Le vautour nouvel ennemi public de ceux qui craignent le "sauvage" comme facteur de désordre
Plus les années passent, plus le "sauvage" fait peur à une France frileuse et qui, surtout, se cherche des ennemis "politiquement corrects", des adversaires avec lesquels on peut dépenser de vieilles haines, ses angoisses, la trouille des autres; Le vautour devient une nouvelle hantise, après bien d'autres, parce que le sauvage est devenu l'envers de notre société de consensus mou d'où rien ne doit dépasser, où tout doit être "en ordre".
Les journaux locaux et nationaux commentent à l’envi une nouvelle exception française : les vautours « attaquent » le bétail dans les Pyrénées. L’ours, le loup et le lynx ne suffisant plus aux chasseurs, à la FNSEA et à quelques bergers pour affoler les foules, la vindicte et les fantasmes populaires nous offrent maintenant un nouveau tueur : le vautour fauve. Victime et acteur de choix, puisque, c’est bien connu, ces rapaces prolifèrent par la faute des « protecteurs de la nature qui organisent l’espace rural depuis leurs villes qu’ils ne quittent que pour emmerder les agriculteurs».
Sauf que, le vautour fauve, comme tous les charognards, les gypaètes barbus qui ne s’intéressent qu’aux os ou les percnoptères (vautour blanc) migrants saisonniers de l’Afrique ne s’en prennent qu’aux animaux morts. Ceux, par exemple, que les éleveurs ou les bergers laissent des jours et des jours sans surveillance et sans soins dans la montagne et le piémont pyrénéens. Ce que l’on peut comprendre car ce métier n’est pas de tout repos et que la rentabilité d’une telle agriculture de montagne est tout à fait aléatoire. Elle n’existerait d’ailleurs pas ou plus si elle n’était pas, même imparfaitement, subventionnée par la PAC et donc l’Europe. Et nul ne dénonce les dégâts occasionnés aux troupeaux par les chiens errants.
Sauf que, toutes les enquêtes menées depuis plusieurs années par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la LPO, prouvent que les vautours ne s’en sont pris jusqu’à présent, qu’à des vaches, des juments ou des brebis mortes ou mourantes après des naissances difficiles et mortelles. Parce qu’elles se déroulent trop souvent sans surveillance, sans l’aide d’un vétérinaire ou d’un éleveur. Chez les animaux comme chez les humains, on compte un certain nombre d’accouchements difficiles qui tournent mal sans aide extérieure.
La fable des vautours « qui attaquent les animaux vivants » date de 2005. Au hasard des ragots et des rumeurs colportés par les organisations de chasseurs et les adversaires de l’ours brun, pas fâchés de s’en prendre à une espèce protégée par la loi. Les vallées pyrénéennes, à commencer par celles des Pyrénées Atlantiques bruissent de récits fantaisistes repris sans aucune vérification par des confrères. Ils ressemblent à ceux que l’on racontait dans les Cévennes il y a des lustres, jusqu’à ce qu’un chasseur abatte le dernier vautour fauve de la haute vallée du Tarn en 1941. Et aux histoires d’aigles enlevant les enfants dans leurs berceaux sous les yeux horrifiés des familles.
Curieusement, alors que les vautours ont été réintroduits dans la région au début des années 80 par deux naturalistes, les frères Terrasse, aucune histoire de rapaces tueurs n’est jamais contée dans cette région alors qu’y volent désormais, réussite spectaculaire, plus de 250 couples. Mais il est vrai que les bergers des Cévennes coopèrent à ce succès et qu’il n’y a pas d’ours dans la région...
Les vautours ont ou auraient faim : possible, mais les réglementations sanitaires stupides et inutiles interdisent aux éleveurs de leur laisser sur place les carcasses des animaux morts. La protection conçue par la loi de 1976 se heurte souvent aux règles administratives de l’Etat et à l’ignorance de certains de ses sujets.
Mais que fait Bayrou, lou ravi du Béarn ? Lui dont les rares élus qui lui restent fidèles réclament l’éradication des ours slovènes dont on sait que loin de chez eux, ils réussissent à se reproduire.
5 commentaires:
On trouve sur internet des éleveurs qui crachent leur venin sur les populations de vautours avec le raisonnement suivant : Les aires de nourrissage ont développé des populations de vautours, mais attirent les ours et les loups. Donc il faut arrêter de garnir les aires, mais les vautours qui ont faim deviendraient menaçants ( faudrait arrêter de fumer ). Parenthèse, c'est à cause de l'ESB , belle invention des éleveurs les plus modernes, que les autorités sanitaires ont interdit le dépôt des carcasses.
Donc, il faut éliminer les vautours en plus des loups et des ours; n'oublions pas d'éliminer les renards (la rage) les blaireaux (ils abîment les potagers), les mulots (ils mangent le maïs) ,et ainsi de suite les campagnols, les vipères, les chats noirs, les fourmis, les limaces, les moustiques, les mouches, les sangliers, les voisins à la peau foncée, les sorcières, les pas bien français , les gitans, les communistes ...
elhiero
à écouter l'interview d'Estrosi dans Co2 mon amour sur France Inter, samedi dernier (en fin d'émission).
C'est affligeant...
Il dit même que préserver la biodiversité a toujours été pour lui une exigence...
J'aimerais avoir un jour l'honneur que ma carcasse soit nettoyée par des vautours... Au lieu de pourrir sous terre ou d'empoisonner l'air de mes voisins.
l'homme fait le vide autour de lui,ce qui ne lui réssemble pas,lui fait peur,d'ailleur c'est une preuve réele de bétise,les animaux tolère le voisinage de toute sorte;comme l'ont comprit victor hugo,ou thoreau;et les vieux ou jeune ploucs qu'il y a en france (notamment les campagne)sont un frein a l'amilioration de l'habitat naturel ;La france est le pays qui a le plus de chasseurs,pas étonnant que notre pays a une réputation de paysans du XIX siècle avec son beret et sa haine de la nature
Je suis désespéré de voir qu'aujourd'hui, apres une rémission dans les années de mon enfance (rurale) entre 80 et 95, on retrouve les mêmes légendes imbéciles qui étaient dénoncées en 70 par les premiers a se préoccuper d'écologie pratique.
Ce pays est a se flinguer.
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