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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

mardi 29 janvier 2008

argentine, loin de la société générale mais pas loin de la bourse

29 janvier

Santa Maria

Argentine, Nord de la route 40

Dans les campagnes, sur la moindre route, les rochers, les murs, parfois les parois rocheuses et souvent les maisons proclament « Christina ». Du prénom de la femme qui préside et dirige l’Argentine depuis quelques mois. Elue bien que femme parce que populaire, élue bien que grande bourgeoise de l’establishment grâce à l’appui d’une partie de la population la plus pauvre. Premier de nombreux paradoxes.

Car si les banquiers et beaucoup d’industriels ont pu reconstituer leurs avoirs après la terrible crise de 2001-2003 qui vit l’argent (littéralement) disparaître (sauf mise à l’abri en dollars et à l’étranger) une part de la population vit difficilement. Dans les rues de Buenos Aires et de Mendoza circulent toujours ces milliers de pauvres des pauvres qui, à la tombée de la nuit, éventrent les poubelles pour y récupérer le papier, le plastiques, le métal ou le carton afin de le vendre pour quelques pesos. Dans les grandes villes de ce pays de 40 millions d’habitants cinq fois grand comme la France, le recyclage est très « efficace » et passe par la survie des plus pauvres. Pauvreté qui peut s’illustrer par une seule réalité : l’Argentine est vice-championne du monde pour la production agricole bio, mais 95 % de ce qui est produit sous certification bio sont exportés vers l’Europe et les Etats Unis...

Mais, l’Argentine, malgré tout, ne ressemble pas aux images classiques du tiers-monde. Ne serait-ce que parce que le niveau d’éducation y est élevé. Comme une sorte de « bout d’Europe » qui aurait pris du retard de développement et où le foot sert de Prozac à une dose que nous n’imaginons pas en France.

Ici, tout le monde redoute le retour d’une crise, d’un effondrement. Au point, expliquait il y a quelques jours, le responsable technique d’un vignoble bio « que nous avons créé comme des anticorps à la catastrophe. Vous ne trouverez pas une famille modeste ou de la classe moyenne qui n’ait pas un frigo plein en permanence. Et le niveau de vie reste faible : je suis à la tête d’une belle exploitation, j’ai une femme qui travaille et deux enfants, je ne pense pas qu’un jour je pourrais m’offrir une voiture et une maison.... »

Ainsi, se déroule cette Argentine maintenant parcourue depuis une semaine. Comment et Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’avec une autre journaliste, Christel Leca, je suis une petit groupe d’étudiants de l’Université de Paris 8 qui, sous la direction d’Olivier Archambeau, leur professeur, consacrent un mois à la découvert de la Nationale 40, la route de 5000 kilomètres qui relie la Patagonie à la frontières bolivienne. Avec, en fin de parcours, la découverte, à 4500 mètres d’altitude, des grands lacs de sel chilien et de la plus grande mine de cuivre du monde, celle qui permit autrefois de produire pour le monde entier la « bouillie bordelaise » qui sert (y compris en bio) à lutter contre le mildiou.

Ce sont des extraits, des impressions de voyage sur une route qui est parfois une piste infernale (comme hier quand l’une des voitures reste au milieu d’un gué), une chemin de terre ravagé par les orages ou bien, parfois, une autoroute traversant le désert bordé par la cordillère des Andes que le lecteur trouvera ici jusqu’au 19 février.

Toutes les questions sont les bienvenues.

5 commentaires:

aurelie reder a dit…

C'est vraiment un plaisir de voyager avec vous par procuration :-)merci de prendre le temps de livrer vos impressions et surtout de remettre le nombril français à sa place !

Anonyme a dit…

Pas de question, non plus, de mon côté. Merci simplement pour ces impressions et cette vision "décalée" de la France sarkozyenne...

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

De rien, à suivre...

CMV

eric a dit…

Il est difficile de poser une simple question sur un pays dont on entend jamais parlé dans les médias classiques et dont on ne connaît pas grand chose.

Mais c'est un vrai plaisir de découvrir d'autres pays et leurs points de vues avec vous. Merci !

Anonyme a dit…

petit message de celle qui n'est pas partie:
Merci de nous faire participer au voyage!
bonjour et bon courage � toute l'�quipe!

Leslie