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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

samedi 1 mars 2008

L'augmentation des prix et les fraises espagnoles

1er mars

Certes, les produits, surtout lorsqu’ils sont « élaborés », augmentent dans les supermarchés. Ceux qui s’étonnent sont les mêmes qui prônent la liberté de concurrence, la liberté du commerce. Qu’ils s’étonnent est quand même étonnant. Mais, deux remarques...

- Ceux qui protestent sont aussi ceux qui achètent (cher) les fraises espagnoles dont la corolle verte rappelle qu’elles sont mûries sous serre, dopées par des produits phytosanitaires dont beaucoup sont interdits. Fraises nourries artificiellement, fraises cultivées au prix de la santé d’une majorité de travailleurs agricoles (souvent sans papiers) venus du Maroc et aussi de Roumanie. Des fraises hors saison qui parcourent 1500 kilomètres en camion, contribuant ainsi au réchauffement climatique. Et que l’on ne vienne pas me dire que ces fraises (qui ressemblent à des tomates et en ont d’ailleurs le goût...) sont réservées à des privilégiés car la France en importe 130 000 tonnes chaque année. A remarquer, d’ailleurs, que les fraises qui viennent de France à la même époque ne sont pas cultivées dans de meilleures conditions pour la santé. Sans parler de leur « goût »...

- Ce matin au marché, (à Gien, en province) les salades qui font la une de l’actualité, étaient vendues (par des producteurs) soit au même prix soit moins cher qu’au supermarché qui se presse à une centaine de mètres. Pareil pour les poireaux et les carottes. Alors, pourquoi ceux qui se plaignent (et qui parfois souffrent) de ce renchérissement de la nourriture continue à acheter les saloperies vendues dans le supermarché alors qu’en achetant directement aux producteurs ils contribueraient à les aider sans mettre en péril leurs budgets familiaux ? Comme le disait Jean-Pierre Coffe ce matin à France-Inter, les consommateurs ont aussi une lourde responsabilité. Surtout ceux qui, toujours ce matin, achetaient des carottes râpées vendues, au kilo, six fois plus chères qu’au marché. Ce n’est quand même pas un travail de titan que de râper quelques carottes...

Ce sont d’ailleurs les mêmes supermarchés (et quelques chaines de bio comme Naturalia) qui profitent de la mode pour vendre à des prix honteux des prix bio qu’ils n’achètent pas plus cher que les autres, comme il est facile de le vérifier sur les mercuriales consultables sur le site du ministère de l’Agriculture. Mais il est vrai aussi, comme c’est bizarre, que pour consulter ces prix de vente en gros, il faut payer...

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