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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

mardi 31 mars 2009

Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit

MARDI 31 mars

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

samedi 28 mars 2009

développement durable? Juppé écolo ?Poisson d'avril !

Samedi 28 mars

La semaine du « développement durable » commence cette année le premier avril.
Le symbole me parait parfait pour ce qui n’est plus, depuis longtemps, qu’une farce qui ne fait plus rire grand monde. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le libéralisme, les entreprises et tout ce qui bouge dans l’économie récupère cette (mauvaise) traduction de l’expression « sustainable development » inventé en 1987 pour le compte des Nations Unies. « Durable », c’est plus neutre, plus politiquement correct qu’écologie, que protection de la nature, que pollution, qu’appauvrissement de la biodiversité sur terre et dans les mers ou qu’alimentation polluée. Tout est durable désormais et les entreprises dépensent des fortunes pour concocter et publier des rapports de « développement durable » que personne ne les lit. Je suis certain que les banquiers et les chefs d’entreprises plus ou moins escrocs se prétendaient durables et qu’ils pensaient pouvoir durer...
La seule chose qui dure, c’est la religion de la croissance économique, c’est la crise, ce sont les effets du réchauffement climatique que les gouvernements, à commencer par le gouvernement français, persistent à ignorer durablement alors que l’urgence se précise. La crise sert à tout : à oublier l’écologie, à oublier le Grenelle de l’environnement et à licencier des salariés. L’écologie et les ouvrier et employés constituent la meilleure des variables d’ajustement du capitalisme durable.
La seule chose qui dure, ce sont donc les gesticulations de Jean-Louis Borloo et de sa nouvelle secrétaire d’Etat. Sans oublier celle de Nicolas Sarkozy qui, en fait, ne gesticule même plus. Ce sont aussi les rêves fous de croissance qui durent.
Alors oublions cette semaine qui s’annonce à travers, normal, les communiqués de quelques agences de communication commis au développement durable comme ils le seront demain pour redresser l’image compromise des banquiers et de quelques industriels qui croient encore, souriants sous les fausses invectives de leur président, que leur règne peut encore durer.
Boycottons donc allégrement les séances d’autosatisfaction organisées par le ministère de l’écologie, les comiques économiques et les associations complices de la farce de cette semaine durable. Oublions durablement ce développement qui sert de cache-sexe à la destruction de la planète.

PS La seule chose qui dure en ce moment c'est l'insuppportable Juppé qui joue les écolos grâce à la complicité de mes confréres, et qui racontent des banalités auxquelles il ne croit pas lui qui, il y a deux ans, au cours d'un interview pour mon journal, ne savait pas faire la différence entre chauffage solaire et électricité solaire !

lundi 9 mars 2009

Le réchauffement climatique menace gravement les oiseaux

lundi 9 mars

Dix scientifiques appartenant à sept universités et centres de recherche européens, dont le Muséum national d’histoire naturelle de Paris (connu sous le nom de Jardin des Plantes) viennent de rendre publique une étude confirmant ce que pressentent et affirment les ornithologistes, dont Philippe Dubois de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, depuis plusieurs années : le réchauffement climatique en cours menace l’existence de nombreux oiseaux nichant en France et dans la plupart des pays européens. Commentaire de Denis Cauvet et de Frédéric Jiquet, les deux scientifiques français ayant participé à cette longue enquête : « Nos travaux montrent que les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir dès maintenant. Bien que les températures aient encore peu augmenté récemment, il est surprenant de constater à quel point l’impact est déjà visible sur les populations d’oiseaux nicheurs à travers toute l’Europe ». Les prévisions des dix spécialistes établissent que si trente espèces vont voir leurs populations augmenter, quatre-vingt-douze autres vont enregistrer un effondrement sinon une disparition de leurs effectifs. Parmi les espèces les plus menacées : la bécassine de marais, le vanneau huppé, le traquet motteux, le casse-noix moucheté, le pinson et le rouge-gorge. Au bout de cette évolution : la simplification et la standardisation de nos espaces (dits) naturels. Une simplification et une standardisation que reflètent les étals des marchands de fruits et de légumes depuis une vingtaine d’années.
Ainsi, de nouveau, des scientifiques démentent les affirmations d’un ancien ministre, le pseudo-scientique Claude Alègre, qui malgré ses foucades médiatiques, se coupe de plus en plus nettement de la communauté scientifique. Obstination dont une récente séquence de « Ce soir ou jamais » sur France 3 a montré qu’elle était partagée par le conseiller du Prince, Alain Minc qui n’en est d’ailleurs plus à une erreur prés. Ce qui permet de réduire à bien peu de choses les prétentions de Nicolas Sarkozy qui a rapidement oublié ses vagues promesses du Grenelle de l’environnement. Pour cause de crise, la lutte contre le réchauffement climatique est remise à plus tard, donc à trop tard.
La cause est donc hélas entendu : non seulement, comme je l’ai expliqué ici récemment, les modifications climatiques perturbent sérieusement les habitudes migratoires de millions d’oiseaux, mais en plus leur existence même est menacée. Tout comme est menacée la biodiversité du territoire français et européen. Tout comme la biodiversité de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique Latine et des espaces arctiques et antarctiques. Menaces qui ne concernent pas seulement les oiseaux mais toutes les espèces vivantes. Y compris celles, les insectes de toutes sortes, qui participent à la pollinisation des fruits et des légumes. Si ces insectes, et pas uniquement les abeilles dont un quart de la population mondiale a déjà été éliminée depuis vingt ans, disparaissent nous aurons de moins en moins de fruits et de légumes sauf si nous fécondons chaque fleur... à la main. Ce qui est évidemment impossible. Mais qui s’en soucie ? Combien des politiques de droite ou de gauche ont appris, en dehors de leurs gentilles déclarations sur le « développement durable », à réfléchir écologiquement, c’est à dire au delà du terme prévisible de leurs mandats.
Cette situation de la biodiversité, alors qu’il s’agit officiellement une des priorités de l’Europe, ne semble émouvoir que les naturalistes. Et les milliers de bénévoles qui, pour le compte du Muséum national d’histoire naturelle et les autres centres universitaires de recherche, ont passé des mois à traquer les oiseaux, à les observer et à les compter.
La préservation de la biodiversité, qui concerne également le monde végétal, est essentiel, est l’un des facteurs essentiels de la survie de l’humanité. Et non pas, comme on l’entend dire souvent, de la survie de la planète. Car il devient évident que si l’homme disparaît, la terre, elle, poursuivra son destin sans nous.

PS Pour ceux qui ont suivi ses aventures déjà racontées ici, je signale que la cigogne Max, suivie par satellite depuis dix ans par les chercheurs suisses du Muséum de Fribourg s’est installée sur son nid habituel prés du lac de Constance et qu’elle a finalement choisi de « reprendre » la cigogne mâle qui s’intéresse à elle depuis 2005. Il a viré un concurrent...

samedi 28 février 2009

Interdits de vivre mais permis de manger des fraises espagnols dégueulasses et pourries

Samedi 28 février

Bon, vous avez compris chers lecteurs.

On ne mange plus de viande,
On laisse tomber la charcuterie,
On bannit les tripoux,
On n’abuse pas du poisson,
On arrête le pinard,
On fait l’impasse sur la bière,
On casse ses bouteilles de gnole comme en Iran,
On ne regarde plus la télé parce que ça fait grossir,
On ne lit plus le journal parce que ça entretient des déprimes,
On n’abuse ni du lait ni du fromage,
On ne fume plus,
On jette les chichons et les pétards,
On balance son portable,
On met la borne wi-fi à la cave,
On ne drague effrontément pas les dames,
On ne harcèle pas bêtement les mecs,
On ne sort ni sans casque ni sans gilet pare-balles,
On ne traverse que « dans les clous »,
On n’insulte pas le président,
On est gentil avec les « poulets »,
On n’abuse pas du poulet de batterie
Et évidemment, on ne baise plus, ce n’est pas bon pour le coeur.
Mais qu’est-ce qu’on va s’emmerder jusqu’à 90 ans...

Par contre,
Il est permis d’avaler les pesticides qui traînent sur le fruits et légumes et plus particulièrement sur le fraises espagnoles qui arrivent sur le marché français depuis une quinzaine de jours,
Recommandé d’avaler du nitrate avec l’eau pour ne pas faire de peine à la Lyonnaise des Eaux,
Et également d’acheter toutes les saloperies proposées par les grandes surfaces parce qu’il faut sauver le commerce.
On peut avaler n’importe quel antibiotique dans le peu de viande que l’on a encore le droit de manger,
On doit acheter une nouvelle bagnole pour faire plaisir à Sarkozy,
Il est permis de respirer un air pollué,
Permis d’habiter prés d’une centrale nucléaire,
Permis de passer ses vacances à l’ombre d’un incinérateur,
Permis de se baigner dans une eau dégueulasse pour ne pas désespérer le tourisme.

Elle n’est donc pas si terrible que cela notre « société des interdits »...

lundi 23 février 2009

Les Parisiens se voient imposer mille caméras de vidéosurveillance

Lundi 23 février

Un curieux débat est en cours à Paris à propos des mille nouvelles caméras de vidéosurveillance promises par la ministre de l’Intérieur et acceptées par le maire de Paris et la majorité (sauf les Verts) de son conseil municipal. Le tout orchestré par Georges Sarre, rescapé agité et sécuritaire du mini-parti moribond de Jean-Pierre Chevènement, mais adjoint au maire à la sécurité qui ne cache pas son amour du fichage et de la vidéosurveillance « pour éviter que des femmes soient violées ou assassinées dans les rues ». Je ne fait que répéter une phrase qu’il a prononcé pendant un débat télévisé au cours duquel nous étions opposés, sous l’oeil approbateur de Monsieur Gachet, porte-parole de Madame Alliot-Marie et, accessoirement, ancien journaliste à Valeurs Actuelles, l’hebdomadaire de la droite extrême.
Curieux débat car dans les mairies et les conseils de quartier saisis de cette opération, les envoyés spéciaux de la Mairie de Paris et de la Préfecture ne viennent pas demander aux citoyens s’ils sont d’accord avec la mise en place des caméras mais où il faut ou ne faut pas les mettre (et encore...). Donc, l’affaire est entendue, les Parisiens (comme les habitants d’autres villes) ne sont consultés que pour la forme. Circulez, il n’y a rien à voir et rien à décider, nous l’avons fait pour vous.
Curieux débats au cours desquels ont apprend incidemment que la mise en place de ces caméras parisiennes coûtera 150 millions d’euros au cours des 15 prochaines d’années. Une somme qui ira à une entreprise privée qui n’aura de compte à rendre à personne et qui ne promet absolument pas qu’elle prendra en considération les souhaits des Parisiens. Une partie des 150 millions sera payée par la ville, laquelle devra prendre en plus à son compte tous les travaux de voiries liés à la mise en place des caméras. Quand aux coûts d’un fonctionnement qui sera également assuré par la société installatrice, il reste inconnu.
Curieux débats qui permet de constater que les nouvelles caméras permettant de surveiller encore mieux les moindres manifestations et les faits et gestes des Parisiens, fonctionneront sous le contrôle d’une société privée. Avec toutes les dérives que cela implique. Il ne reste plus, puisque la consultation en cours n’est qu’une farce, qu’à attendre la mise en place des engins pour les recouvrir de peinture ou les casser à coups de lance-pierres.

jeudi 19 février 2009

Encore un loup tué par un chasseur de Haute-Savoie

Jeudi 12 février, parce qu’il a aperçu au loin un loup en train de déguster un chamois, un chasseur du Petit Bornand, non loin de La Clusaz en Haute- Savoie, a tiré et tué ce loup. Sans avoir été le moins du monde menacé. Heu-reux ! Sans qu’un troupeau de moutons soit en cause, puisqu’en cette saison de neige, ces animaux ne sont évidemment pas sur les pentes de la montagne. Comme ses amis chasseurs, ce jeune Nemrod, s’étonne d’avoir été placé en garde à vue et d’être ensuite mis en examen pour destruction d’une espèce protégée. Et toute la communauté chasseuse de la région, fait chorus avec lui, évoquant, ne craignant pas l’outrance et de ridicule, l’esprit de résistance du Plateau des Glières tout proche comme symbole de refus du « loup relâche par les écologistes ». En oubliant que ce sont les naturalistes qui ont permis et organisé dans les Alpes le retour des chamois et des bouquetins qui furent au bord de l’extinction...
Outre qu’il faudrait se demander ce que ce chasseur faisait avec un fusil dans la montagne alors que la chasse est fermée depuis la fin du mois de janvier et que la traque du chamois est très réglementée, reste la question de l’obstination des chasseurs contre le retour progressif du loup dans l’arc alpin. Depuis qu’en 1992, dans le parc national du Mercantour, des gardes moniteurs ont aperçu pour la première fois des loups en patrouille. Des loups qu’une loi de 1882 avait décidé d’éradiquer définitivement du territoire français, la République prenant le relais de l’Eglise catholique qui, depuis le début du Moyen Age, avait décidé de le diaboliser. Au sens strict du mot : haro sur un animal qui s’attaquait à l’ « agneau innocent ». Une chasse au « diable-loup » dont l’Eglise organisait les jugements et la pendaison pour assurer son pouvoir sur les âmes des manants.
Depuis que le loup est revenu naturellement en France, depuis le massif de Abruzzes italien où il est normalement accepté comme un prédateur utile, les chasseurs fous de France, les bergers du Mercantour qui ne vont voir leurs troupeaux qu’une fois par semaine, et les politiques de l’UMP menés par Christian Estrosi, Ladislas Poniatowski et quelques autres, reprennent l’antienne du loup prêt à manger les chamois, les bouquetins, les enfants et les touristes. Sans le moindre respect pour la loi française, la réglementation européenne et la Convention de Berne qui assurent la protection de cet animal qui a, fort heureusement, décidé de revenir sur le territoire français. Etant bien entendu qu’il n’est pas question de négliger les difficultés, et la dureté du travail, des bergers et des éleveurs de brebis. Ce qui n’empêche pas de rappeler que si en 2008, leurs revenus ont été proches de zéro, ce n’est pas la faute des prédateurs sauvages, mais celle d’un fameux accord conclu avec la Nouvelle-Zélande permettrant, après l’attentat contre le Rainbow Warrior en 1985 à Auckland, à ce pays (à titre de réparation morale) d’exporter librement des carcasses de moutons congelés qui inondent aujourd’hui 80 % du marché français. Mais les chasseurs obsédés par les loups ne réfléchissent pas si loin. Pas plus qu’ils ne se posent de questions sur les 700 000 sangliers qu’ils ne sont pas fichus d’éliminer alors qu’ils ont contribué à les multiplier en relâchant ce que les spécialistes appellent des « cochongliers » qui dévorent les cultures et envahissent les routes et les villages.
Le chasseur du Petit Bornand n’est pas le premier à s’affranchir de la loi, à tuer ou empoisonner plus ou moins discrètement des loups et à ignorer leur utilité lorsqu’ils s’attaquent aux autres animaux sauvages les plus faibles, ou malades, contribuant ainsi à l’amélioration de la santé des troupeaux de chamois ou de bouquetins. Les mêmes Tartarins s’attaquent aux ours dans les Pyrénées. Des ours auxquels les Espagnols, qui en comptent une bonne centaine foutent la paix. Comme ils laissent tranquilles les quelques 2000 loups qui vivent en Espagne.
Extraordinaire exception française que cette chasse aux dernières espèces sauvages à laquelle se livre une part, heureusement minoritaire mais malheureusement efficace, des chasseurs français que les membres de la majorité soutiennent depuis des années. Ils ont fait du loup, de l’ours et du lynx des « objets politiques » qu’ils utilisent un peu contre la gauche (pas toujours bien nette sur ce thème) et surtout contre les écologistes. Dans le seul espoir de récupérer les voix des fachos- ruralistes de « Chasse pêche nature et tradition ».
N’en déplaise à cette minorité de cons (un faible pourcentage des 1, 2 millions de chasseurs français), le loup n’a pas été « réintroduit » en France et il est utile. Quoi qu’ils en pensent et quoi qu’ils fassent, ce superbe animal dont il faut quand même rappeler qu’il s’attaque jamais à l’homme, est en train de reconquérir le territoire français. Il a franchit de puis des années, malgré les difficultés, le couloir rhodanien. Il vit librement et tranquillement, ce loup d’origine italienne, aussi bien dans les Pyrénées que dans le Massif central et même la Lozère dans les environs de laquelle il aurait conquis le Gévaudan. Là où, à la fin du XVII éme siécle, on confondit ses agissements avec ceux de l’un des premiers serial killers français.
Déjà, tout ce que la majorité compte d’imbéciles n’ayant rien compris à la protection de la nature et à l’écologie, se dresse pour défendre le chasseur de Haute Savoie conditionné par ses amis chasseurs au point d’avoir flingué pour sa gloire un loup qui n’avait pas commis d’autres crimes de croquer un chamois. On est loin, à des années lumières, du Grenelle de l’Environnement dans un pays qui n’est pas capable de supporter quelques animaux sauvages.
Heureusement le loup est malin et fait de la résistance : il en existe probablement prés de 150 sur le territoire français.
Longue vie au loup, à l’ours, au lynx et à toutes les espèces sauvages dont, il y a quelques jours, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature a déploré la disparition prochaine et probable.

mardi 10 février 2009

SARKOZY GASPILLE ENCORE DES MILLIARDS POUR ENCOURAGER LA VOITURE

Mardi 10 février

Je récidive contre l'obsession étatique de la voiture "sauveur sauveur suprême"!

En offrant 7, 8 milliards d’euros à l’industrie automobile, le président français a définitivement tourné une page du Grenelle de l’environnement, ce rideau de fumée déjà largement dissipé par les relances du plan autoroutier et l’annonce de nouveaux réacteurs nucléaires. Oui, je sais il y a l’emploi, il y a le chômage, au sujet desquels je ne suis pas du tout indifférent. Mais sur ce point les deux constructeurs automobiles qui se partagent l’essentiel de la manne, n’ont fourni aucune garantie. Ils s’engagent simplement à ne fermer aucun de leurs sites industriels, ce qui ne les empêchera aucunement de virer les intérimaires et d’organiser le chômage technique aux frais de la collectivité, histoire de préserver et leurs bénéfices et les dividendes de leurs actionnaires. Quant aux délocalisations que ces constructeurs (plutôt assembleurs) automobiles promettent de ne pas poursuivre, elles sont désormais inutiles puisque plus de la moitié des voitures et des pièces détachées vendues en France proviennent déjà d’usines installées dans les pays où les salaires et les garanties sociales sont réduits au minimum. Premier accroc de taille à une démarche écologique annoncée, des milliers de tonnes d’automobiles et de moteurs font le voyage vers la France pour y être vendus. Au prix d’un énorme gaspillage énergétique. Un ancien ami qui fut ministre de l’environnement m’a un jour dit qu’il avait découvert la signification profonde de l’écologie en regardant dans les Alpes un train de voitures françaises croiser un autre train de voitures italiennes...
Reste la question de fond : faut-il vraiment encourager avec l’argent de l’Etat la fabrication de nouvelles voitures individuelles polluantes, prétexte à de nouvelles autoroutes, plutôt que d’aider à la fabrication de transports en commun, qu’il s’agisse de tramways, d’autobus et de trains régionaux ? La question mérite d’être posée à une époque où le transport individuel en ville est d’ores et déjà condamné. Par l’écologie, par la logique sociale. On me rétorquera, refrain mille fois entendu, « liberté » et déplacements dans les zones rurales. Pour ce qui concerne ce dernier point, il faut préciser deux choses : d’abord aucun écologistes n’a jamais remis en cause la nécessité de la voiture dans des campagnes qui ont été peu à peu vidés de leurs chemins de fer, de leurs transports collectif et ensuite que les voitures sont d’abord majoritairement citadines comme le prouvent toutes les statistiques. Et puis, de temps à autre, un Etat qui affirma officiellement la nécessité d’une société progressivement plus respectueuse des exigences écologiques, de l’état de la planète et de notre santé, pourrait faire un effort exemplaire. D’ailleurs jamais l’Etat n’a encouragé la circulation des bicyclettes et la construction des pistes cyclables. Ce sont les municipalités qui ont du faire un effort financier, sans aucune aide, dans ce domaine.
Grâce à l’Etat qui ne sait pas faire les choix qu’il prône dans des discours répétitifs, les Français vont pouvoir (parfois, vu l’état de leur pouvoir d’achat) acheter des voitures neuves qu’ils n’auront pas les moyens de faire rouler. Ils pourront toujours les laver clandestinement pendant les périodes à venir de canicule. Ou les donner en gage à leurs banques qui viennent également de se refaire une santé avec de l’argent collectif.
La subvention déguisée accordée à l’industrie automobile est une aberration qui illustre les mensonges écologiques du pouvoir au moment où il laisse réduire le nombre et la fréquence des trains ordinaires desservant les petites et grandes villes de province, au moment ou Madame Boutin, la mule du Pape, vante ses fausses maisons à 15 euros (équipées de chauffages électriques ruineux, bien sur) qu’elle installe dans des banlieues lointaines ou leurs malheureux propriétaires n’auront pas d’autres choix que d’utiliser des voitures pour aller à leur travail. S’ils en ont un.
Un jour sans doute, pour entretenir notre addiction à la voiture, on nous en fera pratiquement cadeau aux frais du gouvernement.
En entretenant à grands frais la civilisation de l’automobile, le gouvernement nous précipite vers une impasse dont il faudra qu’il se justifie devant les associations qui ont naïvement cru à des promesses et, dans quelques mois, à la conférence de Copenhague sur le climat. Ce n’est pas une consolation que de prévoir que la France ne sera pas, dans ce sommet que viendront contester des dizaines de milliers de manifestants, seul à braver les réalités d’un bouleversement climatique qui se rappelle à notre souvenir avec les tempêtes françaises la terrible sécheresse qui sévit dans la moitié de l’Australie.
Jacques Chirac, qui avait un certain sens du comique et du paradoxe, nous avait expliqué en 2002 à la conférence mondiale sur l’environnement de Johannesburg, nous avait pourtant expliqué, avec des larmes de crocodile dans la voix : « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Elle continue de brûler et le président de la République continue de regarder ailleurs ; en arrière même. Pendant ce temps là, les Etats Unis passent au vert et prennent la première place dans l’installation d’éoliennes qui représentent déjà la production électrique d’une vingtaine de réacteurs nucléaires, ce qui va leur permettre de devenir, avec l’Allemagne, de devenir les leaders d’une nouvelle technologie que la France inventa et proposa sans succès il y a déjà une bonne vingtaine d’années.

samedi 31 janvier 2009

Sarkozy décide d'un nouveau réacteur nucléaire à Penly en oubliant la loi

En annonçant qu’il donnait son feu vert pour un nouveau réacteur nucléaire qui sera construit à Penly en Normandie, le Président de la République a oublié un léger détail : la construction d’une installation nucléaire, comme tout aménagement (autoroute, TGV, port, incinérateur, ligne à très haute tension, etc.), doit être précédée, d’après la loi de 1983, par une enquête publique qui permet, pendant un délai minimum d’un mois, éventuellement prolongée deux fois de quinze jours, à une Commission d’enquête, de recevoir les avis des adversaires et les partisans de la construction avant de donner son avis. Lequel est, notamment, soumis au ministère de l’Ecologie avant toute décision. Il est également en principe nécessaire, auparavant, d’après une loi de 1995 dite « Loi Barnier », de saisir la Commission Nationale du Débat Public. Laquelle doit organiser une ou plusieurs confrontations entre les porteurs du projet et ceux qui objectent à la construction. Ainsi est la législation, issue à la fois de la gauche et de la droite, que Nicolas Sarkozy a oublié, tout comme les la plupart des élus régionaux, droite et gauche confondues, qui commentent déjà bruyamment tous les supposés avantages qu’ils pourraient retirer du projet. Autrement dit, une fois de plus, le Prince élyséen et les élus tiennent la population pour quantité négligeable, bafouant un processus à la fois légal et démocratique.
Mais reste en outre à se demander si le projet est rentable et surtout si les cinq milliards (minimum, si l’on songe aux dérapages financiers actuels, en France et en Finlande) que devrait coûter ce projet, ne seraient pas mieux utilisés pour développer les économies d’énergies, des installations éoliennes, des panneaux solaires ou des centrales locales ou régionales utilisant la biomasse. Autre interrogation : est-il vraiment nécessaire de chauffer de plus en plus de gens (comme les fameuses « maisons Boutin à 15 euros) à l’électricité au risque de leur imposer de dépenser des fortunes dans des logements mal isolés. Il faudra aussi discuter pour savoir, après la récente tempête, si la dépendance envers un système centralisé de production électrique est la meilleure des solutions. On pourra également, au cours de cette enquête publique qui ne peut pas être écartée d’un simple ukase princier, si les 5 milliards, ne pourrait pas être, au moins en partie, employé pour enterrer un certain nombre de lignes électriques dont EDF répète depuis une semaine, sans que le chiffre soit contesté ou contrôlé, que cette solution, pour être menée à bien sur tout le territoire, entraînerait une dépense de 100 milliards d’euros.
Enfin, les élus se répandent dans les gazettes nationales et régionales, pour expliquer que la construction créera 3000 emplois. En oubliant de dire au moins quatre choses : d’abord que les ouvriers et techniciens ainsi employés seront majoritaire « importés » d’ailleurs, que ces emplois feront surtout la fortune des boites d’intérim qui s’agitent déjà dans toute la France pour recruter alors que la processus de décision n’est pas enclenché, que les travailleurs au noir seront légion et que les emplois ainsi crées seront éphémères. Au total, quand le nouveau réacteur sera mis en place, il n’emploiera au plus que 250 personnes qui viendront non pas de Normandie mais des 19 autres centrales nucléaires dans lesquelles EDF procèdent depuis trois ans à des compressions de postes.
Reste aussi les dangers potentiels entraînés par un réacteur, l’EPR, dont il avait été dit et répété par son concepteur Areva, qu’il était expérimental. Pour avoir effectué une dizaine de reportages dans la région de Tchernobyl, je sais à quel point un accident peut être ravageur, à quel point une faille technique ou une erreur humaine peuvent être désastreuses. Un seul exemple : il y a quelques jours, en se trompant de fil à débrancher dans une armoire électrique de la centrale de Dampierre en Burly, un technicien a provoqué l’arrêt brutale d’un réacteur, arrêt qui aurait pu être catastrophique comme je l’ai raconté, sans être démenti par quiconque, il y a quelques semaines dans un roman, tiré d’une fiction diffusée par Arte : « Inéluctable, le roman d’un accident nucléaire en France ».
Le projet de Penly illustre parfaitement le fonctionnement d’un pays où toutes les décisions partent de l’Elysée au mépris des textes, lois et procédures prévues par une législation qui n’est pourtant pas draconienne. D’autant que pour fustiger les opposants, ceux qui, par exemple, rappellent que le Grenelle de l’Environnement n’aura servi qu’à émettre des rideaux de fumée, le pouvoir est disposé à répéter qu’ils sont de mauvais Français, voire des « terroristes ». Puisqu’il est question, au ministère de l’Intérieur, de ranger dans cette catégorie tous les écologistes qui contestent la « politique de la France » en matière d’aménagement. Ainsi ont été récemment menacés quelques uns des leaders de ceux qui, dans le Sud-est (ils ont manifesté le samedi 31) veulent remettre en cause, non pas le TGV, mais son passage dans l’arrière pays de la Côte d’Azur. Qui sera le Julien Coupat de Penly ? la question est déjà posée au ministère de l’Intérieur chargé de contrôler la contestation d’un projet qui n’est encore qu’une vague étincelle dans le cerveau présidentiel.

jeudi 29 janvier 2009

Derrière le "jeudi noir", le soupçon de la manipulation de la population

Je n’ai pas une conception policière ou machiavélique de l’Histoire. Ni au quotidien ni pour analyser les grandes mutations, événements ou périodes. Je crois au hasard historique et à l’importance du facteur humain qui peuvent dérégler les systèmes politiques, sociaux ou économiques les plus solides. Mais depuis deux jours et encore plus ce jeudi matin, à lire la presse, à écouter les radios, voire à regarder les chaînes d’information en continue de la télévision, me vient un horrible soupçon. Surtout quand j’entends le Président et ses ministres faire les gentils, les pattes de velours ou les compréhensifs.
Cela fait des jours et des jours que même les médias les plus hostiles aux mouvements sociaux nous vendent « le jeudi noir » bien sur mais aussi la « journée de mobilisation sans précédent » et surtout, cerise pourrie sur un gâteau qui me parait bien rance, « la grève générale ». Quelle grève générale ? Qui a appelé à cette grève générale qui fait la une des gazettes et des sous-titres de la télé ? Personne. Les responsables syndicaux, sentant peut-être venir un grave accident médiatique et politique, l’ont répété à plusieurs reprises sans être écoutés ou entendus.
Ce qui permettra, au delà des reportages folklorico-démagogiques sur « la galère des usagers pris en otage » qui ont commencé il y a quelques jours et à ceux qui n’ont jamais eu à subir les conséquences d’une grève, de conclure ce jeudi soir ou vendredi matin que la fameuse « grève générale » n’est qu’un demi-succès voire un échec puisque beaucoup de métros et de bus roulent à Paris, que la poste, EDF et France Télécom ne sont pas touchés à plus de 25 % , qu’il ne manque pas beaucoup d’avions à Orly et à Roissy (très importants les avions pour le moral des animateurs du CAC 40 !). Ce Qu’il Fallait Démontrer...
Après les journalistes rassurant les foules qu’ils avaient conditionnés (consciemment ou inconsciemment), les doctes consultants habituels et sans légitimité vont se répandre dans les médias pour analyser les « causes de l’échec », quelle que soit l’importance évidente des manifestations, parisiennes ou autres, que tout le monde médiatique et politique feint de confondre depuis des jours avec une grève. Comme si la majorité des Français pouvait s’offrir le luxe de perdre le montant d’une journée de travail. Il ne restera plus aux ministres de la République, soigneusement chapitrés par les docteurs en com' de l'Elysée, qu’à porter le coup de grâce en expliquant que la grève n’est décidément plus une arme de contestation « moderne ».
Il ne restera plus qu’à organiser un « Grenelle social » qui noiera autant de poissons que le Grenelle de l’Environnement.

PS J'allais oublier: dans un communiqué Suez Environnement annonce qu'il va distribuer 320 millions d'euros à ses actionnaires. Ca marche bien le business vert, Borloo peut pavoiser !

samedi 24 janvier 2009

Les chasseurs se réjouissent du départ de Nathalie Kosciusko Morizet et de l'arrivée de sa remplaçante

Samedi 24 janvier

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi je regrette (bien que n'appartenant pas à la même...église) le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet et son sceptiques à l'encontre de sa remplaçante qui est la "voix" du Président Sarkozy, voici les extraits de deux messages émanant de Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération Nationale des chasseurs...

"Dans ce monde de brutes en pleine crise financière, les bonnes nouvelles sont si rares qu’elles font chaud au cœur et que l’on a immédiatement envie de les partager avec ses amis.
C’est pour cette raison que je ne résiste pas au plaisir de vous annoncer le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet qui migre de l’Écologie au poste de secrétaire d’État chargé de la Prospective et du développement de l’Économie numérique.
Je me permets d’insister car j’avais peur que cette information vous échappe entre le dernier bombardement de Gaza et la baisse du taux du livret A.
Comme il allait y avoir des coups à prendre dans le Grenelle 2 au Parlement, Nathalie a fait comme d’habitude une brillante campagne personnelle pour quitter le navire avant la tempête. Depuis un moment, elle cherchait à fuir la tutelle de Jean-Louis Borloo qui avait enfin tout compris du personnage.
Hélas pour elle, elle se rêvait modestement à la Défense ou à la Santé en raison de ses hautes qualités de courtisane et elle finit « au numérique » à coté de son frère lobbyiste en chef dans ce domaine.
Maintenant libérée, elle va poursuivre sa remarquable opération de charme des médias et des quelques rares protecteurs bienveillants et continuer à mépriser la grande majorité de ceux qu’elle côtoie comme ministre de la République.
Les chasseurs de France peuvent sabler le champagne « sans modération », car depuis 2002, elle nous pollue la vie avec acharnement dans toutes les fonctions qu’elle a occupée.
Cependant, il faut lui reconnaître un mérite qui est celui d’avoir tout fait pour que la droite fasse un « copié/collé » de la politique de la gauche dans le domaine de l’écologie, au mépris des acteurs de terrain.
Comme les bonnes nouvelles arrivent parfois groupées, j’espère qu’elle va emmener sa directrice de Cabinet avec elle et prendre Allain Bougrain-Dubourg, comme spécialiste de la prospective et des comptages".

Deuxiéme message

"Je profite de ce message pour dire que la FNC se réjouit officiellement de la nomination de Chantal Jouano avec qui nous avons beaucoup travaillé pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et au cours de son bref séjour à l’Elysée.
A titre personnel, je vais même un peu plus loin car je pense que l’Elysée et J-L Borloo ont fait un excellent choix car elle est pragmatique et qu’elle apprécie vraiment le monde de la chasse".

mercredi 21 janvier 2009

La mauvaise drogue vendue en Seine-Saint-Denis

Mercredi 21 janvier

Une trentaine de personnes intoxiquées par de l'héroïne de mauvaise qualité ! Non de dieu, que font le organisations de consommateurs ?

mardi 20 janvier 2009

Echange dix sarkozy contre un Obama...

Donc, en ce jour, difficile d’échapper à Barack Hussein Obama, le nom sous lequel il a prêté serment.
Quel que soit le jugement, les espoirs ou les doutes que l’on peut formuler sur le nouveau président américain et sur la façon dont il pourra appliquer sa politique dans un pays qui n'a pas profondément changé, on peut faire deux remarques.

- D’abord, ce nouveau président a clairement expliqué qu’il donnera une priorité au développement aux énergies nouvelles. Ce qui placera rapidement les Etats Unis en tête de la production de matériel destiné à produire ces énergies alors que l’Europe et encore plus la France en sont toujours à ratiociner sur ce type de développement, ce qui leur assure d’ores et déjà qu’ils ne seront pas à la pointe des recherches et des réalisations...

- Ensuite, lorsque l’on compare les vedettes qui ont accompagné le jour de l’arrivée au pouvoir de Barack Obama et Nicolas Sarkozy, le résultat est tragique...
D’un côté Aretha Franklin, Bruce Springsteen, Usher, Sharika, Shéryl Crow, Herbie Hancock, Jon Bon, Tom Hanks, U 2, Stévie Wonder et tous ceux que j’oublie...
De l’autre Enrico Macias, Jane Manson, Mireille Mathieu et Jean-Marie Bigard...
Y a pas photo...

jeudi 15 janvier 2009

Nathalie Kosciusko-Morizet virée pour cause de bonne connaissance des dossiers

Jeudi 15 janvier

Lors de ma première conversation avec Nathalie Kosciusko-Morizet, alors qu’elle préparait le Grenelle de l’environnement, déjà poursuivie par les clameurs plus ou moins discrètes de nombreux groupes de pression, je lui avais expliqué que le destin des bons ministres de l’Environnement, depuis Robert Poujade au début des années 70, avait toujours été d’être plus ou moins rapidement « remerciés ». Voici ce qu’elle avait alors répondu à la question ainsi formulée :
Les rares bons ministres de l’environnement, sur les 29 qui se sont succédés depuis 1971 ont tous payé leurs convictions de leur carrière politique, cela ne vous inquiète pas ?
"Oui, des gens m’ont dit cela au ministère...je ne sais pas répondre à cette question. Mais j’ai la conviction qu’il est possible de faire une carrière politique en allant au bout de soi-même. Nous sommes tellement surexposés, médiatiquement, que si le public perçoit une dissonance entre l’image et la réalité, cela ne marche pas. Les gens veulent que les politiques soient vrais, qu’ils évitent le mensonge ; alors si on pense réussir en ressemblant aux autres cela ne fonctionne pas, ce n’est pas moral. On m’a dit aussi qu’un politique qui se marque trop se perd. Mais j’évite de me poser la question que vous évoquez".
Elle sait maintenant que ce qui lui arrive, était inéluctable à partir du moment où, même avec des faiblesses et de rebuffades, elle avait tenté de maintenir un cap. Parce que ce cap s’appuyait à la fois sur des convictions et une connaissance des dossiers.
La FNSEA, les constructeurs automobiles, les patrons de l’industrie chimiques, les caciques parlementaires de l’UMP et Jean-Louis Borloo qui la détestait, politiquement et personnellement ont eu sa peau.
Je ne vais pas pleurer, mais c’est quand même dommage...

dimanche 11 janvier 2009

Football et gaspillage énergétique

Dimanche 11 décembre

Alors qu'EDF, avec des arrières pensées nucléaires, nous enjoint d'économiser l'électricité, au moins une vingtaine de clubs de football, réchauffent leur pelouses avec des bâches sous lesquelles est injectée de l'air pulsée alimentée par des souffleurs électrique qui fonctionnent en moyenne trois heures... Tout cela pour que la télévision et les clubs puissent continuer à diffuser des matches pour lesquels les spectateurs sont de plus en plus rares (même lorsqu'il ne fait pas froid), matches éclairés par des projecteurs énergétivores. En même temps, les devantures, les vitrines, les enseignes des petites et grandes surfaces continuent à illuminer la nuit dans toute la France.

vendredi 9 janvier 2009

Les définitions internationales du crime de guerre et du crime écologique

Vendredi 9 janvier

La Cour Pénale Internationale créée (par 120 voix contre 7 et 21 abstentions) en 1998 par la conférence de Rome et installée à La Haye, a compétence pour les crimes de guerre "en particulier lorsque ceux-ci s'inscrivent dans le cadre d'un plan ou d'une politique ou font partie d'une série de crimes analogues commis sur une grande échelle".
Aux termes de l'article 8 du Statut de la Cour, on entend par crimes de guerre
- les infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949 (article 49 et 53)
- les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux. Sont notamment inclus dans cette liste les attaques délibérées contre la population civile et les biens civils, le transfert de population, le fait d'affamer délibérément la population, les mutilations et expériences médicales ou scientifiques, ainsi que les atteintes à la dignité de la personne. Sont aussi considérés comme crimes de guerre, le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, les grossesses forcées, et la stérilisation forcée, le fait d'enrôler ou de faire participer des enfants de moins de quinze ans aux hostilités.
- « Le fait de lancer une attaque délibérée en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines et des blessures parmi la population civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu ».
- les violations graves commises dans le cadre des conflits ne présentant pas de caractère international.

mardi 6 janvier 2009

Le froid, EDF et l'électricité...

Mardi 6 janvier,

Il fait froid. Ce qui, en hiver, n'est pas l'événement le plus surprenant et le plus inattendu...
EDF lance des appels au peuple pour demander d'économiser cette électricité qu'elle a contribué à installer et à imposer pour chauffer les maisons (y compris les fameuses maisons Boutin...) et les appartements. Et c'est à nous qu'elle demande maintenant d'économiser...
Ce qui permet au passage de découvrir que le nucléaire n'est pas la solution miracle annoncée depuis des années. Puisque non seulement EDF remet en route des centrales au gaz et au fuel mais en plus importe de l'électricité depuis plusieurs semaines.
Mais comme la "communication" et ses mensonges ne perd jamais ces droits, EDF s'efforce de convaincre les Bretons qu'ils vont "tomber en panne" de courant électrique. Histoire de les convaincre (ce qu'ils ont toujours refusé) d'accepter une centrale nucléaire en Bretagne. Et, accessoirement, si l'on ose dire, EDF mène sa campagne de pseudo-pénurie pour convaincre toute la population qu'il n'y a pas encore assez de centrales nucléaires en France.

PS Nous sommes priés "d'économiser" l'électricité mais ce soir, à 22 h 30, partout à Paris et en banlieue, les magasins grands et petits, les immeubles sont illuminés. Sans restriction aucune, alors que cela ne sert à rien...

vendredi 2 janvier 2009

Des voeux et des oiseaux face au réchauffement


vendredi 2 Janvier

Que tous les lecteurs réguliers et attentifs de ce blog trouvent ici mes voeux chaleureux pour 2009. En espérant que nos efforts conjugués permettront de sauver les oiseaux migrateurs (ci-dessus au banc d'Arguin en Mauritanie) des conséquences du réchauffement.

Cordialement

lundi 29 décembre 2008

Gaza: un enfer environnemental



Le lac des eaux d'égouts dans le nord de Gaza

Ayant souvent séjourné, jusqu’à l’année dernière, à Gaza pour des reportages, sans me prononcer sur la responsabilité des uns et des autres, je voudrais rappeler que Gaza n’est pas un enfer seulement depuis samedi. Depuis plusieurs années, les Gazaouis survivent dans un enfer environnemental. Ils ont droit à toutes les pollutions, lesquelles expliquent l’augmentation des maladies pulmonaires et des intoxications. Le ramassage des ordures, toutes natures confondues, n’étant plus assuré depuis longtemps, sauf parfois dans le centre de Gaza-ville, prés du siége du Hamas, elles brûlent jour et nuit, dégageant des vapeurs irritantes et de la dioxine provenant des plastiques et des batteries usagées. Comme l’électricité n’est plus distribuée à Gaza que quelques heures par jour (les bon jours...) les Gazaouis qui en ont les moyens, mais aussi les administrations et les hôtels de luxe installés sur le bord de mer, mettent en route des petits ou gros groupes électrogènes fonctionnant avec du gazole de mauvaise qualité. Ce qui a pour effet d’augmenter la pollution de l’air.
Touchée par des tirs israéliens, la station d’épuration ne fonctionne plus. Toutes les eaux usées s’en vont donc dans la mer ou bien grossissent l’immense lac d’eau putride qui d’étend un peu plus chaque année dans le nord du territoire, la zone où les combats sont les plus intenses : les maires de la région ont fait dresser les plans d’une nouvelle station d’épuration que l’Europe refuse de financer en arguant qu’elle serait aussitôt détruites par les tirs israéliens. Les mêmes qui touchent souvent la digue bordant le lac, provoquant l’envahissement des maisons et des caves d’immeubles. Au pied des immeubles bordant ce « lac », l’été, l’odeur est insupportable. Comme elle l’est toute l’année sur les bords du Wadi Gaza, la seule rivière du territoire. Un cours d’eau qui constituait il y a des années, une zone de repos pour des milliers d’oiseaux migrateurs, aussi bien des rapaces que des cigognes faisant halte sur leur route les ramenant d’Egypte ou du Soudan. Aujourd’hui, aucune vie n’est discernable dans les eaux du Wadi Gaza dont le fond est tapissée d’algues vertes : plus un poisson. Les nappes phréatiques sont de plus en plus polluées par des produits chimiques et des bactéries : c’est pourtant avec cette eau que les Gazaouis qui en ont la possibilité, en dehors de Gaza-ville notamment, arrosent leurs petits « jardins de survie ». Depuis trois ans, il n’y a jamais eu autant de gastro-entérites et d’empoisonnements mortels, constatent les médecins.
En raison de l’interdiction faite aux pêcheurs par la marine israélienne de gagner le large, c’est dans des eaux polluées, des eaux d’égouts salées, qu’ils prennent de moins en moins en moins de poissons au nageoires souvent rongées par des produits chimiques. C’est dans ces eaux qu’à la belle saison se baignent les enfants et les habitants de Gaza. Avec les conséquences que l’on imagine.
La surpopulation du territoire, probablement aujourd’hui plus d’un million et demi d’habitants pour 378 kilomètres carrés, soit 4200 habitants au kilomètres carrés, a entraîne la quasi disparition des espaces naturels et des espèces sauvages et il faut bien chercher, vers le sud du territoire, pour trouver quelques arbres.
Au-delà de la tragédie des morts, ceux d’aujourd’hui ou ceux d’hier, les habitants de Gaza vivent donc dans un enfer environnemental permanent. Le PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement l’a d’ailleurs très bien décrit il y a quelques années. En expliquant que sur tous les points la situation n’est guère plus enviable en Cisjordanie. Malheureusement, ce rapport qui est à la fois prudent et courageux, a fini dans les tiroirs des Nations unis et d’un certain nombre de gouvernements.
La destruction de la santé par l’empoissonnement des ordures ménagères qui brûlent, on la retrouve aussi en Cisjordanie où la situation politique fait que le parcours d’une benne à ordures dure deux à trois jours. Au point que les colons israéliens finissent par se plaindre des effluves empoisonnés qui finissent par les atteindre, la Cisjordanie se transformant peu à peu comme Gaza en un véritable champ d’ordures encombrées de carcasses de voitures, de camions et de réfrigérateurs.
Une dernière remarque sur l’environnement dans Gaza : la pollution par le bruit. Il y a d’abord celui des armes et des bombes auxquelles les gens ne s’habituent pas, mais aussi toutes les nuits pratiquement le bruit des avions qui pour des raisons de guerre psychologique passent volontairement le mur du son au dessus de Gaza-ville. Les adultes et surtout les enfants sont réveillés plusieurs fois la nuit par un ou plusieurs avions supersoniques. Quand on est journaliste, on passe huit jours, quinze jours, et on oublie rapidement ces réveils en sursaut et le sommeil repris dans l’attente de la prochaine explosion supersonique. Quand, on est sur place, on finit par sinon devenir fou, ou tout au moins avoir des problèmes psychologiques. Ce dont témoignent les rares médecins étrangers travaillant dans le territoire A ce propos, une anecdote vécue : je ne parle pas l’arabe et quand je suis à Gaza, un interprète travaille régulièrement avec moi Un samedi soir, il y a quatre ou cinq mois, je l’ai invité avec sa femme et ses deux enfants à l’hôtel où j’étais, espèce d’oasis pour étrangers au bord de la mer. Nous avons passé une soirée agréable ; les enfants étaient plutôt contents, et nous sommes repartis dans les rues de Gaza. J’ai raccompagné en voiture l’interprète, sa femme, sa famille, et brusquement il y a eu des pétards qui ont éclaté dans la rue. C’était un mariage tout simplement, rien de grave, mais les gosses ont hurlé, gueulé pendant une heure à cause de ce bruit, qui les avait totalement traumatisés, parce que pour eux un bruit c’est la guerre, il ne faut jamais oublier cela quand on parle de Gaza : la pollution par le vacarme.

Sarkozy en fuite au Brésil ?

Lundi 29 Décembre

On est toujours sans nouvelles d'un dangereux schizophrène qui se serait réfugié dans une cité balnéaire du littoral brésilien. Les autorités françaises sont inquiètes car il parait que l'individu est trés agité, présentant toutes les caractéristiques d'un syndrome dépressif consécutif à une longue période de sur-activité. Toutes les informations sont centralisées au 01 42 92 81 00.