connaissance de ce qui vous est arrivé par une amie, et je me suis permise de relayer l'information sur mon blog, toutefois sans reprendre votre article en entier, afin que d'éventuels lecteurs puissent venir ici lire votre billet "à la source".
Je vous fais part de mon indignation et de mon soutien.
Je vais également diffuser cette info sur mon réseau facebook.
Bonne continuation à vous.

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

MERCI !

Stéphanie a dit…

Bonjour Claude-Marie,
Je viens seulement d'avoir connaissance de votre mésaventure. Je me suis donc permis de publier votre texte et la photo (yeux floutés) sur mon blog.
Bon courage,
Bien cordialement,
Stéphanie

Laure a dit…

Bonjour M. Vadrot,
ne sachant comment vous contacter, je me décide à vous laisser un commentaire ici.
Je suis interpellée et choquée par ce qui vous est arrivé au Jardin des Plantes...
Pourrions-nous entrer en contact dans l'optique d'une publication de votre (més)aventure sur notre site d'information? (www.vox-populi.net)
En espérant avoir bientôt de vos nouvelles,

Laure
Rédactrice en chef de Vox Populi
laure.dupau@hotmail.com

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

Vous avez ma bénédiction pour publier ce texte en mentionnant que je suis journaliste à Politis

Merci

Anonyme a dit…

« Je promets et évidemment [!] ne tiendrais pas cette promesse, (...)»

Vous allez peut-être me trouver pinailleur (mais l'indignation quant au fond a déjà été manifestée, et avec brio, dans les commentaires précédents), mais cette phrase me choque.

Des choses comme l'honneur, ou à tout le moins le respect de la parole donnée, me paraissaient être un trait fondamental de notre civilisation.

Qu'un professeur, à votre niveau, puisse renier sa parole avec autant de légèreté me paraît, disons, critiquable.

Quelqu'un parlait, évoquant la France contemporaine, d'une «Société de défiance». Je crois que c'est typiquement le genre de comportement qui y mène.

Et lorsque l'on se méfie de ses concitoyens, je crois que l'on est plus favorable à leur surveillance (en oubliant que l'on en sera soi-même l'objet).

chinito a dit…

Je n'ai pris connaissance qu'aujourd'hui de cette inquiétante aventure. Je me suis permis de la relayer à ma façon sur mon blog en faisant votre portrait 2.0 (cette catégorie étant récente, vous n'y côtoyez pour le moment que Brice Hortefeux et Joseph Ratzinger, veuillez m'excuser pour cette promiscuité) en renvoyant un lien vers votre article. La chose rassurante dans tout cela, c'est le soutien que semble vous apporter le personnel du museum, contentons-nous déjà de ce motif de satisfaction.

http://chinito2.canalblog.com/archives/2009/04/23/13490847.html

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

Il n'existe pas de réponse honorable à une proposition déshonorante.

Anonyme a dit…

je viens de recevoir cette information dans ma boite email.

Paradoxe! en voulant vous faire taire, vous museler, ce qui est en train de se produire sur le net va à l'exact opposé!
Personnellement je l'ai transmis à 20 personnes ;-)

anti a dit…

Bonjour,

Comme beaucoup, j'ai reçu cette information par mail. C'est effrayant. J'ai repris l'information sur notre blog collectif ici :

http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/05/01/histoire-vecue-d-une-interdiction-de-penser.html#comments

Avec tout mon soutien.

anti

Marcus a dit…

La servilité des fonctionnaires en petits-pieds est en effet préoccupante. Est-ce nouveau ? Non sûrement pas !
Mais il semble bien en effet que la hiérarchie administrative ait désormais, face à ce pouvoir invasif et autoritaire, une fâcheuse tendance à obéir le petit doigt sur la couture du pantalon, sinon même - davantage - à anticiper d'improbables instructions fussent-elles les plus imbéciles, où enfin plus simplement, à prévenir d'éventuelles remontrances.
Bref, c'est tout de même éclairant sur le climat politique du moment et la crainte révérencieuse que ce pouvoir inspire. Enfin, à ceux qui veulent bien se la laisser inspirer.
Pour autant et sauf votre respect, j'ai bien du mal à voir en vous un dangereux agent de la subversion universitaire. Un ennemi de l'intérieur si cher en son temps à Raymond Marcellin.
Bon ceci étant dit, Monsieur le professeur, c'est quand même un peu de votre faute si votre action a foiré. Avec votre pipe et votre barbe joviale, "l'adversaire" vous "détronche" à des kilomètres.

Anonyme a dit…

L'info commence à circuler par mail.
J'ai pour ma part fait un renvoi direct vers ce blog... il y a tellement de canulars qui circulent...

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

Hélas, il ne s'agissait pas d'un canular et, une fois de plus, je remercie tous ceux qui ont pris contact avec moi, à commencer par les scientifiques du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Anonyme a dit…

Si les fachos s'attaquent aussi à la classe moyenne maintenant, alors où allons-nous ? Vous êtes inquiet ? Dans nos quartiers de prolos cela bien quelques années déjà qu'on en prend la tronche... Et c'est pas fini.

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Je viens de recevoir votre article dans mes mails et je ne m'en étonne pas, vu la surveillance à laquelle les enseignants sont désormais soumis.
Big Brother veille!

Rosa a dit…

J'ai publié ce jour sur mon blogue : à cette date c'est un peu du réchauffé ! Tant pis ! Il faut que les choses soient dites, même avec du retard.

La Lettre de Jaurès a dit…

Bonjour,

Votre article est publié sur "La Lettre de Jaurès"
http://lalettredejaures.over-blog.com/
blog de la section socialiste de Gauchy (Aisne).

Avec nos remerciements,

Bon courage

"La Lettre de Jaurès"

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je découvre, un peu tardivement, votre article mais je ne peux que m'insurger contre un tel comportement dans ce pays qui se veut être celui des droits de'l'homme.
je viens de transmettre votre lien à mes contacts.
Bien cordialement.
Michel

Anonyme a dit…

Je viens de découvrir votre mésaventure, par le biais d'un mail avec un lien vers votre blog. Je trouve grave ce qui se passe en France en ce moment, les libertés sont restreintes de jour en jour, nous sommes fliqués partout et par tous les moyens. Tous les ingrédients d'une dictature sont en place.C'est inquiètant d'autant que les français semblent bien passifs devant de tels faits. Le pays de Droits de l'Homme est en train de devenir celui de la répression à outrance...