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Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

mardi 22 janvier 2008

Baisse des Bourses ou télé-réalité tragique?

22 janvier

Buenos Aires

Dans les bistrots de la capitale argentine, les gens regardent les images des mouvements des bourses qui font, comme dans toutes les capitales européennes, comme une sorte de spectacle de télé-réalité qui, d'une certaine façon, "fascine" tout le monde. Mais ici, les gens se souviennent qu'en 2001 et 2002, plus de dix millions de personnes se sont tout simplement retrouvés sans argent. Ce signe monétaire auquel nous sommes habitués (voire drogués) avait tout simplement disparu, il n'existait plus: des millions de gens, jetés de leurs appartements ou de leurs maisons dans la rue, n'avaient plus de quoi acheter et des millions d'autres ne pouvaient plus vendre. Pour avoir vécu cette période, je sais que ce fut une tragédie: au point que pendant les six mois les plus durs, pour le seul district de Buenos Aires, le nombre d'excédents de décès (suicide, accidents cardiaques, morts d'infection ou de faim...) a été évalué officiellement à 33 000.
Alors ici, devant les images qui, comme en Europe paraissent irréelles parce que mises en scène, édulcorées, scénarisées, transformées en fait divers planétaire des milliers d'Argentins craignent que le pire reviennent. Alors que les chômeurs, les piqueteros, manifestent toujours en ville et que dans plusieurs Etats d'Argentine, des milliers de "sans terre" ont recommencé à occuper de grandes propriétés et des terres appartenant aux militaires.
Ce matin, Ruben, l'homme dont les associations organisant le troc et émettant même une "monnaie de troc" ont sauvé des millions de gens pendant la crise, me disaient que ni la France ni d'autres pays européens n'étaient à l'abri d'une telle crise faisant brusquement "disparaitre" le papier monnaie. Un signe dont ce libertaire de 47 ans, expliquent qu'il n'est plus qu'un moyen à la fois dangereux et désuet d'organiser les rapports entre les gens. Il expliquait aussi que, comme ici, c'est ce qui reste de la classe moyenne qui serait ou sera le plus durement touché...

5 commentaires:

coco_des_bois a dit…

merci pour ton témoignage, continue

bric a dit…

En même temps il faut bien qu'elles crèvent, ces places boursières, si on veut la survie de l'humanité, n'est-il pas ?

Il est amusant de voir les acteurs habituels de la propagande financière (je pense aux "journalistes" de radio), qui veulent nous faire croire que la finance est bénéfique, venir tenir le crachoir de longues minutes pour tenter des explications plus ou moins fumeuses...

Anonyme a dit…

@bric : c'est d'ailleurs la position de George Monbiot, qui disait que la crise était finalement une bonne nouvelle, car elle allait réduire les émissions de gaz à effet de serre...

En ce qui me concerne, j'ai vraiment du mal à avoir la moindre pitié pour tous ces 'traders' et autre financiers, qui roulent en Porsche Cayenne dans les rues de Paris. J'espère juste qu'ils finiront par se jeter par les fenêtre comme certains de leurs collègues en 1929...

bric a dit…

Eh bien de mon travail je suis en face d'une partie de Neuilly, et je n'ai vu encore personne se défenestrer.
Ce n'était donc pas une crise mais une aspérité normale. Patience.

Blog de Claude-Marie Vadrot a dit…

Attendez, cela ve peut être arriver. Certes, je suis pour l'effondrement des Bourses (ou de la société générale dont le trader a trop bon dos pour que l'affaire soit simple) mais je me souviens aussi de la tragédie de millions de personnes dont j'ai mesuré le désespoir en 2002 et 2003...

CMV